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lundi 22 avril 2019

Les tueurs qui inspirent la télévision: David Koresh - In the Line of Duty : Ambush in Waco de Dick Lowry (1993)







Même si toutes n'ont pas fini dans un bain de sang, les sectes jouissent souvent d'une épouvantable réputation. En général, elles dépouillent leurs adeptes de leur argent et leurs gourous profitent des faveurs qu'il contraignent les femmes à leur accorder. La secte des Davidiens menée par David Koresh (de son vrai nom Vernon Wayne Howell) a connu un sort tragique à la suite d'un siège mené durant cinquante et un jours par ses adeptes et lui, face à un FBI impuissant ayant pris les commandes après que l'ATF (Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives) ait tenté de faire sortir les membres de la secte ainsi que leur dirigeant. Résultat de l'assaut mené par cette dernière : quatre morts du côté de celle-ci et un nombre impossible à calculer du coté de la secte enfermée derrière les murs d'une propriété baptisée ''Mont Carmel'' où ses membres vivent reclus depuis des années. Lourdement armés, David Korsh et ses disciples attendent le moment où les ''babyloniens'' (comprendre les autorités) viendront les assiéger. Le gourou expliquait la raison de son retranchement et de celui des siens dans son désir de decrypter le texte biblique ''les sept sceaux de l'Apocalypse'' issu du livre de l'apocalypse de Saint Jean... Au terme d'un blocus qui dura cinquante et un jours, le FBI lance un siège et David Koresh et les siens mettent le feu au ''Mont Carmel'' plutôt que de se rendre. Au total, des dizaines de morts dont dix-sept enfants...

L'année même du drame, un mois seulement après les événements, est diffusé pour la première fois le 23 mai 1993 à 21 heures, sur la chaîne NBC le téléfilm In the Line of Duty : Ambush in Waco du réalisateur américain Dick Lowry. Qui fait partie d'une série de téléfilms tous intitulés In the Line of Duty. L’œuvre de Dick Lowry s'attache à décrire les événements qui ont précédé l'attaque du ''Mont Carmel'' par le FBI. Ce qui peut s'expliquer par le temps assez court qui fut offert au réalisateur pour aborder le sujet alors que ce dernier prit fin un mois seulement après le passage du téléfilm sur la chaîne américaine.
Particulièrement fidèle aux événements qui précédèrent le début du blocus datant du 28 février 1993, le téléfilm décrit l'emprise de celui qui prendra le nom de David Koresh bien des années après qu'il ait intégré la communauté des ''Davidiens''. Dix ans avant la tragédie, il affirme avoir acquis le don de prophétie et prépare les membres de la communauté à faire le grand voyage vers le paradis. L'acteur Timothy Daly incarne un David Koresh dont la ressemblance avec celui qu'il interprète se révèle particulièrement troublante.

In the Line of Duty : Ambush in Waco est l'occasion pour Dick Lowry de montrer les failles qui ont mené les membres de l'ATF à assurer l'assaut du 'Mont Carmel'' le 28 février 1993 dans des conditions déplorables. Insuffisamment préparés, plusieurs meurent sous les balles d'une ''armée'' minutieusement préparée par leur gourou. Le réalisateur nous montre également dans quelles conditions David Koresh prêchait pour sa paroisse. Entre terreur et privations. Le téléfilm est un excellent témoignage bien qu'il se termine de manière inattendue et précipitée. La raison invoquée tiendrait dans le fait qu'une série de documentaires réalisés sur le sujet auraient amoindris l'efficacité du téléfilm. Bien qu'il ne revienne donc que très succinctement sur le dénouement du drame, Dick Lowry réalise un téléfilm convaincant, ajout essentiel aux documentaires qui furent réalisés sur le sujet. A commencer chez nous par celui faisant partie de la collection ''Les Crimes du Siècle''...

mardi 16 avril 2019

Columbo - Meurtre sous Prescription de Didier Caron (2017) - ★★★★★★★☆☆☆



Oser adapter au théâtre le tout premier téléfilm mettant en scène le célèbre lieutenant Columbo diffusé pour la toute première fois sur la chaîne de télévision américaine NBC le 20 févvrier 1968 peut paraître particulièrement gonflé. Et ce, même si ça n'est qu'un juste retour aux choses puisqu'avant de servir d'épisode pilote, Prescription: Murder était lui-même à l'origine une pièce de théâtre. Ce qui peut paraître un peu plus délicat à accepter est le fait que cinquante ans plus tard, c'est sur les planches du Théâtre Michel de Paris que ressurgisse l'inspecteur à l'imperméable fripé. Depuis la disparition de Peter Falk il y a presque huit ans, on imaginait mal un autre acteur prendre la relève même si depuis un certains temps des bruits de couloirs laissent entendre le retour du célèbre lieutenant au cinéma sous les traits de Mark Ruffalo. Mais alors que le projet prend des allures d’arlésienne à force de se faire attendre de l'autre côté de l'Atlantique, c'est donc en France que Columbo est réapparu en reprenant tout ou partie (en ajoutant même plusieurs séquences inédites du téléfilm de 198) de l'intrigue originelle.

Pour n'avoir jamais eu le plaisir de découvrir la pièce produite en 1962 par Richard Levinson et William Link intitulée "Prescription: Murder" (le Lieutenant Columbo, y étant interprété par le comédien Bert Freed), il est difficile de préciser si la pièce jouée en 2017 est en tout points identique à celle interprétée au début des années soixante. Quelques éléments donnent cependant une idée assez précise en terme d'acting puisque le personnage de la victime, Claire Flemming, l'épouse et victime du psychiatre assassin, était interprétée par l'actrice Agnes Moorehead en 1962, tandis qu'elle n'est que simplement évoquée dans la version adaptée chez nous par Didier Caron. Pour le reste, le spectateur français ne pourra comparer la pièce également mise en scène par Didier Dacon lui-même que par rapport au téléfilm réalisé par Richard Irving en 1967. Pour commencer, Didier Caron opte pour l'utilisation des musiques originales composées à l'époque par un certain Dave Grusin, auteur d'un nombre important de bandes originales de films pour le cinéma et la télévision. Ensuite, cette version 2017 implique un personnage secondaire plutôt effacé dans le téléfilm et interprété sur scène par le comédien Augustin de Monts.

La victime n'étant évoquée qu'à travers la préparation de son meurtre par son époux, le psychiatre Roy Flemming (Pierre Azéma), et la maîtresse de ce dernier (Karine Belly) et lors des différentes phases de l'enquête à venir, la pièce de Didier Caron tourne donc autour de quatre personnage parmi lesquels, le très attendu (au tournant) Martin Lamotte dont la responsabilité est ici, de taille. Est-il vraiment nécessaire de préciser que la comparaison entre Peter Falk et l'acteur et comédien français issu du café-théâtre est inutile ? Non, bien entendu. L'acteur américain étant irremplaçable, Martin Lamotte fait au mieux pour se fondre dans le personnage (même si le cigare qu'il porte presque toujours éteint jusqu'à ses lèvres fait avant tout office de gadget).On pousse un souffle de soulagement. En effet, même si l'ombre de Peter Falk plane au dessus de la tête de Martin Lamotte comme une épée de Damoclès, l'acteur français s'en sort avec les honneurs. Ce qui n'est malheureusement pas toujours le cas de Pierre Azéma qui bute sur certaines phrases et surtout, exprime avec toutes les difficultés du monde le tempérament d'un personnage autrement plus convaincant lorsqu'il était incarné par l'acteur américain Gene Barry sur le petit écran. Le public français pourra noter que par rapport au téléfilm, Didier Caron a tenté d'apporter un surcroit d'humour à travers quelques phrases pas toujours très amusantes. Quant à la résolution de l'énigme, la pièce ne s'arrête pas là où le téléfilm se concluait : en effet, après que les spectateurs aient découvert le subterfuge mis en place par le lieutenant Columbo avec l'aide de la maîtresse du psychiatre, le récit continue afin d'ajouter des éléments d'explication concluant définitivement à la responsabilité du tueur dans le meurtre de son épouse. Au final, même si la pièce de théâtre Columbo - Meurtre sous Prescription n'atteint pas le niveau de qualité du téléfilm de 1967, on se prend déjà à rêver de retrouver Martin Lamotte et d'autres ''assassins'' en puissance dans de nouvelles adaptations théatrales reprenant les meilleurs intrigues télévisuelles auxquelles le lieutenant fut confronté, et même, pourquoi pas, de nouvelles histoires inédites... ?

samedi 13 avril 2019

Une chance sur Six de Jacques Malaterre (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Une Chance sur Six, l'humoriste, imitateur, réalisateur, scénariste, chanteur, acteur (et j'en passe) Patrick Sébastien s'est fabriqué un personnage hautement narcissique. Un homme marié à une richissime épouse de dix ans son aînée, et avec laquelle il entretient depuis quelques années une entente cordiale depuis qu'il s'est découvert une attirance pour les hommes. Si la comtesse de Sarneville (l'actrice Evelyne Dandry) en question est au courant des penchants sexuels de son mari, elle refuse cependant qu'il invite en leur demeure ses amants de passage. A défaut de quoi, elle retirera le nom d'Hubert Vallon de son héritage... Bien que l'homme affirme se désintéresser de la fortune de son épouse, il a fomenté depuis quelques temps le meurtre de celle-ci à travers une machination que devra ensuite dénouer un flic véreux incarné par l'acteur Nicolas Van Beveren. Voleur, fils de voleur, Gaëtano emploie des méthodes bien particulières, un peu à la manière de la Loi de Talion : œil pour œil, dent pour dent...

A l'écriture, Patrick Sébastien, donc. Troisième participation du célèbre animateur télévisé pour le compte du réalisateur et metteur en scène français Jacques Malaterre pour lequel il avait déjà écrit et interprété les principaux rôles de Monsieur Max et la rumeur en 2014 et L'Affaire de maître Lefort deux ans plus tard. Alors que l'animateur des émissions cultes Carnaval !, Sébastien, c'est Fou, Surprise sur Prise ! (co-présenté aux côtés de l'animateur québécois Marcel Beliveau entre 1990 et 1992) ou encore Le Grand Bluff, s'apprête à mettre un terme définitif à sa présence sur les plateaux de télévision, Patrick Sébastien campe ici un personnage synthétisant ceux des deux précédents téléfilms qu'il incarna pour le petit écran en 2014 et 2016. Entre machination, meurtre, faux-semblants, il y révèle un personnage aussi charismatique qu'antipathique.

Un bourgeois méprisant, calculateur, épris de jeu, mais pas seulement dans le casino où il a ses habitudes mais également auprès d'un flic qu'il s'amusera à provoquer de son imposante stature. Un rôle très particulier puisque Patrick Sébastien, en endossant le personnage d'un homosexuel, le contraint à se faire aussi détestable que séduisant auprès d'un Nicolas Van Beveren au regard profond. L'auteur du sous-estimé T'aime n'a pas perdu de sa superbe malgré ses soixante-cinq ans et conserve son goût pour les affaires criminelles dont il se fit le chantre à travers les quatre volets de l'émission télévisée Intime Conviction en 2006. Une autre similitude perdure malheureusement avec cette mini-série de docu-fictions : ce besoin apparemment inaltérable que ressent le bonhomme à donner certaines explications aux spectateurs sur le déroulement de la machination alors que le scénario est suffisamment fluide pour qu'ils n'aient nul besoin qu'on les guide par la main. Patrick Sébastien serait-il narcissique au point de se donner le rôle du tueur commettant le meurtre parfait ? La réponse se situe en fin de métrage. Au spectateur de se faire alors une opinion sur les réelles qualités de ce téléfilm qui n'a pas à rougir devant la concurrence. Le scénario est convaincant. Tout comme le jeu des différents acteurs et actrices. La mise en scène est soignée, bien que relativement classique. Une très bonne surprise à réserver en priorité aux fans de Patrick Sébastien mais aux autres également...
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