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mardi 6 novembre 2018

The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear de Konishi Mitio (1989) - ★★★★★★★☆☆☆



Un flic meurt dans l'exercice de ses fonctions pour être ensuite ressuscité sous la forme d'un robot. Ça ne vous dit rien ? Robocop de Paul Verhoeven bien entendu. Mais en fait, non. Dans le cas qui nous préoccupe ici, il ne s'agit pas du célèbre film de science-fiction du cinéaste néerlandais mais de la série télé japonaise Kidō Keiji Jiban du genre Tokutsu Satsuei, qui signifie effets spéciaux. Jiban est un personnage du type Metal hero, genre bien connu chez nous puisqu'il fit le bonheur des jeunes téléspectateurs dans les années 80/90 avec des séries du type X-Or, Spectreman, ou encore Bioman. Jiban est le nom du héros de cette série constituée de 52 épisodes et d'un mini film d'un peu moins d'une demi-heure, un robot sous lequel se cache le policier Naoto Tamura, tué alors qu'il tentait de protéger le professeur Kenzo Igarashi. Celui-là même qui va le ramener à la vie.

Comme dans toute bonne série japonaise du genre, le héros est spécifiquement chargé de protéger la veuve et l'orphelin face à une armée de créatures commandées par le tyrannique Dr. Gibar, un individu dont le projet est de conquérir notre planète. Si l'écriture n'a rien d'originale (c'est un peu toujours la même histoire que nous content les Metal Hero), on ne peut pas dire que les créateurs de cette série aient été avares en matière d'effets-spéciaux et de scènes d'action. Contrairement à certaines séries, les monstres invoqués par le Dr. Gibar sont relativement réussis et surtout, très originaux. Dans l'épisode The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear qui constitue en réalité un moyen-métrage d'une durée relativement courte, Jiban (qui possède la faculté de reprendre sa forme humaine) combat donc les sbires de l'infâme Gibar, lesquels ont enlevé plusieurs enfants afin que leur maître puisse expérimenter sur eux ainsi que sur diverses espèces animales (chevaux, chien, chats, etc...) des hybridations afin de créer les pires monstres possibles.

Jiban n'agit pas véritablement seul puisqu'il peu compter sur le soutien de Yoko Katagiri qui est la co-équipière de notre héros sous sa forme humaine, Naoto Tamura. La seule différence entre ce mini-film est la série à proprement parler demeure dans le format de l'image. Pour le reste, c'est du classique. Des combats plus ou moins réussis entre Jiban, sa co-équipière et leurs ennemis qui à la manière d'un San Ku Kaï apparaissent par vague, entourant ce que l'on pourrait définir comme l'équivalent des boss dans les jeux vidéos. Beaucoup de combats, et quelques chansons qui viennent agrémenter une action quasi-incessante sous la forme de karaokés (les paroles s'affichent effectivement dans la partie supérieure droite de l'écran). The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear est une très bonne surprise et vaut au moins autant que les quelques séries cultes du genre qui ont passé à l'époque la frontière française. Sur les 52 épisodes que compte la série, seule la moitié fut diffusée sur la première chaîne nationale française à partir du 29 août 1990. Certains sites français comme Tokausatsu-Fansub.fr proposent en téléchargement plusieurs de ces séries japonaises dont ce mini-film justement...

jeudi 25 octobre 2018

CoinCoin et les Z'Inhumains de Bruno Dumont (2018) - ★★★★★★★☆☆☆




Quatre ans après P'tit Quinquin, le réalisateur et scénariste français Bruno Dumont revient pour la troisième fois sur le petit écran (il a réalisé entre temps la mini-série musicale Jeannette l'année dernière) avec CoinCoin et les Z'Inhumains, suite des aventures de Quinquin, qui, comme on l'aura compris, a changé de prénom. L'histoire elle aussi est différente. Désormais, il n'est plus question de femme démembrée découverte dans la carcasse d'une vache mais de flaques de... mazout (?)... tombant mystérieusement du ciel. Une étrange substance que la police scientifique définie très rapidement comme n'étant pas d'origine humaine. Pour le commissaire Roger Van der Weyden et l'inspecteur Rudy Carpentier, c'est l'occasion de replonger dans une affaire pleine de mystère, au cœur d'une civilisation exhibée une nouvelle fois au grand jour par un Bruno Dumont qui offre un temps de parole de presque quatre heures à des interprètes amateurs piochés dans la région à laquelle le cinéaste rend hommage.
Que dire de CoinCoin et les Z'Inhumains si ce n'est que ceux qui apprécièrent la première saison ne seront pas dépaysés ? En effet, les quatre années qui séparent les deux saisons ne furent visiblement pas l'occasion pour leurs interprètes d'apprendre le métier d'acteur. C'est toujours aussi approximatif et mal joué, mais bizarrement, c'est cette manière peu convaincante qu'ont les interprètes de jouer leur rôle qui participe à l'attachement de personnages qui autrement, seraient sans doute passés inaperçus.

Bon ! Autant le préciser tout de suite, l'enquête que va mener le commissaire et son assistant (respectivement incarnés par Bernard Pruvost et Philippe Jore) n'est qu'un prétexte qui n'aboutira sur rien de concret. En effet, se terminant sur une queue de poisson, mieux vaut que soient prévenus les fans des Experts qui voudraient se changer les idées devant une série qui offre une vision diamétralement différente du métier d'enquêteur. Ici, tout est prétexte à voir déambuler des interprètes que certains considéreront peut-être eux-mêmes comme des individus d'une autre planète. S'exprimant dans un patois pas toujours évident à déchiffrer (l'acteur incarnant à lui seul la police scientifique en étant un bon exemple), Pruvost, Jore et même Alane Delhaye qui réinterprète quatre ans plus tard le rôle de Quinquin/Coin Coin conservent ce que d'aucun jugera de curiosité avec ce semblant de moquerie qu'une minorité d'entre nous (je l'espère) ne pourra s'empêcher d'exprimer.

Car CoinCoin et les Z'Inhumains, c'est avant tout la représentation d'un monde agricole et paysan s'exprimant avec ses propres codes. Une voiture se nomme là-bas, une carette (à ce propos, sachez qu'un logiciel comme Open Office demeure incapable d'identifier ce terme en tant que tel) et un excrément, du brun. Pas besoin d'avoir fait de grandes études pour faire le rapprochement, et donc, dans l'ensemble, cette seconde saison est assez facile à suivre sans décodeur. Bernard Pruvost semble avoir toujours autant de difficultés à apprendre son texte (on le voit porter une oreillette dans laquelle le réalisateur lui récite son texte) et ses tics paraissent avoir pris de l'ampleur. Se détachent de l'intrigue quelques interprètes au rang desquels, Alane Delhaye bien évidemment, ainsi que son comparse Julien Bodard, dit « L'Gros ». Le personnage incarné par Philippe Jore encaisse les remarques incessantes de son supérieur tandis qu'il lui fait payer en faisant du « »deux roues » avec le véhicule de service.

C'est tout un village qui participe avec plus ou moins de conviction, de bonheur et de talent à ce que j'oserais considérer comme pas moins que la cinquième adaptation du roman de Jack finney sorti chez nous sous le titre Graines d’Épouvante, un classique de la science-fiction qui donna naissance à au moins deux chefs-d’œuvre au cinéma : L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel en 1955 et L'Invasion des profanateurs de Philip Kaufman en 1978. Si l'on devait faire ne serait-ce qu'un reproche à cette seconde saison, c'est la tendance qu'à l'intrigue à tourner en rond. Fort heureusement, le quatrième et dernier (et meilleur) épisode de cette mini-série constituée de quatre parties étant identifiées chacune sous un titre différent relève très largement le niveau. En espérant revoir un jour ces personnages auxquels on finit forcément par s'attacher... Un parti-pris osé de la part de Bruno Dumont mais dont le premier épisode, a à lui seul attiré plus d'un million de téléspectateurs...

mercredi 3 octobre 2018

Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi d'Yves Rénier (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



Muriel Robin, c'est qui ? L'humoriste qui nous offrit quelques moments d'anthologie sur scène (La Robe), l'interprète d'une quinzaine de longs-métrages au cinéma parmi lesquels Les Couloirs du temps : Les Visiteurs 2 pour lequel elle continue de recevoir des critiques mitigées injustifiées même si passer après Valérie Lemercier était forcément une gageure pratiquement insurmontable. Muriel Robin est également une comédienne de théâtre, ainsi que l'interprète d'une grosse douzaine de téléfilms, dont le très réussi Marie Besnard, l'empoisonneuse de Christian Faure dans lequel elle incarnait déjà le rôle-titre, et puis Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi de l'acteur, scénariste et réalisateur Yves Rénier, diffusé il y a quelques jours seulement. Une excellente surprise. Tout d'abord parce que le casting impeccable profite à un récit terriblement glaçant adapté d'un fait-divers authentique, mais avant tout parce que Muriel Robin y est brillante. Se fondant dans ce personnage de femme battue qui, à bout, tue l'homme avec lequel elle est mariée depuis presque un demi siècle, l'humoriste se fond littéralement dans la peau de Jacqueline Sauvage.

Si l'on ne devait faire qu'un reproche au téléfilm d'Yves Rénier, c'est la manière qu'a le cinéaste d'aborder le sujet en optant le point de vue victimaire de Jacqueline Sauvage sans vraiment laisser de place au doute. Car le procès auquel l'on assiste doit répondre à une question : La mort de Norbert Marot est-elle due à un cas de légitime défense ? Le récit laisse supposer que oui. Du moins le spectateur est-il pris en otage et contraint de résoudre ainsi par lui-même cette interrogation, même si la justice en décidera autrement.
Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi invoque également le comportement de cette même justice qui dans cette affaire, et de manière générale, ne laisse aucune place aux sentiments alors même que les deux avocates de l'accusée (les actrices Armelie Deutsch et Alix Poisson) jouent elle-même cette carte afin d'épargner à leur cliente la lourde peine qui l'a déjà condamnée à dix ans de prison en première instance.

Bien que Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi soit constitué de deux épisodes d'une heure chacun environ, on pourra même pousser le reproche jusqu'à évoquer la trop grande simplicité des thèmes évoqués. Car autour de cette sordide histoire de famille, Yves Rénier disperse ses différents éléments entre le quotidien de Jacqueline Sauvage (à travers de nombreux flash-back) et le procès, en oubliant un point fondamental qui est l'enquête policière elle-même. D'aucun constatera qu'une partie de celle-ci sera évoquée dans l'enceinte du tribunal, le téléfilm d'Yves Rénier méritait sans doute quelques dizaines de minutes supplémentaires pour approfondir certains points.
Mais ne boudons pas notre plaisir car en dehors de ces quelques considérations, Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi est une franche réussite, admirablement incarné par Muriel Robin et ceux qui tiennent lieu de famille à son personnage (Agnès Guignard, Clément Manuel, Samantha Rénier (la propre fille d'Yves Rénier avec lequel elle joua le personnage de Marie, dans la célèbre série policière française, Commissaire Moulin), par la jeune Anissa Allali qui campe le rôle de la co-détenue Nicky Zuliani, mais aussi et surtout l'acteur Olivier Marchal qui endosse le rôle difficile de Norbert Marot. Impressionnant ! A découvrir pour ceux auraient manqué sa diffusion...
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