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lundi 9 mars 2026

The Plumber de Peter Weir (1979) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Lorsque l'on évoque le réalisateur australien Peter Weir, il y a de fortes chances que parmi les œuvres qu'il signa durant sa carrière l'on cite Pique- nique à Hanging Rock, La dernière vague, Witness, Le cercle des poètes disparus ou bien The Truman Show que cet étrange petit téléfilm qu'il réalisa en 1979. Quelques années avant de partir s'installer aux États-Unis, Peter Weir met effectivement en scène ce qui demeurera son second et dernier téléfilm pour la télévision australienne, incarné par de parfaits inconnus ou presque puisque l'on retrouvera notamment Judy Morris dans le rôle de Beth Winters en 1984 dans le film d'horreur Razorback de Russel Mulcahy et l'acteur Ivar Kants dans celui de Roberto Bordino dans la sympathique série télévisée pour ados, Hartley, cœurs à vif entre 1994 et 1997. Comme l'indique le titre, The Plumber met en scène un plombier prénommé Max qui un jour déboule sans prévenir chez Jill et Brian Cowper. Alors que ce dernier est sans cesse en voyage d'affaires, son épouse se retrouve donc nez à nez avec cet étrange individu qui affirme avoir été très officiellement envoyé afin de vérifier l'état des canalisations. Une intervention somme toute banale mais qui va dégénérer lorsque Max va se montrer invasif envers Jill qui malgré ses suppliques auprès de Brian n'obtiendra aucune aide de son époux... Drôle d'objet téléfilmique effectivement... Si le fond et la forme se rejoignent dans un grand tout qui inscrit The Plumber dans une sorte de comédie horrifique, le scénario de Peter Weir ainsi que sa mise en scène ou l'interprétation des trois principaux protagonistes détonnent avec ce qu'avait jusque là l'habitude de nous proposer l'auteur, en outre, de Les voitures qui ont mangé Paris cinq ans auparavant. Et pourtant, sous des atours qui joignent cet curieuse mésaventure à bon nombre de longs-métrages dans lesquels à l'époque de jeunes femmes étaient traquées par des individus de sexe masculin, du genre When a Stranger Calls que Fred Walton réalisa la même année, The Plumber a la particularité de danser sur deux pieds, lésinant du côté de l'épouvante avec cet inconnu qui s'accroche à l'héroïne, s'installe chez elle à longueur de journées, s'effaçant juste avant que le mari ne revienne, pour ressurgir dès le lendemain matin, se montrant parfois menaçant, agressif.


Mais aussi de la comédie, avec cet humour à froid, que l'on dirait noir sous certains aspects, traversant l'écran, peu en raccord avec les dialogues mais davantage avec cette situation parfaitement ubuesque que Peter Weir cultive de manière sadique en refusant à Jill d'y mettre un terme de manière définitive. Car quoi de plus simple que de prendre le combiné du téléphone, de composer le numéro de la police afin qu'elle intervienne dans cette inextricable situation? Cependant, la jeune femme préfère s'en tenir à alerter son mari. Celui qui par définition est censé la protéger, veiller sur elle et l'aider en cas de coups durs ou de dangers... Accentuant encore le côté humoristique du téléfilm, Peter Weir fait de l'époux un type plutôt à l'ouest, ne s'inquiétant pas de la présence d'un étranger chez lui. Pas même lorsque la salle de bain où le bonhomme effectue des travaux devient un véritable champ de ruines. Côté frissons, même si la peur n'est jamais au rendez-vous, le cinéaste australien crée parfois un sentiment de malaise qui peut aller très loin s'agissant de la présence parfois hostile et on ne peut incommodante de Max, type instable, soliloquant et donc très inquiétant. The Plumber fait parfois office d'étude sociologique là où en bonne anthropologue, Jill accueille (parfois bien malgré elle) ce ''plombier'', chanteur, guitariste, harmoniciste et... prédateur de classe inférieure revanchard. Étudiant le genre humain, et notamment tout ce qui semble avoir trait à l'Afrique ou aux aborigènes d'Australie comme en témoignent les enregistrements qu'elle diffuse dans l'espoir vain de faire partir son envahisseur, Jill va peu à peu s'en affranchir pour tenter de se débarrasser de Max. Sans doute était-il perfectible mais The Plumber, auréolé d'une étrangeté qui caractérise à l'époque le cinéma de son auteur mérite d'être découvert. D'autant plus que ce téléfilm peu anodin reste très méconnu dans nos contrées... Une bonne surprise...

 

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