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dimanche 18 octobre 2026

Crystal Lake de Brad Kane (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

L'une des tendances actuelles est d'adapter en série des classiques de l'épouvante et de l'horreur. Nous avions eu droit à l'adaptation de Psychose d'Alfred Hitchcock avecBates Motel, à celle de Scream ou à celle de Evil Dead avec Ash vs. Evil Dead. Cette année nous avons eu droit très récemment à celle de Carrie de Brian De Palma et ainsi que celle de Vendredi 13, l'une des sagas de slashers les plus connues à travers le monde. Intitulée Crystal Lake, celle-ci remonte dans le passé des principaux protagonistes. À savoir, Pamela Voorhees et son fils Jason. La série de Brad Kane revient notamment sur la tragédie qui survint au camp d'été de Crystal Lake, lorsque son fils Jason mourut noyé dans le lac alors que les animateurs qui étaient censés les surveiller lui et les autres enfants s'éloignèrent pour faire l'amour. Tout débute ou presque par cette tragédie tout en mettant en place le casting constitué en outre de Will Catlett qui incarne le shérif Levon Brooks et de la jeune Gwendolyn Sundstrom qui elle interprète le rôle de Grace. Le premier est très proche de Pamela Voorhees, éprouvant des sentiments très forts pour celle qui reste profondément traumatisée par la mort de son fils. Quant à la seconde, malmenée par l'animatrice Claudette Hayes (Danielle Kotch), celle-là même qui n'assura pas la surveillance des enfants au moment au Jason ne noya, elle était la seule véritable amie du garçon et devient rapidement le centre d'intérêt de Pamela... Pour une série qui se prétend être une préquelle au premier long-métrage réalisé par Sean S. Cunningham en 1980, Crystal Lake prend de très grandes libertés avec la chronologie des événements. Car si le Jason de Vendredi 13 est officiellement né le vendredi 13 juin 1946 (ce qui est en réalité impossible puisque cette date correspond à un jeudi et non pas à un vendredi), celui de la série est âgé de huit ans lorsque les événements démarrent. Et sachant que l'intrigue débute en 1971, le calcul est vite fait. Il est clair qu'à travers Crystal Lake Brad Kane semble s'être engagé pour proposer une relecture presque totale entourant la mythologie de cet effroyable boogeyman originellement décrit comme atteint de paralysie faciale périphérique du côté droit du visage alors que dans la série, il est clair que celui-ci est victime d'une forme avancée d'hydrocéphalie. Un crâne disproportionné dont les origines relèvent là encore davantage d'un fantasme de scénariste et non plus d'une légende propre à la série de films...


À côté du développement effectué autour des personnages principaux dont une Pamela Voorhees aussi charmante que glaçante incarnée par Linda Cardellini, plusieurs réflexions s'imposent concernant le personnage de Jason et la manière qu'ont les scénaristes de triturer le personnage à travers les huit épisodes. Certains crieront sans aucun doute à l’infamie, à la trahison. D'autres trouveront probablement le concept totalement stupide et opportuniste tandis que les derniers, eux, se satisferont sans doute de cette sous-intrigue qui met en scène Hamish Linklater dans le rôle d'Elias Wittering, le père biologique de Jason qui selon la légende aurait pris la fuite après avoir constaté la difformité de son enfant. Entre cet acte de lâcheté et l'attitude de celui qui dans la série incarne un individu monstrueux dont l'ambition le pousse à utiliser son propre fils lors de recherches scientifiques épouvantables, il y a encore de quoi trouver l'attitude de l'Elias représenté dans la saga de longs-métrages comme beaucoup moins répugnant que son alter ego sériel... De manière très étrange, cette préquelle met en scène diverses tueries dont on ne sait pas toujours qui en sont les auteurs. Car en dehors des meurtres bien craspecs commis par Pamela Voorhees, l'ombre de Jason plane dans la forêt environnante du camp de Crystal Lake. Mais alors, que vaut la série ? Et bien, d'une manière générale, les amateurs de slashers et de Jason en particulier seront sans doute plus ou moins ravis d'assister à des meurtres bien crades. Du gore bien saignant mais qui au vu de la longueur du sujet (huit épisodes d'une cinquantaine de minutes environ) restent plutôt rares. Quant à l'idée de développer ainsi le personnages de Jason, expliquer d'où peuvent provenir sa force incroyable et sa croissance rapide, pourquoi pas ? On appréciera la relation entre la mère du gamin et le shérif mais peut-être plus encore l'arrivée au sein de la mythologie du père de Jason. Un monstre de froideur, calculateur et prêt à sa sacrifier sa propre chair... Bref, une série plutôt sympathique...

 

vendredi 16 octobre 2026

Mayday at 40,000 Feet! (Panique en plein ciel) de Robert Butler (1976) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Réalisé pour la télévision américaine en 1976 par Robert Butler, le téléfilm Mayday at 40,000 Feet! mélange drame et catastrophe. Et comme dans tout film catastrophe justement, l'intrigue se penche tout d'abord sur une brochette de personnages qui vont non seulement apporter du crédit au récit mais surtout rallonger une histoire qui par définition se résume généralement par une succession d'actes héroïques prenant forme lors d'un événement plus ou moins spectaculaire. Diffusé en France sous le titre Panique en plein ciel, le téléfilm brille tout d'abord par son casting aussi hétéroclite que ''prestigieux''. En effet, à une époque où le genre pullule, celui-ci permet généralement à certaines stars du cinéma hollywoodien de participer à de telles productions et dans des rôles de plus ou moins grande importance. Probablement invisibilisé par la série de longs-métrages Airport dont le premier volet vit le jour sur grand écran en 1970, il demeure fort peu envisageable que nombre de cinéphiles ou cinéphages se rappellent réellement de ce produit télévisuel qui pourtant n'a pas grand chose à envier à ses divers concurrents cinématographiques. Le choix des interprètes faisant sans doute partie des quelques avantages dont bénéficie cette production Warner Bros. Television puisque sont mis en avant David Janssen dans le rôle du commandant de bord Pete Douglas, Christopher George dans celui du copilote Stan Burkhart et Don Meredith dans celui du second officier Mike Fuller. De l'autre côté de la cabine, c'est peut-être là que la différence entre le téléfilm et les grosses productions cinématographiques apparait sans doute au grand jour. En effet, l'avion dans lequel prennent place les passagers semble désespéramment vide. Heureusement, viennent y prendre place quelques personnages notables...


L'infirmière Susan McKenzie interprétée par la charmante Margaret Blye ou l'hôtesse de l'air Cathy Armello qu'incarne Lynda Day George aux côtés de deux autres collègues. Mais aussi le très antipathique docteur Joseph Mannheim qu'interprète l'incunable Ray Milland et le criminel psychotique Greco qu'incarne Marjoe Gorther, lequel avait justement déjà campé le rôle d'un déséquilibré deux ans plus tôt dans l'un des classiques du film catastrophe, Tremblement de terre (Earthquake) de Marl R. Robson... Si Lynda Day George se sera au départ faite connaître grâce à la série Mission impossible, l'actrice apparaîtra dans divers longs-métrages, téléfilms et séries télévisées dont Le Sadique à la tronçonneuse du réalisateur espagnol Juan Piquer Simón en 1982. Au milieu d'une flopée de productions télévisuelles et cinématographiques dont deux épisodes de Columbo en 1971 et 1972, Ray Milland participa également à des projets aussi bien horrifiques que fantastiques. C'est ainsi qu'il apparu dans l'invraisemblable autant que cultissime La Chose à deux têtes (The Thing with Two Heads) de Lee Frost en 1972... Quant à Christopher George, les amateurs de gore craspec, glauque et transalpin le connaissent bien pour l'avoir vu dans l'un des classiques du genre signé Lucio Fulci en 1980, Paura nella Città dei Morti Viventi raccourci chez nous sous le titre Frayeurs. Bref, du beau monde pour un téléfilm qui par contre prend tout son temps. Il faudra en effet attendre près de vingt-cinq minutes avant que l'avion commandé par Pete Douglas ne décolle et bien quinze ou vingt minutes de plus pour que tout s'emballe et que le prisonnier Greco s'empare du flingue du Marschal Sam Riese (Broderick Crawford) et ne sème la terreur et le chaos à bord de l'avion. Après, rien que de très classique avec un scénario nous contant les histoires plus ou moins joyeuses ou dramatiques des uns et des autres et un sauvetage tout ce qu'il y a de plus conventionnel...


 

mercredi 7 octobre 2026

Le Miroir de la mort (Fear No Evil) de Paul Wendkos (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Paul Varney (Bradford Dillman) et sa fiancée Barbara Anholt (Lynda Day George) avaient prévu de se marier dans trois semaines lorsque celui-ci meurt dans un curieux accident de voiture. Totalement obnubilé par un miroir dont il avait fait l'acquisition dans un magasin d’antiquités, l'homme laisse donc derrière lui une jeune femme anéantie qui bientôt se met à faire d'étranges rêves fantasmagoriques dans lesquels elle aperçoit Paul la rejoindre à travers le miroir en question. Installée chez celle qui aurait logiquement dû devenir sa future belle-mère (interprétée par Marsha Hunt), Barbara s'en remet alors au Docteur psychiatre David Sorrell. Passionné d'occultisme et de parapsychologie, celui-ci décide de se lancer dans une enquête afin de découvrir quel peut-être le lien entre Paul Varney, les étranges visions de Barbara et ce mystérieux enregistrement audio sur lequel l'on entend la voix du mort ainsi que celles des membres d'un étrange ''club'' de démonologie... Produit par le groupe télévisuel américain Universal Television et distribué sur le territoire américain par la National Broadcasting Company (plus connue sous l'acronyme NBC), Le Miroir de la mort (Fear No Evil) de Paul Wendkos (auteur de plus de cent-dix longs-métrages, téléfilms et épisodes de séries télévisées en cinquante-deux ans de carrière), scénarisé par Richard Alan Simmons ainsi que par Guy Endore à partir d'une nouvelle écrite par ce dernier est un téléfilm qui entre en droite lignée avec les longs-métrages cinématographiques portant sur le sujet de la démonologie et du Diable sous tous ses aspects. Au plus près de celui-ci, le Rosemary's Baby de Roman Polanski qui un an auparavant vit le jour sur grand écran. Un chef-d’œuvre du genre bientôt rejoint dans une autre mesure par quelques classique du fantastique et de l'épouvante parmi lesquels, le très angoissant The Changeling de Peter Medak notamment interprété par le formidable George C. Scott et par Trish Van Devere, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg, L'exorciste de William Friedkin, La malédiction de Richard Donner et sans doute plus proche encore de sa thématique, l'excellent Les Envoûtés (The Believers) réalisé par John Schlesinger presque vingt ans plus tard...


Et encore, il ne s'agit là que des œuvres les plus connues puisque l'on en trouve de beaucoup moins célèbres parmi lesquelles Crowhaven Farm de Walter Grauman en 1970, The Possession of Joel Delaney de Waris Hussein en 1972, Satan's School for Girls de David Lowell Rich l'année suivante ou plus près de chez nous, The Blood on Satan's Claw de Piers Haggard puisque celui-ci est d'origine britannique. Impossible de dresser une liste exhaustive du genre mais ce que l'on sait sûrement au sujet de ce Fear No Evil, premier des deux téléfilms/épisodes pilotes d'une série qui ne verra finalement jamais le jour, c'est qu'il aura bien du mal à convaincre la relève des cinéphiles/phages sevrés aux grandes envolées gores ou goinfrés jusqu'à la gueule de CGI tant le téléfilm s'avère même pour les vieux briscards rompus au genre, d'une mollesse qui confondrait presque le rythme de l'intrigue à une consultation en position allongée chez le psy ! Bref, de quoi s'endormir assez rapidement si l'on n'a pas au préalable avalé ses deux gélules d'AZINC VITALITé ! Outre les visages parfaitement reconnaissables là encore pour les plus anciens de Bradford Dillman, de Lynda Day George ou de Wilfrid Hyde-White que les téléphages amateurs de séries policières américaines connaissent bien pour l'avoir notamment vu au générique de deux épisodes de la série Columbo, le plus remarquable reste probablement la présence de l'acteur français Louis Jourdan, alors ''exilé'' aux Etats-Unis depuis 1946 et qui incarne ici le rôle du Docteur David Sorrell. Bien que le surnaturel s'invite au voyage, que le découpage se montre plutôt dynamique et les éclairages expressionnistes (courtes focales, caméras inclinées), que la bande musicale de Billy Goldenberg rappelle celles qu'allaient signer Jerry Goldsmith pour La malédiction, Lalo Schifrin pour Amityville ou encore Rick Wilkins pour The Changeling, la déception est grande. Ce qui n'empêchera pourtant pas Robert Day de prendre les rênes de ce qui devait donc être une future série en réalisant le second téléfilm un an plus tard, intitulé Ritual of Evil et toujours incarné par Louis Jourdan...

 

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