On l'oublie sans doute un
peu trop souvent mais les zombies ou les morts-vivants tels qu'ils
apparaissent depuis des décennies à l'écran ont des origines qui
remontent à très loin dans le temps. Avant de devenir des créatures
avides de chair humaines sous l'impulsion de George Romero en 1968
avec le classique The Night of the Living Dead,
ils étaient avant tout les victimes de sorciers vaudous appelés
Bòkò. Des hommes qui pratiquent la magie noire en plongeant des
individus dans une forme de catalepsie à l'aide de poudres ou de
breuvages contenant de la tétrodotoxine, une toxine neurotoxique
extraite chez certains poissons dont l'un des plus connus reste le
Fugu. Une fois la victime déclarée morte, elle est enterrée puis
exhumée quelques temps plus tard par le Bòkò qui la manipule en
contrôlant son esprit afin de l'asservir. Avec un tel sujet, il
était inenvisageable que le septième art n'ait pas l'idée
d'employer un jour un tel propos à l'écran. Le premier à s'y
intéresser sera le réalisateur, scénariste et producteur américain
Victor Halperin qui en 1932 réalisera White
Zombie.
Quatre ans plus tard, Michael Curtiz signera avec The
Walking Dead
une œuvre qui déjà s'éloignera du thème des rites vaudous pour
se pencher sur une expérience visant à ressusciter un homme qui
pour le coup sera réellement décédé. Un changement de point de
vue qui n'empêchera cependant pas certains cinéastes de persévérer
dans le courant folklorique haïtien puisque le franco-américain
Jacques Tourneur réalisera notamment en 1943 le film I
Walked with a Zombie
dans lequel une jeune femme sera envoûtée avant de devenir une
zombie... Si depuis le zombie tel qu'il fut évoqué dans le septième
art durant la première moitié du vingtième siècle a bien changé
et s'est même depuis transformé en infecté, victime d'un virus
particulièrement virulent (un concept que l'on doit une nouvelle
fois à George Romero avec The Crazies qu'il
réalisa en 1973), certains ont malgré tout perpétré le genre dans
sa constitution d'origine à l'image de Wes Craven qui en 1988 et
avec The Serpent and the Rainbow
(L'Emprise des ténèbres)
signait l'une des plus remarquables œuvres du genre.
Beaucoup
moins connu demeure cependant le téléfilm de Curtis Harrington The
Dead Don't Die,
lequel n'entretient aucune relation avec le long-métrage éponyme
réalisé en 2019 par Jim Jarmusch. Dans ce téléfilm datant de
1975, un homme est condamné à mort et exécuté à la chaise
électrique devant divers témoins dont son propre frère, Don Dreke.
Persuadé de son innocence dans le meurtre pour lequel il fut reconnu
coupable, ce dernier se lance en quête de vérité mais découvre
très bientôt que Ralph est peut-être toujours bien vivant. En
effet, alors qu'il dîne au restaurant, il voit à travers l'une des
fenêtres de l'établissement celui qu'il croyait mort. Le
poursuivant jusque dans une boutique, Don est tout d'abord chassé
des lieux par le propriétaire Perdido. S'empoignant l'un et l'autre,
Don tue l'homme par accident avant d'être assommé par l'assistante
de Perdido, Levenia (Joan Blondell). À son réveil, il constate
qu'il est chez Vera Lavalle, une jeune femme qui la veille au soir
s'était approchée de lui une première fois afin de l'avertir des
dangers qu'il encoure... Si The Dead Don't Die
est effectivement peu connu, du moins dans nos contrées, cela
provient sans doute davantage du fait qu'il s'agisse d'un téléfilm
et non pas d'un long-métrage sorti à l'époque sur grand écran que
de la présence au sein du casting d'acteurs demeurant par contre
relativement connus. En effet, dans le rôle principal l'on retrouve
tout d'abord l'acteur George Hamilton. Interprète de nombreux rôles
au cinéma et à la télévision il devra notamment sa célébrité
en incarnant le Comte Vladimir Dracula dans Le
Vampire de ces dames de
Stan Dragoti en 1979 ou de multiples personnages dont Don Diego de la
Vega dans la parodie La Grande Zorro
de Peter Medak en 1981. A la télévision, on le découvre dans de
nombreux téléfilms et séries télévisées, marquant ainsi
l'esprit des fans de séries policières et spécifiquement ceux de
Columbo
en incarnant par deux fois le criminel dans État
d'esprit
en 1975 et Attention ! Le meurtre peut nuire à
votre santé en
1991.
Dans
The Dead Don't Die
il incarne un héros tout d'abord désabusé qui va tenter de dénouer
le nœud d'une affaire très étrange et qui mettra en scène une
galerie de personnages hauts en couleur. À commencer par l'immense
Ray Milland, dont la carrière débuta dans les année 20 pour
s'achever longtemps après dans les années 80. L'homme a tout joué.
Du tueur lui aussi dans la série Columbo,
côtoyant les plus grands, passant même au rayon horreur à
plusieurs reprises et notamment avec le cultissime et nanardesque The
Thing with Two Heads
de Lee Frost en 1972. Et pour continuer dans la liste des acteurs qui
firent leur apparition dans la série Columbo
(décidément), notons que l'acteur afro-américain James McEachin
qui fut donc visible dans les épisodes Symphonie
en noir
et Meurtre parfait
incarne ici le personnage de Frankie Specht. N'oublions pas
l'inquiétant Reggie
Nalder, acteur américain d'origine autrichienne dont le visage est
demeuré inoubliable. Une physionomie atypique qui lui permit
d'intégrer notamment les castings de La
marque du diable
de Michael Armstrong et Adrian Hoven ou de L'Oiseau
au plumage de cristal de
Dario Argento tout deux réalisés en 1970. Du côté des interprètes
féminines, Linda Cristal incarne celle qui épaulera Don Drake
durant l'aventure. De son véritable nom Marta Victoria Moya Peggo
Bourgés, l'actrice d'origine chilienne est surtout
connue
pour ses rôles dans Les
Légions de Cléopâtre
de Vittorio Cottafavi et dans Alamo
de et avec John Wayne. Pour un téléfilm ayant la vocation d'être
vu par un large public, The
Dead Don't Die s'avère
étonnamment sombre. Presque morbide. Un sujet que l'on doit
d'ailleurs à l'écrivain et scénariste américain Robert Bloch dont
le plus célèbre fait d'arme reste bien évidemment le roman
Psychose
adapté sur grand écran en 1960 par le cinéaste britannique Alfred
Hitchcock.
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