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vendredi 18 septembre 2026

Starsky et Hutch - Quadrature de Rick Edelstein (1978) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a quelques années, en mars 2019, j'avais déjà évoqué la série policière américaine Starsky et Hutch à travers deux épisodes. Il faut savoir que certains d'entre eux dont j'ai choisi de parler ici, dans cet article et sans doute dans d'autres à venir, flirtèrent avec l'épouvante. Comme dans le cas de l'épisode Quadrature, justement. Un titre énigmatique pour une enquête tournant autour d'une série de meurtres dont les victimes sont toutes des chauffeurs de taxi d'une même société de transport privée. Vingt-deuxième épisode de la troisième saison de Starsky et Hutch, ce qui dans son pays d'origine a été diffusé sous le titre Quadromania pour la première fois le 10 mai 1978 sur ABC puis six ans plus tard en France le 4 mars 1984 sur TF1 fait partie des aventures les plus angoissantes de nos deux célèbres flics de la police new-yorkaise. Tandis qu'ils nous avaient habitués à les voir évoluer à bord de la Ford Gran Torino rouge de 1975 barrée d'une longue ligne blanche conduite par Starsky, dans Quadrature, c'est la Ford LTD II beige et cabossée de Ken Hutchinson qui est ''mise en vedette''. Un véhicule que l'on verra sporadiquement durant les quatre saisons que compte la série. Et même, dans cet épisode, celle-ci est relativement peu exploitée puisque l'intrigue s'attarde sur différents modèles de Checker Marathon conduites par des chauffeurs de taxi qui vont les uns après les autres être assassinés par un homme grimé en divers personnages de théâtre. Cet homme, c'est Lionel Fitzgerald. Un ancien comédien qui à la suite d'un grave accident qui impliqua justement un chauffeur de taxi ivre qui le renversa perdit un bras ainsi que l'usage de l'une de ses jambes. Dominé par l'esprit de vengeance, l'homme sort le soir et monte à bord des taxis de la petite entreprise dirigée par Kingston St Jacques (interprété par l'acteur afro-américain Philip Michael Thomas qui deviendra surtout célèbre pour son rôle du détective Ricardo ''Rico'' Tubbs dans la mythique série Deux flic à Miami) afin de tuer leurs chauffeurs. Bien évidemment, l'un de nos deux célèbres policiers en la personne de David Starsky va prendre place à bord de l'un d'entre eux afin de piéger le tueur...


En servant d'appât, Starsky ne sait pas qu'il va mettre sa vie en jeu. Car affublé de costumes divers et variés renvoyant parfois à de célèbres personnages de théâtre comme ceux du Roi Lear que Lionel Fitzgerald confond avec la réalité, le meurtrier est pratiquement impossible à décrire physiquement. Pourtant, certains détails le définissent assez bien. Trainant la patte et doté d'une force incroyable à l'une des mains depuis que celle-ci a été remplacée par une prothèse, ses différents déguisements accentuent merveilleusement bien le côté sinistre et dément du personnage. Car oui, Lionel Fitzgerald est fou ! Vivant aux côtés de son grand-père aveugle Gramps (John McLiam, que l'on découvrira notamment plus tard dans le rôle de Jacob dans la série de science-fiction culte, V), Louis lui fait croire que chaque soir il joue au théâtre et remporte un énorme succès alors qu'il commet en réalité des meurtres. Les séquences mettant en scène les deux hommes ont d'ailleurs un caractère parfois émouvant, voire déstabilisant, en ce sens où l'on peut être touchés par le drame que vit le jeune homme dont l'avenir fut détruit par un chauffeur de taxi prit de boisson qui le renversa tout en étant horrifiés par son apparence et ses agissements lorsqu'il sort tard dans la nuit pour commettre ses méfaits. Mais si Quadrature et son antagoniste sont aussi saisissants, ça n'est pas tant grâce à la pourtant très convaincante mise en scène de Rick Edelstein ou au scénario d'Anthony Yerkovich que grâce à l'impeccable interprétation de l'acteur Richard Lynch dans le rôle de Lionel Fitzgerald. Planqué derrière son célèbre visage d'éternel grand brûlé, il incarne un tueur totalement dément arborant des costumes et des maquillages qui renforcent toujours plus le caractère désaxé de sa personnalité. Si dans l'ensemble Quadrature est très convainquant, le dernier acte est surtout le passage le plus marquant de l'épisode. Lorsque Starsky prend à bord de son taxi une vieille femme qui s'avérera être Lionel Fitzgerald...


 

vendredi 4 septembre 2026

Le diplôme de Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer (2026) - ★★★★★★★★★★

 


 

Créée par les scénaristes et réalisatrices Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer, la mini-série en six épisodes Le diplôme met en scène six personnalités différentes, de tous âges, réunies autour d'un même projet : Passer leur bac après l'avoir raté ! Un récit intergénérationnel mettant au centre de l'intrigue Delphine Guilbert (Clémentine Célarié), soixante-ans, mariée à Sam (Charles Berling), un mari violent dont elle espère s'émanciper à la suite de l'obtention de son diplôme. Vient ensuite Sam Dessal, de quatre ans son aîné. Incarné par l'ancien Inconnus Bernard Campan, l'homme vit seul avec son chat depuis la mort de son épouse quelques années en arrière.Victime de problèmes de cœur et de l'indifférence de son père, il attend despéremment qu'une greffe lui sauve la vie. Puis c'est au tour de Leïla Tsouri (Camille Lellouche), chauffeuse Uber surmenée par une vie de famille compliquée, entre ses trois enfants et son compagnon Jimmy (Oumar Diaw). Jennifer Simoni (surnommée Jen) est une jeune femme de seulement vingt-ans qui a raté le BAC à plusieurs reprises. Pourtant très bonne élève mais devenue presque mutique depuis un événement survenu en interne dans l'enceinte de son précédent lycée, ses parents font tout pour qu'elle obtienne désormais le précieux ''sésame'' qui lui permettrait de se lancer dans une carrière de journaliste. Quant à Pierre Tasson (Guillaume Labbé), son existence n'est pas moins compliquée puisqu'il est en semi-liberté et n'a pas vu sa fille depuis deux ans. En outre, la mère de l'adolescente lui a fait croire que son père est parti et la gamine en a conservé une rancoeur tenace. Enfin, Hussein, un réfugien originaire de Syrie rêve de s'implanter définitivement en France. Ancien médecin dont les diplômes ne sont pas reconnus dans l'Hexagone, il espère décrocher le BAC et ainsi intégrer l'une des plus prestigieuses universités de médecines françaises. Entre comédie et drame socio-familial, Le diplôme est une formidable série produite et distribuée par la première chaîne françaises TF1...


Son humour, la série l'intègre surtout à travers des personnages secondaires qui souvent parviennent à désamorcer l'état critique des principaux protagonistes mais sans pour autant agir directement sur eux. C'est ainsi que le gardien du lycée, Georges (Marc Riso), que l'on aura un peu trop vite fait de juger d'élément perturbateur pas très finaud, s'avérera un élément essentiel du récit. Tout comme l'enseignante Juliette Anger (Vanessa Guide), la directrice Marianne Morello (Isabelle Gélinas), ou dans une moindre mesure puisque beaucoup moins cruciaux pour la pleine compréhension du récit, la prof d'histoire-géographie Lise Panigel (Cécile Rebboah), celui de mathématiques Alexis Carrasco (Frédéric Hazan) ou encore celle d'anglais Daisy O'Neill (Caroline Donnely) et celui de philosophie, Jacques Diamand (Jean-Michel Lahmi). Parmi les personnages secondaires l'on retrouve bien évidemment toutes celles et ceux qui sont directement rattachés à nos six candidats au BAC. Côté drame, on peut dire que Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer n'ont pas fait les choses à moitié puisque chacun des protagonistes aura son comptant de soucis à régler durant les six passionnants épisodes que constitue la série des trois jeunes femmes. Si le diplôme tant convoité n'est en réalité pas le principal objectif des trois scénaristes et par contraction celui des personnages, c'est parce que la série s'intéresse davantage à la reconstruction personnelle de chacun d'entre eux. La série est aussi et surtout le formidable témoignage d'une amitié entre six personnes qui ne se connaissent pas, n'ont au départ pas toujours les mêmes valeurs ni les mêmes préoccupations, mais qui pourtant ne vont avoir de cesse que de s'entraider, s'épauler dans les coups durs, et dieu sait s'ils seront nombreux. En prenant de l'âge, Clémentine Célarié affirme son talent d'actrice et incarne une Delphine profondément émouvante. À l'exact opposé de cette comédienne de théâtre et actrice de cinéma dont la carrière remonte maintenant à plus de quarante ans, les plus jeunes Ahmad Kontar et Julie Sassoust (notamment découverte dans le feuilleton Ici tout commence) n'ont absolument pas à rougir. Tout comme le reste du casting, remarquable, qu'il s'agisse des premiers ou des seconds rôles. Les trois créatrices de la série se sont employées à ce que pas une minute, pas une seule seconde de superflu ne vienne entâcher le récit. Bref, Le diplôme est un joyau...

 

lundi 24 août 2026

L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis) - Téléfilm 2 - Les visiteurs de l'au-delà (Death Scouts) (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Un peu plus d'un mois après la diffusion du premier téléfilm intitulé L'arrivée réalisé par Lee H. Katzin qui présenta pour la toute première fois le 22 avril 1977 sur NBC les personnages de Mark Harris, d'Elizabeth Merrill, du Dr. Miller Simon et du savant fou M. Schubert, la chaîne présente un second téléfilm cette fois-ci mis en scène par Marc Daniels. Il s'agira d'ailleurs là de sa seule participation à la série puisque ensuite il enchaînera les rôles de réalisateur sur d'autres séries et téléfilms américains. Tandis que Mark est désormais bien implanté au sein de la Fondation pour la recherche océanique, à bord du sous-marin Cétacé de Mr Schubert (Victor Buono) qui fut récupéré à l'issue des premières aventures par les protagonistes, l'homme-amphibien et ses nouveaux amis vont désormais être confrontés à de nouvelles aventures mettant apparemment en scène deux des trois plongeurs dont les médias viennent de reléguer la disparition en mer. Pourtant, ceux-ci réapparaissent subitement après que des témoins les aient vu être ''happés'' par l'océan. Ce que le spectateur est pour l'instant le seul à savoir, c'est que les victimes furent attirées sous l'eau par de curieuses créatures d'apparence humanoïde. Depuis leur retour, ceux qui se font appeler Lioa (Tiffany Bolling) et Zos (Bur De Benning) ont un comportement très étranges. Taiseux et pratiquement inexpressifs, ils détiennent surtout un pouvoir de mort qu'ils mettent en pratique dès qu'ils se sentent en danger. Tandis qu'ils viennent de réapparaître, Mark et la Fondation cherchent de leur côté à en savoir plus sur leur disparition. C'est ainsi qu'en nageant dans les profondeurs de l'océan il découvre une entrée qui débouche sur un vaisseau spatial... Intitulé Les visiteurs de l'au-delà (Death Scouts), ce second téléfilm de ce qui deviendra plus tard une série en treize épisodes est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il permet de découvrir un nouveau protagoniste essentiel de l'univers de L'homme de l'Atlantide en la personne du gestionnaire et administrateur de la Fondation pour la recherche océanique C.W. Crawford (Alan Fudge) et donc l'une des figures d'autorité de la série. Ensuite, et c'est sans doute là le point d'orgue de cet épisode, Les visiteurs de l'au-delà va permettre d'en savoir d'avoir davantage sur les origines de Mark puisque après avoir découvert que Lioa et Zos ont tout comme lui des mains palmées, la possibilité qu'ils puissent appartenir à la même espèce que lui semble être une possibilité...


Les visiteurs de l'au-delà s'intéresse donc tout d'abord aux origines de notre héros qui jusque là et après avoir été victime d'amnésie va peut-être enfin en savoir plus sur son monde. L'épisode réalisé par Marc Daniels est à ce titre relativement émouvant. La nature même de Mark se transformant parfois au risque d'inquiéter Elizabeth qui y voit un changement d'humeur et de comportement chez son nouvel ami. Après un premier téléfilm sinon passionnant du moins intriguant mettant en scène pour la première fois le personnage iconique de Mark Harris, l'idée d'intégrer des extraterrestres aquatiques est plutôt intéressante. Permettant donc ainsi de remonter aux origines supposées de ''l'homme-poisson''. Outre cette recherche quasi vitale de Mark quant à ses origines, le récit s'attache à accorder une part importante de l'histoire à la relation entre Lioa et lui. L'on remarquera d'ailleurs la différence d'attitude entre la jeune... ''femme'' et son compagnon Zos. Si d'un côté ce dernier développe surtout son intention de préparer l'invasion de la Terre par son espèce (notre planète étant selon ses propos et ceux de sa compagne beaucoup plus belle que la leur), Lioa tombera sous le charme de Mark et évitera ainsi bien des ennuis à notre héros lorsque Zos tentera de l'assassiner lors de leur fuite à bord de leur vaisseau enfoui sous les eaux de l'océan. Les visiteurs de l'au-delà aurait sans doute pu être l'occasion d'intégrer un nouveau personnage récurrent de la série avec celui de Lioa mais comme n'importe quel amour contrarié qui sépare deux êtres par la mort de l'un d'eux, l'issue confirme surtout qu'il ne peut y avoir qu'un seul véritable personnage ''extraterrestre'' au sein de l'histoire de L'homme de l'Atlantide. Si Les visiteurs de l'au-delà évoque la recherche des origines de Mark ou son attirance mutuelle vis à vis d'une humanoïde qui lui ressemble, le sujet de la manipulation est également au cœur de ce téléfilm plutôt agréable à regarder malgré le poids du temps qui semble désormais peser sur lui...

 

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