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dimanche 9 août 2026

Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Adapté du roman Platform Seven de Louise Doughty, Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne met en scène l'actrice britannique Jasmine Jobson dans une mini-série en quatre épisodes. Elle y interprète le personnage de Lisa Evans, jeune femme qui s'est donné la mort en se jetant du quai d'une gare. Son fantôme erre désormais dans la station sans pouvoir en sortir et elle n'a conservé aucun souvenir de la tragédie. Un soir, elle assiste au suicide d'un vieil homme dont le fantôme finit lui aussi par se retrouver bloqué au même endroit... Quai numéro 7 s'intéresse tout d'abord à Edward Warren (Phil Davis), l'homme en question. Tandis que Lisa parvient finalement à quitter les lieux, celle-ci s'intéresse aux membres de la famille du suicidé pour découvrir qu'il entretenait des rapports incestueux avec sa fille Ella (Emily Carey). Si le premier épisode s'avère relativement inintéressant en ce sens où il se perd dans des conjectures qui pour l'instant n'affinent pas réellement le sens réel du récit, le second, lui, s'attarde sur la relation entre les deux fantômes. Un épisode qui sert surtout à développer la personnalité de notre héroïne avant que les troisième et dernier épisodes s'attardent sur la jeune femme, son entourage, ainsi que l'inspecteur Akash Lockhart (Yaamin Chowdhury) qui à la suite de certains témoignages et notamment celui de Richard Shale (Reece Ritchie) va remettre en question les causes du décès de Lisa... Si l'on devine très vite que la jeune femme ne s'est pas suicidée mais qu'elle est bien morte dans des circonstances plus que troublantes, l'identité du coupable est révélée durant la conclusion du second épisode. Ensuite, si l'état d'ectoplasme de Lisa ne sert dans un premier temps que d'élément surnaturel n'ayant à priori pas vraiment d'utilité pour la suite des événements, le script de Paula Milne va se servir de son état afin de lui permettre d'enquêter sur celui que l'inspecteur ET les spectateurs vont soupçonner...


Exit l'éventualité de mettre sur le dos de Richard Shale le poids de la culpabilité tant son attitude rend un peu trop évidente son hypothétique culpabilité. Exit également les amies de Lisa ou même l'un des membres de sa famille. Non, celui que l'on soupçonne arbore le visage de l'innocence comme très souvent dans ce genre de récit. La réalisatrice et scénariste ne faisant plus mystère de l'identité du coupable, sa mini-série s'attarde ensuite sur l'enquête qui au départ n'est qu'un élément comme un autre du récit, noyé entre des thématiques telles que le deuil, l'inceste, la manipulation, l'emprise ou la toxicité masculine. Chaque épisode apportant son propre développement et sa propre analyse de chaque événement, il est possible de rejeter en bloc le climat sombre et le rythme léthargique du premier épisode tout en étant ensuite happé par un récit qui mêle aussi bien la recherche de vérité que l'élément fantastique. Paula Milne analyse la relation sous forme d'emprise psychologique du compagnon vis vis de la jeune femme. Un petit ami incarné par Toby Regbo et dont le comportement va avoir de sévères répercussions sur la vie professionnelle et personnelle de notre héroïne. Si les deux premiers épisodes sont plutôt sympas tout en donnant cependant le sentiment que si l'intrigue ne s'accélère pas l'on finira par décrocher, les troisième et quatrième donnent un fameux coup d'accélérateur qui ferait presque regretter que l'aventure se termine si rapidement. Entre un troisième épisode qui revient sous forme de flash-back sur la relation hautement toxique entre Lisa et Matthew et dans lequel Toby Regbo s'avère aussi crispant dans son rôle qu'excellent dans son jeu d'acteur et un quatrième déjà beaucoup plus ''ludique'' lors duquel Paula Milne a le bon goût de mêler émotion (celle des parents de Lisa), enquête policière et savoureuse vengeance ''spectrale'' (façon Poltergeist), Quai numéro 7 s'avère être au final une très bonne surprise...

 

mardi 7 juillet 2026

Can Ellen Be Saved ? de Harvey Hart (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sujet fort passionnant au demeurant, les sectes sous toutes leurs formes ont inspiré nombre d'auteurs au cinéma et à la télévision. S'inspirant parfois de faits authentiques ou n'étant que le fruit de l'imagination effervescente de scénaristes particulièrement inspirés. Nous allons très vite écarter les documentaires même si certains s'avèrent intéressants pour évoquer l'un des grand classiques de la Folk-Horror britannique The Wicker Man de Robin Hardy. Œuvre de fiction relativement dérangeante qui ne l'empêche cependant pas d'être considérée comme un film culte par les fins connaisseurs. Notons également les beaucoup plus récents et non moins fascinants Midsommar de Ari Aster et Apostle de Gareth Evans qui rejoignent eux aussi la grande tradition de la folk Horror et donc d'une certaine manière, ce mélange entre épouvante et communautés sectaires... Du côté des faits-divers, l'histoire de l'un des plus grands suicides collectifs liés à une secte inspira plusieurs longs-métrages. Côté cinéma, celui qui se faisait appeler ''Father Jim'' par ses adeptes, le révérend Jim Jones, la presse le surnommant même parfois le ''Gourou de Jonestown'' ou ''Le prédicateur de Jonestown'', fut au centre de plusieurs récits. Côté cinéma, les spectateurs eurent droit en 1979 à Guyana, la secte de l'enfer de René Cardona Jr. et beaucoup plus tard à The Sacrament de Ti West en 2013 tandis que les téléspectateurs effarés découvrirent en 1980 sur leur petit poste de télévision le téléfilm Guyana Tragedy : The Story of Jim Jones de William A. Graham... S'agissant plus largement du thème des sectes, l'on pourrait citer des dizaines d'autres exemples mais tenons-nous-en à cet objet plutôt obscure du moins de part chez nous intitulé Can Ellen Be Saved ? et simplifié dans nos contrées sous le titre Hélène. Hélène, oui, une fille comme les autres et qui pourtant n'a rien à voir avec celle qui fut l'une des grandes stars de TF1 dans les années quatre-vingt dix avec la série Hélène et les garçons, Hélène Rollès. Non ! Celle dont il s'agit ici est tout droit sortie de l'imagination du scénariste américain Emmett Roberts. Une jeune adolescente, avec ses doutes et ses craintes. Qui refuse de terminer son année d'études et qui plutôt que de se diriger vers cette université où elle ne se sent pas bien et semble être assez peu appréciée de ses camarades préfère suivre les membres d'une communauté de fervents chrétiens dirigée par le charismatique Joseph (Michael Parks)...


Difficile ici d'évaluer le niveau de dangerosité du ''gourou'', de ses adeptes et des préceptes de ce que d'aucun dans le coin considère de secte. L'une des très grandes faiblesses de ce téléfilm signé de Harvey Hart dont la carrière vogua de 1945 à 1989 entre grand et petit écran et sa trop courte durée. Comment aménager l'emprise mentale d'un gourou face à une adolescente se cherchant et dont les parents restent presque indifférents face à ses inquiétudes ? Comment développer la psychologie des différents personnages, le combat d'un père et d'une mère et le traitement radical administré par un homme qui n'en est pas à son premier coup d'essai lorsqu'il s'agit de sortir une jeune fille de l'influence dont elle fait l'objet auprès d'un homme qui compte dans sa communauté des dizaines d'adeptes ? Une heure et treize minutes. Voilà la durée de Can Ellen Be Saved? Insuffisante et contraignant son auteur à appliquer des coupes que l'on devine drastiques, il devient difficile de se faire une idée précise des méthodes employées par Joseph afin d'atteindre très spécifiquement ses objectifs. Bourré d'ellipses, le téléfilm s'en trouve malheureusement décrédibilisé. Ne signifiant jamais vraiment le temps qui passe, on ne sait plus si un jour, une semaine, un mois ou une année passe et la concentration du récit en à peine plus de soixante-dix minutes ruine les efforts pourtant louables du cinéaste et de son scénariste. Car avant que tout ne se précipite en à peine quelques séquences passant d'une adolescente d'abord réfractaire en une disciple ayant éludé la question du père et de la mère pour ensuite décrire l'enlèvement d'Ellen par ses parents précédant le traitement infligé par un certain James Hallbeck chargé de la faire revenir à la réalité, Can Ellen Be Saved? fait figure de très bonne description s'agissant de l'enrôlement de personnes faibles, perdues, à la recherche d'elles-mêmes ou naïves sous le prisme de la religion. Notons que la jeune femme est incarnée par l'actrice Katherine Cannon, que Joseph est interprété par Michael Parks et que les deux acteurs sont entourés d'une belle brochette de comédiens puisque dans le rôles des parents de l'adolescente l'on retrouve Leslie Nielsen (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams et David et Jerry Zucker, Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks et interprète de tout un tas d'autres comédies parodiques) ainsi que Louise Fletcher, laquelle est devenue mondialement célèbre grâce au rôle de l'infirmière Ratched dans le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Quand à John Saxon qui incarne ici le rôle de James Hallbeck, durant sa longue carrière télévisuelle et cinématographique, il aura participé à bon nombre de films d'horreur parmi lesquels Ténèbres de Dario Argento, Les Griffes de la nuit de Wes Craven ainsi qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Au final, Can Ellen Be Saved? n'est pas un mauvais téléfilm. Il manque simplement à son auteur une bonne heure pour pouvoir développer avec aisance son sujet...

 

mercredi 24 juin 2026

The Longest Night de Jack Smight (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le 17 décembre 1968 aux environs de quatre heures du matin, Jane Mackle et sa fille Barbara reçoivent la visite impromptue de Gary Steven Krist, un ancien condamné, et de sa complice et petite amie Ruth Eisemann-Schier. Tandis que Jane s'était chargée de ramener sa fille après que celle-ci ait contracté la grippe de Hong Kong à l'université Emory d'Atlanta où elle étudiait, la mère et la fille s'étaient arrêtées pour la nuit dans un hôtel de la chaîne Rodeway Inn. Tout comme dans cette première adaptation télévisuelle d'un fait-divers ayant donc eu lieu à la fin des années soixante en Floride, l'adolescente fut kidnappée tandis que sa mère fut attachée sur son lit avant d'être chloroformée. Les deux ravisseurs prirent alors la route à bord de leur véhicule à l'arrière duquel ils placèrent Barbara avant de se rendre dans une région isolée afin de l'enfermer dans un cercueil aménagé (lumière et ventilation reposant sur l'usage d'une batterie dont la durée de vie est limitée) et enterré dans le sol. Ce qui n'était jusque là qu'un ''classique'' enlèvement allait se transformer en une épreuve encore plus épouvantable pour la jeune fille et pour ses parents, morts d'angoisse à l'idée de ne pas la retrouver à temps. Toujours est-il que contre la survie de Karen Chambers (nom donné à la victime dans ce téléfilm), ses kidnappeurs mettent au point un chantage. Soit son père Alan accepte de lui donner cinq-cent mille dollars, soit sa fille mourra dans une semaine par manque d'oxygène. Réalisé par Jack Smight en 1972, The Longest Night est la première des deux adaptations de ce fait-divers qui défraya donc la chronique judiciaire américaine en 1968. Le téléfilm repose sur la collaboration de la famille avec plusieurs membres du FBI parmi lesquels l'on retrouve notamment l'acteur afro-américain Jason Bernard qui entre télévision et cinéma apparut notamment chez John Badham (Tonnerre de feu et Wargames), Peter Hyams (La nuit des juges), Clint Eastwood (Bird) ou Tom Shadyac (Menteur, menteur) et dans le rôle de Caleb Taylor dans la mythique série de science-fiction, V en 1983. Autre acteur connu bien que secondaire, Richard Anderson incarne ici d'Harvey Eaton, l'ami d'Alan Chambers. Bien qu'il ait connut une très importante carrière sur grand et petit écran, il reste surtout connu pour avoir interprété le rôle d'Oscar Goldman dans les série L'homme qui valait trois milliards et Super Jaimie...


Quant aux deux criminels qui kidnappent la jeune fille dans le téléfilm, ils sont respectivement interprétés par Sky Aubrey et James Farentino, lequel est bien évidemment surtout connu pour sa participation à de nombreuses séries télévisées. Bien que le sujet de l'enlèvement et de la séquestration d'une adolescente ici interprétée par Sallie Shockley dans une boite pas plus grande qu'un cercueil soit relativement sensible (ami claustrophobes, bonjour à vous), le téléfilm est traité de manière assez classique. Suivant assez fidèlement le fait-divers tel qu'il se produisit quatre ans auparavant, il ne faut pas s'attendre à un festival de courses-poursuites ou de fusillades. Tout au plus The Longest Night démontre le génie diabolique de Gary Steven Krist dont le nom a été ici remplacé par celui de John Danbury. Ce système mis au point ajoutant un surcroît de pression et l'obligation pour la famille et les autorités de respecter scrupuleusement les ordres édictés par le ravisseur. Si la présence d'Ellen Gunther, la complice dont le nom prend la place de celui de Ruth Eisemann-Schier s'explique par sa participation à l'enlèvement de Barbara, le personnage incarné par Skye Aubrey n'est en fait d'aucune espèce d'utilité. Un personnage secondaire dispensable, qui ne joue en réalité sur aucun élément du script. Au final, The Longest Night est un téléfilm relativement anodin, pourtant réalisé par celui qui mit en scène Peter Falk dans l'excellent épisode de la série Columbo intitulé Poids mort en 1971, réalisa l'excellent téléfilm fleuve Frankenstein : la véritable histoire en 1973, le film catastrophe 747 en péril en 1974 ou encore le film de science-fiction Les Survivants de la fin du monde en 1977... Bref, le téléfilm n'intéressera que ceux qui s'intéressent en profondeur à ce cas d'enlèvement très particulier. Notons enfin qu'en 1990 une seconde adaptation fut réalisée par Donald Wrye sous le titre 83 Hours 'Til Dawn...


 

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