Mots-clés

samedi 22 août 2026

L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis) - Téléfilm 1 - L'arrivée (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'origine de L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis), deux hommes. Le producteur, scénariste et réalisateur Herbert F. Solow ainsi que le scénariste Mayo Simon. Ensemble, ils cherchent à créer un nouveau personnage de science-fiction après les succès de l'homme qui valait 3 milliards en 1973 ou de Super Jaimie trois ans plus tard. L'une des différences primordiales étant qu'ici, le héros incarné par Patrick Duffy qui dès la fin de cette série intégrera le casting de la mythique série Dallas en interprétant le rôle de Bobby Ewing, n'est pas l'objet de modifications bioniques corporelles consécutives à diverses reconstructions physiques mais bien une ''créature'' humanoïde provenant des profondeurs de l'océan qui après avoir échoué sur une plage est secouru par le docteur Elizabeth Merrill (Belinda Montgomery). L'autre particularité de L'homme de l'Atlantide est d'avoir été tout d'abord conçu sous la forme de plusieurs téléfilms avant d'être finalement agrémenté de treize épisodes de série télévisée. Et parmi les quatre téléfilms en question, L'arrivée est le premier d'entre eux. L'on fait alors connaissance avec les principaux protagonistes qui durant ces aventures qui se perpétueront entre le 4 mars 1977 et le 6 juin 1978 (dates de première diffusion sur le groupe audiovisuel américain National Broadcasting Company plus connu sous le nom de NBC), apparaîtront dans une grande majorité d'entre elles. Possédant une excellente condition physique et des connaissances profondes en matière de natation, Patrick Duffy était donc le candidat idéal pour tenir le rôle de Mark Harris. Un humanoïde amphibien doté de branchies qui lui permettent de séjourner indéfiniment sous l'eau tandis que son exposition à l'air libre ne doit pas dépasser douze heures sous peine de le condamner à mort. Dans cet épisode, et après avoir été sauvé de ce que tout le monde avait pensé jusque là être une noyade par une Elizabeth qui découvre sa constitution physique lors d'examens médicaux, l'on a droit à la sempiternelle récupération de Mark par l'armée. À l'image de l'amiral Dewey Pierce (l'acteur Art Lund) qui après avoir semble-t-il fait preuve de bienveillance envers le jeune homme va rapidement montrer son véritable visage. Celui d'un homme travaillant pour un gouvernement intéressé par les exceptionnelles facultés physiques de Mark. Étant étranger à notre monde, l'épisode L'arrivée est d'abord l'occasion pour ''l'homme-poisson'' de se familiariser avec ce qui l'entoure...


Des gestes aussi simples qu'ouvrir les portes d'une cabine-téléphonique se transformant alors en véritable parcours du combattant. L'occasion est également donnée de décrire le héros comme un être sensible, ouvert aux autres mais aussi et surtout, profondément humain, pacifiste et écologiste. Une thématique qui aujourd'hui ferait des étincelles même si personne ne semble avoir eu l'idée de reprendre le concept de cette excellente série dotée d'épisodes et de personnages pittoresques. À commencer justement par l'un de ces antagonistes furieusement excentriques dont se nourrissaient déjà à l'époque les séries américaines et britanniques. Car dans le rôle de Monsieur Schubert, l'acteur Victor Buono tragiquement disparu à seulement quarante-trois ans incarne un scientifique ''un peu'' fou, déçu par l'humanité et qui dès sa première apparition dans la série montre des signes particulièrement inquiétants. En effet, sans ambages, l'homme précise lors de sa rencontre avec Mark son intention d'exterminer la race humaine toute entière ! Rien que ça ! L'on découvre en outre que la disparition de sous-marins qui intéresse justement l'amiral Dewey Pierce est directement liée aux exactions de Monsieur Schubert... Une curieuse ambivalence entre le rejet d'une humanité qui détruit son environnement et la volonté de la faire disparaître pour repartir sur des bases beaucoup plus saines... Avec L'homme de l'Atlantide, Herbert F. Solow et Mayo Simon créent un nouveau ''super-héros'' qui entre dans la logique des années soixante-dix où hommes et femmes sont amenés à posséder des facultés extraordinaires visant à faire d'eux des individus près à défier le Mal sur notre planète à petite ou à plus grande échelle. Outre les deux séries citées plus haut, l'on peut également ajouter L'incroyable Hulk ou bien Wonder Woman... Notons enfin l'inoubliable thème du compositeur Fred Karlin qui parcourt la série et les téléfilms dans leur ensemble... Un mois après la diffusion de L'arrivée sur les télévisions américaine, le second téléfilm Les visiteurs de l'au-delà sera mis à disposition des téléspectateurs le avril 1977. Dans l'hexagone, il faudra cependant patienter près de deux années pour le découvrir sur la première chaîne française TF1...

 

dimanche 9 août 2026

Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Adapté du roman Platform Seven de Louise Doughty, Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne met en scène l'actrice britannique Jasmine Jobson dans une mini-série en quatre épisodes. Elle y interprète le personnage de Lisa Evans, jeune femme qui s'est donné la mort en se jetant du quai d'une gare. Son fantôme erre désormais dans la station sans pouvoir en sortir et elle n'a conservé aucun souvenir de la tragédie. Un soir, elle assiste au suicide d'un vieil homme dont le fantôme finit lui aussi par se retrouver bloqué au même endroit... Quai numéro 7 s'intéresse tout d'abord à Edward Warren (Phil Davis), l'homme en question. Tandis que Lisa parvient finalement à quitter les lieux, celle-ci s'intéresse aux membres de la famille du suicidé pour découvrir qu'il entretenait des rapports incestueux avec sa fille Ella (Emily Carey). Si le premier épisode s'avère relativement inintéressant en ce sens où il se perd dans des conjectures qui pour l'instant n'affinent pas réellement le sens réel du récit, le second, lui, s'attarde sur la relation entre les deux fantômes. Un épisode qui sert surtout à développer la personnalité de notre héroïne avant que les troisième et dernier épisodes s'attardent sur la jeune femme, son entourage, ainsi que l'inspecteur Akash Lockhart (Yaamin Chowdhury) qui à la suite de certains témoignages et notamment celui de Richard Shale (Reece Ritchie) va remettre en question les causes du décès de Lisa... Si l'on devine très vite que la jeune femme ne s'est pas suicidée mais qu'elle est bien morte dans des circonstances plus que troublantes, l'identité du coupable est révélée durant la conclusion du second épisode. Ensuite, si l'état d'ectoplasme de Lisa ne sert dans un premier temps que d'élément surnaturel n'ayant à priori pas vraiment d'utilité pour la suite des événements, le script de Paula Milne va se servir de son état afin de lui permettre d'enquêter sur celui que l'inspecteur ET les spectateurs vont soupçonner...


Exit l'éventualité de mettre sur le dos de Richard Shale le poids de la culpabilité tant son attitude rend un peu trop évidente son hypothétique culpabilité. Exit également les amies de Lisa ou même l'un des membres de sa famille. Non, celui que l'on soupçonne arbore le visage de l'innocence comme très souvent dans ce genre de récit. La réalisatrice et scénariste ne faisant plus mystère de l'identité du coupable, sa mini-série s'attarde ensuite sur l'enquête qui au départ n'est qu'un élément comme un autre du récit, noyé entre des thématiques telles que le deuil, l'inceste, la manipulation, l'emprise ou la toxicité masculine. Chaque épisode apportant son propre développement et sa propre analyse de chaque événement, il est possible de rejeter en bloc le climat sombre et le rythme léthargique du premier épisode tout en étant ensuite happé par un récit qui mêle aussi bien la recherche de vérité que l'élément fantastique. Paula Milne analyse la relation sous forme d'emprise psychologique du compagnon vis vis de la jeune femme. Un petit ami incarné par Toby Regbo et dont le comportement va avoir de sévères répercussions sur la vie professionnelle et personnelle de notre héroïne. Si les deux premiers épisodes sont plutôt sympas tout en donnant cependant le sentiment que si l'intrigue ne s'accélère pas l'on finira par décrocher, les troisième et quatrième donnent un fameux coup d'accélérateur qui ferait presque regretter que l'aventure se termine si rapidement. Entre un troisième épisode qui revient sous forme de flash-back sur la relation hautement toxique entre Lisa et Matthew et dans lequel Toby Regbo s'avère aussi crispant dans son rôle qu'excellent dans son jeu d'acteur et un quatrième déjà beaucoup plus ''ludique'' lors duquel Paula Milne a le bon goût de mêler émotion (celle des parents de Lisa), enquête policière et savoureuse vengeance ''spectrale'' (façon Poltergeist), Quai numéro 7 s'avère être au final une très bonne surprise...

 

mardi 7 juillet 2026

Can Ellen Be Saved ? de Harvey Hart (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sujet fort passionnant au demeurant, les sectes sous toutes leurs formes ont inspiré nombre d'auteurs au cinéma et à la télévision. S'inspirant parfois de faits authentiques ou n'étant que le fruit de l'imagination effervescente de scénaristes particulièrement inspirés. Nous allons très vite écarter les documentaires même si certains s'avèrent intéressants pour évoquer l'un des grand classiques de la Folk-Horror britannique The Wicker Man de Robin Hardy. Œuvre de fiction relativement dérangeante qui ne l'empêche cependant pas d'être considérée comme un film culte par les fins connaisseurs. Notons également les beaucoup plus récents et non moins fascinants Midsommar de Ari Aster et Apostle de Gareth Evans qui rejoignent eux aussi la grande tradition de la folk Horror et donc d'une certaine manière, ce mélange entre épouvante et communautés sectaires... Du côté des faits-divers, l'histoire de l'un des plus grands suicides collectifs liés à une secte inspira plusieurs longs-métrages. Côté cinéma, celui qui se faisait appeler ''Father Jim'' par ses adeptes, le révérend Jim Jones, la presse le surnommant même parfois le ''Gourou de Jonestown'' ou ''Le prédicateur de Jonestown'', fut au centre de plusieurs récits. Côté cinéma, les spectateurs eurent droit en 1979 à Guyana, la secte de l'enfer de René Cardona Jr. et beaucoup plus tard à The Sacrament de Ti West en 2013 tandis que les téléspectateurs effarés découvrirent en 1980 sur leur petit poste de télévision le téléfilm Guyana Tragedy : The Story of Jim Jones de William A. Graham... S'agissant plus largement du thème des sectes, l'on pourrait citer des dizaines d'autres exemples mais tenons-nous-en à cet objet plutôt obscure du moins de part chez nous intitulé Can Ellen Be Saved ? et simplifié dans nos contrées sous le titre Hélène. Hélène, oui, une fille comme les autres et qui pourtant n'a rien à voir avec celle qui fut l'une des grandes stars de TF1 dans les années quatre-vingt dix avec la série Hélène et les garçons, Hélène Rollès. Non ! Celle dont il s'agit ici est tout droit sortie de l'imagination du scénariste américain Emmett Roberts. Une jeune adolescente, avec ses doutes et ses craintes. Qui refuse de terminer son année d'études et qui plutôt que de se diriger vers cette université où elle ne se sent pas bien et semble être assez peu appréciée de ses camarades préfère suivre les membres d'une communauté de fervents chrétiens dirigée par le charismatique Joseph (Michael Parks)...


Difficile ici d'évaluer le niveau de dangerosité du ''gourou'', de ses adeptes et des préceptes de ce que d'aucun dans le coin considère de secte. L'une des très grandes faiblesses de ce téléfilm signé de Harvey Hart dont la carrière vogua de 1945 à 1989 entre grand et petit écran et sa trop courte durée. Comment aménager l'emprise mentale d'un gourou face à une adolescente se cherchant et dont les parents restent presque indifférents face à ses inquiétudes ? Comment développer la psychologie des différents personnages, le combat d'un père et d'une mère et le traitement radical administré par un homme qui n'en est pas à son premier coup d'essai lorsqu'il s'agit de sortir une jeune fille de l'influence dont elle fait l'objet auprès d'un homme qui compte dans sa communauté des dizaines d'adeptes ? Une heure et treize minutes. Voilà la durée de Can Ellen Be Saved? Insuffisante et contraignant son auteur à appliquer des coupes que l'on devine drastiques, il devient difficile de se faire une idée précise des méthodes employées par Joseph afin d'atteindre très spécifiquement ses objectifs. Bourré d'ellipses, le téléfilm s'en trouve malheureusement décrédibilisé. Ne signifiant jamais vraiment le temps qui passe, on ne sait plus si un jour, une semaine, un mois ou une année passe et la concentration du récit en à peine plus de soixante-dix minutes ruine les efforts pourtant louables du cinéaste et de son scénariste. Car avant que tout ne se précipite en à peine quelques séquences passant d'une adolescente d'abord réfractaire en une disciple ayant éludé la question du père et de la mère pour ensuite décrire l'enlèvement d'Ellen par ses parents précédant le traitement infligé par un certain James Hallbeck chargé de la faire revenir à la réalité, Can Ellen Be Saved? fait figure de très bonne description s'agissant de l'enrôlement de personnes faibles, perdues, à la recherche d'elles-mêmes ou naïves sous le prisme de la religion. Notons que la jeune femme est incarnée par l'actrice Katherine Cannon, que Joseph est interprété par Michael Parks et que les deux acteurs sont entourés d'une belle brochette de comédiens puisque dans le rôles des parents de l'adolescente l'on retrouve Leslie Nielsen (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams et David et Jerry Zucker, Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks et interprète de tout un tas d'autres comédies parodiques) ainsi que Louise Fletcher, laquelle est devenue mondialement célèbre grâce au rôle de l'infirmière Ratched dans le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Quand à John Saxon qui incarne ici le rôle de James Hallbeck, durant sa longue carrière télévisuelle et cinématographique, il aura participé à bon nombre de films d'horreur parmi lesquels Ténèbres de Dario Argento, Les Griffes de la nuit de Wes Craven ainsi qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Au final, Can Ellen Be Saved? n'est pas un mauvais téléfilm. Il manque simplement à son auteur une bonne heure pour pouvoir développer avec aisance son sujet...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...