Adapté du roman Platform Seven de Louise Doughty, Quai
numéro 7
(Platform 7)
de Paula Milne met en scène l'actrice britannique Jasmine
Jobson dans une mini-série en quatre épisodes. Elle y interprète
le personnage de Lisa Evans, jeune femme qui s'est donné la mort en
se jetant du quai d'une gare. Son fantôme erre désormais dans la
station sans pouvoir en sortir et elle n'a conservé aucun souvenir
de la tragédie. Un soir, elle assiste au suicide d'un vieil homme
dont le fantôme finit lui aussi par se retrouver bloqué au même
endroit... Quai numéro 7
s'intéresse tout d'abord à Edward Warren (Phil Davis), l'homme en
question. Tandis que Lisa parvient finalement à quitter les lieux,
celle-ci s'intéresse aux membres de la famille du suicidé pour
découvrir qu'il entretenait des rapports incestueux avec sa fille
Ella (Emily Carey). Si le premier épisode s'avère relativement
inintéressant en ce sens où il se perd dans des conjectures qui
pour l'instant n'affinent pas réellement le sens réel du récit, le
second, lui, s'attarde sur la relation entre les deux fantômes. Un
épisode qui sert surtout à développer la personnalité de notre
héroïne avant que les troisième et dernier épisodes s'attardent
sur la jeune femme, son entourage, ainsi que l'inspecteur Akash
Lockhart (Yaamin Chowdhury) qui à la suite de certains témoignages
et notamment celui de Richard Shale (Reece Ritchie) va remettre en
question les causes du décès de Lisa... Si l'on devine très vite
que la jeune femme ne s'est pas suicidée mais qu'elle est bien morte
dans des circonstances plus que troublantes, l'identité du coupable
est révélée durant la conclusion du second épisode. Ensuite, si
l'état d'ectoplasme de Lisa ne sert dans un premier temps que
d'élément surnaturel n'ayant à priori pas vraiment d'utilité pour
la suite des événements, le script de Paula Milne va se servir de
son état afin de lui permettre d'enquêter sur celui que
l'inspecteur ET les spectateurs vont soupçonner...
Exit
l'éventualité de mettre sur le dos de Richard Shale le poids de la
culpabilité tant son attitude rend un peu trop évidente son
hypothétique culpabilité. Exit également les amies de Lisa ou même
l'un des membres de sa famille. Non, celui que l'on soupçonne arbore
le visage de l'innocence comme très souvent dans ce genre de récit.
La réalisatrice et scénariste ne faisant plus mystère de
l'identité du coupable, sa mini-série s'attarde ensuite sur
l'enquête qui au départ n'est qu'un élément comme un autre du
récit, noyé entre des thématiques telles que le deuil, l'inceste,
la manipulation, l'emprise ou la toxicité masculine. Chaque épisode
apportant son propre développement et sa propre analyse de chaque
événement, il est possible de rejeter en bloc le climat sombre et
le rythme léthargique du premier épisode tout en étant ensuite
happé par un récit qui mêle aussi bien la recherche de vérité
que l'élément fantastique. Paula Milne analyse la relation sous
forme d'emprise psychologique du compagnon vis vis de la jeune femme.
Un petit ami incarné par Toby Regbo et dont le comportement va avoir
de sévères répercussions sur la vie professionnelle et personnelle
de notre héroïne. Si les deux premiers épisodes sont plutôt
sympas tout en donnant cependant le sentiment que si l'intrigue ne
s'accélère pas l'on finira par décrocher, les troisième et
quatrième donnent un fameux coup d'accélérateur qui ferait presque
regretter que l'aventure se termine si rapidement. Entre un troisième
épisode qui revient sous forme de flash-back sur la relation
hautement toxique entre Lisa et Matthew et dans lequel Toby Regbo
s'avère aussi crispant dans son rôle qu'excellent dans son jeu
d'acteur et un quatrième déjà beaucoup plus ''ludique'' lors
duquel Paula Milne a le bon goût de mêler émotion (celle des
parents de Lisa), enquête policière et savoureuse vengeance
''spectrale'' (façon Poltergeist),
Quai
numéro 7
s'avère être au final une très bonne surprise...
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