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mercredi 7 octobre 2026

Le Miroir de la mort (Fear No Evil) de Paul Wendkos (1969) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Paul Varney (Bradford Dillman) et sa fiancée Barbara Anholt (Lynda Day George) avaient prévu de se marier dans trois semaines lorsque celui-ci meurt dans un curieux accident de voiture. Totalement obnubilé par un miroir dont il avait fait l'acquisition dans un magasin d’antiquités, l'homme laisse donc derrière lui une jeune femme anéantie qui bientôt se met à faire d'étranges rêves fantasmagoriques dans lesquels elle aperçoit Paul la rejoindre à travers le miroir en question. Installée chez celle qui aurait logiquement dû devenir sa future belle-mère (interprétée par Marsha Hunt), Barbara s'en remet alors au Docteur psychiatre David Sorrell. Passionné d'occultisme et de parapsychologie, celui-ci décide de se lancer dans une enquête afin de découvrir quel peut-être le lien entre Paul Varney, les étranges visions de Barbara et ce mystérieux enregistrement audio sur lequel l'on entend la voix du mort ainsi que celles des membres d'un étrange ''club'' de démonologie... Produit par le groupe télévisuel américain Universal Television et distribué sur le territoire américain par la National Broadcasting Company (plus connue sous l'acronyme NBC), Le Miroir de la mort (Fear No Evil) de Paul Wendkos (auteur de plus de cent-dix longs-métrages, téléfilms et épisodes de séries télévisées en cinquante-deux ans de carrière), scénarisé par Richard Alan Simmons ainsi que par Guy Endore à partir d'une nouvelle écrite par ce dernier est un téléfilm qui entre en droite lignée avec les longs-métrages cinématographiques portant sur le sujet de la démonologie et du Diable sous tous ses aspects. Au plus près de celui-ci, le Rosemary's Baby de Roman Polanski qui un an auparavant vit le jour sur grand écran. Un chef-d’œuvre du genre bientôt rejoint dans une autre mesure par quelques classique du fantastique et de l'épouvante parmi lesquels, le très angoissant The Changeling de Peter Medak notamment interprété par le formidable George C. Scott et par Trish Van Devere, Amityville, la maison du Diable de Stuart Rosenberg, L'exorciste de William Friedkin, La malédiction de Richard Donner et sans doute plus proche encore de sa thématique, l'excellent Les Envoûtés (The Believers) réalisé par John Schlesinger presque vingt ans plus tard...


Et encore, il ne s'agit là que des œuvres les plus connues puisque l'on en trouve de beaucoup moins célèbres parmi lesquelles Crowhaven Farm de Walter Grauman en 1970, The Possession of Joel Delaney de Waris Hussein en 1972, Satan's School for Girls de David Lowell Rich l'année suivante ou plus près de chez nous, The Blood on Satan's Claw de Piers Haggard puisque celui-ci est d'origine britannique. Impossible de dresser une liste exhaustive du genre mais ce que l'on sait sûrement au sujet de ce Fear No Evil, premier des deux téléfilms/épisodes pilotes d'une série qui ne verra finalement jamais le jour, c'est qu'il aura bien du mal à convaincre la relève des cinéphiles/phages sevrés aux grandes envolées gores ou goinfrés jusqu'à la gueule de CGI tant le téléfilm s'avère même pour les vieux briscards rompus au genre, d'une mollesse qui confondrait presque le rythme de l'intrigue à une consultation en position allongée chez le psy ! Bref, de quoi s'endormir assez rapidement si l'on n'a pas au préalable avalé ses deux gélules d'AZINC VITALITé ! Outre les visages parfaitement reconnaissables là encore pour les plus anciens de Bradford Dillman, de Lynda Day George ou de Wilfrid Hyde-White que les téléphages amateurs de séries policières américaines connaissent bien pour l'avoir notamment vu au générique de deux épisodes de la série Columbo, le plus remarquable reste probablement la présence de l'acteur français Louis Jourdan, alors ''exilé'' aux Etats-Unis depuis 1946 et qui incarne ici le rôle du Docteur David Sorrell. Bien que le surnaturel s'invite au voyage, que le découpage se montre plutôt dynamique et les éclairages expressionnistes (courtes focales, caméras inclinées), que la bande musicale de Billy Goldenberg rappelle celles qu'allaient signer Jerry Goldsmith pour La malédiction, Lalo Schifrin pour Amityville ou encore Rick Wilkins pour The Changeling, la déception est grande. Ce qui n'empêchera pourtant pas Robert Day de prendre les rênes de ce qui devait donc être une future série en réalisant le second téléfilm un an plus tard, intitulé Ritual of Evil et toujours incarné par Louis Jourdan...

 

mardi 22 septembre 2026

Starsky et Hutch - Quel charme ! d'Earl Bellamy (1977) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

L'ancien comédien de théâtre Lionel Fitzgerald (Richard Lynch), victime d'un grave trouble psychiatrique à la suite de la perte d'une jambe et d'un bras lors d'un accident causé par un chauffeur de taxi ivre ne fut pas le seul ''timbré'' que Ken Hutchison (David Soul) et David Starsky (Paul Michael Glaser) eurent l'occasion de croiser durant les quatre saisons de la série policière Starsky et Hutch. Et parmi ces derniers se trouva une femme dont la profession d'infirmière pouvait la laisser supposer être au dessus de tout soupçon quant à sa véritable personnalité. Traduit sous le titre potentiellement ironique de Quel charme ! en France, Fatal Charm (pour charme fatal) est déjà beaucoup plus proche de l'idée que l'on doit se faire de Diana Harmon, incarnée par l'actrice Karen Valentine, qui dans cet épisode fait la connaissance de Starsky mais aussi et surtout de Hutch dont elle est tout d'abord chargée de soigner la plaie causée à l'une de ses mains après qu'il ait été blessé lors d'une intervention policière... Diana est jolie, attirante et Hutch tombe facilement entre ses bras. Cet épisode montre tout d'abord combien l'indépendance du policier est pour lui une donnée essentielle. Sans tomber dans la caricature du macho (ce qu'il est pourtant sans doute plus ou moins) qui couche avec diverses femmes avant de passer à la suivante, Hutch résiste à cette jeune femme qui prend de plus en plus de place dans sa vie. S'invitant chez lui sans y avoir été conviée. Faisant la grimace lorsqu'il semble s'intéresser à une autre femme qu'elle. Bref, aussi ''appétissante'' et souriante que semble être Diana, la jeune femme développe une jalousie maladive envers celui qu'elle considère déjà comme son fiancé. Allant jusqu'à lui acheter une montre à mille deux-cent dollars au dos de laquelle elle a fait graver la phrase ''à toi pour toujours''... Les cas d'obsessions amoureuses féminines ne sont pas rares puisque le cinéma a abordé le sujet à plusieurs reprises.


Si l'on trouve des œuvres plus ou moins connues, tel le Swimfan de John Polson, l'un des grands classiques du genre demeure Liaison fatale (Fatal Attraction) d'Adrian Lyne en 1987. Clint Eastwood en fit même le sujet central de son tout premier long-métrage en tant que réalisateur, Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me) en 1971. Et ça n'est pas parce que Quel charme ! est un épisode de série télévisée qu'il faut lui dénier le droit d'activer chez le téléspectateur le même sentiment d'effroi devant cette jeune femme totalement dérangée face à un Hutch dépassé par les événements. Une infirmière pleine d'attention qui progressivement montre alors son vrai visage en glissant vers la folie et la violence la plus extrême. Plusieurs séquences intéressantes font intervenir ce personnage lors de ses crises répétées. À commencer par son visage, fermé, lorsque Hutch danse avec une vieille amie. Puis intervient la scène durant laquelle Karen dévaste entièrement la demeure du policier. Sans compter l'agression que subit Linda, l'une des collègues féminines de nos deux policiers. Jusqu'à cette séquence finale et inévitable où l'infirmière s'en prend directement à celui qu'elle prétend aimer... La particularité de cet épisode est de n'être pas exclusivement concentré sur une enquête policière menée par Hutch, son compagnon Starsky et par Linda, justement, qui se fait ici passer pour une jeune prostituée. Très vite, l'enquête en question passe au second plan même si à diverses occasions le script de Jeff Kanter la fait malgré tout évoluer jusqu'à sa résolution. Tournant alors principalement autour du duo formé ici par David Soul et Karen Valentine, cet épisode réalisé par Earl Bellamy vire quasiment à l'épouvante à chaque intervention de la jeune femme. Un épisode que l'on rangera donc aux côtés de Quadrature ou de l'excellent Vampirisme dans lequel un professeur de danse se prenait pour un... vampire !

 

vendredi 18 septembre 2026

Starsky et Hutch - Quadrature de Rick Edelstein (1978) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a quelques années, en mars 2019, j'avais déjà évoqué la série policière américaine Starsky et Hutch à travers deux épisodes. Il faut savoir que certains d'entre eux dont j'ai choisi de parler ici, dans cet article et sans doute dans d'autres à venir, flirtèrent avec l'épouvante. Comme dans le cas de l'épisode Quadrature, justement. Un titre énigmatique pour une enquête tournant autour d'une série de meurtres dont les victimes sont toutes des chauffeurs de taxi d'une même société de transport privée. Vingt-deuxième épisode de la troisième saison de Starsky et Hutch, ce qui dans son pays d'origine a été diffusé sous le titre Quadromania pour la première fois le 10 mai 1978 sur ABC puis six ans plus tard en France le 4 mars 1984 sur TF1 fait partie des aventures les plus angoissantes de nos deux célèbres flics de la police new-yorkaise. Tandis qu'ils nous avaient habitués à les voir évoluer à bord de la Ford Gran Torino rouge de 1975 barrée d'une longue ligne blanche conduite par Starsky, dans Quadrature, c'est la Ford LTD II beige et cabossée de Ken Hutchinson qui est ''mise en vedette''. Un véhicule que l'on verra sporadiquement durant les quatre saisons que compte la série. Et même, dans cet épisode, celle-ci est relativement peu exploitée puisque l'intrigue s'attarde sur différents modèles de Checker Marathon conduites par des chauffeurs de taxi qui vont les uns après les autres être assassinés par un homme grimé en divers personnages de théâtre. Cet homme, c'est Lionel Fitzgerald. Un ancien comédien qui à la suite d'un grave accident qui impliqua justement un chauffeur de taxi ivre qui le renversa perdit un bras ainsi que l'usage de l'une de ses jambes. Dominé par l'esprit de vengeance, l'homme sort le soir et monte à bord des taxis de la petite entreprise dirigée par Kingston St Jacques (interprété par l'acteur afro-américain Philip Michael Thomas qui deviendra surtout célèbre pour son rôle du détective Ricardo ''Rico'' Tubbs dans la mythique série Deux flic à Miami) afin de tuer leurs chauffeurs. Bien évidemment, l'un de nos deux célèbres policiers en la personne de David Starsky va prendre place à bord de l'un d'entre eux afin de piéger le tueur...


En servant d'appât, Starsky ne sait pas qu'il va mettre sa vie en jeu. Car affublé de costumes divers et variés renvoyant parfois à de célèbres personnages de théâtre comme ceux du Roi Lear que Lionel Fitzgerald confond avec la réalité, le meurtrier est pratiquement impossible à décrire physiquement. Pourtant, certains détails le définissent assez bien. Trainant la patte et doté d'une force incroyable à l'une des mains depuis que celle-ci a été remplacée par une prothèse, ses différents déguisements accentuent merveilleusement bien le côté sinistre et dément du personnage. Car oui, Lionel Fitzgerald est fou ! Vivant aux côtés de son grand-père aveugle Gramps (John McLiam, que l'on découvrira notamment plus tard dans le rôle de Jacob dans la série de science-fiction culte, V), Louis lui fait croire que chaque soir il joue au théâtre et remporte un énorme succès alors qu'il commet en réalité des meurtres. Les séquences mettant en scène les deux hommes ont d'ailleurs un caractère parfois émouvant, voire déstabilisant, en ce sens où l'on peut être touchés par le drame que vit le jeune homme dont l'avenir fut détruit par un chauffeur de taxi prit de boisson qui le renversa tout en étant horrifiés par son apparence et ses agissements lorsqu'il sort tard dans la nuit pour commettre ses méfaits. Mais si Quadrature et son antagoniste sont aussi saisissants, ça n'est pas tant grâce à la pourtant très convaincante mise en scène de Rick Edelstein ou au scénario d'Anthony Yerkovich que grâce à l'impeccable interprétation de l'acteur Richard Lynch dans le rôle de Lionel Fitzgerald. Planqué derrière son célèbre visage d'éternel grand brûlé, il incarne un tueur totalement dément arborant des costumes et des maquillages qui renforcent toujours plus le caractère désaxé de sa personnalité. Si dans l'ensemble Quadrature est très convainquant, le dernier acte est surtout le passage le plus marquant de l'épisode. Lorsque Starsky prend à bord de son taxi une vieille femme qui s'avérera être Lionel Fitzgerald...


 

vendredi 4 septembre 2026

Le diplôme de Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer (2026) - ★★★★★★★★★★

 


 

Créée par les scénaristes et réalisatrices Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer, la mini-série en six épisodes Le diplôme met en scène six personnalités différentes, de tous âges, réunies autour d'un même projet : Passer leur bac après l'avoir raté ! Un récit intergénérationnel mettant au centre de l'intrigue Delphine Guilbert (Clémentine Célarié), soixante-ans, mariée à Sam (Charles Berling), un mari violent dont elle espère s'émanciper à la suite de l'obtention de son diplôme. Vient ensuite Sam Dessal, de quatre ans son aîné. Incarné par l'ancien Inconnus Bernard Campan, l'homme vit seul avec son chat depuis la mort de son épouse quelques années en arrière.Victime de problèmes de cœur et de l'indifférence de son père, il attend despéremment qu'une greffe lui sauve la vie. Puis c'est au tour de Leïla Tsouri (Camille Lellouche), chauffeuse Uber surmenée par une vie de famille compliquée, entre ses trois enfants et son compagnon Jimmy (Oumar Diaw). Jennifer Simoni (surnommée Jen) est une jeune femme de seulement vingt-ans qui a raté le BAC à plusieurs reprises. Pourtant très bonne élève mais devenue presque mutique depuis un événement survenu en interne dans l'enceinte de son précédent lycée, ses parents font tout pour qu'elle obtienne désormais le précieux ''sésame'' qui lui permettrait de se lancer dans une carrière de journaliste. Quant à Pierre Tasson (Guillaume Labbé), son existence n'est pas moins compliquée puisqu'il est en semi-liberté et n'a pas vu sa fille depuis deux ans. En outre, la mère de l'adolescente lui a fait croire que son père est parti et la gamine en a conservé une rancoeur tenace. Enfin, Hussein, un réfugien originaire de Syrie rêve de s'implanter définitivement en France. Ancien médecin dont les diplômes ne sont pas reconnus dans l'Hexagone, il espère décrocher le BAC et ainsi intégrer l'une des plus prestigieuses universités de médecines françaises. Entre comédie et drame socio-familial, Le diplôme est une formidable série produite et distribuée par la première chaîne françaises TF1...


Son humour, la série l'intègre surtout à travers des personnages secondaires qui souvent parviennent à désamorcer l'état critique des principaux protagonistes mais sans pour autant agir directement sur eux. C'est ainsi que le gardien du lycée, Georges (Marc Riso), que l'on aura un peu trop vite fait de juger d'élément perturbateur pas très finaud, s'avérera un élément essentiel du récit. Tout comme l'enseignante Juliette Anger (Vanessa Guide), la directrice Marianne Morello (Isabelle Gélinas), ou dans une moindre mesure puisque beaucoup moins cruciaux pour la pleine compréhension du récit, la prof d'histoire-géographie Lise Panigel (Cécile Rebboah), celui de mathématiques Alexis Carrasco (Frédéric Hazan) ou encore celle d'anglais Daisy O'Neill (Caroline Donnely) et celui de philosophie, Jacques Diamand (Jean-Michel Lahmi). Parmi les personnages secondaires l'on retrouve bien évidemment toutes celles et ceux qui sont directement rattachés à nos six candidats au BAC. Côté drame, on peut dire que Fanny Riedberger, Sylvie Audcoeur et Élodie Namer n'ont pas fait les choses à moitié puisque chacun des protagonistes aura son comptant de soucis à régler durant les six passionnants épisodes que constitue la série des trois jeunes femmes. Si le diplôme tant convoité n'est en réalité pas le principal objectif des trois scénaristes et par contraction celui des personnages, c'est parce que la série s'intéresse davantage à la reconstruction personnelle de chacun d'entre eux. La série est aussi et surtout le formidable témoignage d'une amitié entre six personnes qui ne se connaissent pas, n'ont au départ pas toujours les mêmes valeurs ni les mêmes préoccupations, mais qui pourtant ne vont avoir de cesse que de s'entraider, s'épauler dans les coups durs, et dieu sait s'ils seront nombreux. En prenant de l'âge, Clémentine Célarié affirme son talent d'actrice et incarne une Delphine profondément émouvante. À l'exact opposé de cette comédienne de théâtre et actrice de cinéma dont la carrière remonte maintenant à plus de quarante ans, les plus jeunes Ahmad Kontar et Julie Sassoust (notamment découverte dans le feuilleton Ici tout commence) n'ont absolument pas à rougir. Tout comme le reste du casting, remarquable, qu'il s'agisse des premiers ou des seconds rôles. Les trois créatrices de la série se sont employées à ce que pas une minute, pas une seule seconde de superflu ne vienne entâcher le récit. Bref, Le diplôme est un joyau...

 

lundi 24 août 2026

L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis) - Téléfilm 2 - Les visiteurs de l'au-delà (Death Scouts) (1977) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Un peu plus d'un mois après la diffusion du premier téléfilm intitulé L'arrivée réalisé par Lee H. Katzin qui présenta pour la toute première fois le 22 avril 1977 sur NBC les personnages de Mark Harris, d'Elizabeth Merrill, du Dr. Miller Simon et du savant fou M. Schubert, la chaîne présente un second téléfilm cette fois-ci mis en scène par Marc Daniels. Il s'agira d'ailleurs là de sa seule participation à la série puisque ensuite il enchaînera les rôles de réalisateur sur d'autres séries et téléfilms américains. Tandis que Mark est désormais bien implanté au sein de la Fondation pour la recherche océanique, à bord du sous-marin Cétacé de Mr Schubert (Victor Buono) qui fut récupéré à l'issue des premières aventures par les protagonistes, l'homme-amphibien et ses nouveaux amis vont désormais être confrontés à de nouvelles aventures mettant apparemment en scène deux des trois plongeurs dont les médias viennent de reléguer la disparition en mer. Pourtant, ceux-ci réapparaissent subitement après que des témoins les aient vu être ''happés'' par l'océan. Ce que le spectateur est pour l'instant le seul à savoir, c'est que les victimes furent attirées sous l'eau par de curieuses créatures d'apparence humanoïde. Depuis leur retour, ceux qui se font appeler Lioa (Tiffany Bolling) et Zos (Bur De Benning) ont un comportement très étranges. Taiseux et pratiquement inexpressifs, ils détiennent surtout un pouvoir de mort qu'ils mettent en pratique dès qu'ils se sentent en danger. Tandis qu'ils viennent de réapparaître, Mark et la Fondation cherchent de leur côté à en savoir plus sur leur disparition. C'est ainsi qu'en nageant dans les profondeurs de l'océan il découvre une entrée qui débouche sur un vaisseau spatial... Intitulé Les visiteurs de l'au-delà (Death Scouts), ce second téléfilm de ce qui deviendra plus tard une série en treize épisodes est intéressant à plus d'un titre. Tout d'abord, il permet de découvrir un nouveau protagoniste essentiel de l'univers de L'homme de l'Atlantide en la personne du gestionnaire et administrateur de la Fondation pour la recherche océanique C.W. Crawford (Alan Fudge) et donc l'une des figures d'autorité de la série. Ensuite, et c'est sans doute là le point d'orgue de cet épisode, Les visiteurs de l'au-delà va permettre d'en savoir d'avoir davantage sur les origines de Mark puisque après avoir découvert que Lioa et Zos ont tout comme lui des mains palmées, la possibilité qu'ils puissent appartenir à la même espèce que lui semble être une possibilité...


Les visiteurs de l'au-delà s'intéresse donc tout d'abord aux origines de notre héros qui jusque là et après avoir été victime d'amnésie va peut-être enfin en savoir plus sur son monde. L'épisode réalisé par Marc Daniels est à ce titre relativement émouvant. La nature même de Mark se transformant parfois au risque d'inquiéter Elizabeth qui y voit un changement d'humeur et de comportement chez son nouvel ami. Après un premier téléfilm sinon passionnant du moins intriguant mettant en scène pour la première fois le personnage iconique de Mark Harris, l'idée d'intégrer des extraterrestres aquatiques est plutôt intéressante. Permettant donc ainsi de remonter aux origines supposées de ''l'homme-poisson''. Outre cette recherche quasi vitale de Mark quant à ses origines, le récit s'attache à accorder une part importante de l'histoire à la relation entre Lioa et lui. L'on remarquera d'ailleurs la différence d'attitude entre la jeune... ''femme'' et son compagnon Zos. Si d'un côté ce dernier développe surtout son intention de préparer l'invasion de la Terre par son espèce (notre planète étant selon ses propos et ceux de sa compagne beaucoup plus belle que la leur), Lioa tombera sous le charme de Mark et évitera ainsi bien des ennuis à notre héros lorsque Zos tentera de l'assassiner lors de leur fuite à bord de leur vaisseau enfoui sous les eaux de l'océan. Les visiteurs de l'au-delà aurait sans doute pu être l'occasion d'intégrer un nouveau personnage récurrent de la série avec celui de Lioa mais comme n'importe quel amour contrarié qui sépare deux êtres par la mort de l'un d'eux, l'issue confirme surtout qu'il ne peut y avoir qu'un seul véritable personnage ''extraterrestre'' au sein de l'histoire de L'homme de l'Atlantide. Si Les visiteurs de l'au-delà évoque la recherche des origines de Mark ou son attirance mutuelle vis à vis d'une humanoïde qui lui ressemble, le sujet de la manipulation est également au cœur de ce téléfilm plutôt agréable à regarder malgré le poids du temps qui semble désormais peser sur lui...

 

samedi 22 août 2026

L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis) - Téléfilm 1 - L'arrivée (1977) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

À l'origine de L'homme de l'Atlantide (Man from Atlantis), deux hommes. Le producteur, scénariste et réalisateur Herbert F. Solow ainsi que le scénariste Mayo Simon. Ensemble, ils cherchent à créer un nouveau personnage de science-fiction après les succès de l'homme qui valait 3 milliards en 1973 ou de Super Jaimie trois ans plus tard. L'une des différences primordiales étant qu'ici, le héros incarné par Patrick Duffy qui dès la fin de cette série intégrera le casting de la mythique série Dallas en interprétant le rôle de Bobby Ewing, n'est pas l'objet de modifications bioniques corporelles consécutives à diverses reconstructions physiques mais bien une ''créature'' humanoïde provenant des profondeurs de l'océan qui après avoir échoué sur une plage est secouru par le docteur Elizabeth Merrill (Belinda Montgomery). L'autre particularité de L'homme de l'Atlantide est d'avoir été tout d'abord conçu sous la forme de plusieurs téléfilms avant d'être finalement agrémenté de treize épisodes de série télévisée. Et parmi les quatre téléfilms en question, L'arrivée est le premier d'entre eux. L'on fait alors connaissance avec les principaux protagonistes qui durant ces aventures qui se perpétueront entre le 4 mars 1977 et le 6 juin 1978 (dates de première diffusion sur le groupe audiovisuel américain National Broadcasting Company plus connu sous le nom de NBC), apparaîtront dans une grande majorité d'entre elles. Possédant une excellente condition physique et des connaissances profondes en matière de natation, Patrick Duffy était donc le candidat idéal pour tenir le rôle de Mark Harris. Un humanoïde amphibien doté de branchies qui lui permettent de séjourner indéfiniment sous l'eau tandis que son exposition à l'air libre ne doit pas dépasser douze heures sous peine de le condamner à mort. Dans cet épisode, et après avoir été sauvé de ce que tout le monde avait pensé jusque là être une noyade par une Elizabeth qui découvre sa constitution physique lors d'examens médicaux, l'on a droit à la sempiternelle récupération de Mark par l'armée. À l'image de l'amiral Dewey Pierce (l'acteur Art Lund) qui après avoir semble-t-il fait preuve de bienveillance envers le jeune homme va rapidement montrer son véritable visage. Celui d'un homme travaillant pour un gouvernement intéressé par les exceptionnelles facultés physiques de Mark. Étant étranger à notre monde, l'épisode L'arrivée est d'abord l'occasion pour ''l'homme-poisson'' de se familiariser avec ce qui l'entoure...


Des gestes aussi simples qu'ouvrir les portes d'une cabine-téléphonique se transformant alors en véritable parcours du combattant. L'occasion est également donnée de décrire le héros comme un être sensible, ouvert aux autres mais aussi et surtout, profondément humain, pacifiste et écologiste. Une thématique qui aujourd'hui ferait des étincelles même si personne ne semble avoir eu l'idée de reprendre le concept de cette excellente série dotée d'épisodes et de personnages pittoresques. À commencer justement par l'un de ces antagonistes furieusement excentriques dont se nourrissaient déjà à l'époque les séries américaines et britanniques. Car dans le rôle de Monsieur Schubert, l'acteur Victor Buono tragiquement disparu à seulement quarante-trois ans incarne un scientifique ''un peu'' fou, déçu par l'humanité et qui dès sa première apparition dans la série montre des signes particulièrement inquiétants. En effet, sans ambages, l'homme précise lors de sa rencontre avec Mark son intention d'exterminer la race humaine toute entière ! Rien que ça ! L'on découvre en outre que la disparition de sous-marins qui intéresse justement l'amiral Dewey Pierce est directement liée aux exactions de Monsieur Schubert... Une curieuse ambivalence entre le rejet d'une humanité qui détruit son environnement et la volonté de la faire disparaître pour repartir sur des bases beaucoup plus saines... Avec L'homme de l'Atlantide, Herbert F. Solow et Mayo Simon créent un nouveau ''super-héros'' qui entre dans la logique des années soixante-dix où hommes et femmes sont amenés à posséder des facultés extraordinaires visant à faire d'eux des individus près à défier le Mal sur notre planète à petite ou à plus grande échelle. Outre les deux séries citées plus haut, l'on peut également ajouter L'incroyable Hulk ou bien Wonder Woman... Notons enfin l'inoubliable thème du compositeur Fred Karlin qui parcourt la série et les téléfilms dans leur ensemble... Un mois après la diffusion de L'arrivée sur les télévisions américaine, le second téléfilm Les visiteurs de l'au-delà sera mis à disposition des téléspectateurs le avril 1977. Dans l'hexagone, il faudra cependant patienter près de deux années pour le découvrir sur la première chaîne française TF1...

 

dimanche 9 août 2026

Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Adapté du roman Platform Seven de Louise Doughty, Quai numéro 7 (Platform 7) de Paula Milne met en scène l'actrice britannique Jasmine Jobson dans une mini-série en quatre épisodes. Elle y interprète le personnage de Lisa Evans, jeune femme qui s'est donné la mort en se jetant du quai d'une gare. Son fantôme erre désormais dans la station sans pouvoir en sortir et elle n'a conservé aucun souvenir de la tragédie. Un soir, elle assiste au suicide d'un vieil homme dont le fantôme finit lui aussi par se retrouver bloqué au même endroit... Quai numéro 7 s'intéresse tout d'abord à Edward Warren (Phil Davis), l'homme en question. Tandis que Lisa parvient finalement à quitter les lieux, celle-ci s'intéresse aux membres de la famille du suicidé pour découvrir qu'il entretenait des rapports incestueux avec sa fille Ella (Emily Carey). Si le premier épisode s'avère relativement inintéressant en ce sens où il se perd dans des conjectures qui pour l'instant n'affinent pas réellement le sens réel du récit, le second, lui, s'attarde sur la relation entre les deux fantômes. Un épisode qui sert surtout à développer la personnalité de notre héroïne avant que les troisième et dernier épisodes s'attardent sur la jeune femme, son entourage, ainsi que l'inspecteur Akash Lockhart (Yaamin Chowdhury) qui à la suite de certains témoignages et notamment celui de Richard Shale (Reece Ritchie) va remettre en question les causes du décès de Lisa... Si l'on devine très vite que la jeune femme ne s'est pas suicidée mais qu'elle est bien morte dans des circonstances plus que troublantes, l'identité du coupable est révélée durant la conclusion du second épisode. Ensuite, si l'état d'ectoplasme de Lisa ne sert dans un premier temps que d'élément surnaturel n'ayant à priori pas vraiment d'utilité pour la suite des événements, le script de Paula Milne va se servir de son état afin de lui permettre d'enquêter sur celui que l'inspecteur ET les spectateurs vont soupçonner...


Exit l'éventualité de mettre sur le dos de Richard Shale le poids de la culpabilité tant son attitude rend un peu trop évidente son hypothétique culpabilité. Exit également les amies de Lisa ou même l'un des membres de sa famille. Non, celui que l'on soupçonne arbore le visage de l'innocence comme très souvent dans ce genre de récit. La réalisatrice et scénariste ne faisant plus mystère de l'identité du coupable, sa mini-série s'attarde ensuite sur l'enquête qui au départ n'est qu'un élément comme un autre du récit, noyé entre des thématiques telles que le deuil, l'inceste, la manipulation, l'emprise ou la toxicité masculine. Chaque épisode apportant son propre développement et sa propre analyse de chaque événement, il est possible de rejeter en bloc le climat sombre et le rythme léthargique du premier épisode tout en étant ensuite happé par un récit qui mêle aussi bien la recherche de vérité que l'élément fantastique. Paula Milne analyse la relation sous forme d'emprise psychologique du compagnon vis vis de la jeune femme. Un petit ami incarné par Toby Regbo et dont le comportement va avoir de sévères répercussions sur la vie professionnelle et personnelle de notre héroïne. Si les deux premiers épisodes sont plutôt sympas tout en donnant cependant le sentiment que si l'intrigue ne s'accélère pas l'on finira par décrocher, les troisième et quatrième donnent un fameux coup d'accélérateur qui ferait presque regretter que l'aventure se termine si rapidement. Entre un troisième épisode qui revient sous forme de flash-back sur la relation hautement toxique entre Lisa et Matthew et dans lequel Toby Regbo s'avère aussi crispant dans son rôle qu'excellent dans son jeu d'acteur et un quatrième déjà beaucoup plus ''ludique'' lors duquel Paula Milne a le bon goût de mêler émotion (celle des parents de Lisa), enquête policière et savoureuse vengeance ''spectrale'' (façon Poltergeist), Quai numéro 7 s'avère être au final une très bonne surprise...

 

mardi 7 juillet 2026

Can Ellen Be Saved ? de Harvey Hart (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sujet fort passionnant au demeurant, les sectes sous toutes leurs formes ont inspiré nombre d'auteurs au cinéma et à la télévision. S'inspirant parfois de faits authentiques ou n'étant que le fruit de l'imagination effervescente de scénaristes particulièrement inspirés. Nous allons très vite écarter les documentaires même si certains s'avèrent intéressants pour évoquer l'un des grand classiques de la Folk-Horror britannique The Wicker Man de Robin Hardy. Œuvre de fiction relativement dérangeante qui ne l'empêche cependant pas d'être considérée comme un film culte par les fins connaisseurs. Notons également les beaucoup plus récents et non moins fascinants Midsommar de Ari Aster et Apostle de Gareth Evans qui rejoignent eux aussi la grande tradition de la folk Horror et donc d'une certaine manière, ce mélange entre épouvante et communautés sectaires... Du côté des faits-divers, l'histoire de l'un des plus grands suicides collectifs liés à une secte inspira plusieurs longs-métrages. Côté cinéma, celui qui se faisait appeler ''Father Jim'' par ses adeptes, le révérend Jim Jones, la presse le surnommant même parfois le ''Gourou de Jonestown'' ou ''Le prédicateur de Jonestown'', fut au centre de plusieurs récits. Côté cinéma, les spectateurs eurent droit en 1979 à Guyana, la secte de l'enfer de René Cardona Jr. et beaucoup plus tard à The Sacrament de Ti West en 2013 tandis que les téléspectateurs effarés découvrirent en 1980 sur leur petit poste de télévision le téléfilm Guyana Tragedy : The Story of Jim Jones de William A. Graham... S'agissant plus largement du thème des sectes, l'on pourrait citer des dizaines d'autres exemples mais tenons-nous-en à cet objet plutôt obscure du moins de part chez nous intitulé Can Ellen Be Saved ? et simplifié dans nos contrées sous le titre Hélène. Hélène, oui, une fille comme les autres et qui pourtant n'a rien à voir avec celle qui fut l'une des grandes stars de TF1 dans les années quatre-vingt dix avec la série Hélène et les garçons, Hélène Rollès. Non ! Celle dont il s'agit ici est tout droit sortie de l'imagination du scénariste américain Emmett Roberts. Une jeune adolescente, avec ses doutes et ses craintes. Qui refuse de terminer son année d'études et qui plutôt que de se diriger vers cette université où elle ne se sent pas bien et semble être assez peu appréciée de ses camarades préfère suivre les membres d'une communauté de fervents chrétiens dirigée par le charismatique Joseph (Michael Parks)...


Difficile ici d'évaluer le niveau de dangerosité du ''gourou'', de ses adeptes et des préceptes de ce que d'aucun dans le coin considère de secte. L'une des très grandes faiblesses de ce téléfilm signé de Harvey Hart dont la carrière vogua de 1945 à 1989 entre grand et petit écran et sa trop courte durée. Comment aménager l'emprise mentale d'un gourou face à une adolescente se cherchant et dont les parents restent presque indifférents face à ses inquiétudes ? Comment développer la psychologie des différents personnages, le combat d'un père et d'une mère et le traitement radical administré par un homme qui n'en est pas à son premier coup d'essai lorsqu'il s'agit de sortir une jeune fille de l'influence dont elle fait l'objet auprès d'un homme qui compte dans sa communauté des dizaines d'adeptes ? Une heure et treize minutes. Voilà la durée de Can Ellen Be Saved? Insuffisante et contraignant son auteur à appliquer des coupes que l'on devine drastiques, il devient difficile de se faire une idée précise des méthodes employées par Joseph afin d'atteindre très spécifiquement ses objectifs. Bourré d'ellipses, le téléfilm s'en trouve malheureusement décrédibilisé. Ne signifiant jamais vraiment le temps qui passe, on ne sait plus si un jour, une semaine, un mois ou une année passe et la concentration du récit en à peine plus de soixante-dix minutes ruine les efforts pourtant louables du cinéaste et de son scénariste. Car avant que tout ne se précipite en à peine quelques séquences passant d'une adolescente d'abord réfractaire en une disciple ayant éludé la question du père et de la mère pour ensuite décrire l'enlèvement d'Ellen par ses parents précédant le traitement infligé par un certain James Hallbeck chargé de la faire revenir à la réalité, Can Ellen Be Saved? fait figure de très bonne description s'agissant de l'enrôlement de personnes faibles, perdues, à la recherche d'elles-mêmes ou naïves sous le prisme de la religion. Notons que la jeune femme est incarnée par l'actrice Katherine Cannon, que Joseph est interprété par Michael Parks et que les deux acteurs sont entourés d'une belle brochette de comédiens puisque dans le rôles des parents de l'adolescente l'on retrouve Leslie Nielsen (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams et David et Jerry Zucker, Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks et interprète de tout un tas d'autres comédies parodiques) ainsi que Louise Fletcher, laquelle est devenue mondialement célèbre grâce au rôle de l'infirmière Ratched dans le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Quand à John Saxon qui incarne ici le rôle de James Hallbeck, durant sa longue carrière télévisuelle et cinématographique, il aura participé à bon nombre de films d'horreur parmi lesquels Ténèbres de Dario Argento, Les Griffes de la nuit de Wes Craven ainsi qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Au final, Can Ellen Be Saved? n'est pas un mauvais téléfilm. Il manque simplement à son auteur une bonne heure pour pouvoir développer avec aisance son sujet...

 

mercredi 24 juin 2026

The Longest Night de Jack Smight (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le 17 décembre 1968 aux environs de quatre heures du matin, Jane Mackle et sa fille Barbara reçoivent la visite impromptue de Gary Steven Krist, un ancien condamné, et de sa complice et petite amie Ruth Eisemann-Schier. Tandis que Jane s'était chargée de ramener sa fille après que celle-ci ait contracté la grippe de Hong Kong à l'université Emory d'Atlanta où elle étudiait, la mère et la fille s'étaient arrêtées pour la nuit dans un hôtel de la chaîne Rodeway Inn. Tout comme dans cette première adaptation télévisuelle d'un fait-divers ayant donc eu lieu à la fin des années soixante en Floride, l'adolescente fut kidnappée tandis que sa mère fut attachée sur son lit avant d'être chloroformée. Les deux ravisseurs prirent alors la route à bord de leur véhicule à l'arrière duquel ils placèrent Barbara avant de se rendre dans une région isolée afin de l'enfermer dans un cercueil aménagé (lumière et ventilation reposant sur l'usage d'une batterie dont la durée de vie est limitée) et enterré dans le sol. Ce qui n'était jusque là qu'un ''classique'' enlèvement allait se transformer en une épreuve encore plus épouvantable pour la jeune fille et pour ses parents, morts d'angoisse à l'idée de ne pas la retrouver à temps. Toujours est-il que contre la survie de Karen Chambers (nom donné à la victime dans ce téléfilm), ses kidnappeurs mettent au point un chantage. Soit son père Alan accepte de lui donner cinq-cent mille dollars, soit sa fille mourra dans une semaine par manque d'oxygène. Réalisé par Jack Smight en 1972, The Longest Night est la première des deux adaptations de ce fait-divers qui défraya donc la chronique judiciaire américaine en 1968. Le téléfilm repose sur la collaboration de la famille avec plusieurs membres du FBI parmi lesquels l'on retrouve notamment l'acteur afro-américain Jason Bernard qui entre télévision et cinéma apparut notamment chez John Badham (Tonnerre de feu et Wargames), Peter Hyams (La nuit des juges), Clint Eastwood (Bird) ou Tom Shadyac (Menteur, menteur) et dans le rôle de Caleb Taylor dans la mythique série de science-fiction, V en 1983. Autre acteur connu bien que secondaire, Richard Anderson incarne ici d'Harvey Eaton, l'ami d'Alan Chambers. Bien qu'il ait connut une très importante carrière sur grand et petit écran, il reste surtout connu pour avoir interprété le rôle d'Oscar Goldman dans les série L'homme qui valait trois milliards et Super Jaimie...


Quant aux deux criminels qui kidnappent la jeune fille dans le téléfilm, ils sont respectivement interprétés par Sky Aubrey et James Farentino, lequel est bien évidemment surtout connu pour sa participation à de nombreuses séries télévisées. Bien que le sujet de l'enlèvement et de la séquestration d'une adolescente ici interprétée par Sallie Shockley dans une boite pas plus grande qu'un cercueil soit relativement sensible (ami claustrophobes, bonjour à vous), le téléfilm est traité de manière assez classique. Suivant assez fidèlement le fait-divers tel qu'il se produisit quatre ans auparavant, il ne faut pas s'attendre à un festival de courses-poursuites ou de fusillades. Tout au plus The Longest Night démontre le génie diabolique de Gary Steven Krist dont le nom a été ici remplacé par celui de John Danbury. Ce système mis au point ajoutant un surcroît de pression et l'obligation pour la famille et les autorités de respecter scrupuleusement les ordres édictés par le ravisseur. Si la présence d'Ellen Gunther, la complice dont le nom prend la place de celui de Ruth Eisemann-Schier s'explique par sa participation à l'enlèvement de Barbara, le personnage incarné par Skye Aubrey n'est en fait d'aucune espèce d'utilité. Un personnage secondaire dispensable, qui ne joue en réalité sur aucun élément du script. Au final, The Longest Night est un téléfilm relativement anodin, pourtant réalisé par celui qui mit en scène Peter Falk dans l'excellent épisode de la série Columbo intitulé Poids mort en 1971, réalisa l'excellent téléfilm fleuve Frankenstein : la véritable histoire en 1973, le film catastrophe 747 en péril en 1974 ou encore le film de science-fiction Les Survivants de la fin du monde en 1977... Bref, le téléfilm n'intéressera que ceux qui s'intéressent en profondeur à ce cas d'enlèvement très particulier. Notons enfin qu'en 1990 une seconde adaptation fut réalisée par Donald Wrye sous le titre 83 Hours 'Til Dawn...


 

mardi 9 juin 2026

C'est qui le chef ? d'Aude Gogny-Goubert (2026) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Actrice, metteuse en scène de pièces de théâtre et réalisatrice, Aude Gogny-Goubert s'est retrouvée l'année dernière derrière la caméra avec la comédie C'est qui le chef ?. Produit par France Télévisions et par 17 Juin Fiction (société de production créée en 1992 par Christian Gerin avant d'être intégrée au groupe TF1 Studios bien des années après), ce téléfilm met en scène le chef cuisinier Étienne Barbier qui après avoir fait scandale en insultant une femme lors d'une émission de télévision s'est retrouvé blacklisté et a dû fermer les portes de son restaurant. Sans logements et sans ressources, il vit désormais chez son demi-frère Nicolas Pruvost et son épouse Nadia avec laquelle il ne s'entend guère. Cherchant à tout prix à retrouver du travail, ce méprisant personnage, imbu de lui-même, arrogant, narcissique et misogyne accepte sous l'impulsion de Nicolas d'aider la jeune influenceuse Lila Debruyne qui vient d'ouvrir son propre restaurant. Les débuts sont difficiles pour la jeune femme ainsi que pour sa mère Valérie (Céline Ronté) et le commis Kevin Garcia (Benjamin Clery). Dépassée par le succès, l'équipe n'arrive absolument pas à tenir le rythme et les critiques de la part des followers de l'influenceuse se font assassines... Si Étienne accepte de venir en aide à Lila, c'est à une seule condition : qu'il dirige les cuisines... Les œuvres traitant des cuisines d'un restaurant étant légion, difficile de se démarquer. Cuisine américaine de Jean-Yves Pitoun en 1998, Comme un chef de Daniel Cohen en 2012, Les saveurs du palais de Christian Vincent la même année ou plus récemment, Délicieux d'Eric Besnard en 2021, La brigade de Louis-Julien Petit en 2022 ou A la belle étoile de Sébastien Tulard l'année suivante... Sans parler des quelques séries télévisées qui tournent majoritairement autour des cuisines des grands restaurants comme Chefs d'Arnaud Malherbe et Marion Festraëts, Bistronomia de Marie-Sophie Chambon ou encore le feuilleton Ici tout commence de Coline Assous, Éric Fuhrer et Othman Mahfoud... Outre le portrait peu avantageux qui est fait du grand chef-cuisinier qu'est Étienne Barbier (lequel est interprété par l'oto-rhino-laryngologiste Michel Cymes dont la carrière médiatique débuta à Télématin sur Antenne 2) C'est qui le chef ? est surtout l'occasion pour Aude Gogny-Goubert de confronter deux générations...


Celle d'une époque révolue ou les mœurs étaient bien différentes et où insulter une femme ne vous condamnait pas systématiquement au ''blacklistage''. L'ère de la télévision, où la grande cuisine semblait être l’apanage exclusif des hommes et où traiter ses employés de manière fort indélicate ne semblait pas poser trop de soucis. Et puis, celle d'aujourd'hui. Où les informations circulent sur les réseaux sociaux plus rapidement qu'un cheval au galop. Où la mode est aux influenceurs et à la Nouvelle Cuisine. Lesquels attirent derrières eux des dizaines, voire des centaines de milliers de followers. Des messies de l'Internet auxquels semble donc appartenir Lila. Dont le soucis principal est pour l'instant de conserver sa ''communauté'' d'internautes au mépris de certaines règles de base que va pourtant tenter de lui inculquer Étienne. Le problème étant que l'un et l'autre veut travailler à sa façon et être le ''chef'' des cuisines... Plutôt frileux à l'idée de voir Michel Cymes incarner l'un des deux principaux rôles alors qu'il me semblait plutôt logique que Bruno Solo, acteur, était naturellement celui qui aurait dû endosser le tablier du Chef de cuisine, les inquiétudes se dispersent rapidement. En effet, en grand restaurateur déchu de son piédestal, misogyne, infecte avec son entourage (de sa fille Zoé qu'il a envoyé vivre en Australie jusqu'à Nicolas qui pourtant l'héberge, le nourrit et lui a trouvé un travail), Michel Cymes est plutôt savoureux à voir dans la peau de ce grand chef-cuisinier imbitable contraint de se confronter à une influenceuse aux méthodes gastronomiques pas toujours conventionnelles. Mais plus qu'une simple comédie, C'est qui le chef ? traite également du rapport au passé douloureux. Le téléfilm est amusant mais aussi parfois touchant. Bref, le genre de programme dont on n'attend pas grand chose mais qui au final se révèle très plaisant à regarder...

 

lundi 18 mai 2026

Un pas de côté d'Anne Giafferi (2025-2026) - ★★★★★★★★★☆

 


 

Isabelle Carré et Bernard Campan se sont rencontrés sur le tournage du film Se souvenir des belles choses de Zabou Breitman en 2001. Amis depuis cette époque là, ils ont ensuite partagé ensemble plusieurs projets cinématographiques. La Dégustation d'Ivan Calbérac en 2022, Et plus si affinités d'Olivier Ducray et Wilfried Méance qui n'est autre que le remake de la comédie espagnole de Cesc Gay Sentimental et ont collaboré plus récemment à deux autres longs-métrages. Les Rêveurs qu'Isabelle Carré a réalisé et écrit elle-même ainsi que Jean Valjean d'Éric Besnard, dernière adaptation sur grand écran des Misérables de Victor Hugo... Cette année les aura également vu monter sur les planches du Théâtre de la Renaissance où, ensemble, ils incarnent deux inconnus qui se rencontrent sur un banc public. Écrit et mis en scène par la réalisatrice et scénariste Anne Giafferi, Un pas de côté suit les aventures de Catherine et Vincent qui au tout début du printemps se retrouvent donc sur le même banc d'un petit parc situé à équidistance des appartements de l'un et de l'autre. Elle est principale clerc de notaire dans une étude, passionnée de littérature et la compagne de Stéphane (Stanislas Stanic), homme dépressif avec lequel elle partage son existence depuis quinze ans. Lui est compositeur de musiques de films, marié à une femme (Hélène Babu) depuis plus de vingt ans, père de deux enfants et maître depuis peu d'un chien ! Le premier contact entre ces deux inconnus se passe mal, mais pourtant, au fil des jours, Catherine et Vincent se retrouvent sur le même banc à l'heure du déjeuner. Se noue entre eux une relation amicale qui peu à peu va dévier vers une passion amoureuse avec laquelle l'un et l'autre tenteront de garder des distances puisqu'ils sont en couple... Cela paraît de plus en plus évident au fil du récit mais Un pas de côté ne pouvait sans doute être écrit et mis en scène qu'avec la sensibilité d'une femme. Car derrière l'approche habituellement théâtrale de ce genre d'exercice confrontant directement les protagonistes au public, la pièce d'Anne Giafferi diffère de ce genre de spectacle auquel l'on est habitués. La grandiloquence laissant place ici à une certaine délicatesse que l'on ne rencontre guère que dans les grandes histoires d'amour entre deux êtres qui tout d'abord se découvrent, s'effleurent puis s'aiment d'un amour sans conditions.


Sauf qu'ici, la passion entre Catherine et Vincent est contrariée par leur vie de couple respective. Les rôles incarnés par Hélène Babu et Stanislas Stanic prenant ainsi une importance considérable allant au delà du simple statut de gadget. Des rôles secondaires auxquels s'ajoutent d'autres personnages, sans doute moins polarisant que le carré d'acteurs principaux mais qui permettent de donner vie à ce lieu de rencontre, constitué d'une poubelle, d'un banc et d'un arrière-plan numérisé qui parfois prend vie... Intense et parfaitement documentée, l'histoire de Catherine et de Vincent, c'est aussi celle de toute personne qui un jour dans sa propre existence à croisé celui ou celle qui allait partager un peu, voire même beaucoup de son quotidien. Ce moment très précis où le cœur n'a jamais battu aussi fort, où l'envie de manger ne s'est jamais montrée aussi pressente que le moment de retrouver son alter ego de cœur. Derrière les rires francs (la scène du jean), Un pas de côté renvoie aux expériences personnelles du public et le choix de la lumineuse Isabelle Carré et du formidable Bernard Campan n'est très certainement pas innocent. Car amis depuis si longtemps, le duo forme un couple attachant, drôle, émouvant et surtout, sincère. La pièce d'Anne Giafferi décrit parfaitement la routine d'une vie de couple et ses contraintes lorsque apparaît l'évidence : Ici, le choix de Catherine et de Vincent ne tient pas seulement d'un besoin de changement mais d'une passion amoureuse, subite mais réfléchie. Comment construire une relation quand des barrières nous imposent de penser aux proches qui nous entourent et auxquels il serait si ingrat de faire du mal ? En conclusion, Anne Giafferi apportera une réponse qui ne satisfera probablement pas tout le monde mais d'ici là, mon dieu, quel bonheur que cette rencontre. Quelle joie que de retrouver une fois encore le duo Isabelle Carré/Bernard Campan. Et quelle attente insupportable à laquelle il va désormais falloir se faire une raison : patienter jusqu'à la prochaine pièce ou long-métrage d'Anne Giafferi... À voir, à déguster sans modération...

 

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