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dimanche 3 octobre 2021

Le retour des mystères de l'Ouest de Burt Kennedy (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 

Chacun porte sa croix. Mark Harris (Patrick Duffy dans L'homme de l’Atlantide) avait fort à faire avec Monsieur Schubert (Victor Buono). James T. West et Artemus Gordon (respectivement interprétés par Robert Conrad et Ross Martin) durent quant à eu composer avec le docteur Miguelito Loveless (Michael Dunn), méchant récurrent de la série Les mystères de l'Ouest qui, comme nous l'apprend son rejeton dans le téléfilm Le retour des mystères de l'Ouest est mort d'un ulcère à trop avoir été harcelé par les deux héros de la série originale du milieu et de la fin des années soixante. Si dix ans après James T. West et Artemus Gordon sont quant à eux toujours bien vivants, ils ont cependant pris leur retraite. Si le second a gardé la forme, le premier a perdu de sa vigueur et ça n'est que lors de leurs retrouvailles qu'Artemus décide d'entraîner James afin qu'il retrouve sa fougue d'antan. Car si les deux hommes ne travaillent plus pour les services secrets américains, le Gouvernement fait de nouveau appel à eux. En effet, le fils de leur pire ennemi, le docteur Miguelito Loveless Jr., a enlevé et a fait enfermé par ses sbires les chefs d'état les plus importants de la planète et les a fait remplacer par des sosies à sa botte. Ambitionnant de devenir le maître du monde, James et Artemus sont lancés à sa recherche. Malheureusement pour eux, tout commence mal : alors qu'ils boivent un verre dans un saloon, les deux amis s'évanouissent, quelqu'un ayant au préalable ajouté un somnifère dans leur verre. À leur réveil, les deux hommes se retrouvent prisonniers de Miguelito Loveless Jr,, lequel évoque alors ses projets futurs...


Du pur concentré de bonheur. Dix ans ont passé et pourtant, rien n'a vraiment changé. À part sans doute la colorimétrie beaucoup plus marquée que par le passé. Savoureux de bout en bout, ce téléfilm est réalisé par l'américain Burt Kennedy, spécialisé dans le western mais qui cependant ne s'était encore jamais intéressé à l'univers créé au milieu des années soixante par le scénariste et producteur Michael Garrison. Nous retrouvons la désinvolture de nos deux héros dans un récit qui fait toujours autant appel à son brin de folie dans un contexte qui n'a pas vraiment d'équivalent à la télévision ou sur grand écran.. En effet, avec ses cow-boys, ses locomotives à vapeur, ses chevaux, ses déserts et ses saloons, Le retour des mystères de l'Ouest constitue toujours un hybride entre western, humour et espionnage. Tout comme le réalisateur Burt Kennedy, le scénariste William Bowers et le compositeur intègrent également la mythologie pour la toute première fois. Le premier prend la relève de toute une série de scénaristes (parmi lesquels, le créateur des Mystères de l'Ouest lui-même ainsi que Henry Sharp, Earl Barret, Jackson Hill ou encore Robert C. Dennis). Quant à la présence du second au générique, elle n'empêchera par le fan de la série originale de retrouver le célèbre thème écrit par le compositeur Richard Markowitz.


Notons que le rôle du docteur Miguelito Loveless Jr est tenu par l'auteur, chanteur et compositeur Paul Williams qui outre sa carrière de musicien et d'interprète tourna pour le cinéma dans un certain nombre de longs-métrages dont nous retiendrons surtout celui de Swan dans le chef-d’œuvre de Brian de Palma, Phantom of the Paradise en 1974. Outre leur nouvel ennemi, lequel ne réapparaîtra malheureusement pas dans le prochain téléfilm Encore plus de Mystères de l'Ouest (quel titre abominable!) qui sera toujours réalisé l'année suivante par Burt Kennedy (choisi ici par les producteurs qui, parce que le format de ce retour des mystères de l'Ouest était celui d'un film, préférèrent opter pour un réalisateur expérimenté), James T. West et Artemus Gordon vont devoir se frotter aux services secrets britanniques, espagnols et russes. De quoi rallonger le casting de quelques trognes que les plus anciens reconnaîtront forcément. C'est ainsi que l'on retrouve notamment l'acteur René Auberjonois dans le rôle du Capitaine Sir David Edney ou les délicieuses Jo Ann Harris et Trisha Noble dans les rôles respectifs de Carmelita et Penelope. Un téléfilm indispensable pour tous les fans de la série... et pour les autres aussi...

jeudi 19 septembre 2019

Quand la fiction inspire les criminels : Nadège Gallet et Jean-Stéphane Saizelet - Columbo ''Exercice Fatal''




Comme il m'arrive de l'évoquer fréquemment sur ''Cinémart'' et un peu plus rarement ici, sur ce blog consacré à la télévision, les tueurs en tous genres inspirent régulièrement le cinéma et le petit écran. Mais il arrive parfois que l'inverse se produise et que la fiction soit à l'origine de faits divers criminels. On peut tout de même s'étonner d'y voir des tueurs en herbe s'inspirer de fictions telles que Columbo, sachant que le célèbre lieutenant à l'imperméable froissé a toujours réussi à clore une affaire en envoyant l'auteur du meurtre derrière les barreaux. Pourtant, c'est bien après avoir assisté à la projection de l'épisode Exercice Fatal que le couple Jean-Stéphane Saizelet et Nadège Gallet, connu sous le nom des Amants de Sarcelles ou Amants Diaboliques a mis au point le meurtre d'un imprimeur âgé de quarante-deux ans et compagnon de Nadège Gallet, Jean-Bernard Wiktorska. Mais alors que le corps s'apprêtait à être incinéré, un appel téléphonique anonyme allait relancer l'affaire, et après autopsie, le médecin légiste nota des blessures n'ayant aucun rapport logique avec la façon dont la victime était supposée être décédée (la trachée écrasée par une haltère de cinquante kilos en travers de la gorge), ainsi que la présence dans l'organisme de Jean-Bernard Wiktorska, de Rohypnol, un puissant somnifère. Mais alors, quel rapport entre ce meurtre et l'épisode de Columbo dont l'enquêtrice de la DRPJ de Versailles, fan de Columbo, nota une troublante similitude ?

L'Haltère, justement, que le tueur-vedette de cet excellent épisode ouvrant la quatrième saison de Columbo diffusé pour la première fois en France le juin ''expose'' comme l'un des éléments d'un crime si bien réfléchi qu'il aurait tout du meurtre parfait si le lieutenant Columbo n'avait pas eu la responsabilité de le résoudre. Face à un Peter Falk toujours aussi collant et savoureux, l'acteur Robert Conrad dans le rôle de Milo Janus, un homme d'affaire à qui tout réussi mais qui détourne de l'argent pour son compte personnel. Lorsque l'un de ses franchisés, Gene Staford constate l'escroquerie, il prévient Milo Janus qu'il a l'intention d'en faire part aux différents actionnaires. Ne pouvant le laisser agir, Milo Janus met au point un meurtre en tous points remarquable et qui devrait normalement définitivement le mettre à l'abri des menaces de Gene Staford et surtout, lui assurer le parfait alibi...

''Vous avez voulu créer le parfait alibi, et c'est votre parfait alibi qui vous a trahi...''
(Columbo à Milo Janus)

Mais face à Columbo, on le saura à travers les soixante-neuf épisodes que constitue la série, jamais aucun meurtrier ne lui a échappé. Et surtout pas l'arrogant Milo Janus. Ce quinquagénaire sportif relativement méprisant, escroc d'envergure (il a en effet détourné d'importantes sommes d'argent) et apprécié par sa jolie secrétaire Jessica Conroy (interprétée par l'actrice Gretchen Corbett qui débutera notamment sa carrière sur le petit écran avec la s&rie N.Y.P.D en 1968) face auquel le scénario de Peter S. Fischer impose un lieutenant égal à lui-même, plongé une fois encore dans un contexte social qui dénote absolument avec l'image que renvoie le personnage du flic pas très malin qu'il arbore afin de tromper le suspect.

Si tout au long des dix-huit saisons réparties entre 1967 et 2003, la résolution des crimes fut généralement exploitée de façon remarquable par des scénaristes possédant une très fertile imagination, celle de cet Exercice Fatal peut-être considérée comme l'une des plus formidables. Réalisé par le cinéaste Bernard L. Kowalski, cet épisode met le lieutenant face à un meurtre complexe à résoudre puisque tout laisse supposer que l'assassin a mis au point un alibi si parfait, que rien ne semble pouvoir le défaire. Mais comme le hasard fait parfois bien les choses au moment même où notre flic préféré est dans l'impasse, un détail va tout changer. Un détail, oui, mais aussi quelques menus défauts dans la conception du meurtre qui ne pourront échapper à cet invétéré fumeur de cigares. Exerice Fatal est un épisode passionnant, la résolution du meurtre y est l'une des plus jouissives de la série et Robert Conrad (le fameux Pappy Boyington de la série Les Têtes brûlées) s'y révèle parfois absolument infecte. Et comme le dit très justement l'inspecteur après avoir démontré la culpabilité de Milo Janus dans le meurtre de Gene Staford, c'est son parfait alibi qui fini par le trahir...

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