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samedi 23 septembre 2023

The Walking Dead: Daryl Dixon de David Zibel (2023) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a maintenant treize ans, Frank Darabont révolutionna le petit monde de l'horreur et notamment celui du thème des zombies en développant la série The Walking Dead pour la télévision. Onze saisons plus tard, cette adaptation de la bande dessinée éponyme de Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard a fait des petits. Fear the Walking Dead à partir de 2015, The Walking Dead: World Beyond en 2020, Tales of the Walking Dead en 2022, et cette année, Dead City ainsi qu'un spin-off tournant autour du personnage de Daryl Dixon. En attendant qu'un autre soit consacré l'année prochaine à Rick et Michonne, les premiers épisodes de la série The Walking Dead: Daryl Dixon viennent d'être projetés sur le petit écran à partir du 10 septembre dernier. Et force est de reconnaître que l'accoutumance à laquelle nous avait habitué l'a série d'origine avait eu le pouvoir de lasser une partie du public. Le concept devait sembler en effet se répéter à l'envie : rencontres de diverses communautés avec à la clé, l'apparition de grands méchants parfaitement campés. The Walking Dead: Daryl Dixon est en totale rupture avec The Walking Dead puisque dès l'entame du premier épisode l'on découvre que l'action se situe non plus dans le Commonwealth aux États-Unis mais dans la vieille Europe avec une séquence qui évoque une Venise en ruines aux décors remarquables. Daryl, dont les fans savent qu'il n'est pas un fervent adepte des douches, prend l'eau en tombant de la coque du bateau à bord duquel il semble avoir été contraint de monter par des individus que nous rencontrerons plus tard. Cet article n'étant consacré qu'aux deux premiers épisodes, il ne s'agira donc pas de donner un avis définitif mais de prime abord, The Walking Dead: Daryl Dixon commence très bien avec la rencontre entre notre héros désormais privé de son arbalète et Isabelle qu'interprète l'actrice française Clémence Poésy. La jeune femme sauve la vie de Daryl lors d'un guet-apens et le dirige vers une abbaye où vivent des nonnes ainsi qu'un jeune adolescent prénommé Laurent. L'intégralité du premier épisode intitulé L'âme perdue s'offre une approche qui lui donne des airs d'heroic fantasy que le second, alouette confirmera par la suite. Situés en France, ces deux premiers pas dans cet univers principalement consacré à Daryl Dixon sont d'authentiques réussites qui bénéficient de décors absolument majestueux où les morts-vivants apparaissent pour l'instant de manière parcimonieuse.


On sait de toute manière depuis longtemps que le plus grand danger ne vient souvent pas de ces créatures décharnées avides de chair humaine mais plutôt de l'homme lui-même et de son pouvoir de décision sur la vie et la mort de son prochain. L'occasion sera d'ailleurs acquise de rencontrer l'un de ces grands méchants dont la série a le secret incarné cette fois-ci par Romain Levi dans la peau de Codron. La série est la première occasion pour ses auteurs d'explorer le talent du jeune Louis Puech Scigliuzzi qui interprète Laurent, cet érudit adolescent, formé par un homme d'église qui depuis qu’il a été mordu et s'est transformé en zombie vit reclus dans une cellule de l'abbaye en attendant que les prières de ses bonnes âmes lui permettent de revenir à la vie. Se déroulant sur le territoire français, la série est l'occasion de découvrir une grande majorité d'interprètes hexagonaux. Ce qui n'empêche malgré tout pas le spin-off d''être dirigé et produit par des américains. Créé par David Zibel et notamment produit par Norman Reedus (qui interprète toujours le rôle-titre) et Greg Nicotero, The Walking Dead: Daryl Dixon est pour l'instant un formidable alternative à la série originale. Le second épisode vient d'ailleurs confirmer la chose avec, en ouverture, un retour sur le passé d'Isabelle au moment même où le virus frappa la capitale française. Le récit est on ne peut plus simple : alors que Daryl cherche par tous les moyens à repartir chez lui, il accepte d'escorter Isabelle et Laurent jusqu'au nord du pays. Le voyage offrira tout d'abord à nos personnages l'occasion de faire la rencontre avec une ''tribu'' essentiellement constituée d'adolescents. Il était prévu de retrouver Melissa Mcbride, qui jusque là interprétait le personnage de Carol Peletier mais depuis, l'actrice américaine a choisit de quitter la série pour des raisons connues d'elle seule. Soyons prudents et attendons que les six épisodes aient montré leur contenu pour donner un avis définitif à ce nouveau spin-off mais pour l'instant, The Walking Dead: Daryl Dixon est irréprochable. L'univers est parfaitement immersif et novateur et le choix d'avoir centré cette nouvelle série en France et sur le plus iconique personnage de The Walking Dead est un avantage de poids. Vivement la suite...

mardi 11 juillet 2023

Les Inconnus : Histoire d'un succès (★★★★★★★☆☆☆) & Tous Inconnus (★★★☆☆☆☆☆☆☆) (2022)

 


 

D'un côté, Les Inconnus : Histoire d'un succès. De l'autre, Tous Inconnus. Le premier revient sur la carrière de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus, auxquels l'on ajoutera Smaïn et surtout Seymour Brussel, lesquels accompagnèrent durant leurs premières années les trois membres des Inconnus. Véritables stars du petit écran dans les années quatre-vingt dix grâce à leur émission La Télé des Inconnus et du cinéma en 1995, 1997 et 2001 grâce aux comédies Les trois frères, Le pari (sans Pascal Légitimus pour des raisons contractuelles) et Les rois mages, l'émission Les Inconnus : Histoire d'un succès revient donc sur la fulgurante carrière de trois des humoristes les plus célèbres et reconnus de l'hexagone tandis que Tous Inconnus est un téléfilm réalisé par Nicolas Hourès tournant autour d'une idée assez délirante mais tout à fait intriguante. Reprenant le concept du réalisateur Laurent Tuel et de son scénariste Christophe Turpin qui imaginèrent à travers le concept du long-métrage Jean-Philippe, un monde dans lequel un fan absolu de Johnny Hallyday constatait effaré après une altercation que son idole n'existait plus. Un monde parallèle dans lequel Jean-Philippe Smet n'est donc jamais devenu l'idole des jeunes. Et bien, avec Tous Inconnus, c'est à peu de chose près la même idée qui a semble-t-il germé dans la tête de Nicolas Hourès et sans doute même dans celle d'individus peu scrupuleux voyant là un projet juteux dont les bases reposent sur une succession de sketchs dont le succès ne s'est jamais démenti à travers les décennies... Les Inconnus : Histoire d'un succès est une excellente initiative de la part de ses producteurs, permettant ainsi aux fans du trio mais aussi aux éventuels retardataires qui auraient été plongés dans le coma ces trente dernières années de revivre non seulement quelques dates importantes de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus, comme leur premières années à grand renfort de documents photographiques, en passant par les dix-huit mois durant lesquelles ils firent partie de la petite troupe d'humoristes formés par Pholippe Bouvard pour sa célébrissime émission de télévision Le Théâtre de Bouvard qui fut diffusée à partir du 13 septembre 1982 sur feu Antenne 2 à 19h45. Le documentaire ne bénéficie malheureusement pas de la moindre intervention des trois hommes ce qui n'empêche pas la présence à l'image de plusieurs de leurs collaborateurs ainsi que celle d'humoristes qui les côtoyèrent à l'époque de l'émission de Philippe Bouvard comme Mimie Mathy ou Chantal Ladesou ainsi que celles de Smaïn et Setmour Brussel qui profiteront de l'occasion pour revenir sur leur propre départ de la troupe. Entrecoupé de moments forts dans la carrière du trio, entre sketchs et extraits de films, Les Inconnus : Histoire d'un succès demeure une excellente surprise...


Ce qui n'est pas le cas concernant le téléfilm vaguement uchronique de Nicolas Hourès dont le titre à lui seul révèle la réalité du désastreux spectacle auquel vont devoir assister jusqu'au bout les plus valeureux des spectateurs. Et pas forcément les fans purs et dur des Inconnus qui préféreront sans doute très vite arrêter le massacre pour aller se revoir une bonne vieille VHS ou un bon vieux DVD des Inconnus. Presque deux heures plus tard, un seul constat s'impose : Tous Inconnus n'a absolument aucune espèce d'intérêt. Une soixantaine d'artistes évoluant plus ou moins dans l'univers de l'humour (on peut notamment se demander ce que sont venus foutre dans cette histoire le chanteur Soprano ou l'animateur Arthur) vont enchaîner les sketchs des Inconnus en mode ''Copier-Coller'' sans parvenir à nous tirer le moindre sourire. Alors, imaginez lorsqu'il s'agit de rire. La mission semble impossible et est tuée dans l’œuf pour la simple raison que les originaux ont atteint un tel niveau de perfection que de tenter de les reproduire aujourd'hui est peine perdue. Le plus grand des regrets est d'y retrouver Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus dans leur propre rôle, visage forcément vieillissant et tentant de comprendre ce qui leur arrive tout en essayant de convaincre ceux qu'ils croisent de leur statut de célébrités. Pour se faire une idée du naufrage, Tous Inconnus a aussi peu d'intérêt que l'infâme I Love You Coiffure que réalisa en 2020 Muriel Robin pour un concept reprenant ses propres sketchs. Lequel était peut-être même pire tandis que Muriel Robin se vantait d'avoir pu tourner son engeance en seulement neuf jours. Dans le téléfilm de Nicolas Hourès l'on retrouve donc les grands classiques du trio. Des sketchs mais également quelques-unes de leurs célèbres chansons parodiques. Si l'on veut être tout à fait honnête, Tous Inconnus n'est pas vraiment un massacre à proprement parler. Disons plutôt qu'un certains nombres d'interventions finissent par indisposer à force de demeurer impuissantes dans leur volonté de faire rire un public strictement acquis à la cause de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus et non pas à celles de ces imitateurs incapables de se réapproprier les sketchs du trio. À elle seule, l'interview du groupe parodiant Indochine lors de l'interprétation de la chanson ''Isabelle a les yeux bleus'' est limite dérangeante pour ses nouveaux interprètes qui semblent incapables d'échapper à cette impossible opportunité de réinterpréter des œuvres entrées dans le patrimoine français...

 

lundi 3 juillet 2023

Black Mirror - Loch Henry de Sam Miller & Beyond the Sea de John Crowley

 


 

Nous l'attendions presque avec ferveur cette sixième saison de la série dystopique Black Mirror créée en 2011 par Charlie Brooker. Le même homme qui avait notamment choisi de ne pas aller au-delà de la cinquième livraison de 2019 puisque selon ses propres propos, la technologie évolue à une telle vitesse que la précéder est devenu quasiment impossible. D'où la surprise de découvrir il y a quelques mois que Black Mirror allait bientôt refaire surface, toujours sur la plateforme Netflix. Une sixième saison constituée de cinq épisodes. Plus longue que la première, la seconde ou la précédente mais mais moins que les troisième et quatrième qui comptèrent quant à elles un épisode de plus. Après avoir récemment critiqué le premier épisode de la dernière saison Joan est horrible (Joan Is Awful) tout en ayant décidé de consacrer un article pour chacun des suivants, au vu de la piètre qualité de ceux-ci, il me semble que de les regrouper deux par deux est largement suffisant. Alors que Joan est horrible offrait un récit en quasi-adéquation avec l'esprit de la série, la suite va très largement démontrer le changement de cap qu'a pris Charlie Brooker. Sans doute parce que comme il l'avait lui-même annoncé, il est devenu compliqué de devancer les différentes évolutions technologiques sans avoir l'air déjà dépassé. D'où le choix plus que curieux de la part du journaliste, scénariste et animateur britannique d'offrir aux amateurs d'anticipation et de dystopie, des récit plus ou moins longs oscillant entre les trois-quart d'heure et le format d'un long-métrage. Après un Joan est horrible sympathique mais pas extraordinaire non plus, réalisé par Ally Pankiw, Charlie Brooker confie la mise en scène de Loch Henry a Sam Miller. Dans ce second épisode, le réalisateur met en scène un jeune couple se déplaçant jusqu'en Écosse, dans un petit village relativement austère et qui n'attire plus guère les touristes. C'est là-bas qu'eurent lieu de terribles événements menant à l'arrestation d'un homme accusé et condamné pour tortures et assassinats. Pia (Myha'la Herrold) et Davis (Samuel Blenkin) se rendent sur les lieux non pas pour y tourner un documentaire sur le fait-divers mais sur un tout autre sujet qui en réalité ne passionne pas vraiment la première. Réussissant à convaincre Davis d'abandonner son projet pour se pencher sur la série de meurtres qui endeuilla la région, le couple va mettre à jour des faits qui n'avaient pas été relevés par les autorités à l'époque où ils eurent lieu. L'action se situe dans un cadre plutôt intéressant. Une Écosse qui renvoie tout comme le titre d'ailleurs à la fameuse légende du Loch Ness et à la supposée présence d'une créature. Inutile ici d'espérer un quelconque rapport avec la technologie si ce n'est l'évocation d'une plate-forme jumelle à Netflix et déjà révélée dans le précédent épisode. C'est d'ailleurs bien là que réside le seul intérêt puisque Loch Henry reproduit cette vague de documentaires dont est inondée la célèbre plate-forme. Un récit qui retient malgré tout l'attention grâce à quelques twists plus ou moins inattendus qui permettent de maintenir un certain suspens et le côté voyeuristes des amateurs de docu-fictions consacrés aux tueurs en série !


Alors que Loch Henry signe en partie la mort d'un concept jusque là carrément passionnant, la série de Charlie Brooker semble pourtant connaître un dernier sursaut à l'image du troisième épisode intitulé Mon cœur pour la vie (Beyond the Sea) de John Crowley, lequel signe l'unique épisode de cette sixième saison à valoir le coup d’œil. C'est dans une année 1969 alternative que le réalisateur et le scénariste (Charlie Brooker, toujours aux commandes) décident de plonger leurs protagonistes. Deux astronautes qui depuis deux ans sont en mission dans l'espace. Sur Terre, deux robots en tous points semblables à Cliff Stanfield (Aaron Paul) et David Ross (Joszh Hartnett) permettent aux deux astronautes d'être directement reliés à leur famille respective. Une fois allongés et endormis dans un siège, leur conscience est directement reliée au robot qui alors agit comme s'il s'agissait d'eux-mêmes. Malheureusement pour lui, David est témoin du massacre de sa famille et de sa propre réplique par les adeptes d'une secte de fanatiques dirigée par un certain Kappa (Rory Culkin). Une séquence particulièrement rude qui rappelle indéniablement le massacre de l'ancienne épouse de Roman Polanski et de plusieurs amis en 1969 par les membres de la ''Famille'' dirigée par le célèbre Charles Manson. La femme et les enfants de David meurent dans d'atroces circonstances et sa réplique ayant été détruite, il n'est plus en capacité de ''retourner sur Terre'' et commence à dépérir. Son compagnon Cliff évoque alors une curieuse idée : ce dernier propose en effet à son épouse Lana (Kate Mara) de le laisser ponctuellement utiliser sa réplique afin que David puisse respirer le grand air et quitter temporairement l'univers restreint de leur vaisseau. Débute alors un épisode qui questionne sur les conséquences d'un tel ''partage'' entre les deux hommes. Des questions auxquelles le spectateur ne pourra se soustraire même si Mon cœur pour la vie tentera de démontrer que les apparences sont parfois trompeuses. Car si tout semble inscrit dans le marbre, nous découvrons bien vite que certaines vertus seront malgré tout respectées. Ce troisième épisode est sans aucun doute le meilleur et même le seul à valoir la peine que l'on s'arrête sur cette sixième saison. Il aborde des technologies qui pour le coup ne sont pas encore au point en 2023 et respecte donc l'esprit de la série...

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