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samedi 25 avril 2026

The Dead Don't Die de Curtis Harrington (1975) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

On l'oublie sans doute un peu trop souvent mais les zombies ou les morts-vivants tels qu'ils apparaissent depuis des décennies à l'écran ont des origines qui remontent à très loin dans le temps. Avant de devenir des créatures avides de chair humaines sous l'impulsion de George Romero en 1968 avec le classique The Night of the Living Dead, ils étaient avant tout les victimes de sorciers vaudous appelés Bòkò. Des hommes qui pratiquent la magie noire en plongeant des individus dans une forme de catalepsie à l'aide de poudres ou de breuvages contenant de la tétrodotoxine, une toxine neurotoxique extraite chez certains poissons dont l'un des plus connus reste le Fugu. Une fois la victime déclarée morte, elle est enterrée puis exhumée quelques temps plus tard par le Bòkò qui la manipule en contrôlant son esprit afin de l'asservir. Avec un tel sujet, il était inenvisageable que le septième art n'ait pas l'idée d'employer un jour un tel propos à l'écran. Le premier à s'y intéresser sera le réalisateur, scénariste et producteur américain Victor Halperin qui en 1932 réalisera White Zombie. Quatre ans plus tard, Michael Curtiz signera avec The Walking Dead une œuvre qui déjà s'éloignera du thème des rites vaudous pour se pencher sur une expérience visant à ressusciter un homme qui pour le coup sera réellement décédé. Un changement de point de vue qui n'empêchera cependant pas certains cinéastes de persévérer dans le courant folklorique haïtien puisque le franco-américain Jacques Tourneur réalisera notamment en 1943 le film I Walked with a Zombie dans lequel une jeune femme sera envoûtée avant de devenir une zombie... Si depuis le zombie tel qu'il fut évoqué dans le septième art durant la première moitié du vingtième siècle a bien changé et s'est même depuis transformé en infecté, victime d'un virus particulièrement virulent (un concept que l'on doit une nouvelle fois à George Romero avec The Crazies qu'il réalisa en 1973), certains ont malgré tout perpétré le genre dans sa constitution d'origine à l'image de Wes Craven qui en 1988 et avec The Serpent and the Rainbow (L'Emprise des ténèbres) signait l'une des plus remarquables œuvres du genre.


Beaucoup moins connu demeure cependant le téléfilm de Curtis Harrington The Dead Don't Die, lequel n'entretient aucune relation avec le long-métrage éponyme réalisé en 2019 par Jim Jarmusch. Dans ce téléfilm datant de 1975, un homme est condamné à mort et exécuté à la chaise électrique devant divers témoins dont son propre frère, Don Dreke. Persuadé de son innocence dans le meurtre pour lequel il fut reconnu coupable, ce dernier se lance en quête de vérité mais découvre très bientôt que Ralph est peut-être toujours bien vivant. En effet, alors qu'il dîne au restaurant, il voit à travers l'une des fenêtres de l'établissement celui qu'il croyait mort. Le poursuivant jusque dans une boutique, Don est tout d'abord chassé des lieux par le propriétaire Perdido. S'empoignant l'un et l'autre, Don tue l'homme par accident avant d'être assommé par l'assistante de Perdido, Levenia (Joan Blondell). À son réveil, il constate qu'il est chez Vera Lavalle, une jeune femme qui la veille au soir s'était approchée de lui une première fois afin de l'avertir des dangers qu'il encoure... Si The Dead Don't Die est effectivement peu connu, du moins dans nos contrées, cela provient sans doute davantage du fait qu'il s'agisse d'un téléfilm et non pas d'un long-métrage sorti à l'époque sur grand écran que de la présence au sein du casting d'acteurs demeurant par contre relativement connus. En effet, dans le rôle principal l'on retrouve tout d'abord l'acteur George Hamilton. Interprète de nombreux rôles au cinéma et à la télévision il devra notamment sa célébrité en incarnant le Comte Vladimir Dracula dans Le Vampire de ces dames de Stan Dragoti en 1979 ou de multiples personnages dont Don Diego de la Vega dans la parodie La Grande Zorro de Peter Medak en 1981. A la télévision, on le découvre dans de nombreux téléfilms et séries télévisées, marquant ainsi l'esprit des fans de séries policières et spécifiquement ceux de Columbo en incarnant par deux fois le criminel dans État d'esprit en 1975 et Attention ! Le meurtre peut nuire à votre santé en 1991.


Dans The Dead Don't Die il incarne un héros tout d'abord désabusé qui va tenter de dénouer le nœud d'une affaire très étrange et qui mettra en scène une galerie de personnages hauts en couleur. À commencer par l'immense Ray Milland, dont la carrière débuta dans les année 20 pour s'achever longtemps après dans les années 80. L'homme a tout joué. Du tueur lui aussi dans la série Columbo, côtoyant les plus grands, passant même au rayon horreur à plusieurs reprises et notamment avec le cultissime et nanardesque The Thing with Two Heads de Lee Frost en 1972. Et pour continuer dans la liste des acteurs qui firent leur apparition dans la série Columbo (décidément), notons que l'acteur afro-américain James McEachin qui fut donc visible dans les épisodes Symphonie en noir et Meurtre parfait incarne ici le personnage de Frankie Specht. N'oublions pas l'inquiétant Reggie Nalder, acteur américain d'origine autrichienne dont le visage est demeuré inoubliable. Une physionomie atypique qui lui permit d'intégrer notamment les castings de La marque du diable de Michael Armstrong et Adrian Hoven ou de L'Oiseau au plumage de cristal de Dario Argento tout deux réalisés en 1970. Du côté des interprètes féminines, Linda Cristal incarne celle qui épaulera Don Drake durant l'aventure. De son véritable nom Marta Victoria Moya Peggo Bourgés, l'actrice d'origine chilienne est surtout connue pour ses rôles dans Les Légions de Cléopâtre de Vittorio Cottafavi et dans Alamo de et avec John Wayne. Pour un téléfilm ayant la vocation d'être vu par un large public, The Dead Don't Die s'avère étonnamment sombre. Presque morbide. Un sujet que l'on doit d'ailleurs à l'écrivain et scénariste américain Robert Bloch dont le plus célèbre fait d'arme reste bien évidemment le roman Psychose adapté sur grand écran en 1960 par le cinéaste britannique Alfred Hitchcock.

 

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