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vendredi 17 avril 2026

Robin Redbreast de James MacTaggart (1970) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tandis que le réalisateur et scénariste franco-polonais Roman Polanski s'installait à la fin des années soixante aux États-Unis pour y tourner notamment le classique de l'épouvante Rosemary's Baby, deux ans plus tard, le réalisateur, scénariste et producteur écossais James MacTaggart signait entre 1970 et 1973 six des trois-cent vingt-cinq épisodes qui constitueront la série Play for Today dont la production débutera dès le tout début de la décennie pour s'achever quinze ans plus tard, en 1984. Et parmi ces six épisodes, le rarissime Robin Redbreast dont l'objectif était peut-être alors de concurrencer le classique américain par des méthodes sensiblement différentes. Considérant que le budget alloué à cet épisode dont le format appartient habituellement à celui d'un téléfilm ne devait sans doute pas excéder les quelques dizaines de milliers de livres sterling, difficile alors de comparer un produit uniquement prévu pour une projection télévisuelle avec un long-métrage dont les ambitions furent d'apporter leur comptant de frissons à des spectateurs venus s'enfermer dans les salles obscures. Partant d'un postulat on ne peut plus élémentaire, Robin Redbreast s'inscrit pourtant bien dans une culture du cinéma d'épouvante très spécifique. Ici l'on parle effectivement de Folk-Horror. Ce sous-genre du cinéma d'horreur qui détourne en général les folklores du monde entier, lequel a donné naissance à des œuvres parfois remarquables parmi lesquelles nous citerons bien évidemment l'iconique The Wicker Man de Robin Hardy en 1973 (et non pas son très dispensable remake signé de Neil LaBute en 2006), The Witch de Robert Eggers en 2015, Le bon apôtre de Gareth Evans en 2018, Midsommar de Ari Aster en 2019 (digne héritier du long-métrage de Robin Hardy) ou encore Pamyo du sud-coréen Jang Jae-hyeon en 2024... Remarquable à plus d'un titre puisqu'il aborde très tôt et avant tout le monde le sujet de l'indépendance des femmes, ici incarnées à travers le personnage de Norah (l'actrice Anna Cropper), Robin Redbreast longtemps été considéré de perdu. Traitant d'une femme de trente-cinq ans qui après s'être séparée de son compagnon après huit années de vie commune part s'installer dans son cottage, loin des grandes villes et de la civilisation...


Un coin perdu de la campagne anglaise où, selon des rumeurs proférées par un certain ''Rob'', la consanguinité ferait des ravages parmi la population du petit village qui abrite les quelques seconds rôles qui tour à tour côtoieront notre héroïne... Un jeune homme incarné par Andy Bradford. Adepte d'arts-martiaux auxquels il s'adonne dans la nature, vêtu d'un simple caleçon, celui-ci est également réputé pour ses connaissances en matière de vermine dont il débarrasse les propriétaires sur demande. Soutenue par une vieille femme qui l'aide aux tâches ménagères et par un homme étrange mais cultivé du nom de Fisher (Bernard Hepton) qui l'abreuve de conseils, Norah semble donc pouvoir compter sur la bienveillance de ses voisins... Mais comme on s'en doute, rien n'est jamais vraiment simple avec ce genre de récit. Et surtout s'agissant de l'adaptation télévisuelle du script conçu par le scénariste et producteur originaire de l'Inde, John Bowen. Après avoir déployé le concept d'indépendance chez son héroïne, James MacTaggart marque une rupture de ton lorsque la très attendue relation intime entre l'héroïne et Rob vient déclencher tout un réseau de conséquences qui semblent tous reliés par un seul et même événement à venir. Plutôt linéaire dans ses premiers soubresauts, Robin Redbreast finit par devenir tendu, lorsque l'on constate la fragilité de Norah, développée à travers la présence du bébé qu'elle attend désormais à défaut d'avoir pu se protéger lors de sa relation sexuelle avec Rob. D'autant plus qu'à l'image d'un Mother! (Darren Aronovsky) signé longtemps après, le téléfilm s'inscrit non seulement dans le genre Folk-Horror mais également dans celui du Home Invasion, avec ces voisins qui ne cessent de s'inviter, de s'incruster pour des raisons hautement fallacieuses chez la citadine. En résulte un téléfilm qui parfois se révèle réellement anxiogène malgré son demi-siècle (et un peu plus) d'existence...

 

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