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mardi 7 juillet 2026

Can Ellen Be Saved ? de Harvey Hart (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sujet fort passionnant au demeurant, les sectes sous toutes leurs formes ont inspiré nombre d'auteurs au cinéma et à la télévision. S'inspirant parfois de faits authentiques ou n'étant que le fruit de l'imagination effervescente de scénaristes particulièrement inspirés. Nous allons très vite écarter les documentaires même si certains s'avèrent intéressants pour évoquer l'un des grand classiques de la Folk-Horror britannique The Wicker Man de Robin Hardy. Œuvre de fiction relativement dérangeante qui ne l'empêche cependant pas d'être considérée comme un film culte par les fins connaisseurs. Notons également les beaucoup plus récents et non moins fascinants Midsommar de Ari Aster et Apostle de Gareth Evans qui rejoignent eux aussi la grande tradition de la folk Horror et donc d'une certaine manière, ce mélange entre épouvante et communautés sectaires... Du côté des faits-divers, l'histoire de l'un des plus grands suicides collectifs liés à une secte inspira plusieurs longs-métrages. Côté cinéma, celui qui se faisait appeler ''Father Jim'' par ses adeptes, le révérend Jim Jones, la presse le surnommant même parfois le ''Gourou de Jonestown'' ou ''Le prédicateur de Jonestown'', fut au centre de plusieurs récits. Côté cinéma, les spectateurs eurent droit en 1979 à Guyana, la secte de l'enfer de René Cardona Jr. et beaucoup plus tard à The Sacrament de Ti West en 2013 tandis que les téléspectateurs effarés découvrirent en 1980 sur leur petit poste de télévision le téléfilm Guyana Tragedy : The Story of Jim Jones de William A. Graham... S'agissant plus largement du thème des sectes, l'on pourrait citer des dizaines d'autres exemples mais tenons-nous-en à cet objet plutôt obscure du moins de part chez nous intitulé Can Ellen Be Saved ? et simplifié dans nos contrées sous le titre Hélène. Hélène, oui, une fille comme les autres et qui pourtant n'a rien à voir avec celle qui fut l'une des grandes stars de TF1 dans les années quatre-vingt dix avec la série Hélène et les garçons, Hélène Rollès. Non ! Celle dont il s'agit ici est tout droit sortie de l'imagination du scénariste américain Emmett Roberts. Une jeune adolescente, avec ses doutes et ses craintes. Qui refuse de terminer son année d'études et qui plutôt que de se diriger vers cette université où elle ne se sent pas bien et semble être assez peu appréciée de ses camarades préfère suivre les membres d'une communauté de fervents chrétiens dirigée par le charismatique Joseph (Michael Parks)...


Difficile ici d'évaluer le niveau de dangerosité du ''gourou'', de ses adeptes et des préceptes de ce que d'aucun dans le coin considère de secte. L'une des très grandes faiblesses de ce téléfilm signé de Harvey Hart dont la carrière vogua de 1945 à 1989 entre grand et petit écran et sa trop courte durée. Comment aménager l'emprise mentale d'un gourou face à une adolescente se cherchant et dont les parents restent presque indifférents face à ses inquiétudes ? Comment développer la psychologie des différents personnages, le combat d'un père et d'une mère et le traitement radical administré par un homme qui n'en est pas à son premier coup d'essai lorsqu'il s'agit de sortir une jeune fille de l'influence dont elle fait l'objet auprès d'un homme qui compte dans sa communauté des dizaines d'adeptes ? Une heure et treize minutes. Voilà la durée de Can Ellen Be Saved? Insuffisante et contraignant son auteur à appliquer des coupes que l'on devine drastiques, il devient difficile de se faire une idée précise des méthodes employées par Joseph afin d'atteindre très spécifiquement ses objectifs. Bourré d'ellipses, le téléfilm s'en trouve malheureusement décrédibilisé. Ne signifiant jamais vraiment le temps qui passe, on ne sait plus si un jour, une semaine, un mois ou une année passe et la concentration du récit en à peine plus de soixante-dix minutes ruine les efforts pourtant louables du cinéaste et de son scénariste. Car avant que tout ne se précipite en à peine quelques séquences passant d'une adolescente d'abord réfractaire en une disciple ayant éludé la question du père et de la mère pour ensuite décrire l'enlèvement d'Ellen par ses parents précédant le traitement infligé par un certain James Hallbeck chargé de la faire revenir à la réalité, Can Ellen Be Saved? fait figure de très bonne description s'agissant de l'enrôlement de personnes faibles, perdues, à la recherche d'elles-mêmes ou naïves sous le prisme de la religion. Notons que la jeune femme est incarnée par l'actrice Katherine Cannon, que Joseph est interprété par Michael Parks et que les deux acteurs sont entourés d'une belle brochette de comédiens puisque dans le rôles des parents de l'adolescente l'on retrouve Leslie Nielsen (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams et David et Jerry Zucker, Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks et interprète de tout un tas d'autres comédies parodiques) ainsi que Louise Fletcher, laquelle est devenue mondialement célèbre grâce au rôle de l'infirmière Ratched dans le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Quand à John Saxon qui incarne ici le rôle de James Hallbeck, durant sa longue carrière télévisuelle et cinématographique, il aura participé à bon nombre de films d'horreur parmi lesquels Ténèbres de Dario Argento, Les Griffes de la nuit de Wes Craven ainsi qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Au final, Can Ellen Be Saved? n'est pas un mauvais téléfilm. Il manque simplement à son auteur une bonne heure pour pouvoir développer avec aisance son sujet...

 

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