Mots-clés

Affichage des articles dont le libellé est Drame. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Drame. Afficher tous les articles

mardi 7 juillet 2026

Can Ellen Be Saved ? de Harvey Hart (1974) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sujet fort passionnant au demeurant, les sectes sous toutes leurs formes ont inspiré nombre d'auteurs au cinéma et à la télévision. S'inspirant parfois de faits authentiques ou n'étant que le fruit de l'imagination effervescente de scénaristes particulièrement inspirés. Nous allons très vite écarter les documentaires même si certains s'avèrent intéressants pour évoquer l'un des grand classiques de la Folk-Horror britannique The Wicker Man de Robin Hardy. Œuvre de fiction relativement dérangeante qui ne l'empêche cependant pas d'être considérée comme un film culte par les fins connaisseurs. Notons également les beaucoup plus récents et non moins fascinants Midsommar de Ari Aster et Apostle de Gareth Evans qui rejoignent eux aussi la grande tradition de la folk Horror et donc d'une certaine manière, ce mélange entre épouvante et communautés sectaires... Du côté des faits-divers, l'histoire de l'un des plus grands suicides collectifs liés à une secte inspira plusieurs longs-métrages. Côté cinéma, celui qui se faisait appeler ''Father Jim'' par ses adeptes, le révérend Jim Jones, la presse le surnommant même parfois le ''Gourou de Jonestown'' ou ''Le prédicateur de Jonestown'', fut au centre de plusieurs récits. Côté cinéma, les spectateurs eurent droit en 1979 à Guyana, la secte de l'enfer de René Cardona Jr. et beaucoup plus tard à The Sacrament de Ti West en 2013 tandis que les téléspectateurs effarés découvrirent en 1980 sur leur petit poste de télévision le téléfilm Guyana Tragedy : The Story of Jim Jones de William A. Graham... S'agissant plus largement du thème des sectes, l'on pourrait citer des dizaines d'autres exemples mais tenons-nous-en à cet objet plutôt obscure du moins de part chez nous intitulé Can Ellen Be Saved ? et simplifié dans nos contrées sous le titre Hélène. Hélène, oui, une fille comme les autres et qui pourtant n'a rien à voir avec celle qui fut l'une des grandes stars de TF1 dans les années quatre-vingt dix avec la série Hélène et les garçons, Hélène Rollès. Non ! Celle dont il s'agit ici est tout droit sortie de l'imagination du scénariste américain Emmett Roberts. Une jeune adolescente, avec ses doutes et ses craintes. Qui refuse de terminer son année d'études et qui plutôt que de se diriger vers cette université où elle ne se sent pas bien et semble être assez peu appréciée de ses camarades préfère suivre les membres d'une communauté de fervents chrétiens dirigée par le charismatique Joseph (Michael Parks)...


Difficile ici d'évaluer le niveau de dangerosité du ''gourou'', de ses adeptes et des préceptes de ce que d'aucun dans le coin considère de secte. L'une des très grandes faiblesses de ce téléfilm signé de Harvey Hart dont la carrière vogua de 1945 à 1989 entre grand et petit écran et sa trop courte durée. Comment aménager l'emprise mentale d'un gourou face à une adolescente se cherchant et dont les parents restent presque indifférents face à ses inquiétudes ? Comment développer la psychologie des différents personnages, le combat d'un père et d'une mère et le traitement radical administré par un homme qui n'en est pas à son premier coup d'essai lorsqu'il s'agit de sortir une jeune fille de l'influence dont elle fait l'objet auprès d'un homme qui compte dans sa communauté des dizaines d'adeptes ? Une heure et treize minutes. Voilà la durée de Can Ellen Be Saved? Insuffisante et contraignant son auteur à appliquer des coupes que l'on devine drastiques, il devient difficile de se faire une idée précise des méthodes employées par Joseph afin d'atteindre très spécifiquement ses objectifs. Bourré d'ellipses, le téléfilm s'en trouve malheureusement décrédibilisé. Ne signifiant jamais vraiment le temps qui passe, on ne sait plus si un jour, une semaine, un mois ou une année passe et la concentration du récit en à peine plus de soixante-dix minutes ruine les efforts pourtant louables du cinéaste et de son scénariste. Car avant que tout ne se précipite en à peine quelques séquences passant d'une adolescente d'abord réfractaire en une disciple ayant éludé la question du père et de la mère pour ensuite décrire l'enlèvement d'Ellen par ses parents précédant le traitement infligé par un certain James Hallbeck chargé de la faire revenir à la réalité, Can Ellen Be Saved? fait figure de très bonne description s'agissant de l'enrôlement de personnes faibles, perdues, à la recherche d'elles-mêmes ou naïves sous le prisme de la religion. Notons que la jeune femme est incarnée par l'actrice Katherine Cannon, que Joseph est interprété par Michael Parks et que les deux acteurs sont entourés d'une belle brochette de comédiens puisque dans le rôles des parents de l'adolescente l'on retrouve Leslie Nielsen (Y a-t-il un pilote dans l'avion ? de Jim Abrahams et David et Jerry Zucker, Dracula, mort et heureux de l'être de Mel Brooks et interprète de tout un tas d'autres comédies parodiques) ainsi que Louise Fletcher, laquelle est devenue mondialement célèbre grâce au rôle de l'infirmière Ratched dans le chef-d’œuvre de Miloš Forman, Vol au-dessus d'un nid de coucou. Quand à John Saxon qui incarne ici le rôle de James Hallbeck, durant sa longue carrière télévisuelle et cinématographique, il aura participé à bon nombre de films d'horreur parmi lesquels Ténèbres de Dario Argento, Les Griffes de la nuit de Wes Craven ainsi qu'Une nuit en enfer de Robert Rodriguez. Au final, Can Ellen Be Saved? n'est pas un mauvais téléfilm. Il manque simplement à son auteur une bonne heure pour pouvoir développer avec aisance son sujet...

 

mercredi 24 juin 2026

The Longest Night de Jack Smight (1972) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Le 17 décembre 1968 aux environs de quatre heures du matin, Jane Mackle et sa fille Barbara reçoivent la visite impromptue de Gary Steven Krist, un ancien condamné, et de sa complice et petite amie Ruth Eisemann-Schier. Tandis que Jane s'était chargée de ramener sa fille après que celle-ci ait contracté la grippe de Hong Kong à l'université Emory d'Atlanta où elle étudiait, la mère et la fille s'étaient arrêtées pour la nuit dans un hôtel de la chaîne Rodeway Inn. Tout comme dans cette première adaptation télévisuelle d'un fait-divers ayant donc eu lieu à la fin des années soixante en Floride, l'adolescente fut kidnappée tandis que sa mère fut attachée sur son lit avant d'être chloroformée. Les deux ravisseurs prirent alors la route à bord de leur véhicule à l'arrière duquel ils placèrent Barbara avant de se rendre dans une région isolée afin de l'enfermer dans un cercueil aménagé (lumière et ventilation reposant sur l'usage d'une batterie dont la durée de vie est limitée) et enterré dans le sol. Ce qui n'était jusque là qu'un ''classique'' enlèvement allait se transformer en une épreuve encore plus épouvantable pour la jeune fille et pour ses parents, morts d'angoisse à l'idée de ne pas la retrouver à temps. Toujours est-il que contre la survie de Karen Chambers (nom donné à la victime dans ce téléfilm), ses kidnappeurs mettent au point un chantage. Soit son père Alan accepte de lui donner cinq-cent mille dollars, soit sa fille mourra dans une semaine par manque d'oxygène. Réalisé par Jack Smight en 1972, The Longest Night est la première des deux adaptations de ce fait-divers qui défraya donc la chronique judiciaire américaine en 1968. Le téléfilm repose sur la collaboration de la famille avec plusieurs membres du FBI parmi lesquels l'on retrouve notamment l'acteur afro-américain Jason Bernard qui entre télévision et cinéma apparut notamment chez John Badham (Tonnerre de feu et Wargames), Peter Hyams (La nuit des juges), Clint Eastwood (Bird) ou Tom Shadyac (Menteur, menteur) et dans le rôle de Caleb Taylor dans la mythique série de science-fiction, V en 1983. Autre acteur connu bien que secondaire, Richard Anderson incarne ici d'Harvey Eaton, l'ami d'Alan Chambers. Bien qu'il ait connut une très importante carrière sur grand et petit écran, il reste surtout connu pour avoir interprété le rôle d'Oscar Goldman dans les série L'homme qui valait trois milliards et Super Jaimie...


Quant aux deux criminels qui kidnappent la jeune fille dans le téléfilm, ils sont respectivement interprétés par Sky Aubrey et James Farentino, lequel est bien évidemment surtout connu pour sa participation à de nombreuses séries télévisées. Bien que le sujet de l'enlèvement et de la séquestration d'une adolescente ici interprétée par Sallie Shockley dans une boite pas plus grande qu'un cercueil soit relativement sensible (ami claustrophobes, bonjour à vous), le téléfilm est traité de manière assez classique. Suivant assez fidèlement le fait-divers tel qu'il se produisit quatre ans auparavant, il ne faut pas s'attendre à un festival de courses-poursuites ou de fusillades. Tout au plus The Longest Night démontre le génie diabolique de Gary Steven Krist dont le nom a été ici remplacé par celui de John Danbury. Ce système mis au point ajoutant un surcroît de pression et l'obligation pour la famille et les autorités de respecter scrupuleusement les ordres édictés par le ravisseur. Si la présence d'Ellen Gunther, la complice dont le nom prend la place de celui de Ruth Eisemann-Schier s'explique par sa participation à l'enlèvement de Barbara, le personnage incarné par Skye Aubrey n'est en fait d'aucune espèce d'utilité. Un personnage secondaire dispensable, qui ne joue en réalité sur aucun élément du script. Au final, The Longest Night est un téléfilm relativement anodin, pourtant réalisé par celui qui mit en scène Peter Falk dans l'excellent épisode de la série Columbo intitulé Poids mort en 1971, réalisa l'excellent téléfilm fleuve Frankenstein : la véritable histoire en 1973, le film catastrophe 747 en péril en 1974 ou encore le film de science-fiction Les Survivants de la fin du monde en 1977... Bref, le téléfilm n'intéressera que ceux qui s'intéressent en profondeur à ce cas d'enlèvement très particulier. Notons enfin qu'en 1990 une seconde adaptation fut réalisée par Donald Wrye sous le titre 83 Hours 'Til Dawn...


 

vendredi 17 avril 2026

Robin Redbreast de James MacTaggart (1970) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tandis que le réalisateur et scénariste franco-polonais Roman Polanski s'installait à la fin des années soixante aux États-Unis pour y tourner notamment le classique de l'épouvante Rosemary's Baby, deux ans plus tard, le réalisateur, scénariste et producteur écossais James MacTaggart signait entre 1970 et 1973 six des trois-cent vingt-cinq épisodes qui constitueront la série Play for Today dont la production débutera dès le tout début de la décennie pour s'achever quinze ans plus tard, en 1984. Et parmi ces six épisodes, le rarissime Robin Redbreast dont l'objectif était peut-être alors de concurrencer le classique américain par des méthodes sensiblement différentes. Considérant que le budget alloué à cet épisode dont le format appartient habituellement à celui d'un téléfilm ne devait sans doute pas excéder les quelques dizaines de milliers de livres sterling, difficile alors de comparer un produit uniquement prévu pour une projection télévisuelle avec un long-métrage dont les ambitions furent d'apporter leur comptant de frissons à des spectateurs venus s'enfermer dans les salles obscures. Partant d'un postulat on ne peut plus élémentaire, Robin Redbreast s'inscrit pourtant bien dans une culture du cinéma d'épouvante très spécifique. Ici l'on parle effectivement de Folk-Horror. Ce sous-genre du cinéma d'horreur qui détourne en général les folklores du monde entier, lequel a donné naissance à des œuvres parfois remarquables parmi lesquelles nous citerons bien évidemment l'iconique The Wicker Man de Robin Hardy en 1973 (et non pas son très dispensable remake signé de Neil LaBute en 2006), The Witch de Robert Eggers en 2015, Le bon apôtre de Gareth Evans en 2018, Midsommar de Ari Aster en 2019 (digne héritier du long-métrage de Robin Hardy) ou encore Pamyo du sud-coréen Jang Jae-hyeon en 2024... Remarquable à plus d'un titre puisqu'il aborde très tôt et avant tout le monde le sujet de l'indépendance des femmes, ici incarnées à travers le personnage de Norah (l'actrice Anna Cropper), Robin Redbreast longtemps été considéré de perdu. Traitant d'une femme de trente-cinq ans qui après s'être séparée de son compagnon après huit années de vie commune part s'installer dans son cottage, loin des grandes villes et de la civilisation...


Un coin perdu de la campagne anglaise où, selon des rumeurs proférées par un certain ''Rob'', la consanguinité ferait des ravages parmi la population du petit village qui abrite les quelques seconds rôles qui tour à tour côtoieront notre héroïne... Un jeune homme incarné par Andy Bradford. Adepte d'arts-martiaux auxquels il s'adonne dans la nature, vêtu d'un simple caleçon, celui-ci est également réputé pour ses connaissances en matière de vermine dont il débarrasse les propriétaires sur demande. Soutenue par une vieille femme qui l'aide aux tâches ménagères et par un homme étrange mais cultivé du nom de Fisher (Bernard Hepton) qui l'abreuve de conseils, Norah semble donc pouvoir compter sur la bienveillance de ses voisins... Mais comme on s'en doute, rien n'est jamais vraiment simple avec ce genre de récit. Et surtout s'agissant de l'adaptation télévisuelle du script conçu par le scénariste et producteur originaire de l'Inde, John Bowen. Après avoir déployé le concept d'indépendance chez son héroïne, James MacTaggart marque une rupture de ton lorsque la très attendue relation intime entre l'héroïne et Rob vient déclencher tout un réseau de conséquences qui semblent tous reliés par un seul et même événement à venir. Plutôt linéaire dans ses premiers soubresauts, Robin Redbreast finit par devenir tendu, lorsque l'on constate la fragilité de Norah, développée à travers la présence du bébé qu'elle attend désormais à défaut d'avoir pu se protéger lors de sa relation sexuelle avec Rob. D'autant plus qu'à l'image d'un Mother! (Darren Aronovsky) signé longtemps après, le téléfilm s'inscrit non seulement dans le genre Folk-Horror mais également dans celui du Home Invasion, avec ces voisins qui ne cessent de s'inviter, de s'incruster pour des raisons hautement fallacieuses chez la citadine. En résulte un téléfilm qui parfois se révèle réellement anxiogène malgré son demi-siècle (et un peu plus) d'existence...

 

vendredi 31 octobre 2025

Along Came a Spider de Lee H. Katzin (1970) - ★★★★★★★★★☆

 


 

D'une durée dépassant de peu les quatre-vingt dix minutes, Along came a Spider est l’œuvre du réalisateur Lee H. Katzin dont l'essentiel de la carrière s'est faite à la télévision. Et d'ailleurs, en cette année 1970 alors qu'un an en arrière il est parti faire un détour au cinéma avec What Ever Happened to Aunt Alice?, l'homme signe un téléfilm d'une telle qualité qu'il est presque incompréhensible que celui-ci n'eut pas les honneurs d'une sortie dans les salles obscures. Principalement incarné par la superbe Suzanne Pleshette qui sept ans auparavant participa au tournage des Oiseaux d'Alfred Hitchcock et par Ed Nelson qui fut célèbre pour avoir interprété le rôle de Michael Rossi dans la série Peyton Place entre 1964 et 1969, Along came a Spider ajoute au duo les présences plus ou moins remarquables de Brooke Bundy et Andrew Prine (la série originale de science-fiction V) dans les rôles respectifs d'Adrienne Klein et de Sam Howard, un couple de voisin qui partagent l'appartement mitoyen d'Ann Banning qu'incarne donc à l'image Suzanne Pleshette. Une Ann qui débarque dans la vie de Martin Becker (Ed Nelson) de manière presque inattendue alors que celui-ci donne un cours de physique à ses élèves dans une université américaine. Tenant tête au professeur à propos du sujet qu'il est en train de traiter, celui-ci tombe sous le charme de la jeune femme qu'il retrouve par hasard le soir-même attablée au restaurant où il a ses habitudes. S'invitant sans lui demander l'autorisation à la table d'Ann, Ed dîne en sa compagnie et lui propose d'aller regarder un film au cinéma. Après une ellipse, nous retrouvons le couple à la sortie du cinéma. Martin raccompagne Ann jusque chez elle et la laisse devant la porte de son appartement. Un début de récit somme toute très classique qui cependant laissera rapidement entrevoir l'implication d'un mystère entourant la mort lors d'une expérience scientifique d'un certain Docteur David Furie furtivement interprété par Ken Clayton au tout début du long-métrage ainsi que par de très brèves interventions par la suite...


Si ce détail ne fait tout d'abord pas vraiment avancer l'histoire, il en est un autre qui empêche Along came a Spider de mériter le titre de classique du suspens et du thriller : en effet, alors que le long-métrage revêt l'apparat du classieux téléfilm romantique entre un professeur d'université et une étudiante particulièrement brillante, pourquoi donc Lee H. Katzin et les scénaristes Barry Oringer et Leonard Lee ont-ils choisit de révéler la véritable identité d'Ann après seulement dix-sept minutes de récit alors qu'il aurait été beaucoup plus malin de couver le secret durant une bonne partie des événements et de ne le révéler qu'à un moment beaucoup plus opportun ? Deux hypothèses s'affrontent. Soit les auteurs ont-ils supposé qu'une trop grande somme d'informations concentrées à la fin du récit aurait empêché une lecture claire et précise du récit, soit ont-ils supposé que la conclusion du récit délivrait un comptant largement suffisant de twists pour n'avoir pas à en rajouter davantage. Il y a même peut-être une troisième probabilité : Peut-être eurent-ils peur qu'une partie des téléspectateurs ne quitte la projection, déçus par l'image de téléfilm romantique que pouvait renvoyer Along came a Spider... ? À vrai dire, après cette micro-déception, le travail accompli par le réalisateur et ses interprètes est tel que ce détail devient très rapidement surfait. Car le téléfilm est plus que la simple histoire d'amour qu'il semble être au premier abord. Il concentre en réalité l'essentiel de son propos autour d'une machiavélique machination justement orchestrée par celle qui joue donc un double jeu. Mais là où le scénario demeure véritablement malin, c'est dans la construction de ses personnages et des sentiments qu'ils partagent. Car bien que la vengeance soit ici menée de façon à ce que son auteur pousse à la disgrâce et à l'enfermement carcéral celui qui en est l'objet, l'affection de l'un et de l'autre de nos deux protagonistes principaux demeure bien réelle. Along came a Spider n'est donc pas qu'une simple histoire d'amour mais aussi un thriller parfaitement conçu où les retournements de situation se multiplient jusqu'au terme du récit. Un téléfilm qui même plus de cinquante ans après sa première diffusion sur les télévisions américaines mériterait presque de voir ENFIN le jour sur grand écran... Bref, une réussite totale...

 

jeudi 18 septembre 2025

A Killer in the Family de Richard T. Heffron (1983) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Tout commence par un authentique fait-divers. Durant l'été 1978, le criminel Gary Tison purge une peine de prison à perpétuité pour avoir assassiné un gardien lorsque ses trois fils organisent son évasion du pénitencier d'État de l'Arizona situé à Florence. Son compagnon de cellule Randy Greenawalt participe à l'évasion le 30 juillet, jour très particulier durant lequel les détenus sont autorisés à accueillir des membres de leur famille afin de participer à un pique-nique ! C'est armés de plusieurs armes à feu dissimulées dans une glacière que les fils de Gary Tison, Donald, Ricky et Raymond parviennent à faire s'échapper de la prison leur père et son complice Randy Greenawalt. Les cinq individus partent alors pour un périple de plusieurs jours et sèmeront plusieurs morts sur leur chemin... Distribué en France sous le titre Le crime dans le sang, A Killer in the Family est l'un des nombreux téléfilms que réalisa Richard T. Heffron durant sa carrière. Inspiré d'une tragédie qui donc eut lieu cinq ans auparavant sur le territoire américain, A Killer in the Family respecte presque scrupuleusement le fait-divers et l'ordre dans lequel se produisirent les événements. Le téléfilm de Richard T. Heffron offre l'occasion aux téléspectateurs d'y découvrir la star américaine Robert Mitchum, célèbre acteur qui n'a pas joué que de sympathiques personnages durant sa longue carrière puisque les amateurs de fictions ont notamment eu l'occasion de le voir dans le cultissime The Night of the Hunter (La nuit du chasseur) de Charles Laughton en 1955 ou dans Cape Fear (Les nerfs à vif) de J.Lee Thompson en 1962. Dans A Killer in the Family, il incarne le rôle de Gary Tison que le script fait tout d'abord passer pour le prisonnier modèle d'une prison de l'état d'Arizona aux prises avec un codétenu dont il craint qu'il ne s'en prenne à lui. Si le personnage que l'acteur interprète ne portait pas sur le dos un uniforme de prisonnier, l'on aurait pu penser à une journée classique réunissant des familles lors d'un grand pique-nique. L'une des différences entre le fait-divers et le téléfilm est qu'ici, l'évasion ne survient non pas lors de cet événement convivial mais le lendemain, lorsque après mûre réflexion et après qu'il ait surpris ses deux frères en train de préparer leur coup, Donald décide de les suivre dans leur périple...


Un grand frère interprété par James Spader qui ensuite enchaînera avec les succès puisqu'on le découvrira notamment dans Wall Street et Né un 14 juillet d'Oliver Stone en 1987 et en 1989, dans Sexe, Mensonges et Vidéo (Sex, Lies, and Videotape) de Steven Soderbergh la même année, dans Stargate de Roland Emmerich en 1994 ou encore dans Crash de David Cronenberg deux ans plus tard. Ray, le plus jeune des trois frères, sera incarné par Lance Kerwin tandis que Ricky sera interprété par Eric Stoltz dont la carrière sera tout d'abord marqué par le rôle bouleversant de Rocky Dennis dans Mask de Peter Bogdanovich, un adolescent atteint de dysplasie craniométaphysaire vivant auprès de sa mère et d'un gang de motards ! Dans A Killer in the Family, il est le fils le plus attaché au père. Surtout lorsque l'on découvre que ce ''pauvre homme'' dont on pardonnerait presque le crime qu'il a commis et l'a condamné à la prison à vie pour lui permettre de retrouver le cocon familial n'est pas tout à fait celui auquel on pense. Manipulateur, violent, détaché vis à vis des actes les plus ignobles, Gary Tison s'est en fait servi de la fragilité psychologique de ses deux plus jeunes fils pour les manipuler à sa guise et les pousser à prendre la décision de le faire évader. S'ensuit alors un road-movie meurtrier retranscrivant les événements tels qu'ils se sont produits. Des actes d'une barbarie inouïe dont fera notamment les frais une famille constituée de quatre membres dont... un bébé ! A Killer in the Family a surtout comme attrait de voir évoluer dans le rôle de l'antagoniste un Robert Mitchum dont la personnalité s'avère extrêmement délicate à cerner. Visage inexpressif et changements d'humeurs permanents ne permettent pas toujours de savoir ce qu'il a véritablement derrière la tête. Et c'est sans doute en cela que le téléfilm de Richard T. Heffron demeure parfois glaçant. Après, il faut reconnaître que tout n'est pas parfait et que du haut de son statut de téléfilm, A Killer in the family n'est pas non plus un grand classique du genre...

 

lundi 14 juillet 2025

15 jours ailleurs de Didier Bivel (2013) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Aux États-Unis, ils ont Shock Corridor de Samuel Fuller et Vol au-dessus d'un nid de coucou de Miloš Forman. Et nous, qu'avons-nous ? Le téléfilm 15 jours ailleurs de Didier Bivel. Un homme de télévision dont aucune œuvre n'a jamais vu le jour sur grand écran. Alors, pourquoi comparer ces deux grandes œuvres américaines, ces deux classiques du cinéma outre-atlantique avec ce qui a priori n'est rien d'autre qu'un banal téléfilm français diffusé pour la toute première fois sur France 2 le mercredi soir du 9 octobre 2013 ? Tout simplement parce 15 jours ailleurs est bien plus que ce qu'il ne paraît être et lorsque l'on voir l'état du cinéma hexagonal actuel, il est de bon ton de raviver les mémoires et de se dire que plutôt que d'être condamné à n'être diffusé qu'à travers la petite lucarne, le long-métrage de Didier Bivel aurait amplement mérité d'être projeté dans une salle obscure. Et pourtant, les première images font craindre le pire. Du haut de son statut de simple programme télévisuel, 15 jours ailleurs n'a pas pour vocation de nous en mettre visuellement plein la vue. C'est carré, académique, tout comme l'interprétation dont on n'attend alors rien de particulier. Didier Bourdon y traîne sa bedaine comme un acteur vidé de sa substance. Et pourtant, c'est bien son personnage qui veut cela. Vincent vient de faire un burn-out et a semble-t-il attenté à sa vie. Sur les conseils d'un médecin, son épouse Florence (Agathe Dronne) accepte de le faire enfermer pour quelques jours dans un hôpital psychiatrique. D'abord réticent, ce commercial d'une entreprise qui voit une toute nouvelle concurrente briguer apparemment son poste finit par accepter son sort et se lie d'amitié avec plusieurs autres patients. Et notamment Hélène, jeune femme psychotique à laquelle il va très vite s'attacher. Et pour cause, celle-ci est d'une humeur joyeuse et s'avère être la seule à être capable de dérider notre quinquagénaire. Hélène attend le moment précis où elle pourra enfin quitter l'hôpital afin de retrouver son fils Lucas dont sa sœur a présentement la garde... Si Didier Bourdon paraît être la caution artistique de ce téléfilm beaucoup plus fort et subtil qu'il n'y paraît au premier abord, l'un de ses atouts principaux est la présence à l'écran de l'actrice Judith Chemla.


Vue dans au cinéma à diverses occasions et à plusieurs reprises dans des téléfilms et autres séries télévisées, l'actrice qui alors est âgée de trente ans offre une interprétation magistrale de cette jeune femme psychologiquement travaillée par sa séparation d'avec son fils mais aussi et surtout atteinte de troubles psychiatriques graves que son traitement médicamenteux parvient tout de même à réduire. Du moins, en apparence. Le téléfilm de Didier Bivel, écrit à trois mains par Jean-Pierre Sinapi, Jean-Marc Culiersi et Philippe Bernard est d'une justesse rare. Là où l'humour s'installe au cœur de certaines séquences pour partie regroupées lors de la première moitié du récit, le ton se veut ensuite beaucoup plus grave, mettant ainsi les personnages face aux institutions médicales et judiciaires. Dans le rôle du professeur Adamovitctz, l'actrice américano-roumaine Elina Löwensohn interprète une psychiatre froide employant des méthodes qui paraissent parfois être d'un autre âge et donc peu ''humaines'', entre chambre de confinement et camisole chimique. Dans celui de la juge, Aude Saintier incarne à son tour une magistrate totalement détachée vis à vis des suppliques émis par Hélène, laquelle veut sortir de l'hôpital pour retrouver enfin son fils Lucas. Mais là où le téléfilm de Didier Bivel et le script des trois scénaristes est malin, c'est lorsque les uns et les autres nous cachent un élément fondamental positionnant le spectateur à la hauteur du personnage interprété par Didier Bourdon. N'ayant pas toutes les informations entre les mains, nous nous positionnons d'emblée du côté de la jeune femme. 15 jours ailleurs est un formidable téléfilm, émouvant, touchant, porté par une galerie de personnages secondaires hétéroclites mais surtout par un duo principal qui fonctionne à merveille. Didier Bourdon tient là l'une de ses meilleures incarnations tandis que Judith Chemla s'avère parfois bouleversante dans son interprétation d'une jeune femme psychologiquement instable et donc à la dérive. Bref, l'actrice est tout simplement extraordinaire. Si la comparaison avec les deux œuvres citées plus haut paraît un peu (voir beaucoup) exagéré, au final, 15 jours ailleurs n'a absolument pas à rougir de la comparaison...

 

dimanche 6 avril 2025

L'affaire de Bruay-en-Artois de Charlotte Brandström (2008) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

L'Affaire de Bruay-en-Artois est demeuré depuis plus de cinquante ans l'un des plus mystérieux événements criminels s'étant déroulé sur le territoire français. Bien que depuis l'on s'en souvienne moins que de l'Affaire du petit Gregory dont on ne sait toujours pas qui est l'auteur de son assassinat, celui de l'adolescente Brigitte Dewèvre alors âgée de quinze ans et demi n'a lui non plus jamais été résolu. Et pourtant, plusieurs suspects furent interrogés. Et même incarcérés avant d'être tour à tour remis en liberté. Le fait-divers a fait l'objet au fil des décennies de plusieurs documentaires, d'ouvrages littéraires et même de fictions, comme le très librement inspiré Dossier érotique d'un notaire de Jean-Marie Pallardy l'année du drame ou comme dans le cas qui nous intéresse ici, le téléfilm L'affaire de Bruay-en-Artois de la réalisatrice franco-suisse Charlotte Brandström en 2008. Dans un contexte de lutte des classes, cet aspect de l'événement n'est retranscrit qu'à travers certains affrontements et s'avère donc mis quelque peu de côté pour approfondir davantage la relation entre le juge François Marceau et le suspect, Maître Jean-Noël Ferret dont les noms remplacent ceux des véritables intervenants de l'époque que furent le juge d'instruction Henri Pascal qui devint en outre l'un des premiers adhérents au Syndicat de la magistrature et Pierre Leroy, notaire qui aux côté de sa maîtresse Monique Béghin-Mayeur (ici incarnée par Dominique Reymond sous le nom de Solange Valmon) se retrouva accusé du meurtre de l'adolescente, une fille de mineur. Le téléfilm reposant donc sur une affaire qui ne fut jamais réellement résolue, classée sans suite et prescrite en 2005, l'intérêt du récit se porte moins sur la finalité de ce sordide événement que sur les divers interrogatoires qui opposèrent le notaire au juge d’instruction. Une instruction qui d'ailleurs sera ensuite confiée au juge parisien Jean Sablayrolles, lequel fera immédiatement libérer la maîtresse de l'accusée avant qu'un adolescent de dix-sept ans du nom de Jean-Pierre Flahaut n'avoue le meurtre de Brigitte Dewèvre. Toute cette partie de l'affaire n'étant résumée qu'en quelques lignes et en voix off à la toute fin du téléfilm, L'affaire de Bruay-en-Artois se concentre donc principalement autour de ses deux principaux interprètes. Dans le rôle de Maître Jean-Noël Ferret, nous retrouvons Bernard Le Coq auquel la réalisatrice avait déjà confié différents rôles dans les téléfilms Un couple modèle, Une Ferrari pour deux et Une villa pour deux.


Dans celui du Juge François Marceau, c'est l'acteur Tchéky Karyo qui donne la pleine mesure de son talent d'interprète. Un homme parfaitement intègre et bien décidé à faire avouer au suspect le meurtre de l'adolescente malgré une hiérarchie qui lui impose de prendre en compte les répercussions que pourrait avoir la mise en accusation de Jean-Noël Ferret et de Solange Valmon. Dans le rôle du notaire, Bernard le Coq incarne un menteur, dont les propos changent continuellement tandis que Dominique Reymond interprète une maîtresse froide et apparemment détachée vis à vis de la mort de l'adolescente. Tandis que les parents de la victime espèrent que justice soit faite, à Bruay-en-Artois (devenu en 1987 Bruay-la-Buissière après sa fusion avec l'ancienne commune du département du Pas-de-Calais Labuissière), les esprits s'échauffent entre les nantis et la classe moyenne en partie constituée de mineurs de fond. Pendant que les uns raillent les autres et que les disputes mènent à des luttes intestines, le récit s'articule majoritairement autour de la garde à vue de Jean-Noël Ferret qu'auditionne le juge François Marceau qui d'après les différentes versions tenues par le notaire et les divers témoignages est convaincu de sa culpabilité. Bien que l'accusé et sa maîtresse firent l'objet d'un non-lieu qui se solda par leur libération, la réalisatrice ainsi que le scénariste Claude-Michel Rome semblent tenir comme acquise leur responsabilité dans l'assassinat de la jeune Marie Lafaille qui prend donc lieu et place de Brigitte Dewèvre. Tant et si bien que les personnages du notaire et de sa maîtresse apparaissent à l'image comme deux personnages tout à fait détestables. La palme d'or revenant sans doute à Dominique Reymond qui tient le rôle d'une ''complice'' déterminée, implacable, inexpressive et détachée vis à vis du fait-divers. Devenu célèbre à la suite de L'affaire Gregory, le journaliste de Paris Match Jean Ker fut l'auteur en 2006 d'un ouvrage relatant L'Affaire de Bruay-en-Artois. Intitulé Le fou de Bruay, celui-ci assigna en justice TF1 (qui diffusa le téléfilm le 22 septembre 2008) pour raison de plagiat concernant, selon lui, plusieurs scènes du téléfilm. Quoi qu'il en soit, et ce, quelle que soient les positions prises par ses auteurs qui tiennent le récit comme étant apparemment à charge, L'affaire de Bruay-en-Artois demeure une excellente fiction portée par l'excellente incarnation de Tchéky Karyo et de Bernard Le Coq...

 

mardi 4 février 2025

Rivages de Jonathan Rio et Monica Rattazzi (2025) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Le manque d''inspiration en France en serait-il arrivé au point de suggérer du fantastique ou de la science-fiction dans une œuvre qui n'en a peut-être que les apparences ? Car si l'observation d'un phénomène inexpliqué par l'héroïne de Rivages laisse effectivement planer le doute quant aux origines des événements qui vont causer le naufrage d'un chalutier et la disparition de ses passagers dans la baie de Fécamp, il y a de fortes chances pour qu'une partie des téléspectateurs se sente flouée malgré les qualités indéniables que revêt cette mini-série de six épisodes produite par France Télévisions ; laquelle, comme le disait fort justement ma compagne, rappelle ces séries de l'été que nous proposait TF1  il y a une bonne vingtaine d'années  ! Après une séquence d'ouverture qui met le public en condition lors de l'intrigante apparition d'un curieux ''objet'' sous-marin que chacun peut voir comme un phénomène relevant de l'imaginaire de scénaristes inspirés par des œuvres telles que le formidable Abyss de James Cameron, la question se pose alors sur l'éventualité d'une présence extraterrestre... Le script tourne également autour de la jeune océanographe Abigail Dufay (Fleur Geffrier), employée par l'Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer et qui, dépêchée sur les lieux du drame, réapparaît en fait trois ans après avoir vécu elle-même un malheur qui la poussa subitement à tout quitter. Bien plus que ce qu'il se passe sous les eaux de la baie, les créateurs Jonathan Rio et Monica Rattazzi semblent parfois plus préoccupés par le développement de l'histoire de leur héroïne et des personnes qui partagent son existence : Julien (Guillaume Labbé), le mari qu'elle a abandonné, Jimmy(excellent Ewenn Weber), le fils de ce dernier, atteint de surdité, ses propres parents (Thierry Godard et Anne Loiret dans les rôles de Henri et Joane), sa belle-sœur Sylvia (Olivia Côte) et bien entendu, au vu du contexte géographique, toute une population de pêcheurs ainsi que quelques personnages secondaires qui seront impliqués de manière plus ou moins importante. On pense notamment au professeur de SVT, Youssef (Younès Boucif), à Laurent, le supérieur d'Abigail qu'interprète Daniel Njo Lobé ou encore à Valérie Dashwood qui incarne quant à elle la commandante de l'armée française, Calderi... et sans oublier la présence de l'excellent Jean-Marc Barr qui, près de quarante ans après avoir interprété le rôle de Jacques Mayol dans Le grand bleu de Luc Besson, renoue ici avec les fonds marins.


Les amateurs du feuilleton Ici tout commence reconnaîtront l'actrice Lucia Passaniti qui, après être surtout apparue lors de la première saison, n'a pas fait grand chose depuis en dehors de sa présence au sein du casting de Rivages. Un personnage qui d'ailleurs se fait tout d'abord relativement discret (elle n'est effectivement au départ que la responsable vidéo de la Ville de Fécamp) avant de déployer une armada de compétences qui finissent par rendre le personnage un brin ridicule. Elle passe ainsi de la vidéaste travaillant officiellement pour la mairie à l'experte en hacking informatique, en pilotage de drones sous-marins (arrachant presque des mains les commandes de deux appareils tenues jusque là par un militaire que l'on imagine pourtant être parfaitement dans son élément) en langue des signes (alors que rien ne prédispose au départ que le personnage l'ait apprise), etc, etc... Bref, tout ceci ressemble à de l'économie faite sur d'éventuels personnages supplémentaires qui, chacun avec leurs compétences, auraient augmenté le budget. Alors, pourquoi ne pas concentrer tous les efforts en un seul d'entre eux ? Concernant l'intrigue en elle-même, le choix d'intercaler le sujet du drame que vécurent Abigail, Julien et par extension leurs familles respectives et leurs proches au mystère qui entoure le naufrage du chalutier et bientôt celui d'un porte-container permet surtout de rallonger une série qui sans cela n'aurait sans doute pu excéder les deux ou trois épisodes. D'ailleurs, malgré l'implication du drame en question, lequel permet tout de même d'assister à des séquences réellement poignantes (l'une des grandes force de Rivages demeure en ce sens), on sent bien vers la fin que le scénario arrive en bout de course. Surtout lors du sixième épisode où les événements stagnent un peu, histoire d'aligner sa durée sur celle des autres. Il est donc difficile de se faire une opinion réellement tranchée. D'un point de vue personnel, il nous aura fallu deux soirées pour compléter la série. Deux fois trois épisodes dont la ''première'' partie fut très encourageante mais dont la tension et l'engouement se sont malheureusement quelque peu étiolés au fil des quatrième, cinquième et surtout sixième épisode qui pourtant nous avait été vendu comme étant très émouvant.. Une émotion qui existe, oui, mais qui semble surtout avoir été concentrée autour de trois premiers épisodes franchement réussis. Moins ''merveilleux'' que nous pouvions le supposer puisque finalement plutôt réaliste, s'inscrivant dans une démarche pro-environnementale, teintée de mystère et de drames parfois bouleversants, la série Rivages s'avère être plutôt convaincante même s'il n'est pas certain que l'on souhaite s'y replonger un jour...


 

mardi 7 janvier 2025

Tomorrow and I : Black Sheep de Paween Purijitpanya (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

L'une des bonnes surprises de la fin d'année 2024 fut la découverte de Black Sheep, le premier épisode de la toute récente série thaïlandaise Tomorrow and I disponible sur Netflix. Une excellente et exotique alternative à Black Mirror dont l' ultime saison fut un vrai désastre. La Thaïlande prouve avec cette nouvelle série de science-fiction dystopique qu'elle n'a rien à envier aux principaux exportateurs de ce sous genre qui fleurit aussi bien sur petit que sur grand écran. D'un format inhabituel puisque ce premier épisode avoisine les quatre-vingt minutes, le sujet traite du deuil, du clonage, de science, de tradition mais aussi de transgenrisme. Un sujet qui souvent fait grincer des dents mais qui dans le cas de Black Sheep est porté par son interprétation et sa mise en scènes toutes en sobriété et en émotion. Le réalisateur thaïlandais Paween Purijitpanya nous fait pénétrer dans son univers à travers un couple formé autour de Nont (Pakorn Chadborirak, sorte de sosie asiatique de l'acteur danois Mads Mikkelsen) et de Noon (Waruntorn Paonil), jeune astronaute qui depuis trois ans est à bord d'une station spatiale internationale afin de continuer ses recherches consistant à imprimer en 3D des cœurs humains à des fins de transplantation. À l'issue de sa mission, Noon prend place à bord de la capsule qui doit la reconduire sur Terre. Malheureusement, celle-ci explose en plein vol et la jeune femme meurt. Laissant Noon anéanti, celui-ci se souvient que son épouse maintenant décédée travaillait aux côtés du Docteur Vee (l'actrice Treechada Hongsyok), une jeune femme brillante, avec laquelle elle faisait des recherches sur le clonage. Depuis, leur société a prouvé la viabilité du procédé qu'elles ont inventé sur les animaux de compagnie, lequel consiste notamment à prélever leurs souvenirs afin de les implanter dans le corps des futurs clones.


Son utilisation sur l'homme étant malheureusement interdite, Noon use de tous les recours qu'il possède pour convaincre le Docteur Vee de faire une exception en clonant Nont. Après avoir essuyé un refus, l'époux meurtri reçoit un appel de celle-ci qui lui dit accepter finalement de pratiquer le clonage. Mais pour cela, il va d'abord falloir que Noon demande aux parents de Nont l'autorisation de prélever le cerveau de la défunte afin de transférer sa mémoire dans celui du futur clone. L'on imagine les questions éthiques qui se bousculent et Black Sheep entre de plain-pied dans l'éternel combat entre les croyances et la science. Ce qui cause évidemment au sein de la belle-famille et de Noon une insolvable rupture. Devenant par là même un criminel aux yeux de l’État après avoir dérobé la tête de sa femme, Noon la transporte jusqu'au laboratoire de recherche du Docteur Vee qui pratique alors le transfert de la mémoire de son amie. Jusque là, rien que de très banal. Et pourtant, là où le génie de son créateur réside demeure lorsque Black Sheep convoque une toute nouvelle thématique absorbant presque la totalité de l'intrigue originelle. Pour être tout à fait honnête, elle ne l'évacue totalement mais s'y imbrique avec une crédibilité déconcertante. Rendant ainsi la nature d'un procédé déjà sujet à discussion encore plus fort. Questionnant sur les limites de la moralité mais aussi et surtout jusqu'où l'on est capable d'aller par amour. Paween Purijitpanya répond brillamment à cette question dans un épisode formidablement incarné par son trio de principaux interprètes. Doté de très bons effets-spéciaux, d'une partition musicale émouvante et d'une très belle photographie, Black Sheep parvient effectivement sans le moindre mal à faire oublier les faux pas de sa concurrente britannique tout en abordant un sujet désormais très courant mais sous un angle inattendu. Bref, pour ses débuts de saison, Tomorrow and I s'avère très réussi et l'on espère que les trois autres épisodes maintiendront ce niveau de qualité...

 

dimanche 5 janvier 2025

Squid Game (saison 2) de Hwang Dong-hyeok (2024) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Après une première saison qui a conquis la presse et les téléspectateurs qui l'ont découverte lors de sa diffusion sur la plateforme Netflix il y a trois ans, Squid Game du réalisateur et scénariste sud-coréen Hwang Dong-hyeok revenait donc en 2024, deux jours après le réveillon de Noël. Un joli cadeau pour celles et ceux qui suivirent les aventures de Seong Gi-hun (l'acteur Lee Jung-jae) et de quatre-cent cinquante-cinq autres participants à un véritable jeu de massacre à l'issue duquel le ou les vainqueurs étai(en)t promis à une récompense de quarante-cinq milliards de wons (la monnaie actuellement en cours en Corée du Sud). De cette folle aventure où notre héros fut le seul bénéficiaire des gains puisque tous ses adversaires furent tués lors des six jeux proposés, Seong Gi-hun revient pour cette seconde saison lors de laquelle il va de nouveau intégrer la longue liste des nouveaux prétendants au jackpot afin de faire tomber le masque (c'est le cas de le dire) de l'homme qui se cache derrière toute cette affaire. Alors que l'on pouvait a priori s'attendre à ce que le concept tourne en boucle, Hwang Dong-hyeok a la bonne idée de découper son sujet en deux phases distinctes. Constituée de sept épisodes seulement dont la durée varie entre une heure et une heure quinze, le réalisateur et scénariste concentre les deux premiers autour de l'unique vainqueur de la première saison et du policier Hwang Jun-ho (Wi Ha-joon). Le premier tente, aidé d'un groupe de malfrats qu'il paie grassement à l'aide du gain dont il n'a quasiment rien dépensé, de retrouver celui qui recrute dans le métro les futurs participants au jeu. Le second, recherche quant à lui depuis deux ans l'île sur laquelle avaient eu lieu les événements. Deux épisodes qui sortent quelque peu du cadre attendu en arborant les atours du thriller cher à la Corée du Sud. Étant devenu l'un des pays exportateurs du genre parmi les plus brillants, cette entrée en matière de près de deux heures-trente est une manière de rassurer les spectateurs quant au sort qu'accorde son créateur à la série.


On se doute alors assez rapidement de la suite des événements. Seong Gi-hun retrouve à l'issue de ces deux premiers épisodes le chemin de l'île après avoir collaboré avec la bande de truands parmi lesquels l'on retrouve son meilleur ami Jung-bae (Lee Seo-hwan), lesquels parviennent à mettre la main sur le recruteur. Une fois retrouvée la multitude de décors tous plus incroyables les uns que les autres (le Parc des Expositions de Daejeon sert toujours de cadre réaménagé au labyrinthe d'escaliers et au dortoirs des compétiteurs), la saison est partagée entre les nombreuses séquences se déroulant sous terre et celles situées à bord de deux embarcations maritimes dont les équipages sont chargés de retrouver l'île afin de libérer Seong Gi-hun et les autres participants avant la fin des ''festivités''. Dans cette seconde saison, et vu le véritable bain de sang de la première, il a fallut pour Hwang Dong-hyeok, créer de tout nouveaux personnages. Parmi eux, un ancien rappeur toxicomane interprété par l'une des stars sud-coréennes du K-Pop, Choi Seung-hyun, lequel a été poursuivi pour consommation de marijuana! Une vieille femme et son fils. Respectivement interprétés par Kang Ae-shim et Yang Dong-geun, la première, Jang Geum-ja, accompagne tout d'abord en secret son fils Park Yong-sik afin de l'aider à régler ses importantes dettes de jeu. Ajoutons Lee-Myung-gi, ancien youtubeur spécialisé dans la crypto-monnaie qui a fait perdre beaucoup d'argent à certains des participants au jeu venus se renflouer (Yim Si-wan), son ex petite amie Kim Jun-hee, elle aussi ruinée et proche de mettre au monde leur enfant (l'actrice Jo Yu-ri) ou encore Hyun-ju, personnage transgenre, ancien soldat des forces spéciales engagée dans le jeu afin de se payer ses prochaines interventions chirurgicales.


 Incarné par l'acteur cisgenre Park Sung-hoon, le personnage fait alors l'objet d'une polémique autour de laquelle le choix d'un acteur non transgenre dont la présence est expliquée par le créateur de la série qui explique en substance qu'au moment de créer le personnage, aucun interprète sud-coréen ne faisait ouvertement partie de cette 'communauté''. Un choix difficile à mettre en cause tant l'incarnation de l'acteur est au fil des épisodes, de plus en plus touchante et remarquable... Alors que certaines personnalités se dégagent parmi les quatre-cent cinquante-six participants au Squid Game, le déroulement des jeux se déroule de manière identique à la première saison. Mais pas d'inquiétude à avoir puisque la suite nous donnera tort. En effet, le scénario investit ensuite dans des décors et des idées de jeux qui diffèrent de la première saison. Avec, cerise sur le gâteau, la possibilité de voter entre chacun d'entre eux et de choisir de continuer tout en emportant l'argent accumulé. À la seule condition que les candidats voulant abandonner la compétition soient majoritaires. Squid Game saison 2 plonge une nouvelle fois les personnages au sein d'une critique sociale féroce, où les tensions montent graduellement entre ceux qui veulent gagner plus et ceux qui veulent en finir avec ce véritable jeu de massacre. Ajoutons que le récit intègre le personnage de No-eul (l'actrice Park Gyu-young), l'un des rares personnages faisant partie du cercle d'antagonistes masqués et vêtus de rose que le scénario accepte de caractériser. Sans oublier Lee Byung-hun, qui incarne le personnage de Hwang In-ho et du Maître des jeux. Drôle de choix d'ailleurs de le révéler si rapidement et d'en faire un personnage, il est vrai, fondamental, mais finalement moins ambigu qu'il n'y paraît lorsque l'on connaît sa véritable identité... Squid Game saison 2 déçoit surtout pour une unique raison : le choix d'interrompre l'intrigue en son milieu avec la promesse prochaine de poursuivre les péripéties de nos joueurs lors d'une seconde saison qui, espérons-le, sera aussi trépidante que celle-ci...

 

mercredi 3 juillet 2024

Diabolique de Gabriel Aghion (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

À l'origine de Diabolique il y eut l'Affaire des reclus de Monflanquin. Un fait-divers qui défraya la chronique française entre 2000 et 20009 lorsqu'un escroc du nom de Thierry Tilly s’immisça dans l'existence d'une riche famille de nobles du nom de Védrines. Convaincus par cet homme charismatique et manipulateur qu'ils étaient victimes d'un complot, onze membres de la famille s'enfermèrent pour une partie d'entre eux dans le château familial de Montflanquin tandis que d'autres se réfugièrent à Oxford, en Grande Bretagne. Le téléfilm est réalisé en 2016 par Gabriel Aghion auquel on doit notamment Pédale douce en 1996, Belle maman en 1999, Absolument fabuleux en 2001 ou encore Pédale dure en 2004, Bref, pas de quoi se réjouir d'avoir une filmographie exemplaire. Diabolique est un téléfilm qui fut tout d'abord diffusé en Belgique avant d'apparaître pour la première fois sur nos petits écrans le 5 avril 2016 sur France 3. Le réalisateur s'inspire en outre de l'ouvrage écrit par Ghislaine de Védrines, celle-là même qui parmi les membres de la famille fit justement entrer le loup dans la bergerie. Incarnée à l'écran par Michèle Laroque, cette dernière est donc confrontée à Laurent Stocker qui de son côté interprète Thomas Texier, l'alter ego fictionnel de Thierry Tilly. Avec plus ou moins de conviction, Gabriel Aghion tente de montrer la machine infernale mise en place par cet individu hautement qualifié dans les domaines de la manipulation et du mensonge. Pourtant, et c'est sans doute ce qui empêche le téléfilm d'être aussi puissant dans sa révélation finale qu'avait pu l'être celle de l'éponyme Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot en son temps, le fait d'avoir à juste titre entendu parler à l'époque de l'authentique fait-divers écarte tout suspens quant à la conclusion du récit. En outre, l'affaire aurait sans doute mérité un déploiement beaucoup plus conséquent en terme d'écriture car si l'apparent renoncement financier de l'antagoniste du récit explique l'emprise et la confiance qu'il génère auprès des principaux intéressés, la rapidité avec laquelle l'homme parvient à faire le vide autour des membres de la famille peut paraître un tant soit peu complaisante.


Dans les rôles de Gérard Anger et Isabelle de Lassay, Philippe Résimont et Anne Consigny apparaissent donc comme les interprètes les plus convaincants. Ceux qui en incarnant le doute permettent de contrebalancer cette ''folie'' qui paraît s'être emparée des autres membres de la famille vivant désormais reclus dans leur luxueuse propriété et sous le joug d'un Thomas Texier devenu essentiel au maintien et à la cohésion de la famille et de sa richesse en terme de patrimoine. Les moyens mis en place afin de démontrer dans quelles proportions l'individu est parvenu à instaurer un climat de paranoïa poussant la famille Védrines à s'isoler du reste du monde jusqu'à éviter tout contact avec la moindre de leur relation et chasser tous ceux qui ne partagent pas leur opinion sur la situation manque parfois de cohérence. Cette vitesse avec laquelle Hélène de Lassay Anger, qui n'est autre que le nom donné ici à Ghislaine de Védrines, boit littéralement les paroles de son nouveau mentor. Quitte à humilier, voire chasser ceux qui nient l'authenticité du personnage. En la matière, Laurent Stocker incarne parfaitement cet être affable, apparemment désintéressé et capable de résoudre à lui seul tous les maux qui touchent cette famille désormais en plein désarroi. Il n'en demeure pas moins qu'une certaine tension naît au sein du récit, devant ce déploiement ininterrompu de prétextes visant à éloigner la famille de tout contact extérieur comme l'entreprendrait n'importe quel gourou. Gabriel Aghion crée un certain malaise. Surtout si l'on prend en compte le fait que les événements sont ici inspirés d'un fait-divers réel. L'on prend alors la mesure du drame et de ses conséquences sur la stabilité d'une famille capable d'exploser face à la démoniaque entreprise d'un parfait inconnu...


 

mardi 7 mars 2023

Dans l'enfer de la captivité (Girl in the Box) de Stephen Kemp (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Dans l'enfer de la captivité... Voilà un titre qui fleure bon le téléfilm familial du dimanche après-midi. Le titre original Girl in the Box est déjà plus énigmatique et se réfère directement à l'épouvantable calvaire que vécut la jeune Colleen Stan qui après être montée dans le véhicule du couple formé par Janice et Cameron Hooker le 19 mai 1977 devint leur esclave sexuelle et leur souffre-douleur durant sept années ! Ce jour là, Collen se rendait en auto-stop chez un ami dont elle devait fêter l'anniversaire. Le hasard fit qu'après deux refus, la jeune femme accepta de monter à bord du fourgon des Hooker. Un couple d'apparence normale accompagné de leur tout jeune bébé (contrairement au téléfilm qui décrit la naissance beaucoup plus tardive de celui-ci), mettant ainsi la jeune femme en confiance. Pourtant, c'est bien dans un terrible piège que tombera Collen qui vivra alors un véritable supplice auprès de ses deux bourreaux. L'intrigue peut passablement faire penser à l'épouvantable récit tournant autour de Sylvia Likens qui elle-même vécu un véritable calvaire dans les années soixante, victime d'une tortionnaire du nom de Gertrude Nadine Baniszewski et dont le réalisateur Gregory M. Wilson tira un long-métrage épouvantablement incommodant lui-même basé sur un ouvrage littéraire écrit par le romancier américain Jack Ketchum. Mais ce qui fait la spécificité du fait-divers concernant Collen Stan, de ses tortionnaires et donc partiellement du téléfilm de Stephen Kemp provient du fait que la jeune femme fut non seulement kidnappée et victime de chantages affectifs assimilés à de la torture mentale mais qu'en plus, elle ''vivait'' enfermée vingt-deux heures sur vingt-quatre dans une boite en forme de cercueil placé sous le lit-même de Janice et Cameron Hooker. Éloignée de sa famille, ne laissant donc logiquement aucune nouvelle et les voisins de ses geôliers n'étant même pas au courant de sa présence dans leur demeure, il faudra attendre 1984 pour que la jeune femme désormais âgée de vingt-sept ans parvienne à se libérer de leur emprise...


Dans l'enfer de la captivité ne se penche absolument pas sur le passé des uns et des autres. Tout juste quelques flash-back mentionneront la vie que connaissait jusque là Collen Stan. Une échappatoire mentale qui lui permet de tenir bon, ne serait-ce que pour de très courtes durées. Soumise à celui qu'elle a épousé, Janice Hooker (l'atrice Zelda Williams) vit mal la présence de la jeune femme, d'autant plus qu'elle attend un enfant et qu'elle voit d'un assez mauvais œil la relation ambiguë qu'établie Cameron (Zane Holzt) avec sa nouvelle victime (le début du téléfilm montre que le couple vient tout juste de se débarrasser du corps d'une précédente jeune femme). Bien que le téléfilm ait choisi de conserver les véritables identités des bourreaux et de Collen Stan, le scénario change drastiquement certains aspects du fait-divers, rendant ainsi les événements ''infiniment'' plus ''supportables''. En effet, des vingt-deux heures sur vingt-quatre d'enfermement que la véritable Collen Stan devait subir, la durée semble avoir été revue à la baisse. Quant au cercueil, l'intrigue ne le situe plus sous le lit des Hooker mais à la cave. Ce qui peut passer pour un détail rend pourtant les choses très légèrement moins troublantes. Trop lisse et donc insuffisamment frondeur, Dans l'enfer de la captivité se montre nettement moins dérangeant que la plupart des documentaires et reportages sur le sujet facilement disponibles sur la toile. Le téléfilm offre en effet peu d'occasions d'être véritablement incommodés par l'enfer vécu par la jeune femme malgré une interprétation satisfaisante d'Addison Timlin et de ses deux principaux partenaires. Il reste donc au téléspectateur de se remettre dans le contexte épouvantable du fait-divers tel qu'il fut vécu par Collen Stan et ensuite relégué par divers médias pour se rendre réellement compte de l'horreur d'une telle situation. Face à des films monstres tels que le long-métrage de Gregory M. Wilson cité plus haut ou le tout aussi psychologiquement déplaisant Megan Is Missing de Michael Goi, le téléfilm de Stephen Kemp a peu de chance de rester dans les mémoires des téléphages...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...