Paul Varney (Bradford Dillman) et sa fiancée Barbara Anholt (Lynda
Day George) avaient prévu de se marier dans trois semaines lorsque
celui-ci meurt dans un curieux accident de voiture. Totalement
obnubilé par un miroir dont il avait fait l'acquisition dans un
magasin d’antiquités, l'homme laisse donc derrière lui une jeune
femme anéantie qui bientôt se met à faire d'étranges rêves
fantasmagoriques dans lesquels elle aperçoit Paul la rejoindre à
travers le miroir en question. Installée chez celle qui aurait
logiquement dû devenir sa future belle-mère (interprétée par
Marsha Hunt), Barbara s'en remet alors au Docteur psychiatre David
Sorrell. Passionné d'occultisme et de parapsychologie, celui-ci
décide de se lancer dans une enquête afin de découvrir quel
peut-être le lien entre Paul Varney, les étranges visions de
Barbara et ce mystérieux enregistrement audio sur lequel l'on entend
la voix du mort ainsi que celles des membres d'un étrange ''club''
de démonologie... Produit par le groupe télévisuel américain
Universal Television et
distribué sur le territoire américain par la National
Broadcasting Company
(plus connue sous l'acronyme NBC),
Le Miroir de la mort
(Fear No Evil)
de Paul Wendkos (auteur de plus de cent-dix longs-métrages,
téléfilms et épisodes de séries télévisées en cinquante-deux
ans de carrière), scénarisé par Richard Alan Simmons ainsi que par
Guy Endore à partir d'une nouvelle écrite par ce dernier est un
téléfilm qui entre en droite lignée avec les longs-métrages
cinématographiques portant sur le sujet de la démonologie et du
Diable sous tous ses aspects. Au plus près de celui-ci, le
Rosemary's Baby
de Roman Polanski qui un an auparavant vit le jour sur grand écran.
Un chef-d’œuvre du genre bientôt rejoint dans une autre mesure par
quelques classique du fantastique et de l'épouvante parmi lesquels,
le très angoissant The
Changeling
de Peter Medak notamment interprété par le formidable George C.
Scott et par Trish Van Devere, Amityville,
la maison du Diable
de Stuart Rosenberg, L'exorciste
de
William Friedkin, La
malédiction
de Richard Donner et sans doute plus proche encore de sa thématique,
l'excellent Les Envoûtés
(The Believers)
réalisé par John Schlesinger presque vingt ans plus tard...
Et
encore, il ne s'agit là que des œuvres les plus connues puisque
l'on en trouve de beaucoup moins célèbres parmi lesquelles
Crowhaven Farm de
Walter Grauman en 1970, The
Possession of Joel Delaney
de Waris Hussein en 1972, Satan's
School for Girls
de David Lowell Rich l'année suivante ou plus près de chez nous,
The Blood on Satan's Claw
de Piers Haggard puisque celui-ci est d'origine britannique.
Impossible de dresser une liste exhaustive du genre mais ce que l'on
sait sûrement au sujet de ce Fear
No Evil,
premier des deux téléfilms/épisodes pilotes d'une série qui ne
verra finalement jamais le jour, c'est qu'il aura bien du mal à
convaincre la relève des cinéphiles/phages sevrés aux grandes
envolées gores ou goinfrés jusqu'à la gueule de CGI
tant le téléfilm s'avère même pour les vieux briscards rompus au
genre, d'une mollesse qui confondrait presque le rythme de l'intrigue
à une consultation en position allongée chez le psy ! Bref, de quoi
s'endormir assez rapidement si l'on n'a pas au préalable avalé ses
deux gélules d'AZINC
VITALITé
!
Outre les visages parfaitement reconnaissables là encore pour les
plus anciens de Bradford Dillman, de Lynda Day George ou de Wilfrid
Hyde-White que les téléphages amateurs de séries policières
américaines connaissent bien pour l'avoir notamment vu au générique
de deux épisodes de la série Columbo,
le plus remarquable reste probablement la présence de l'acteur
français Louis Jourdan, alors ''exilé'' aux Etats-Unis depuis 1946
et qui incarne ici le rôle du Docteur David Sorrell. Bien que le
surnaturel s'invite au voyage, que le découpage se montre plutôt
dynamique et les éclairages expressionnistes (courtes focales,
caméras inclinées), que la bande musicale de Billy Goldenberg
rappelle celles qu'allaient signer Jerry Goldsmith pour La
malédiction,
Lalo Schifrin pour Amityville
ou encore Rick Wilkins pour The
Changeling,
la déception est grande. Ce qui n'empêchera pourtant pas Robert
Day de prendre les rênes de ce qui devait donc être une future
série en réalisant le second téléfilm un an plus tard, intitulé
Ritual of Evil
et
toujours incarné par Louis Jourdan...
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