L'ancien comédien de théâtre Lionel
Fitzgerald (Richard Lynch), victime d'un grave trouble psychiatrique
à la suite de la perte d'une jambe et d'un bras lors d'un accident
causé par un chauffeur de taxi ivre ne fut pas le seul ''timbré''
que Ken Hutchison (David Soul) et David Starsky (Paul Michael Glaser)
eurent l'occasion de croiser durant les quatre saisons de la série
policière Starsky et Hutch.
Et parmi ces derniers se trouva une femme dont la profession
d'infirmière pouvait la laisser supposer être au dessus de tout
soupçon quant à sa véritable personnalité. Traduit sous le titre
potentiellement ironique de Quel charme !
en France, Fatal Charm (pour
charme fatal) est déjà beaucoup plus proche de l'idée que l'on
doit se faire de Diana Harmon, incarnée par l'actrice Karen
Valentine, qui dans cet épisode fait la connaissance de Starsky mais
aussi et surtout de Hutch dont elle est tout d'abord chargée de
soigner la plaie causée à l'une de ses mains après qu'il ait été
blessé lors d'une intervention policière... Diana est jolie,
attirante et Hutch tombe facilement entre ses bras. Cet épisode
montre tout d'abord combien l'indépendance du policier est pour lui
une donnée essentielle. Sans tomber dans la caricature du macho (ce
qu'il est pourtant sans doute plus ou moins) qui couche avec diverses
femmes avant de passer à la suivante, Hutch résiste à cette jeune
femme qui prend de plus en plus de place dans sa vie. S'invitant chez
lui sans y avoir été conviée. Faisant la grimace lorsqu'il semble
s'intéresser à une autre femme qu'elle. Bref, aussi
''appétissante'' et souriante que semble être Diana, la jeune femme
développe une jalousie maladive envers celui qu'elle considère déjà
comme son fiancé. Allant jusqu'à lui acheter une montre à mille
deux-cent dollars au dos de laquelle elle a fait graver la phrase ''à
toi pour toujours''...
Les cas d'obsessions amoureuses féminines ne sont pas rares puisque
le cinéma a abordé le sujet à plusieurs reprises.
Si
l'on trouve des œuvres plus ou moins connues, tel le Swimfan
de John Polson, l'un des grands classiques du genre demeure Liaison
fatale (Fatal
Attraction)
d'Adrian
Lyne en 1987. Clint Eastwood en fit même le sujet central de son
tout premier long-métrage en tant que réalisateur, Un
frisson dans la nuit
(Play Misty for Me)
en 1971. Et ça n'est pas parce que Quel charme !
est un épisode de série télévisée qu'il faut lui dénier le
droit d'activer chez le téléspectateur le même sentiment d'effroi
devant cette jeune femme totalement dérangée face à un Hutch
dépassé par les événements. Une infirmière pleine d'attention
qui progressivement montre alors son vrai visage en glissant vers la
folie et la violence la plus extrême. Plusieurs séquences
intéressantes font intervenir ce personnage lors de ses crises
répétées. À commencer par son visage, fermé, lorsque Hutch danse
avec une vieille amie. Puis intervient la scène durant laquelle
Karen dévaste entièrement la demeure du policier. Sans compter
l'agression que subit Linda, l'une des collègues féminines de nos
deux policiers. Jusqu'à cette séquence finale et inévitable où
l'infirmière s'en prend directement à celui qu'elle prétend
aimer... La particularité de cet épisode est de n'être pas
exclusivement concentré sur une enquête policière menée par
Hutch, son compagnon Starsky et par Linda, justement, qui se fait ici
passer pour une jeune prostituée. Très vite, l'enquête en question
passe au second plan même si à diverses occasions le script de Jeff
Kanter la fait malgré tout évoluer jusqu'à sa résolution.
Tournant alors principalement autour du duo formé ici par David Soul
et Karen Valentine, cet épisode réalisé par Earl
Bellamy vire quasiment à l'épouvante à chaque intervention de la
jeune femme. Un épisode que l'on rangera donc aux côtés de
Quadrature
ou de l'excellent Vampirisme
dans
lequel un professeur de danse se prenait pour un... vampire !



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