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dimanche 1 août 2021

100% bio de Fabien Onteniente (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Il y a autant de chance que 100% bio soit LA comédie de l'année que de retomber sur ses pieds après avoir sauté du toit d'un immeuble de quinze étages. Fabien Onteniente est l'enfant (pas)terrible du cinéma français. L'une de ces erreurs dont on se demande comment il peut encore être à la tête d'un long-métrage, que celui-ci soit prévu pour un passage en salle ou sur le petit écran (ici, en l'occurrence, la plate-forme Salto). Un réalisateur que l'on rangera sur la même étagère qu'un David Charhon, ce tâcheron qui tout dernièrement nous a infligé Le dernier Mercenaire. Une comédie (pas drôle) d'action (molle) absolument indigeste. Et pour le coup, là, LE plus gros raté du cinéma français de l'année. Imaginez : un film pire que Les Municipaux, trop, c'est trop des Chevaliers du Fiel et Brillantissime de Michèle Laroque réunis ! Mais nous ne sommes pas là pour évoquer la pathétique carrière de David Charhon (allez, juste pour le plaisir, il fut également l'auteur de Cyprien en 2008 et Les naufragés en 2015), mais plutôt le dernier méfait de Fabien Onteniente. Un sacré numéro que cet ancien secrétaire adjoint de la SACD qui aurait mieux fait de conserver son ancien emploi plutôt que de se lancer dans une carrière de réalisateur au cinéma. Vous êtes bien assis ? Alors, Fabien Onteniente fut en outre, l'auteur de : Jet Set en 1999, de 3 Zéros en 2001, de Disco en 2008 ou du nullissime All Inclusive il y a deux ans. Il est même l'auteur de la franchise Camping dont le quatrième volet ne semble, Dieu merci, pas prêt de sortir en salle...


Après une filmographie exemplaire consistant à demeurer sur la même ligne du mauvais goût, il n(y avait pas de raison pour que 100% bio change quoi que ce soit à la carrière du réalisateur. Alors, pourquoi se donner la peine de le regarder si l'on est déjà convaincu que le résultat sera à la hauteur du reste ? Peut-être pour la présence de Didier Bourdon même si l'on a beaucoup de mal à croire qu'il pourrait retrouver ici la grâce de l'époque des Inconnus. Première mauvaise nouvelle : le rôle qu'interprète Didier Bourdon était à l'origine prévu pour Christian Clavier. Et apprendre qu'un film devait être à l'origine principalement interprété par l'ancien du Splendid est plutôt mauvais signe. Car il faut voir l'enchaînement de navets que le pauvre Clavier se traîne derrière lui comme une batterie de casseroles. Deuxième mauvaise nouvelle : Josiane Balasko y était également prévue mais à sa place, on se coltine Catherine Jacob. Pas mauvaise cette dernière, mais à choisir... Troisième mauvaise nouvelle : 100% bio qui au départ devait être prévu pour le grand écran devra finalement se satisfaire du petit. Encore un mauvais signe. À la musique, le compositeur Jean-Yves d'Angelo. L'auteur des partitions de San-Antonio de Frédéric Auburtin (un navet!), de Trésor de Claude Berri (un autre navet!), et des trois volets de la franchise Camping (un, deux, trois... navets!!!). Dès les premières secondes, on a le désagréable sentiment que ça va pas le faire. Musique impersonnelle entendue mille fois ailleurs, on compte alors sur le talent de Didier Bourdon pour nous offrir une comédie bien dans l'air du temps puisque reposant sur l'opposition entre le propriétaire d'une charcuterie, Gabi Moreno (en l'occurrence Didier Bourdon) et le compagnon de sa fille Marie, Thomas Dubreuil (l'acteur Nicolas Bridet) qui lui, est végan...


Bon ben j'dois vieillir parce qu'après avoir scrupuleusement avancé l'hypothèse que le visionnage de 100% bio allait s'avérer éprouvant, je dois avouer que le téléfilm de Fabien Onteniente n'est pas du tout désagréable à regarder. Pas un chef-d’œuvre, faut quand même pas pousser, mais une gentille petite comédie situant son action dans le pays basque. Faut pas cracher dans la soupe, surtout lorsqu'elle réussi à faire sourire, chose finalement assez rare chez nous depuis quelques années pour pouvoir le souligner. Surtout que le film du réalisateur en prend plein la gueule sur les sites dédiés au cinéma. Oui 100% bio est sous certains aspects caricatural. Mais l'a-t-on reproché à L'enquête Corse d’Alain Berbérian à l'époque de sa sortie ? Bien moins me semble-t-il. Et puis, les interprètes font le taf. Didier Bourdon en vieux bougon, Lolita Chammah dans le rôle de sa fille Marie, Nicolas Bridet en ''beau-fils'' végan qui aimerait se faire apprécier de son ''beau-père'', Olivier Barthélémy en frère joueur de rugby homosexuel et puis, Catherine Jacob qui au fond, rempli parfaitement son rôle d'Hortensia. La sœur du charcutier Gabi, laquelle déteste le stress et est régulièrement victime de crises de narcolepsie. C'est léger, frais, et même touchant à la fin, pas transcendant mais l'on ne s'ennuie pas. Au final 100% bio est une petite comédie beaucoup plus honnête que certains voudraient nous le faire croire...

 

mardi 23 avril 2019

Les tueurs qui inspirent la télévision: Henri Désiré Landru - Désiré Landru de Pierre Boutron (2005)



Alors que le terme est apparu dans le courant des années soixante-dix et qu'il a été prononcé pour la première fois durant le procès du célèbre tueur en série américain Ted Bundy, le serial killer est un type de tueur qui existe depuis la nuit des temps. Considéré en tant que tel dès lors qu'il a commis au moins trois meurtres, celui que l'on surnommait le '' Barbe-Bleue de Gambais'' peut donc être considéré comme faisant partie intégrante de la longue liste des serial killer, ici, Made in France. Si les plus jeunes n'en n'ont peut-être jamais entendu parler, ou du moins, s'il demeure pour les dernières générations, moins célèbre qu'un Guy Georges, Michel Fourniret, Francis Heaulme ou Thierry Paulin, l'arrestation de Henri Désiré Landru le jour de ses cinquante ans le 12 avril 1919, révéla au grand jour la méthode particulièrement effroyable qu'il mit en pratique afin d'escroquer des victimes, toutes féminines, qu'il trompa en les séduisant et en les tuant, faisant disparaître leur corps dans les cuisinières de deux villas qu'il louait à Vernouillet et Gambais. Au total, il fut reconnut coupable de onze meurtres. La première victime Jeanne Cuchet disparu en février 1915 (la date précise demeurant difficile à définir), la dernière, le 13 janvier 1919 s'appelait Marie-Thérèse Marchadier. Henri désiré Landru fut condamné à la peine capitale et guillotiné le 25 février 1922 à l'âge de 52 ans...

Alors que le cinéaste Claude Chabrol se pencha sur le cas de Landru dans son film éponyme de 1963 (dans lequel le rôle-titre était tenu par l'acteur Charles Denner, lequel incarnera (ironiquement) quatorze ans plus tard le rôle principal du long-métrage de François Truffaut, L'Homme qui aimait les Femmes), quarante-deux ans plus tard, c'est au tour de l'acteur et réalisateur Pierre Boutron (déjà auteur d'une Affaire Dominici deux ans auparavant elle-même tirée d'un fait divers réel) qui s'intéresse au cas de cet individu issu d'une famille modeste, connu par les autorités pour ses escroqueries, qui découche très régulièrement, et qui, alors que la première guerre mondiale a délesté les rues de ses hommes partis au front, va en profiter pour gagner sa vie en commentant des actes d'une incroyable monstruosité. Quatre décennies après Charles Denner, c'est au tour de Patrick Timsit d'incarner à l'écran ce séducteur qui fait tomber dans ses filets des femmes plus ou moins jeunes, généralement seules, mais qui toutes possèdent une grande somme d'argent.

Difficile de succéder à l'immense Claude Chabrol, et pourtant, ce Désiré Landru réalisé par Pierre Boutron est relativement convaincant. Le téléfilm tire surtout sa force de l'interprétation de l'acteur-humoriste qui imprime à son personnage un caractère froid, surtout, mais aussi, osons le dire, également attachant. Car il y a dans cette série d'effroyables méfaits accomplis par un individu sans scrupules, quelque chose d’éminemment touchant. On ne parle bien évidemment pas des meurtres et de la façon dont leur auteur se débarrasse des corps, mais des rapports qu'il entretient avec la jeune et jolie Rolande (interprétée par l'actrice Julie Delarme), la seule qui semble trouver grâce à ses yeux. Le réalisateur fait malheureusement l'impasse sur le processus d'enquête ayant mené à l'arrestation du tueur, ou du moins, l'élude-t-il de manière un peu trop radicale. Pierre Boutron s'attache effectivement plus au personnage de Landru qu'à l'enquête ou aux victimes. Si dans un premier temps découvrir Patrick Timsit grimé en Landru peut s'avérer déstabilisant (il faut reconnaître que son maquillage n'est pas toujours des plus convaincant), l'acteur assume totalement son interprétation. Froid comme la mort, manipulateur, insensible, et monstrueux, il incarne très justement l'un des tueurs en série les plus célèbres de France. Pour l'accompagner, l'actrice Catherine Arditi dans le rôle de Marie-Catherine, son épouse, ou encore Danièle Lebrun, Catherine jacob et Babsie Steger dans ceux de quelques-unes de ses victimes...
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