Mots-clés

Affichage des articles dont le libellé est Michel Vuillermoz. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Michel Vuillermoz. Afficher tous les articles

dimanche 17 octobre 2021

Une affaire française de Jérémie Guez et Alexandre Smia (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parmi la longue, très longue liste d'affaires criminelles mettant en scène des assassins et autres meurtriers, nombreuses sont celles qui connurent les ''honneurs'' d'un reportage, d'un documentaire ou d'une adaptation cinématographique ou télévisuelle. De Landru en passant par Mesrine, Fourniret, Paulin, Heaulmes, certains médias ont (in)volontairement transformé ces monstres en icônes de la Mort. Des êtres qui en même temps fascinent et révulsent. L'affaire Grégory Vuillemin a ceci de particulier qu'aucun véritable coupable n'a été mis derrière les barreaux. Depuis deux jours, cela fait trente-sept ans que ce gamin de quatre ans a été retrouvé pieds et mains liés dans la Vologne, une rivière située dans les Vosges, à plusieurs kilomètres du domicile de ses parents Christine et Jean-Marie Vuillemin qui vivaient à cette époque à sept kilomètres du lieu où fut découvert le corps de Gregory, Lépanges-sur-Vologne. Depuis, on connaît tous le sort qu'a accordé le père de famille à son cousin Bernard Laroche. Un temps soupçonné d'avoir été l'un des corbeaux qui harcelaient une grande partie des familles Jacob et Vuillemin avant d'être purement et simplement accusé d'avoir tué l'enfant, Bernard Laroche sera assassiné à son tour par Jean-Marie Vuillemin d'un coup de fusil. Une affaire française revient sur ces événements et bien d'autres sans pour autant s'éterniser jusqu'aux faits les plus récents. Relativement fidèle aux événements qui se sont donc produits dans le milieu des années quatre-vingt, la mini-série en six partie créée par Jérémie Guez etAlexandre Smia est exemplaire à plus d'un titre et dont le principal reste au demeurant l'excellence de son casting...


Il faut tout d'abord savoir que le journaliste Jean Ker, demeuré surtout célèbre pour avoir couvert l'affaire en son temps est assez peu représenté à l'image au profit de la journaliste Jeanne Lombardie (l'actrice Laurence Arné) qui s'avère être de pure fiction. Ce qui n'empêche pas le toujours savoureux Michel Vuilllermoz de l'incarner avec réalisme. Autre personnage fictif, le journaliste Antoine Orloff qu'incarne l'acteur Stanley Weber et avec qui va travailler en collaboration Jeanne Lombardie. Deux personnages inventés de toutes pièces qui mettent un peu d'eau dans le vin d'un métier sinon décrit comme étant l'exclusivité des charognards. Comme en témoigne notamment le personnage interprété par Michael Youn. Un Jean-Michel Bezzina à ce point si caricatural que l'on aurait pu le croire lui aussi sorti de l'esprit des créateurs de la série... Mais face à cette masse grouillante de journalistes qui semblent parfois davantage chercher l'article à sensation que la vérité se trouve un homme et son épouse, d'abord anéantis par la mort de leur enfant mais ensuite, aussi, victimes d'un juge zélé et surtout inexpérimenté qui ira jusqu'à accuser la mère du meurtre de son propre enfant. Ce juge, c'est le malheureusement célèbre Jean-Michel Lambert qui semble ne s'en être jamais remis puisqu'il mit fin à ses jours le 11 juillet 2017. à l'écran, il est incarné par Laurent Stocker qui prouve qu'il n'est pas seulement l'interprète de comédies parfois lourdingues (pour ne pas dire minables comme Les Naufragés de David ''tâcheron'' Charhon) mais s'avère capable d'interpréter la froideur d'un juge professionnellement immature et orgueilleux.


Pour revenir à Christine et Jean-Marie Vuillemin, ils sont tous deux brillamment interprétés par Guillaume Gouix et Blandine Bellavoir et même si physiquement on a tout d'abord du mal à reconnaître l'un et l'autre des personnalités qu'ils interprètent, le temps et leur talent fait le reste. Outre cette très alléchante liste d'interprètes, on retrouve à l'écran les ''avocats'' Gérard Jugnot et Gilbert Melki et l'infecte commissaire Jacques Corazzi qu'interprète Thierry Godard. Mais c'est surtout de Guillaume de Tonquédec dont on se souviendra au même titre que le couple d'acteurs qui interpréta les parents du petit Grégory. Dans le rôle du capitaine de Gendarmerie Étienne Sesmat il est l'un des symboles de l'échec judiciaire dont la série fait porter peu ou prou la responsabilité sur le dos du ''Petit Juge''. Si Une affaire française ne permet pas tout à fait de prendre toute la mesure de cet incroyable imbroglio judiciaire, la série permet par contre de pénétrer la vie intime des uns et des autres comme aucun documentaire n'aurait pu le permettre. Le sujet tournant autour de l'affaire du petit Grégory est si vaste qu'Une affaire française semble se terminer de manière abrupte. Une première saison qui en appelle logiquement une seconde. Oui mais voilà, ses créateurs vont-ils continuer le récit du juge Lambert, du gendarme Sesmat, des familles Vuillemin, Jacob et Laroche et des dizaines de journalistes qui gravitèrent autour d'eux ou la seconde saison abordera-t-elle un tout autre sujet ? Et bien d'après le créateur et scénariste Jérémie Guez, celle-ci se penchera sur une autre affaire criminelle française...


 

jeudi 21 janvier 2021

OVNI(S) de Clémence Dargent et Martin Douaire (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 



France, 1978. Alors que l'ingénieur spatial Didier Mathure (l'acteur Melvil Poupaud) concrétise enfin son rêve de plusieurs années lors du lancement d'une fusée, celle-ci explose quelques secondes à peine après son envol. Divorcé d’Élise (Géraldine Pailhas) et père de deux enfants (interprétés par Capucine Valmary et Alessandro Mancuso), le directeur du CNES (Centre national d'études spatiales situé à Toulouse) Bernard Marsaudon (excellent Laurent Poitrenaux) le charge d'enquêter sur le GEPAN (Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non-identifiés) avec pour but ultime de décrédibiliser ses membres et ainsi de fermer ses locaux. Didier est surtout CONTRAINT par son supérieur qui semble surtout vouloir faire d'une pierre deux coups. Faire fermer les portes du GEPAN et se débarrasser de l'ingénieur. Pour l'instant, le GEPAN (qui deviendra dès 2005 le GEIPAN avec un I pour Groupe d'études et d'information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) ressemble à une petite structure tenue par quatre individus seulement. Alors que le responsable du projet semble s'être volatilisé, seuls restent à étudier des centaines de témoignages d'OVNIS, l'enquêteur Marcel (Michel Vuillermoz), l'informaticien statisticien bénévole Rémy (Quentin Dolmaire) ainsi que la standardiste Véra (Daphne Patakia). Si dans un premier temps Didier se démène pour déconstruire les éventuelles ''preuves'' d'une existence extraterrestre, un cas très particulier va le mener à douter de la supercherie. De plus, l'ingénieur s'attache peu à peu à ses trois nouveaux collègues qui malgré leur désorganisation s'avèrent très impliqués dans les projets du GEPAN...


OVNI(S), ça peut tout aussi bien être le titre de cette série créée par Clémence Dargent et Martin Douaire qu'une manière de définir cet objet filmique PRESQUE non identifié qui ravira non seulement les amateurs de petits hommes verts, de soucoupes volantes ou de science-fiction, mais aussi ceux qui regrettent l'époque bénie des téléphones fixes oranges, des tapisseries vintages, de l'Alpine A110 ou de la Citroën DS familiale.OVNI(S), c'est tout un univers concentré dans une série en 12 épisodes arborant eux-même un aspect vintage du meilleur goût. Il ne faudra pas longtemps aux plus anciens pour se remémorer certains aspects de cette période, mais ce sera surtout l'occasion de faire pour les non-initiés, la connaissance avec cette drôle d'entité qu'est le GEPAN et l'acharnement avec lequel certains ont tenté de décrédibiliser ses membres et par là même, ce qui s'avérait encore être à l'époque, un micro-structure. Il ne faudra pas se laisser piéger par certaines descriptions qui sont faites de la série. ''Humoristique'' ici ne veut absolument pas dire qu'il faut s'attendre à des rires en boite diffusés en arrière-plan ni que les personnages et les différentes enquêtes sont un prétexte à se moquer de l'image d'un groupe voué à une cause relativement noble. Si OVNI(S) amuse parfois, sont intérêt est ailleurs. Comme si les archives d'un organisme secret étaient enfin mises à disposition du public. Pourtant, la série ne dédaigne pas ce ton humoristique de toile de fond qui suit de près ses personnages. Comme cette évocation d'une secte officiellement dirigée par un ersatz bien moins charismatique que le gourou Raël mais derrière lequel se cache d'énigmatiques individus parmi lesquels on découvre notamment Le Commandant Delbrosse de la sécurité militaire, l'occasion de retrouver l'actrice Nicole Garcia...


Si l'atmosphère des années soixante-dix est particulièrement bien retranscrite, c'est peut-être aussi grâce à l'ambiance sonore et notamment celle apportée par les compositions analogiques du musicien français Thylacine (pseudo derrière lequel se cache William Rezé). À noter l'ajout de quelques airs qui donneront quelques frissons de nostalgie aux plus anciens. Tel celui composé par Michel Colombier (accompagné des dessins de Jean-Michel Folon) et qui ouvrait et mettait un terme aux programmes d'Antenne 2 dans les années soixante-dix. Présent également, un extrait de la bande-originale de Coup de Tête de Jean-Jacques Annaud composé par Pierre Bachelet qui sortirait pourtant un an après les événements relatés dans la série. Anachronisme ? OVNI(S) est original, amusant, intriguant, ''spectaculaire'', désuet, mais aussi charmant. Un mélange entre faits authentiques et pure imagination. Une vraie bonne surprise...


Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...