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dimanche 2 décembre 2018

Origin de Paul W.S. Anderson (en collaboration avec d'autres cinéastes) (2018) - ★★★★★★★☆☆☆





Après Netflix,puis Amazon (avec Amazon Prime), c'est au tour de Youtube, le plus célèbre site web d'hébergement de vidéos, de proposer ses propres créations sous l’appellation Youtube Originals sur sa nouvelle plate-forme Youtube Premium. Ce programme propose depuis le tout début de l'année 2016 des séries et des films mais les premiers balbutiements ne se font en réalité ressentir chez nous que depuis quelques mois seulement. Proposés dès le 14 novembre dernier dans leur intégralité, certains épisodes de la série de science-fiction Origin sont proposés gratuitement afin de la faire découvrir à celles et ceux qui hésiteraient encore à débourser un peu moins de 10 euros afin de s'inscrire à Youtube Premium. Au premier abord, voir débarquer Youtube dans la sphère des sites proposant du contenu vidéo moyennant une petite rétribution financière a de quoi interroger le client éventuel qui avait jusque là pour habitude de n'y voir que des vidéos mises à disposition par ses propres utilisateurs. Le principe n'étant pas plus stupide que d'y voir s'y engouffrer Amazon, pourquoi pas. Malheureusement, ce qui coince au départ, c'est le nom de Paul W. S. Anderson, lequel est rattaché à une filmographie carrément immonde puisque essentiellement constituée de très mauvais films (le cinéaste a en effet notamment commis la série des Resident Evil, ainsi que les longs-métrages Mortal Combat et Alien vs Predator).
Auteur des premiers épisodes de cette nouvelle série de science-fiction donnant son nom au gigantesque vaisseau en partance pour la planète Théa, la présence de Paul W. S. Anderson au générique n'engage au départ, rien de bon. Lorsque l'on connaît le bonhomme, et surtout son œuvre, il est facile de supposer que Origin ne sera rien d'autre qu'une médiocre série de science-fiction à peine digne de celles proposées par la chaîne Syfy.


Ce que semble d'ailleurs évoquer le premier épisode intitulé The Road not Taken, lequel jette une dizaine d'individus au beau milieu des coursives de l'un des dix anneaux du vaisseau Origin transportant des colons à destination de la planète Théa. C'est qu'il ne s'y passe pas grand chose dans cet épisode. Les interprètes semblent pour la plupart du temps y attendre qu'on leur confie leur texte. De plus, lorsque surviennent les premières séquences horrifiques (la série mêle en effet l'épouvante et l'horreur à la science-fiction), le tout est mené sans la moindre finesse, un peu à la manière habituelle de Paul W.S. Anderson. Donc rien d'inhabituel. Sauf qu'entre ce premier épisode et les neuf qui suivront derrière, le spectateur aura tout le loisir de constater que Origins vaut bien mieux que la plupart des séries estampillées Syfy. La série, dont la réalisation des divers épisodes a également été confiée aux cinéastes Mark Brozel, Ashley Way, Juan Carlos Medina et Jonathan Teplitzky, révèle parfois, mais pas systématiquement, un appétissant contenu. Le changement perpétuel d'auteur se ressent d'ailleurs beaucoup durant une bonne moitié de chacun d'entre eux puisque certains épisodes sont un peu moins convaincants que d'autres. Un détail qui a son importance mais que l'on mettra cependant sur le compte des auteurs des divers scénarii, Mika Watkins, Melissa Iqbal, Joe Murtagh, Jack Lothian et Jon Harbottle.


Ne possédant pas de réelle incarnation se détachant véritablement des autres personnages, Origin offre à chaque interprète une même importance, et surtout, une profondeur et une caractérisation identiques renforcées par des flash-back donnant beaucoup de corps à chacun d'entre eux. La série fait la part belle à la mixité des origines de ses interprètes et donc, de ses personnages puisque l'on y croise notamment les britanniques Natalia Tena et Tom Felton, ainsi que la française Nora Arnezeder ou le japonais Sen Mitsuji. Se situant en partie dans le vaisseau, mais également sur une Terre futuriste à l'allure sensiblement dystopique, Origin possède une architecture généralement froide mais à laquelle on finit par s'accoutumer. Les interprètes sont tous convaincants, sans aucune exception, et le récit, qui mêle des intrigues pourtant déjà vues ailleurs, maintient un rythme suffisamment soutenu pour que le spectateur reste accroché jusqu'au dernier épisode. Les fans d'Alien, le Huitième Passager, de Passengers, de The Thing ou de toute autre production mêlant science-fiction et horreur seront conquis. Il est rare que l'on s’ennuie même si certains passages se révèlent parfois trop lents. On regrettera également la surenchère en matière de Jump Scares qui se comptent par dizaines et dont l'effet recherché, de part leur multiplicité, s'annulent. A part cela, Origins demeure une agréable surprise et laisse présager du meilleur quant à l'avenir de Youtube Originals...

mardi 6 novembre 2018

The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear de Konishi Mitio (1989) - ★★★★★★★☆☆☆



Un flic meurt dans l'exercice de ses fonctions pour être ensuite ressuscité sous la forme d'un robot. Ça ne vous dit rien ? Robocop de Paul Verhoeven bien entendu. Mais en fait, non. Dans le cas qui nous préoccupe ici, il ne s'agit pas du célèbre film de science-fiction du cinéaste néerlandais mais de la série télé japonaise Kidō Keiji Jiban du genre Tokutsu Satsuei, qui signifie effets spéciaux. Jiban est un personnage du type Metal hero, genre bien connu chez nous puisqu'il fit le bonheur des jeunes téléspectateurs dans les années 80/90 avec des séries du type X-Or, Spectreman, ou encore Bioman. Jiban est le nom du héros de cette série constituée de 52 épisodes et d'un mini film d'un peu moins d'une demi-heure, un robot sous lequel se cache le policier Naoto Tamura, tué alors qu'il tentait de protéger le professeur Kenzo Igarashi. Celui-là même qui va le ramener à la vie.

Comme dans toute bonne série japonaise du genre, le héros est spécifiquement chargé de protéger la veuve et l'orphelin face à une armée de créatures commandées par le tyrannique Dr. Gibar, un individu dont le projet est de conquérir notre planète. Si l'écriture n'a rien d'originale (c'est un peu toujours la même histoire que nous content les Metal Hero), on ne peut pas dire que les créateurs de cette série aient été avares en matière d'effets-spéciaux et de scènes d'action. Contrairement à certaines séries, les monstres invoqués par le Dr. Gibar sont relativement réussis et surtout, très originaux. Dans l'épisode The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear qui constitue en réalité un moyen-métrage d'une durée relativement courte, Jiban (qui possède la faculté de reprendre sa forme humaine) combat donc les sbires de l'infâme Gibar, lesquels ont enlevé plusieurs enfants afin que leur maître puisse expérimenter sur eux ainsi que sur diverses espèces animales (chevaux, chien, chats, etc...) des hybridations afin de créer les pires monstres possibles.

Jiban n'agit pas véritablement seul puisqu'il peu compter sur le soutien de Yoko Katagiri qui est la co-équipière de notre héros sous sa forme humaine, Naoto Tamura. La seule différence entre ce mini-film est la série à proprement parler demeure dans le format de l'image. Pour le reste, c'est du classique. Des combats plus ou moins réussis entre Jiban, sa co-équipière et leurs ennemis qui à la manière d'un San Ku Kaï apparaissent par vague, entourant ce que l'on pourrait définir comme l'équivalent des boss dans les jeux vidéos. Beaucoup de combats, et quelques chansons qui viennent agrémenter une action quasi-incessante sous la forme de karaokés (les paroles s'affichent effectivement dans la partie supérieure droite de l'écran). The Mobile Cop Jiban - Great Explosion at the Monster Factory of Fear est une très bonne surprise et vaut au moins autant que les quelques séries cultes du genre qui ont passé à l'époque la frontière française. Sur les 52 épisodes que compte la série, seule la moitié fut diffusée sur la première chaîne nationale française à partir du 29 août 1990. Certains sites français comme Tokausatsu-Fansub.fr proposent en téléchargement plusieurs de ces séries japonaises dont ce mini-film justement...

jeudi 25 octobre 2018

CoinCoin et les Z'Inhumains de Bruno Dumont (2018) - ★★★★★★★☆☆☆




Quatre ans après P'tit Quinquin, le réalisateur et scénariste français Bruno Dumont revient pour la troisième fois sur le petit écran (il a réalisé entre temps la mini-série musicale Jeannette l'année dernière) avec CoinCoin et les Z'Inhumains, suite des aventures de Quinquin, qui, comme on l'aura compris, a changé de prénom. L'histoire elle aussi est différente. Désormais, il n'est plus question de femme démembrée découverte dans la carcasse d'une vache mais de flaques de... mazout (?)... tombant mystérieusement du ciel. Une étrange substance que la police scientifique définie très rapidement comme n'étant pas d'origine humaine. Pour le commissaire Roger Van der Weyden et l'inspecteur Rudy Carpentier, c'est l'occasion de replonger dans une affaire pleine de mystère, au cœur d'une civilisation exhibée une nouvelle fois au grand jour par un Bruno Dumont qui offre un temps de parole de presque quatre heures à des interprètes amateurs piochés dans la région à laquelle le cinéaste rend hommage.
Que dire de CoinCoin et les Z'Inhumains si ce n'est que ceux qui apprécièrent la première saison ne seront pas dépaysés ? En effet, les quatre années qui séparent les deux saisons ne furent visiblement pas l'occasion pour leurs interprètes d'apprendre le métier d'acteur. C'est toujours aussi approximatif et mal joué, mais bizarrement, c'est cette manière peu convaincante qu'ont les interprètes de jouer leur rôle qui participe à l'attachement de personnages qui autrement, seraient sans doute passés inaperçus.

Bon ! Autant le préciser tout de suite, l'enquête que va mener le commissaire et son assistant (respectivement incarnés par Bernard Pruvost et Philippe Jore) n'est qu'un prétexte qui n'aboutira sur rien de concret. En effet, se terminant sur une queue de poisson, mieux vaut que soient prévenus les fans des Experts qui voudraient se changer les idées devant une série qui offre une vision diamétralement différente du métier d'enquêteur. Ici, tout est prétexte à voir déambuler des interprètes que certains considéreront peut-être eux-mêmes comme des individus d'une autre planète. S'exprimant dans un patois pas toujours évident à déchiffrer (l'acteur incarnant à lui seul la police scientifique en étant un bon exemple), Pruvost, Jore et même Alane Delhaye qui réinterprète quatre ans plus tard le rôle de Quinquin/Coin Coin conservent ce que d'aucun jugera de curiosité avec ce semblant de moquerie qu'une minorité d'entre nous (je l'espère) ne pourra s'empêcher d'exprimer.

Car CoinCoin et les Z'Inhumains, c'est avant tout la représentation d'un monde agricole et paysan s'exprimant avec ses propres codes. Une voiture se nomme là-bas, une carette (à ce propos, sachez qu'un logiciel comme Open Office demeure incapable d'identifier ce terme en tant que tel) et un excrément, du brun. Pas besoin d'avoir fait de grandes études pour faire le rapprochement, et donc, dans l'ensemble, cette seconde saison est assez facile à suivre sans décodeur. Bernard Pruvost semble avoir toujours autant de difficultés à apprendre son texte (on le voit porter une oreillette dans laquelle le réalisateur lui récite son texte) et ses tics paraissent avoir pris de l'ampleur. Se détachent de l'intrigue quelques interprètes au rang desquels, Alane Delhaye bien évidemment, ainsi que son comparse Julien Bodard, dit « L'Gros ». Le personnage incarné par Philippe Jore encaisse les remarques incessantes de son supérieur tandis qu'il lui fait payer en faisant du « »deux roues » avec le véhicule de service.

C'est tout un village qui participe avec plus ou moins de conviction, de bonheur et de talent à ce que j'oserais considérer comme pas moins que la cinquième adaptation du roman de Jack finney sorti chez nous sous le titre Graines d’Épouvante, un classique de la science-fiction qui donna naissance à au moins deux chefs-d’œuvre au cinéma : L'Invasion des profanateurs de sépultures de Don Siegel en 1955 et L'Invasion des profanateurs de Philip Kaufman en 1978. Si l'on devait faire ne serait-ce qu'un reproche à cette seconde saison, c'est la tendance qu'à l'intrigue à tourner en rond. Fort heureusement, le quatrième et dernier (et meilleur) épisode de cette mini-série constituée de quatre parties étant identifiées chacune sous un titre différent relève très largement le niveau. En espérant revoir un jour ces personnages auxquels on finit forcément par s'attacher... Un parti-pris osé de la part de Bruno Dumont mais dont le premier épisode, a à lui seul attiré plus d'un million de téléspectateurs...

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