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dimanche 21 novembre 2021

Freddy de Place Paco (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Légendaire réalisateur de La Résidence (La Residencia) en 1969 ou des Révoltés de l'an 2000 (¿Quién puede matar a un niño?) en 1976, le cinéaste uruguayen Narciso Ibáñez Serrador fut notamment à l'origine de la série anthologie Historias para no dormir, œuvre de télévision espagnole ayant débuté en 1966 pour se conclure seize ans plus tard en 1982. près de quarante ans plus tard, quatre épisodes sont conçus afin de rendre hommage à Narciso Ibáñez Serrador. Produits par la société de production Prointel et par Amazon Prime Video et chaque segment ayant été mis en scène par un réalisateur différent, Freddy est l’œuvre de Place Paco. D'une durée avoisinant l'heure, il met en scène avec brio le personnage d'André (l'acteur Miki Esparbé), acteur raté qui risque de se retrouver au chômage après sa lamentable interprétation dans un tout nouveau projet cinématographique. Un film dans lequel il tient le rôle d'un ventriloque. Sur les conseils du réalisateur Chicho, André accepte de prendre possession d'une toute nouvelle poupée. D'un genre un peu spécial puisqu'elle semble dotée d'une vie propre. D'une autonomie qui vont conférer à son nouveau propriétaire un tempérament bien éloigné de celui qui le caractérisait jusqu'ici. Dès la première ''collaboration'' entre l'acteur ventriloque et sa poupée sur le plateau de tournage, le miracle a lieu. Non seulement André se montre extraordinairement talentueux, mais il conquiert enfin ceux qui jusqu'ici le dénigraient. Mais cette nouvelle relation entre l'acteur et sa poupée ne va pas s'avérer être sans heurts...

 

Les histoires de poupées maléfiques sont légions. Celles qui s'intéressent aux rapports entre un ventriloque et la sienne sont déjà plus rares. Parmi elles, nous retiendront le segment The Ventriloquist's Dummy du film à sketchs entre autre réalisé par le brésilien Alberto Cavalcanti Au cœur de la nuit (Dead of Night) en 1945, l'épisode La marionnette de la série La quatrième dimension réalisé par Abner Biberman en 1962, La poupée diabolique signée de Lindsay Shonteff en 1964 ou encore Magic de Richard Attenborough qui quant à lui est sorti en 1978. 2021 voit donc non seulement le retour de l'anthologie Historias para no dormir mais aussi celui des poupées diaboliques. Si l'épisode réalisé par Alberto Cavalcanti s'intitule Freddy, il ne faudra pas y chercher un quelconque rapport avec le plus célèbre des grands brûlés et l'un des boogeymen parmi les plus terrifiants. À dire vrai, le choix du titre s'avère curieux puisque le Freddy en question n'apparaît à aucun moment dans l'histoire et ne se justifie qu'à travers la succession d'événements qui vont se produire à l'image. L'épisode prend donc pour cadre un plateau de tournage, avec ses différents techniciens, mais c'est bien le personnage d'André et donc Miki Esparbé qui tient la vedette. Sans doute quelque peu effacé par l'angoissante présence de cette poupée qui nous présentée de manière à ce que l'on comprenne très rapidement qu'elle va agir en tant que catalyseur un brin ''démoniaque'' à la faveur d'un acteur qui jusqu'ici s'avérait médiocre. 

 

Accompagné à l'image par Adriana Torrebejano, Maru Valdivielso et Carlos Santos (qui interprète le rôle de Chicho, celui-là même qui mettra la poupée entre les mains d'André), Miki Esparbé excelle dans le rôle de ce personnage au tempérament superflu qui peu à peu va changer de comportement et même devenir tributaire d'une poupée au demeurant inquiétante. Des yeux immenses qui de surcroît brillent dans l'obscurité (bon courage pour parvenir à fermer l’œil) et langage de charretier qui fait tout le ''charme'' de cette poupée en bois obsédée par la ''fesse''. D'une facture parfois on ne peut plus classique, Freddy nous emmène cependant là où on ne l'attendait pas forcément. Des meurtres plus ou moins sanglants et surtout, un final étonnant. Une excellente surprise et un retour en triomphe pour cet hommage rendu à Historias para no dormir...

 

vendredi 19 novembre 2021

Les envoûtés (The Possessed) de Jerry Thorpe (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les envoûtés (dont le titre original est The Possessed et n'a donc rien à voir avec Les envoutés/The Believers réalisé dix ans plus tard par John Schlesinger) marche sur les traces de L'exorciste que le réalisateur William Friedkin nous asséna quatre ans auparavant. Les comparaisons sont si évidentes que l’œuvre télévisuelle de Jerry Thorpe apparaît plus comme un plagiat que comme une réelle alternative au monument de l'effroi que représenta en 1973 L'exorciste. Beaucoup de cinéastes se sont essayés avant et après au genre ''diabolique'' en passant par des approches bien différentes. En 1968, Rosemary's Baby de Roman Polanski distillait un véritable climat de paranoïa avec le viol de son héroïne par Satan lui-même et l'arrivée prochaine et supposée de son engeance. En 1976, le jeune Damien était lui-même la réincarnation du Diable dans le classique La malédiction de Richard Donner. Quant à Stuart Rosenberg, il devait mettre en scène quatre ans plus tard un autre classique du genre avec Amityville, la maison du diable dans lequel une famille était directement aux prises avec le Malin. Face à ces références inaltérables mais surtout, en comparaison du film qu'il pille sans vergogne, Les envoûtés aura bien du mal à faire l'unanimité. L'intrigue se déroule dans un collège pour jeunes filles. C'est là que de curieux événements vont se produire. En effet, le feu s'y déclare à plusieurs reprises et apparemment sans raison valable. Ou du moins sans aucune logique. Des rideaux prennent feu. Une étudiante également. Mais le pire survient lorsque l'un des professeurs, Paul Winjam (Harrison Ford qui la même année tiendra son premier vrai grand rôle au cinéma avec Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir), se transforme en torche humaine et meurt de ses blessures...


L'une des étudiantes est rapidement soupçonnée d'en être la cause en la personne de Weezie Sumner qu'interprète l'actrice Ann Dusenberry. L'adolescente a beau arborer un joli minois, la pauvre ne fait malheureusement pas le poids face à une Linda Blair sur laquelle William Friedkin misa tous ses atouts quatre ans auparavant. Notons également la présence de Diana Scarwid, visible la même année dans l'un des épisodes de la célèbre série télévisée policière américaine Starsky et Hutch et ici dans la peau de l'insupportable pleureuse de service, la jeune Lane qui tout comme Linda Blair/Regan ira séjourner à l’hôpital sans pour autant porter sur elle le moindre stigmate diabolique. Mais la présence d'Ann Dusenberry dans la peau de la jeune héroïne supposée possédée (ou envoûtée comme le veut le titre français) demeure encore ce qu'il y a de moins ressemblant avec le film de William Friedkin. Non, les rapports qu'entretient Les envoûtés avec L'exorciste sont ailleurs. Et même, il faut le dire, ceux-ci sont en nombre important. En effet, tout comme dans le chef-d’œuvre de William Friedkin, l'intrigue confronte les événements au père Kevin Leahy (l'acteur James Farentino) qui par extension et par obligation va se fondre dans la peau d'un exorciste. Mais là encore, pas de quoi se pâmer. Malgré tout le talent qu'on lui connaît, James Farentino n'a ici ni le niveau de Jason Miller, ni celui de Max Von Sydow. Il faut dire que la mise en scène et le scénario sont si plats qu'il paraissait difficile de faire des miracles.


Même lorsque Jerry Thorpe a l'outrecuidance de pomper honteusement quelques-unes des séquences emblématiques de L'exorciste pour n'en produire que de mièvres avatars sans saveurs. Comment, en effet, ne pas se référer au long-métrage de William Friedkin lorsque Louise Gelson (Joan Hackett) montre enfin son vrai visage lors des derniers instants. Le teint blême, les lèvres bleues et le rire démoniaque, celle-ci ne se met-elle pas à vomir au visage du père Kevin Leahy ? Mieux : quelques instants plus tard, une fois le Mal ayant choisi de se transférer dans le corps du prêtre, celui-ci ne se suicide-t-il pas en se jetant dans l'eau d'une... piscine ?!? Ouais, ben, heu, l'idée est stupide mais bon, ça fait quand même moins mal que de traverser une fenêtre pour choir tout en bas d'un très grand escalier ! Hum ? La comparaison entre les deux œuvres est sinon pitoyable, du moins amusante, l'une ne faisant très clairement pas le poids face à la seconde. Un téléfilm mollement réalisé et pas ou très, très, très peu effrayant (la chose pourra fonctionner sur les 5/10 ans si leurs parents ne veillent pas à ce qu'ils aient le regard détourné). Bof, bof !!!

 

samedi 30 octobre 2021

In Search of Darkness de David A. Weiner (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Netflix, Amazon Prime Video, Salto, Apple TV, Disney+... les plate-formes de streaming se multiplient comme des petits pains depuis ces dernières années. L'une d'elles a choisi de ne diffuser que des programmes horrifiques. Il s'agit de Shadowz. Et parmi ses programmes, celle-ci propose le documentaire en quatre parties intitulé In Search of Darkness. Une anthologie entièrement consacrée au cinéma d'horreur des années quatre-vingt. Il est d'ailleurs impossible de se tromper sur la marchandise puisqu'elle est sous-titrée A Journey Into Iconic '80s Horror ! La première partie couvre la période située entre 1980 et 1982. Réalisé par l'ancien assistant de la direction américain David A. Weiner, In Search of Darkness a la particularité de convier à ce retour au cœur des années quatre-vingt un panel très large de témoins de cette époque. Des acteurs, dont Tom Atkins qui fut notamment l'un des principaux interprètes de The Fog ou Halloween III, Doug Bradley, le Pinhead de la franchise Hellraiser, l'actrice Lori Cardille qui fut l'héroïne féminine exclusive du troisième volet de la saga sur les zombies de George Romero Day of the Dead, les réalisateurs John Carpenter (Fog, The Thing, They Live), Larry Cohen (Q), Joe Dante -The Howling) ou Stuart Gordon (From Beyond) et bien d'autres personnages encore. Ce premier épisode est découpé en plusieurs parties. Après que les intervenants nous aient donné une liste de leurs films d'horreur préférés, le documentaire entre dans le vif du sujet. L'on apprend tout d'abord en préambule que le genre était méprisé par les grands studios et une certaine presse.


Les témoins nous expliquent alors pourquoi le public se passionne pour le cinéma d'horreur. Ce désir irrépressible de se faire peur tout en sachant que l'on ne craint rien devant son écran de télévision ou confortablement installé dans une salle de cinéma. Certains évoquent même les effets thérapeutiques que peut entraîner la vision de tel ou tel film d'horreur. Allez donc expliquer cela à un individu qui justifie par exemple l'acte d'un tueur de masse après qu'il ait regardé Vendredi 13 ou Halloween ! Les années quatre-vingt aux États-Unis,c'était aussi et surtout l'époque de la chaîne MTV et de ses classements musicaux. La seconde partie, elle, se penche sur l'arrivée dans les chaumières de la VHS. Le cinéma entre désormais chez les gens et offre aux amateurs de cinéma d'horreur, l'occasion de découvrir chez eux des dizaines, des centaines, voire des milliers de films qu'ils n'auraient pas eu la chance de voir autrement. Une révolution qui va peu à peu laisser la place au câble pour lequel seront produits des bandes horrifiques à petit budget dont les qualités seront discutables. Les témoins reviennent également sur les jaquettes des films qui, il faut l'avouer, on beaucoup perdu de leur qualité par la suite. La troisième partie se penche quant à elle sur l'explosion des effets-spéciaux qui à l'époque ne recouraient pas encore aux images de synthèse mais sur le prodigieux travail d'artistes que l'on peut encore aujourd'hui considérer comme des génies. Tom Savini, Rob Bottin, Rick Baker, Dick Smith... Des hommes qui ont donné vie aux fantasmes des réalisateurs les plus exigeants comme nous le prouveront certains extraits de films tel An American Werewolf in London, The Howling et peut-être plus encore The Thing et son incroyable démonstration de force en matière d'effets-spéciaux...


Cette première partie de In Search of Darkness fait comme l'on s'en doute l'objet de nombreuses anecdotes. Les intervenants étant en nombre important, le rythme est particulièrement enlevé. Chaque acte étant séparé par une sélection de longs-métrages sur lesquels ils reviennent tous, le principe permet ainsi au téléspectateur de faire travailler sa mémoire et surtout de tester ses connaissances en matière de cinéma d'horreur. Si une très grande majorité des films qui y sont présentés à travers moult extraits sont forcément bien connus des amateurs de films d'horreur et d'épouvante, In Search of Darkness est une excellente entrée en matière pour les néophytes qui désireraient se pencher sur ce type de films. Retrouver John Carpenter, Jeffrey Combs et la toujours aussi désirable Barbara Crampton (Re Animator, From Beyond), Keith Davis (The Thing, They Live), Nick Castle (Hallowween) et des dizaines d'autre acteurs, réalisateurs, critiques (John Bloom), scénaristes est un pur plaisir. In Search of Darkness ne peut que laisser parler sa fibre nostalgique au spectateur puisque ici, plus que le cinéma d'horreur, c'est toute une époque qui renaît de ses cendres. Un engouement qui se répercute même désormais à travers certains films et séries situant leur action à cette époque bien précise. On rangera d'emblée In Search of Darkness aux côté des deux volets du documentaire This is Horror de John Simmons et Rick Marchesano sortis en 1986 ou de Terror in the Aisle d'Andrew J. Kuehn qui lui vit le jour deux ans auparavant... Notons que Netflix propose actuellement la série de documentaires The Movies that Made us dont le panel de genres est plus élargi mais qui propose quelques très intéressantes séquences consacrées à quelques grands films fantastiques...

 

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