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mardi 11 juillet 2023

Les Inconnus : Histoire d'un succès (★★★★★★★☆☆☆) & Tous Inconnus (★★★☆☆☆☆☆☆☆) (2022)

 


 

D'un côté, Les Inconnus : Histoire d'un succès. De l'autre, Tous Inconnus. Le premier revient sur la carrière de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus, auxquels l'on ajoutera Smaïn et surtout Seymour Brussel, lesquels accompagnèrent durant leurs premières années les trois membres des Inconnus. Véritables stars du petit écran dans les années quatre-vingt dix grâce à leur émission La Télé des Inconnus et du cinéma en 1995, 1997 et 2001 grâce aux comédies Les trois frères, Le pari (sans Pascal Légitimus pour des raisons contractuelles) et Les rois mages, l'émission Les Inconnus : Histoire d'un succès revient donc sur la fulgurante carrière de trois des humoristes les plus célèbres et reconnus de l'hexagone tandis que Tous Inconnus est un téléfilm réalisé par Nicolas Hourès tournant autour d'une idée assez délirante mais tout à fait intriguante. Reprenant le concept du réalisateur Laurent Tuel et de son scénariste Christophe Turpin qui imaginèrent à travers le concept du long-métrage Jean-Philippe, un monde dans lequel un fan absolu de Johnny Hallyday constatait effaré après une altercation que son idole n'existait plus. Un monde parallèle dans lequel Jean-Philippe Smet n'est donc jamais devenu l'idole des jeunes. Et bien, avec Tous Inconnus, c'est à peu de chose près la même idée qui a semble-t-il germé dans la tête de Nicolas Hourès et sans doute même dans celle d'individus peu scrupuleux voyant là un projet juteux dont les bases reposent sur une succession de sketchs dont le succès ne s'est jamais démenti à travers les décennies... Les Inconnus : Histoire d'un succès est une excellente initiative de la part de ses producteurs, permettant ainsi aux fans du trio mais aussi aux éventuels retardataires qui auraient été plongés dans le coma ces trente dernières années de revivre non seulement quelques dates importantes de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus, comme leur premières années à grand renfort de documents photographiques, en passant par les dix-huit mois durant lesquelles ils firent partie de la petite troupe d'humoristes formés par Pholippe Bouvard pour sa célébrissime émission de télévision Le Théâtre de Bouvard qui fut diffusée à partir du 13 septembre 1982 sur feu Antenne 2 à 19h45. Le documentaire ne bénéficie malheureusement pas de la moindre intervention des trois hommes ce qui n'empêche pas la présence à l'image de plusieurs de leurs collaborateurs ainsi que celle d'humoristes qui les côtoyèrent à l'époque de l'émission de Philippe Bouvard comme Mimie Mathy ou Chantal Ladesou ainsi que celles de Smaïn et Setmour Brussel qui profiteront de l'occasion pour revenir sur leur propre départ de la troupe. Entrecoupé de moments forts dans la carrière du trio, entre sketchs et extraits de films, Les Inconnus : Histoire d'un succès demeure une excellente surprise...


Ce qui n'est pas le cas concernant le téléfilm vaguement uchronique de Nicolas Hourès dont le titre à lui seul révèle la réalité du désastreux spectacle auquel vont devoir assister jusqu'au bout les plus valeureux des spectateurs. Et pas forcément les fans purs et dur des Inconnus qui préféreront sans doute très vite arrêter le massacre pour aller se revoir une bonne vieille VHS ou un bon vieux DVD des Inconnus. Presque deux heures plus tard, un seul constat s'impose : Tous Inconnus n'a absolument aucune espèce d'intérêt. Une soixantaine d'artistes évoluant plus ou moins dans l'univers de l'humour (on peut notamment se demander ce que sont venus foutre dans cette histoire le chanteur Soprano ou l'animateur Arthur) vont enchaîner les sketchs des Inconnus en mode ''Copier-Coller'' sans parvenir à nous tirer le moindre sourire. Alors, imaginez lorsqu'il s'agit de rire. La mission semble impossible et est tuée dans l’œuf pour la simple raison que les originaux ont atteint un tel niveau de perfection que de tenter de les reproduire aujourd'hui est peine perdue. Le plus grand des regrets est d'y retrouver Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus dans leur propre rôle, visage forcément vieillissant et tentant de comprendre ce qui leur arrive tout en essayant de convaincre ceux qu'ils croisent de leur statut de célébrités. Pour se faire une idée du naufrage, Tous Inconnus a aussi peu d'intérêt que l'infâme I Love You Coiffure que réalisa en 2020 Muriel Robin pour un concept reprenant ses propres sketchs. Lequel était peut-être même pire tandis que Muriel Robin se vantait d'avoir pu tourner son engeance en seulement neuf jours. Dans le téléfilm de Nicolas Hourès l'on retrouve donc les grands classiques du trio. Des sketchs mais également quelques-unes de leurs célèbres chansons parodiques. Si l'on veut être tout à fait honnête, Tous Inconnus n'est pas vraiment un massacre à proprement parler. Disons plutôt qu'un certains nombres d'interventions finissent par indisposer à force de demeurer impuissantes dans leur volonté de faire rire un public strictement acquis à la cause de Bernard Campan, Didier Bourdon et Pascal Légitimus et non pas à celles de ces imitateurs incapables de se réapproprier les sketchs du trio. À elle seule, l'interview du groupe parodiant Indochine lors de l'interprétation de la chanson ''Isabelle a les yeux bleus'' est limite dérangeante pour ses nouveaux interprètes qui semblent incapables d'échapper à cette impossible opportunité de réinterpréter des œuvres entrées dans le patrimoine français...

 

lundi 3 juillet 2023

Black Mirror - Loch Henry de Sam Miller & Beyond the Sea de John Crowley

 


 

Nous l'attendions presque avec ferveur cette sixième saison de la série dystopique Black Mirror créée en 2011 par Charlie Brooker. Le même homme qui avait notamment choisi de ne pas aller au-delà de la cinquième livraison de 2019 puisque selon ses propres propos, la technologie évolue à une telle vitesse que la précéder est devenu quasiment impossible. D'où la surprise de découvrir il y a quelques mois que Black Mirror allait bientôt refaire surface, toujours sur la plateforme Netflix. Une sixième saison constituée de cinq épisodes. Plus longue que la première, la seconde ou la précédente mais mais moins que les troisième et quatrième qui comptèrent quant à elles un épisode de plus. Après avoir récemment critiqué le premier épisode de la dernière saison Joan est horrible (Joan Is Awful) tout en ayant décidé de consacrer un article pour chacun des suivants, au vu de la piètre qualité de ceux-ci, il me semble que de les regrouper deux par deux est largement suffisant. Alors que Joan est horrible offrait un récit en quasi-adéquation avec l'esprit de la série, la suite va très largement démontrer le changement de cap qu'a pris Charlie Brooker. Sans doute parce que comme il l'avait lui-même annoncé, il est devenu compliqué de devancer les différentes évolutions technologiques sans avoir l'air déjà dépassé. D'où le choix plus que curieux de la part du journaliste, scénariste et animateur britannique d'offrir aux amateurs d'anticipation et de dystopie, des récit plus ou moins longs oscillant entre les trois-quart d'heure et le format d'un long-métrage. Après un Joan est horrible sympathique mais pas extraordinaire non plus, réalisé par Ally Pankiw, Charlie Brooker confie la mise en scène de Loch Henry a Sam Miller. Dans ce second épisode, le réalisateur met en scène un jeune couple se déplaçant jusqu'en Écosse, dans un petit village relativement austère et qui n'attire plus guère les touristes. C'est là-bas qu'eurent lieu de terribles événements menant à l'arrestation d'un homme accusé et condamné pour tortures et assassinats. Pia (Myha'la Herrold) et Davis (Samuel Blenkin) se rendent sur les lieux non pas pour y tourner un documentaire sur le fait-divers mais sur un tout autre sujet qui en réalité ne passionne pas vraiment la première. Réussissant à convaincre Davis d'abandonner son projet pour se pencher sur la série de meurtres qui endeuilla la région, le couple va mettre à jour des faits qui n'avaient pas été relevés par les autorités à l'époque où ils eurent lieu. L'action se situe dans un cadre plutôt intéressant. Une Écosse qui renvoie tout comme le titre d'ailleurs à la fameuse légende du Loch Ness et à la supposée présence d'une créature. Inutile ici d'espérer un quelconque rapport avec la technologie si ce n'est l'évocation d'une plate-forme jumelle à Netflix et déjà révélée dans le précédent épisode. C'est d'ailleurs bien là que réside le seul intérêt puisque Loch Henry reproduit cette vague de documentaires dont est inondée la célèbre plate-forme. Un récit qui retient malgré tout l'attention grâce à quelques twists plus ou moins inattendus qui permettent de maintenir un certain suspens et le côté voyeuristes des amateurs de docu-fictions consacrés aux tueurs en série !


Alors que Loch Henry signe en partie la mort d'un concept jusque là carrément passionnant, la série de Charlie Brooker semble pourtant connaître un dernier sursaut à l'image du troisième épisode intitulé Mon cœur pour la vie (Beyond the Sea) de John Crowley, lequel signe l'unique épisode de cette sixième saison à valoir le coup d’œil. C'est dans une année 1969 alternative que le réalisateur et le scénariste (Charlie Brooker, toujours aux commandes) décident de plonger leurs protagonistes. Deux astronautes qui depuis deux ans sont en mission dans l'espace. Sur Terre, deux robots en tous points semblables à Cliff Stanfield (Aaron Paul) et David Ross (Joszh Hartnett) permettent aux deux astronautes d'être directement reliés à leur famille respective. Une fois allongés et endormis dans un siège, leur conscience est directement reliée au robot qui alors agit comme s'il s'agissait d'eux-mêmes. Malheureusement pour lui, David est témoin du massacre de sa famille et de sa propre réplique par les adeptes d'une secte de fanatiques dirigée par un certain Kappa (Rory Culkin). Une séquence particulièrement rude qui rappelle indéniablement le massacre de l'ancienne épouse de Roman Polanski et de plusieurs amis en 1969 par les membres de la ''Famille'' dirigée par le célèbre Charles Manson. La femme et les enfants de David meurent dans d'atroces circonstances et sa réplique ayant été détruite, il n'est plus en capacité de ''retourner sur Terre'' et commence à dépérir. Son compagnon Cliff évoque alors une curieuse idée : ce dernier propose en effet à son épouse Lana (Kate Mara) de le laisser ponctuellement utiliser sa réplique afin que David puisse respirer le grand air et quitter temporairement l'univers restreint de leur vaisseau. Débute alors un épisode qui questionne sur les conséquences d'un tel ''partage'' entre les deux hommes. Des questions auxquelles le spectateur ne pourra se soustraire même si Mon cœur pour la vie tentera de démontrer que les apparences sont parfois trompeuses. Car si tout semble inscrit dans le marbre, nous découvrons bien vite que certaines vertus seront malgré tout respectées. Ce troisième épisode est sans aucun doute le meilleur et même le seul à valoir la peine que l'on s'arrête sur cette sixième saison. Il aborde des technologies qui pour le coup ne sont pas encore au point en 2023 et respecte donc l'esprit de la série...

mercredi 21 juin 2023

Tales of the Walking Dead (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

The Walking Dead, Fear the Walking Dead, World Beyond, Dead City et prochainement, Daryl Dixon et Rick & Michonne... On peut dire que les producteurs et les créateurs de l’œuvre originale inspirée de la bande dessinée The Walking Dead de Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard auront exploité et essoré le concept jusqu'à la dernière goutte... de sang ! Rien que l'année dernière et à l'issue de la toute fin de la série originale débutée douze ans plus tôt en 2010, plusieurs projets furent lancés dont deux se sont pour l'instant concrétisés. Et parmi eux, Tales of the Walking Dead qui contrairement à toutes celles qui ont déjà été produites et celles qui s'apprêtent à l'être ne constitue pas une série d'épisodes construits sous la forme d'un fil d’Ariane mais est organisé en chapitres indépendants les uns des autres. C'est ainsi qu'à travers les six épisodes qui constituent cette nouvelle série dérivée l'on découvrira de nouveau personnage et ce, de manière tout à fait temporaire. Chacun d'entre eux est nommé selon son ou ses principaux protagonistes. Des personnages qui pour une très grande majorité nous sont inconnus, mais pas tous comme le révélera le quatrième épisode intitulé Dee et dans lequel nous retrouvons la charismatique antagoniste cheffe des Chuchotteurs surnommée Alpha, des saisons neuf et dix. L'actrice et réalisatrice britannique Samantha Morton y reprend son emblématique personnage afin de permettre à cet épisode de remonter aux sources du personnage. Ce qui, formellement et du point de vue psychologique du personnage, n'est pas réellement le cas puisque la future Alpha apparaît d'emblée dérangée...


Tales of the Walking Dead rend compte d'une chose : que pour attirer de nouveau les fidèles de la franchise ou ceux qui ne s'y sont pas encore intéressés, il va falloir faire preuve d'un peu plus d'originalité que de simplement créer une série pour les ados (The Walking Dead : World Beyond), quitte à transformer le concept, s'en éloigner même parfois, et prendre des distance avec ces zombies qui au fil des récits et des rencontres ont obtenu divers sobriquets. À l'issue de la projection des six épisodes, le verdict semble aller dans le sens où l'on a parfois l'impression que Tales of the Walking Dead n'a été créé qu'afin de monétiser à partir d'une valeur sûre, quitte à mentir parfois sur certains contenus et ainsi ne montrer les créatures que brièvement. Ce qui pourrait apparaître à certaines occasions comme une véritable trahison s'avère en réalité une véritable bouffée d'air frais. Car en dehors de l'insipide cinquième épisode intitulé Davon, personnage central qu'incarne l'acteur Jessie T. Usher et dans lequel le bonhomme transmet des messages (genre : ''Tuer ne devrait pas être notre seule option'' ou ''Si on préfère sauver sa vie plutôt qu'une autre, on a intérêt à être sûr que notre vie en vaut la peine'') à haute teneur en démagogie, l'ensemble s'avère de très bonne tenue même si certaines règles sont 'parfois formellement 'bafouées''. On pense notamment à l'épisode Blair/Gina dans lequel la patronne d'une petite entreprise (Parker Posey dans le rôle de Blair) et l'une de ses employées (Jillian Bell dans celui de Gina) sont les principales victimes d'un étrange phénomène consistant en une boucle temporelle qui les ramène sans cesse au même endroit et à la même heure...


Cet épisode joue essentiellement sur la fibre humoristique et sur ce concept de répétition qui permet de découvrir sous de nouveaux angles un même récit. Sauf qu'en comparaison de certaines œuvres authentiquement vouées au genre, Blair/Gina se montre scénaristiquement plus faible que la concurrence. Un bon épisode malgré tout. Outre ces trois épisodes succinctement résumés l'on a droit en ouverture de saison au sympathique road-trip Evie/Joe mettant en scène Olivia Munn et Terry Crews, un étonnant cas d'anthropologie créant le chaînon manquant de l'évolution de l'homme à travers l'homo-mortis, idée farfelue avancée par le Docteur Charles Everett (l'acteur Anthony Edwards), plus proche de ses sujets d'expérimentation que de la jeune Amy Zhang (l'actrice Coquelicot Liu) qui cherche auprès de lui un peu d'aide et de réconfort. Et puis, il y a ce sixième et dernier épisode de la saison intitulé La Doña. Personnage qu'interprète Julie Carmen. Propriétaire d'une grande demeure isolée et protégée par un mur infranchissable, la vieille dame reçoit la visite d'Idéalia (Daniella Pineda) et d'Eric (Danny Ramirez) qu'elle accepte de nourrir avant de les convier à quitter sa demeure. La saison se conclue par un épisode fantastique conviant davantage les mauvais esprits que les zombies dans un épisode réellement anxiogène situé dans un décor grouillant de bibelots et de signes religieux. Une vraie bonne surprise pour une saison qui se termine donc de belle manière. À noter qu'une seconde saison cette fois-ci intitulée More Tales from the Walking Dead Universe devrait bientôt voir le jour...

 

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