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mardi 22 septembre 2026

Starsky et Hutch - Quel charme ! d'Earl Bellamy (1977) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

L'ancien comédien de théâtre Lionel Fitzgerald (Richard Lynch), victime d'un grave trouble psychiatrique à la suite de la perte d'une jambe et d'un bras lors d'un accident causé par un chauffeur de taxi ivre ne fut pas le seul ''timbré'' que Ken Hutchison (David Soul) et David Starsky (Paul Michael Glaser) eurent l'occasion de croiser durant les quatre saisons de la série policière Starsky et Hutch. Et parmi ces derniers se trouva une femme dont la profession d'infirmière pouvait la laisser supposer être au dessus de tout soupçon quant à sa véritable personnalité. Traduit sous le titre potentiellement ironique de Quel charme ! en France, Fatal Charm (pour charme fatal) est déjà beaucoup plus proche de l'idée que l'on doit se faire de Diana Harmon, incarnée par l'actrice Karen Valentine, qui dans cet épisode fait la connaissance de Starsky mais aussi et surtout de Hutch dont elle est tout d'abord chargée de soigner la plaie causée à l'une de ses mains après qu'il ait été blessé lors d'une intervention policière... Diana est jolie, attirante et Hutch tombe facilement entre ses bras. Cet épisode montre tout d'abord combien l'indépendance du policier est pour lui une donnée essentielle. Sans tomber dans la caricature du macho (ce qu'il est pourtant sans doute plus ou moins) qui couche avec diverses femmes avant de passer à la suivante, Hutch résiste à cette jeune femme qui prend de plus en plus de place dans sa vie. S'invitant chez lui sans y avoir été conviée. Faisant la grimace lorsqu'il semble s'intéresser à une autre femme qu'elle. Bref, aussi ''appétissante'' et souriante que semble être Diana, la jeune femme développe une jalousie maladive envers celui qu'elle considère déjà comme son fiancé. Allant jusqu'à lui acheter une montre à mille deux-cent dollars au dos de laquelle elle a fait graver la phrase ''à toi pour toujours''... Les cas d'obsessions amoureuses féminines ne sont pas rares puisque le cinéma a abordé le sujet à plusieurs reprises.


Si l'on trouve des œuvres plus ou moins connues, tel le Swimfan de John Polson, l'un des grands classiques du genre demeure Liaison fatale (Fatal Attraction) d'Adrian Lyne en 1987. Clint Eastwood en fit même le sujet central de son tout premier long-métrage en tant que réalisateur, Un frisson dans la nuit (Play Misty for Me) en 1971. Et ça n'est pas parce que Quel charme ! est un épisode de série télévisée qu'il faut lui dénier le droit d'activer chez le téléspectateur le même sentiment d'effroi devant cette jeune femme totalement dérangée face à un Hutch dépassé par les événements. Une infirmière pleine d'attention qui progressivement montre alors son vrai visage en glissant vers la folie et la violence la plus extrême. Plusieurs séquences intéressantes font intervenir ce personnage lors de ses crises répétées. À commencer par son visage, fermé, lorsque Hutch danse avec une vieille amie. Puis intervient la scène durant laquelle Karen dévaste entièrement la demeure du policier. Sans compter l'agression que subit Linda, l'une des collègues féminines de nos deux policiers. Jusqu'à cette séquence finale et inévitable où l'infirmière s'en prend directement à celui qu'elle prétend aimer... La particularité de cet épisode est de n'être pas exclusivement concentré sur une enquête policière menée par Hutch, son compagnon Starsky et par Linda, justement, qui se fait ici passer pour une jeune prostituée. Très vite, l'enquête en question passe au second plan même si à diverses occasions le script de Jeff Kanter la fait malgré tout évoluer jusqu'à sa résolution. Tournant alors principalement autour du duo formé ici par David Soul et Karen Valentine, cet épisode réalisé par Earl Bellamy vire quasiment à l'épouvante à chaque intervention de la jeune femme. Un épisode que l'on rangera donc aux côtés de Quadrature ou de l'excellent Vampirisme dans lequel un professeur de danse se prenait pour un... vampire !

 

vendredi 18 septembre 2026

Starsky et Hutch - Quadrature de Rick Edelstein (1978) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a quelques années, en mars 2019, j'avais déjà évoqué la série policière américaine Starsky et Hutch à travers deux épisodes. Il faut savoir que certains d'entre eux dont j'ai choisi de parler ici, dans cet article et sans doute dans d'autres à venir, flirtèrent avec l'épouvante. Comme dans le cas de l'épisode Quadrature, justement. Un titre énigmatique pour une enquête tournant autour d'une série de meurtres dont les victimes sont toutes des chauffeurs de taxi d'une même société de transport privée. Vingt-deuxième épisode de la troisième saison de Starsky et Hutch, ce qui dans son pays d'origine a été diffusé sous le titre Quadromania pour la première fois le 10 mai 1978 sur ABC puis six ans plus tard en France le 4 mars 1984 sur TF1 fait partie des aventures les plus angoissantes de nos deux célèbres flics de la police new-yorkaise. Tandis qu'ils nous avaient habitués à les voir évoluer à bord de la Ford Gran Torino rouge de 1975 barrée d'une longue ligne blanche conduite par Starsky, dans Quadrature, c'est la Ford LTD II beige et cabossée de Ken Hutchinson qui est ''mise en vedette''. Un véhicule que l'on verra sporadiquement durant les quatre saisons que compte la série. Et même, dans cet épisode, celle-ci est relativement peu exploitée puisque l'intrigue s'attarde sur différents modèles de Checker Marathon conduites par des chauffeurs de taxi qui vont les uns après les autres être assassinés par un homme grimé en divers personnages de théâtre. Cet homme, c'est Lionel Fitzgerald. Un ancien comédien qui à la suite d'un grave accident qui impliqua justement un chauffeur de taxi ivre qui le renversa perdit un bras ainsi que l'usage de l'une de ses jambes. Dominé par l'esprit de vengeance, l'homme sort le soir et monte à bord des taxis de la petite entreprise dirigée par Kingston St Jacques (interprété par l'acteur afro-américain Philip Michael Thomas qui deviendra surtout célèbre pour son rôle du détective Ricardo ''Rico'' Tubbs dans la mythique série Deux flic à Miami) afin de tuer leurs chauffeurs. Bien évidemment, l'un de nos deux célèbres policiers en la personne de David Starsky va prendre place à bord de l'un d'entre eux afin de piéger le tueur...


En servant d'appât, Starsky ne sait pas qu'il va mettre sa vie en jeu. Car affublé de costumes divers et variés renvoyant parfois à de célèbres personnages de théâtre comme ceux du Roi Lear que Lionel Fitzgerald confond avec la réalité, le meurtrier est pratiquement impossible à décrire physiquement. Pourtant, certains détails le définissent assez bien. Trainant la patte et doté d'une force incroyable à l'une des mains depuis que celle-ci a été remplacée par une prothèse, ses différents déguisements accentuent merveilleusement bien le côté sinistre et dément du personnage. Car oui, Lionel Fitzgerald est fou ! Vivant aux côtés de son grand-père aveugle Gramps (John McLiam, que l'on découvrira notamment plus tard dans le rôle de Jacob dans la série de science-fiction culte, V), Louis lui fait croire que chaque soir il joue au théâtre et remporte un énorme succès alors qu'il commet en réalité des meurtres. Les séquences mettant en scène les deux hommes ont d'ailleurs un caractère parfois émouvant, voire déstabilisant, en ce sens où l'on peut être touchés par le drame que vit le jeune homme dont l'avenir fut détruit par un chauffeur de taxi prit de boisson qui le renversa tout en étant horrifiés par son apparence et ses agissements lorsqu'il sort tard dans la nuit pour commettre ses méfaits. Mais si Quadrature et son antagoniste sont aussi saisissants, ça n'est pas tant grâce à la pourtant très convaincante mise en scène de Rick Edelstein ou au scénario d'Anthony Yerkovich que grâce à l'impeccable interprétation de l'acteur Richard Lynch dans le rôle de Lionel Fitzgerald. Planqué derrière son célèbre visage d'éternel grand brûlé, il incarne un tueur totalement dément arborant des costumes et des maquillages qui renforcent toujours plus le caractère désaxé de sa personnalité. Si dans l'ensemble Quadrature est très convainquant, le dernier acte est surtout le passage le plus marquant de l'épisode. Lorsque Starsky prend à bord de son taxi une vieille femme qui s'avérera être Lionel Fitzgerald...


 

dimanche 24 mars 2019

Starsky et Hutch : Pariah (Le Paria) de Robert Kelljan (1975) - ★★★★★★☆☆☆☆



Dans l'article précédent consacré à l'épisode 19 de la seconde saison de la série policière Starsky et Hutch intitulé Amour, Quand tu nous Tiens, j'oubliais de préciser un détail important. Bien que j'y précisais qu'un certain George Prudholm se vengeait de la mort de son fils en prison dont il rendait responsable le détective David Starsky, j'avais omis d'indiquer que ce Prudholm en question avait déjà fait l'objet d'un épisode dans la première saison, et qu'il faisait même partie de la mythologie de la série bien avant cela puisque la toute première enquête de David Starsky le menait à arrêter et faire jeter en prison un certain Gary Vincent Prudholm, fils de Georges Prudholm, mort en prison assassiné par l'un de ses co-détenus.
Dans le huitième épisode de la première saison intitulé Pariah (Le Paria), Starsky est confronté à un cruel dilemme. Alors qu'il a tué un adolescent de seize ans de la communauté noire lors d'un hold-up et ce, en légitime défense, un homme voit la chose différemment. Surtout lorsque le policier est reconnu innocent. Menaçant les autorités de tuer un flic par jour si jamais Starsky refuse de rendre son arme et son insigne, l'homme met sa menace à exécution. Un policier en uniforme tombe dans un traquenard fomenté par George Prudholm et y perd la vie. Au commissariat, la tension monte chez certains policiers qui accusent mal le coup.

Mais alors que Starsky veut rendre son arme et son insigne et démissionner, le capitaine Dobey refuse. David et Hutch enquêtent alors autour des relations qu'entretenait la jeune victime noire, et c'est en écoutant les enregistrements sur bandes magnétiques de la voix de celui qui menace la vie des agents de police en uniforme et les revendique qu'ils se remémorent une affaire remontant au tout début de leur duo. Ils mettent alors un nom sur celui qui menace la vie de leurs collègues : George Prudholm...

Deux ans avant de suivre le tragique et émouvant dénouement de l'épisode Amour, Quand tu nous Tiens de la seconde saison, les scénaristes imaginaient donc déjà une confrontation entre le détective David Starsky et Georges Prudholm. Un déséquilibré déjà impeccablement incarné par l'acteur Stephen McNally (et que l'on retrouvera notamment aux génériques de Drôles de Dames (épisode La Vengeance de ces Dames) et de L’île Fantastique (épisode Le Client/Le Bonheur). Le Paria est un épisode plutôt réussi et convaincant qui souffre malheureusement de sa courte durée. Les implications du meurtre de ce jeune noir auraient dû permettre de développer davantage les aspects raciaux et médiatiques de cette affaire. Malheureusement, le réalisateur Robert Kelljan (auteur notamment de plusieurs épisodes pour les séries Fame, Drôles de Dames, Shérif, Dais-Moi Peur, ou encore Wonder Woman) s'attarde surtout sur l'enquête et beaucoup moins sur les implications psychologiques.

Si l'on assiste bien au début d'une intrigue mettant en porte-à-faux Starsky (et par là-même, l’institution qu'il représente), le fait que sa jeune victime soit noire ou encore l'implication éventuelle des médias (presse papier et télévision) sont rapidement éludés. Le Paria se révèle au final un épisode de série policière relativement banal et ne profitant que très succinctement de la richesse de son matériau de base...

samedi 23 mars 2019

Starsky et Hutch : Starsky's Lady (Amour, Quand tu nous Tiens) de Georg Stanford Brown (1977) - ★★★★★★★☆☆☆





Aujourd'hui, je consacre un article non pas à une série mais à un épisode en particulier. Starsky's Lady (Amour, Quand tu nous Tiens) change un peu des éternelles courses-poursuites entre Starsky et Hutch et les criminels qui minent la paix de Bay City, une citée imaginaire proche de Los Angeles dans laquelle se déroule les épisodes des quatre saisons que constitue la série culte Starsky et Hutch. Réalisé par l'acteur, producteur et réalisateur américain Georg Stanford Brown, Starsky's Lady met en avant le personnage de David Starsky, interprété comme à son habitude par l'acteur et réalisateur Paul Michael Glaser, héros d'un épisode particulièrement poignant. Bien qu'étant légèrement en retrait, David Soul (qui interprète quant à lui l'ami et collègue de travail Ken Hutchison, dit « Hutch »), fait pourtant partie de l'aventure. Un soutien particulièrement important dans cet épisode puisque Starsky va y être la victime d'une vengeance orchestrée par un certain George Prudholm, père d'un jeune trafiquant de drogue que l'inspecteur a fait enfermer il y a quelques temps déjà. Un passage en taule qui a condamné le jeune homme à une mort certaine puisqu'il y a été découvert assassiné par l'un de ses co-détenus. Pour Prudholm, l'heure de la vengeance a donc sonné et c'est Starsky qui va en faire les frais...

Du moins son entourage très proche puisque très amoureux de la jolie Sally (incarnée par l'actrice Angela McClelland), celle-ci va être la victime d'un tir la visant volontairement lors du braquage bidon d'une épicerie. Alors que le Capitaine Dobey (supérieur hiérarchique de Starsky et Hutch interprété par l'imposant Bernie Hamilton) tente vainement de convaincre Starsky de laisser d'autres policiers se charger de l'enquête, Sally, elle, se réveille doucement de son coma. Mais les nouvelles sont mauvaises. En effet, la jeune femme est condamnée. Deux options s'offrent à elle. Soit elle reste allongée sans bouger avec l'espoir de vivre durant plus ou moins un an. Soit elle prend le risque de mourir en reprenant le cours de son existence normale. Contre l'avis d'un David désemparé, la jeune femme choisi de profiter des quelques moments qui lui restent à vivre en compagnie de l'homme qu'elle aime. Pendant ce temps là, nos deux flics mènent l'enquête afin de mettre la main sur Prudholm avant qu'il ne commette d'autres assassinats...

Georg Stanford Brown s'attarde donc davantage sur la relation qu'entretiennent David Starsky et Sally plutôt que sur l'enquête sur laquelle sont lancés nos deux fameux policiers. Une histoire d'amour, une romance contrecarrée et filmée avec finesse et sensibilité. Starsky's Lady est effectivement un épisode poignant, jusque dans sa conclusion. Paul Michael Glaser et David Soul y sont donc beaucoup moins « volatiles » qu'à leur habitude. Ce qui n'empêche ni l'un ni l'autre de faire usage de leur célèbre humour, histoire de désamorcer le climat particulièrement pesant de cet excellent épisode. L'actrice Angela McClelland y est émouvante, et certaines séquences sont relativement touchantes. A titre d'exemple, celle durant laquelle David quitte la chambre d’hôpital de Sally tout en gardant son sang-froid et sa contenance devant la terrible nouvelle qu'il vient d'apprendre, celle qui voit Sally mourir auprès de laquelle on retrouve un David effondré, ou encore cette dernière scène qui montre Hutch bouleversé par le cadeau qu'a préparé la jeune femme avant de mourir et qu'il découvre en compagnie de son ami de toujours...
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