L'une des tendances
actuelles est d'adapter en série des classiques de l'épouvante et
de l'horreur. Nous avions eu droit à l'adaptation de Psychose
d'Alfred Hitchcock avecBates Motel,
à celle de Scream ou
à celle de Evil Dead
avec Ash vs. Evil Dead.
Cette année nous avons eu droit très récemment à celle de Carrie
de Brian De Palma et ainsi que celle de Vendredi
13,
l'une des sagas de slashers les plus connues à travers le monde.
Intitulée Crystal Lake,
celle-ci remonte dans le passé des principaux protagonistes. À
savoir, Pamela Voorhees et son fils Jason. La série de Brad Kane
revient notamment sur la tragédie qui survint au camp d'été de
Crystal Lake, lorsque son fils Jason mourut noyé dans le lac alors
que les animateurs qui étaient censés les surveiller lui et les
autres enfants s'éloignèrent pour faire l'amour. Tout débute ou
presque par cette tragédie tout en mettant en place le casting
constitué en outre de Will Catlett qui incarne le shérif Levon
Brooks et de la jeune Gwendolyn Sundstrom qui elle interprète le
rôle de Grace. Le premier est très proche de Pamela Voorhees,
éprouvant des sentiments très forts pour celle qui reste
profondément traumatisée par la mort de son fils. Quant à la
seconde, malmenée par l'animatrice Claudette Hayes (Danielle Kotch),
celle-là même qui n'assura pas la surveillance des enfants au
moment au Jason ne noya, elle était la seule véritable amie du
garçon et devient rapidement le centre d'intérêt de Pamela... Pour
une série qui se prétend être une préquelle au premier
long-métrage réalisé par Sean S. Cunningham en 1980, Crystal
Lake
prend de très grandes libertés avec la chronologie des événements.
Car si le Jason de Vendredi 13
est officiellement né le vendredi 13 juin 1946 (ce qui est en
réalité impossible puisque cette date correspond à un jeudi et non
pas à un vendredi), celui de la série est âgé de huit ans lorsque
les événements démarrent. Et sachant que l'intrigue débute en
1971, le calcul est vite fait. Il est clair qu'à travers Crystal
Lake
Brad Kane semble s'être engagé pour proposer une relecture presque
totale entourant la mythologie de cet effroyable boogeyman
originellement décrit comme atteint de paralysie faciale
périphérique du côté droit du visage alors que dans la série, il
est clair que celui-ci est victime d'une forme avancée
d'hydrocéphalie. Un crâne disproportionné dont les origines
relèvent là encore davantage d'un fantasme de scénariste et non
plus d'une légende propre à la série de films...
À
côté du développement effectué autour des personnages principaux
dont une Pamela Voorhees aussi charmante que glaçante incarnée par
Linda Cardellini, plusieurs réflexions s'imposent concernant le
personnage de Jason et la manière qu'ont les scénaristes de
triturer le personnage à travers les huit épisodes. Certains
crieront sans aucun doute à l’infamie, à la trahison. D'autres
trouveront probablement le concept totalement stupide et opportuniste
tandis que les derniers, eux, se satisferont sans doute de cette
sous-intrigue qui met en scène Hamish Linklater dans le rôle
d'Elias Wittering, le père biologique de Jason qui selon la légende
aurait pris la fuite après avoir constaté la difformité de son
enfant. Entre cet acte de lâcheté et l'attitude de celui qui dans
la série incarne un individu monstrueux dont l'ambition le pousse à
utiliser son propre fils lors de recherches scientifiques
épouvantables, il y a encore de quoi trouver l'attitude de l'Elias
représenté dans la saga de longs-métrages comme beaucoup moins
répugnant que son alter ego sériel... De manière très étrange,
cette préquelle met en scène diverses tueries dont on ne sait pas
toujours qui en sont les auteurs. Car en dehors des meurtres bien
craspecs commis par Pamela Voorhees, l'ombre de Jason plane dans la
forêt environnante du camp de Crystal Lake. Mais alors, que vaut la
série ? Et bien, d'une manière générale, les amateurs de
slashers et de Jason en particulier seront sans doute plus ou moins
ravis d'assister à des meurtres bien crades. Du gore bien saignant
mais qui au vu de la longueur du sujet (huit épisodes d'une
cinquantaine de minutes environ) restent plutôt rares. Quant à
l'idée de développer ainsi le personnages de Jason, expliquer d'où
peuvent provenir sa force incroyable et sa croissance rapide,
pourquoi pas ? On appréciera la relation entre la mère du
gamin et le shérif mais peut-être plus encore l'arrivée au sein de
la mythologie du père de Jason. Un monstre de froideur, calculateur
et prêt à sa sacrifier sa propre chair... Bref, une série plutôt
sympathique...
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