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jeudi 21 janvier 2021

OVNI(S) de Clémence Dargent et Martin Douaire (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 



France, 1978. Alors que l'ingénieur spatial Didier Mathure (l'acteur Melvil Poupaud) concrétise enfin son rêve de plusieurs années lors du lancement d'une fusée, celle-ci explose quelques secondes à peine après son envol. Divorcé d’Élise (Géraldine Pailhas) et père de deux enfants (interprétés par Capucine Valmary et Alessandro Mancuso), le directeur du CNES (Centre national d'études spatiales situé à Toulouse) Bernard Marsaudon (excellent Laurent Poitrenaux) le charge d'enquêter sur le GEPAN (Groupe d'étude des phénomènes aérospatiaux non-identifiés) avec pour but ultime de décrédibiliser ses membres et ainsi de fermer ses locaux. Didier est surtout CONTRAINT par son supérieur qui semble surtout vouloir faire d'une pierre deux coups. Faire fermer les portes du GEPAN et se débarrasser de l'ingénieur. Pour l'instant, le GEPAN (qui deviendra dès 2005 le GEIPAN avec un I pour Groupe d'études et d'information sur les phénomènes aérospatiaux non identifiés) ressemble à une petite structure tenue par quatre individus seulement. Alors que le responsable du projet semble s'être volatilisé, seuls restent à étudier des centaines de témoignages d'OVNIS, l'enquêteur Marcel (Michel Vuillermoz), l'informaticien statisticien bénévole Rémy (Quentin Dolmaire) ainsi que la standardiste Véra (Daphne Patakia). Si dans un premier temps Didier se démène pour déconstruire les éventuelles ''preuves'' d'une existence extraterrestre, un cas très particulier va le mener à douter de la supercherie. De plus, l'ingénieur s'attache peu à peu à ses trois nouveaux collègues qui malgré leur désorganisation s'avèrent très impliqués dans les projets du GEPAN...


OVNI(S), ça peut tout aussi bien être le titre de cette série créée par Clémence Dargent et Martin Douaire qu'une manière de définir cet objet filmique PRESQUE non identifié qui ravira non seulement les amateurs de petits hommes verts, de soucoupes volantes ou de science-fiction, mais aussi ceux qui regrettent l'époque bénie des téléphones fixes oranges, des tapisseries vintages, de l'Alpine A110 ou de la Citroën DS familiale.OVNI(S), c'est tout un univers concentré dans une série en 12 épisodes arborant eux-même un aspect vintage du meilleur goût. Il ne faudra pas longtemps aux plus anciens pour se remémorer certains aspects de cette période, mais ce sera surtout l'occasion de faire pour les non-initiés, la connaissance avec cette drôle d'entité qu'est le GEPAN et l'acharnement avec lequel certains ont tenté de décrédibiliser ses membres et par là même, ce qui s'avérait encore être à l'époque, un micro-structure. Il ne faudra pas se laisser piéger par certaines descriptions qui sont faites de la série. ''Humoristique'' ici ne veut absolument pas dire qu'il faut s'attendre à des rires en boite diffusés en arrière-plan ni que les personnages et les différentes enquêtes sont un prétexte à se moquer de l'image d'un groupe voué à une cause relativement noble. Si OVNI(S) amuse parfois, sont intérêt est ailleurs. Comme si les archives d'un organisme secret étaient enfin mises à disposition du public. Pourtant, la série ne dédaigne pas ce ton humoristique de toile de fond qui suit de près ses personnages. Comme cette évocation d'une secte officiellement dirigée par un ersatz bien moins charismatique que le gourou Raël mais derrière lequel se cache d'énigmatiques individus parmi lesquels on découvre notamment Le Commandant Delbrosse de la sécurité militaire, l'occasion de retrouver l'actrice Nicole Garcia...


Si l'atmosphère des années soixante-dix est particulièrement bien retranscrite, c'est peut-être aussi grâce à l'ambiance sonore et notamment celle apportée par les compositions analogiques du musicien français Thylacine (pseudo derrière lequel se cache William Rezé). À noter l'ajout de quelques airs qui donneront quelques frissons de nostalgie aux plus anciens. Tel celui composé par Michel Colombier (accompagné des dessins de Jean-Michel Folon) et qui ouvrait et mettait un terme aux programmes d'Antenne 2 dans les années soixante-dix. Présent également, un extrait de la bande-originale de Coup de Tête de Jean-Jacques Annaud composé par Pierre Bachelet qui sortirait pourtant un an après les événements relatés dans la série. Anachronisme ? OVNI(S) est original, amusant, intriguant, ''spectaculaire'', désuet, mais aussi charmant. Un mélange entre faits authentiques et pure imagination. Une vraie bonne surprise...


mercredi 20 janvier 2021

Brain Code de Randy Daudlin (2008) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 



Alec est un petit génie de l'informatique. Aidé de la neurochirurgienne Lee et de l'expert en marketing Jason, il va tenter d'imposer sa nouvelle invention à un certain Linkletter, le PDG d'une grande entreprise opérant dans les télécommunications. Malheureusement, à cause de son tempérament de feu, Alec et ses deux amis sont renvoyés à leurs études. Dépités, l'un d'eux propose aux deux autres d'expérimenter eux-mêmes les effets d'un système permettant d'introduire dans le cerveau une puce devant à moyen terme, remplacer les téléphones mobiles. Si l'expérience semble donner de bons résultats, des effets secondaires se font très rapidement ressentir. Et si Lee et Jason semble affectés de manière désagréable par ce phénomène qui s'apparente à de la télépathie, Alec, lui, compte bien en profiter pour s'adonner à des ''loisirs'' plutôt dangereux...

L'hypothèse d'une telle invention n'est peut-être pas à prendre à la légère. Du moins c'est ce que semble penser le réalisateur de Brain Code Randy Daudlin, son deuxième long-métrage après le film d'horreur Bottom Feeder et son premier de science-fiction qui semble avoir connu plusieurs titres alternatifs (Glitch, Parasites). Un scénario intéressant pour une construction dramaturgique relativement simpliste puisque le réalisateur s'intéresse davantage aux conséquences névrotiques dont va souffrir l'un de ses personnages interprété par Matthew Edison qui se fond alors dans le costume d'un ersatz du Docteur Jekyll et de son sombre versant, un certain Monsieur Hyde. Le résultat se veut relativement léger, sans véritable élévation d'un script qui ne fait que répéter à l'envie, une succession de séquences lors desquelles le sang perle du nez de nos trois protagonistes alors qu'ils interceptent les pensées d'autres personnes...


Si la morale veut que deux d'entre eux réagiront en décidant de stopper net l'expérience (non pas que la dite morale joue véritablement sur leurs décisions mais ils souffrent de terribles maux de têtes), le troisième profitera tel l'Homme Invisible de ses nouvelles capacités pour manipuler son entourage parmi lequel, une serveuse de bar récalcitrante qu'il mettra de force dans son lit. Durant quelques instants, Randy Daudlin a l'air de se prendre pour le David Cronenberg de Scanners. Cependant, son statut de téléfilm vaut à Brain Code de n'être rien d'autre qu'un projet de petite envergure qui ne se regarde et se justifie que sur les bases du projet qu'il arbore. Outre Matthew Edison, Steve Byers incarne le personnage de Jason. Quant à Lee, elle est interprétée par l'actrice Kathleen Robertson, jolie canadienne surtout connue pour avoir joué le rôle de Clare Arnold dans la série culte Beverly Hills 90210 d'Aaron Spelling. Si dans le petit monde de la science-fiction Brain Code n'a pas fait de vagues, la fin laissait présager une séquelle qui visiblement a laissé froids les producteurs puisque depuis, pas de nouvelles au sujet d'un éventuel Brain Code 2...


vendredi 4 décembre 2020

The Last Farewell de Michael London (1984) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Il y a quarante-quatre ans apparaissait pour la toute première fois sur la chaîne de télévision française TF1 la série culte Little House on the Prairie créée par Michael London et adaptée du roman de Laura Ingalls Wilder qui fut l'auteur d'un certain nombre d'ouvrages mettant en scène cette fameuse petite maison dans la prairie qui servait de lieu de vie à la célèbre famille Ingalls. Une série absolument remarquable qui en plus de deux-cent épisodes a su prôner des valeurs justes et émotionnellement fortes. Mais comme toute série, celle-ci connut elle aussi une fin. Les téléspectateurs américains se passionnant de moins en moins pour ses personnages parmi lesquels certains disparurent des radars (à l'image de l'actrice Katerine MacGregor qui incarna la peu sympathique mais tout de même attachante Harriet Oleson) quand d'autres vieillirent. Entre 1983 et 1984 sont produits non plus des épisodes tels qu'ils se présentaient (généralement d'une durée moyenne de quarante-cinq minutes), mais trois téléfilms dont le dernier intitulé The Last Farewell (Le Dernier Adieu) allait s'avérer un véritable choc émotionnel pour les fans du monde entier...


En effet, la production ayant signé un accord dix ans auparavant sur les termes concernant l'utilisation du terrain servant à la fabrication du village de Walnut Grove, le contrat prévoyait qu'à la fin de la série, le village devait disparaître. Mais alors qu'il doit être démonté, Michael London, qui interprète également le rôle de Charles Ingalls propose une idée qui va se révéler techniquement moins coûteuse que le démantèlement des édifices, mais absolument redoutable pour les âmes sensibles qui ne jurent alors à l'époque que par les familles Ingalls, Olson, Carter (les familles Edwards et Garvey ne faisant plus partie du récit à ce moment là) ainsi que par le révérend Alden, le docteur Baker ou ce bon vieux Monsieur Edwards. Nous apprenons en effet dans ce tout dernier épisode qu'est The Last Farewell que les terres n'appartiennent non pas à celles et ceux qui ont bâti leur maison ou leur commerce mais à un certain Lassiter (l'acteur James Karen notamment vu dans l'excellent Retour des Morts-Vivants de Dan O'Bannon), propriétaire violent et intraitable d'un chemin de fer. Les villageois ont d'abord quarante-huit pour déguerpir puisqu'ils se sont mis d'accord pour refuser la proposition du bonhomme de travailler pour lui, jusqu'à ce que Laura Ingalls (Melissa Gilbert) propose aux habitants de ne rien laisser à Lassiter de tout ce qu'ils ont bâtit durant toutes ces années..


Ce qui donne lieu à l'une des séquences les plus déchirantes de toute la série. Car si l'on pense rétrospectivement à toutes ces années que l'on a vécu parmi les habitants de Walnut Grove (et de Plum Creek où vivent en réalité pendant des années les membres de la famille Ingalls), à nous inviter chez Charles et Caroline, dans la boutique des Olson ou encore dans la petite église du village (seul édifice à n'avoir pas été détruit lors de ce dernier épisode, tout comme la petite maison elle-même qui disparut finalement dans un incendie en 2003), assister à la disparition pure et simple de ce décor paradisiaque et symboliquement reposant (rien à voir avec les grandes villes bruyantes que parcouraient parfois nos héros) fut un déchirement. Détail troublant, lorsque l'on assiste à cet ultime épisode, on peut voir certains des interprètes pleurer réellement. Malgré tout, et même si Walnut Grove n'existe plus en l'état, la télévision est là pour nous rappeler que nombre de personnages incroyablement attachants y ont un jour foulé le sol de leurs propres pas. Inoubliable...

 

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