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lundi 8 mars 2021

Flic tout Simplement d'Yves Rénier (2015) - ★★★★★★★☆☆☆




Depuis quelques années, l'acteur et réalisateur Yves Rénier (Commissaire Moulin) s'est mis en tête de réaliser pour la télévision française des téléfilms relatant d'authentiques faits-divers criminels qui ont tous défrayé la chronique. Dernièrement, il a mis en scène La Traque sur le tueur en série Michel Fourniret. En 2018, Jacqueline Sauvage : c'était Lui ou Moi. L'année précédente, Je Voulais juste rentrer chez Moi sur l'affaire Patrick Dils et en 2015, Flic tout Simplement. Ce dernier relate les événements tragiques qui se sont déroulés dans les années quatre-vingt dix et qui mirent en cause Guy Georges, l'un des plus célèbres tueurs et violeurs en série français. Il y est incarné par l'acteur Nicolas Mouen qui jusqu'à maintenant a très peu tourné puisque en dehors d'un rôle de professeur de Zumba dans Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ? de Philippe de Chauveron et deux courts-métrages, son personnage de Guy Georges dans le téléfilm d'Yves Rénier est pour le moment le seul véritable rôle important qu'il ait eu à interpréter. Comme l'indique avec honnêteté le titre du téléfilm Flic tout Simplement, le récit tourne en réalité autour du personnage interprété par l'actrice Mathilde Seigner qui grâce au réalisateur trouve une nouvelle fois l'occasion de faire montre de son talent sur le petit écran. Dans le rôle-titre, elle incarne Martine Monteil, ex dirigeante de la brigade des stupéfiants, du proxénétisme, de la brigade de répression du banditisme (ou BRB), à laquelle fut offerte l'opportunité d'être la première femme à diriger la brigade criminelle de Paris située au 36, quai des Orfèvres...


Le titre n'est d'ailleurs pas dû au fruit du hasard puisque le téléfilm est l'adaptation éponyme de son roman autobiographique (après 100 ans de Police Judiciaire en 2007), lequel retrace donc une partie du parcours de Martine Monteil au sein de la brigade criminelle de Paris. Flic tout Simplement ne se penchera pas sur l'arrestation, les aveux et le procès de Guy Georges mais sur tout ce qui les précède et surtout sur le combat mené par une femme contrainte de réorganiser les méthodes d'investigation de la brigade criminelle. Yves Rénier met le spectateur face à des contradiction effarantes alors que dehors, un tueur en série sévit. En effet, alors que le Directeur Devaire (qu'interprète lui-même l'acteur/réalisateur) tente de redorer l'image de la brigade criminelle, Martine Monteil se préoccupe avant tout de l'affaire sur laquelle elle a choisi d'enquêter en priorité. Bien que la mise en scène soit relativement académique, Flic tout Simplement est intéressant à plus d'un titre : il permet tout d'abord de mettre en avant les lenteurs des services de recherches scientifiques de l'époque (chargées d'analyser les empreintes génétiques), les dysfonctionnements internes de la brigade criminelle (avant l'arrivée de Martine Monteil, deux groupes d'enquêteurs qui ne communiquaient pas entre eux travaillaient pourtant sur la même affaire sans le savoir), mais aussi de comprendre comment est née la création du Fichier National Automatisé des Empreintes Génétiques (le FNAEG)...


Sombre est plutôt bien mené, le téléfilm d'Yves Rénier bénéficie en outre de la présence aux côtés de Mathilde Seigner de l'acteur Philippe Torreton qui en 2021 interprétera le rôle plutôt délicat de Michel Fourniret dans La Traque et qui dans Flic tout Simplement interprète celui du Commandant Cardella. Jean-Marie Winling campe le père de l'héroïne, Steve Driesen, le commandant Laval ou Patrick Ridremont, l'époux de Martine Monteil. Quant à la partition musicale de Stéphane Zidi et Laurent Sauvagnac, elle crée ce climat de suspens qui parfois accompagne certaines séquences. À noter que Flic tout Simplement n'est pas la première fiction à se pencher sur le cas de Guy Georges. En effet, un an auparavant sortait sur les écrans de cinéma le film de Frédéric Téllier, L'Affaire SK1...



jeudi 25 février 2021

Je Voulais juste Rentrer chez Moi d'Yves Rénier (2017) - ★★★★★★★★☆☆

 



Pour ses parents, la première date importante pour leur fils Patrick fut sans doute celle de sa naissance, le 30 juin 1970 à Longeville-lès-Metz. Quant aux français qui jusqu'à ce jour là ne connaissaient pas encore ce garçon qui allait connaître un sort peu enviable dès l'âge de seize ans, ils allaient faire sa connaissance quelques seize ans plus tard. En effet, Patrick Dils est arrêté le 30 avril 1987 et inculpé de meurtre. Un double homicide, celui de deux jeunes enfants dont les corps furent découverts quelques centaines de mètres tout au plus de la demeure des Dils. Le 27 janvier 1989, il est reconnu coupable et condamné à la prison à perpétuité. Mais si l'horreur des faits a été particulièrement retenue par les médias et le public, l'affaire Dils est surtout connue pour avoir été l'une des plus grandes erreurs judiciaire de l'histoire de la justice française. Reconnu innocent après avoir passé près de quinze ans en prison, Patrick Dils est enfin libéré le 24 avril 2002...

L'acteur-réalisateur Yves Rénier, cet ancien flic de fiction connu pour avoir incarné le Commissaire Moulin dans la série télévisée éponyme durant de nombreuses années, réalise en 2017, le téléfilm Je Voulais juste Rentrer chez Moi. Reposant sur le livre homonyme de Patrick Dils, le scénario de Jean-Luc s'attache à faire vivre aux téléspectateurs (le téléfilm est en effet diffusé pour la première fois en France sur France 2 le 24 juillet 2018 après être apparu en Belgique (sur La Une) et en Suisse Romande (sur RTS Un)) le calvaire vécu par le jeune Patrick qui jusque là ne se passionnait que pour ses maquettes et sa collection de timbres. Si le récit s'articule autour d'une affaire qui dura plus de quinze années, on peut se demander dans quelles mesures évoquer les faits dans un téléfilm n'excédant que de très peu les quatre-vingt dix minutes rendra grâce à cette histoire absolument terrifiante. Quinze ans de taule... pour rien ! Devenu involontairement célèbre, accusé d'un double meurtre atroce (les jeunes victimes furent tuées à coups de pierres), mais libéré au bout de quinze ans après avoir vécu les pires sévices en prison, il fallait bien un téléfilm de cette ampleur pour rendre hommage à celui qui deviendra un homme cultivé, ''star'' ponctuelle des plateaux télévisés...


Une heure trente donc. C'est peu, et pourtant Je Voulais juste Rentrer chez Moi tient du miracle. En aussi peu de temps, Yves Rénier signe une œuvre absolument bouleversante qui vu ses qualités, aurait sans doute même mérité une sortie nationale malgré son esthétique de téléfilm. L'acteur-réalisateur (qui campe ici le rôle de Marco Essartier, le détenu qui prendra soin du jeune Patrick lors de son incarcération) trouve le ton juste, son œuvre étant accompagnée d'une partition au piano signée Nicolas Bikialo. À ce sujet, il serait d'ailleurs amusant de noter que le compositeur faisait partie de la troupe d'acteurs de la série française Hélène et les Garçons, réputés alors pour être tout sauf des musiciens ! Si Je Voulais juste Rentrer chez Moi est si poignant, c'est peut-être également grâce à l'interprétation du jeune Thomas Mustin qui incarne très justement le personnage de Patrick Dils mais peut-être encore davantage à Mathilde Seigner qui trouve sans doute là, l'un des rôles de sa vie. Inutile de préciser que certaines séquences sont terriblement déchirantes quand d'autres relatent les sévices dont fut victime le jeune Patrick. Pourtant, Yves Rénier s'attache moins à montrer les horreurs dont l'adolescent fut victime que le combat de sa mère, incroyable Jacqueline Dils. Cependant, la courte durée du téléfilm le handicape forcément lorsqu'ils s'agit de développer à peu près tous les compartiments liés à ce fait divers incroyable. Et c'est sans doute pour cela que Je Voulais juste Rentrer chez Moi tient justement du miracle. Il y avait tant à dire, tant à raconter, et pourtant, même si certains aspects s'effacent au profit d'autres sujets, le téléfilm d'Yves Rénier est réellement brillant...


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