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vendredi 12 avril 2019

Quand sort la Recluse (Première Partie) de Josée Dayan (2019) - ★★★★★★☆☆☆☆



Diffusée pour la première fois mercredi dernier, le 10 avril 2019, la première partie de l'adaptation télévisuelle éponyme du roman de l'écrivaine Fred Vargas Quand Sort la Recluse est la cinquième incartade de la réalisatrice et scénariste française Josée Dayan dans l'univers de l'archéozoologue, et donc la cinquième participation de l'acteur Jean-Hugues Anglade dans le rôle du Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Ici, il est inutile d'espérer retrouver une enquête policière menée sur les chapeaux de roue. La réalisatrice, auteur notamment des adaptations télévisuelles du Comte de Monte-Cristo en 1998 ou des Misérables en 2000, signe une enquête policière faisant dans la sobriété, et dont l'un des intérêts principaux demeure dans le soin apporté aux décors de Philippe Lévêque. En ce qui concerne l'intrigue, Quand Sort la Recluse prend place au cœur d'une série de morts particulièrement étranges touchant des personnes âgées décédées après avoir été mordues par des araignées (ici, la fameuse Loxosceles reclusa, ou araignée violoniste, qui fut au centre de plusieurs cas de nécrose relégués par les médias il y a quelques années).

Autant Jean-Hugues Anglade peut se révéler d'un charisme extraordinaire (Killing Zoe de Roger Avary, 1993), autant son interprétation laisse ici perplexe. Peut-être faut-il alors se pencher sur le personnage de Jean-Baptiste Adamsberg pour comprendre et accepter le jeu hésitant de l'acteur. Considéré comme ''rêveur et désordonné […] et incapable d'analyser ou de soutenir consciemment un long raisonnement'' (Wikipedia), ce flic aux méthodes inhabituelles explique peut-être pourquoi Jean-Hugues Anglade a l'air de buter sur certaines phrases. Volontaire ou non, cette approche a tendance à constituer une raison suffisante pour que le spectateur estime que le jeu de l'acteur n'est pas à la hauteur de sa réputation et que Josée Dayan se soit contenté d'une seule prise alors que certaines séquences méritaient sans doute d'être retournées. Quelques détails semblent malheureusement corroborer ce dernier fait. Comme la séquence durant laquelle un second rôle interprétant un simple brigadier est pris à parti par le Lieutenant Violette Retancourt (excellente Corinne Masiero). L'acteur semble à son tour buter sur un mot, récitant alors son texte sur un mode fébrile. On pourra également évoquer le fait que Jean-Hugues Anglade, encore lui, récite plus qu'il n'interprète. C'est d'autant plus dommage que l'intrigue est réellement passionnante, son personnage allant notamment se renseigner auprès du Professeur Pujol (l'acteur Stéphan Wojtowicz), spécialiste des araignées, ou prenant contact avec une certaine Irène Royer-Ramier, interprétée par la méconnaissable Élisabeth Depardieu...

Nous sommes donc plus proches du Commissaire Maigret version Bruno Cremer que des Experts (Josée Dayan multiplie les séquences situées dans un restaurant au style désuet), ce qui, au fond, participe au charme qui se dégage d'une première partie soignée en terme de photographie (signée de Stefan Ivanov). En dehors d'un Jean-Hugues Anglade fort décevant, le spectateur aura le plaisir de découvrir autour du Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg, des personnages interprétés par les talentueux Jérôme Kircher, Sylvie Testud, Jacques Spiesser, et bien entendu Corinne Masiero et Elsabeth Depardieu déjà citées plus haut. Mais alors que l'interprétation oscille entre la justesse de ton des uns et la médiocrité que frôlent certains (heureusement, en très petite minorité), l'apparition de l'immense Pierre Arditi semble tout remettre en question. Son écrasante performance nous ferait presque regretter qu'il ne fut pas choisi pour interpréter lui-même le rôle du Commissaire Jean-Baptiste Adamsberg. Sa présence aux deux tiers de l'intrigue efface littéralement celles de Jean-Hugues Anglade et de Jérôme Kircher. A noter la partition musicale fort convaincante composée par le chanteur et interprète Benjamin Biolay... La seconde partie sera-t-elle davantage convaincante ? La réponse dans un peu moins d'une semaine...

mercredi 20 janvier 2016

Jusqu'à l'Enfer de Denis Malleval (2009)



Simon et Christine Andrieu ont accueilli chez eux la jeune et jolie Belle, anglaise et sœur de l'amie d'enfance de Christine, Wendy. Un soir, alors que Christine s'est absentée pour une partie de cartes avec des amis et que Belle est sortie avec quatre de ses amis, Simon descend dans la cave pour s'adonner à sa passion, les trains miniatures. Là, ce petit professeur de mathématiques peut s'isoler d'un monde qui lui est étranger, fait de notables, de bourgeois et dont son épouse fait partie, lui dont le père n'était qu'un simple boulanger. Pourtant parfaitement intégré à cet univers, Simon ne s'y fait pas. De plus, il a des problèmes de sexualité et les rapports intimes qu'il entretient avec Christine sont rares.

Alors, quand il arrive le lendemain matin au lycée qui l'emploie et que le directeur le prévient qu'il doit rentrer d'urgence chez lui, la vie de Simon bascule : Belle a été retrouvée morte dans sa chambre, victime d'un tueur qui lui a arraché ses vêtements et qui l'a étranglée. Autour de Simon, les voisins deviennent soupçonneux. La police enquête, le procureur également. Tout semble indiquer que Simon pourrait être l'assassin de la jeune anglaise...

Signé Denis Malleval, qui signera en 2015 un autre téléfilm adapté d'un roman de Georges Simenon (La Boule Noire avec Bernard Campan), Jusqu'à l'Enfer propose une intrigue passionnante tournant autour d'un personnage lui aussi issu de la classe moyenne et qui vit mal sa différence avec ceux qui partagent son existence. Toute la question est de savoir si oui ou non Simon est coupable du meurtre de la jeune anglaise. Pour interpréter le difficile rôle du prof de maths, Denis Malleval fait appel à l'acteur Bruno Solo que l'on a plutôt l'habitude de voir dans des comédies. Ici, il parvient à faire naître le malaise et prouve qu'il est capable de donner le meilleur de lui-même lorsqu'il s'agit d'interpréter un rôle dramatique.

Autour de lui, Bruno Solo peut compter sur de solides actrices et acteurs à l'image de Delphine Rollin qui campe l'épouse de Simon, Yvon Back dans le rôle du procureur Roche, Jean-Louis Foulquier dans celui du docteur Paul ou encore Jacques Spiesser dans celui du Capitaine Vallin chargé d'enquêter. On notera le portrait d'une dérive policière assez bien décrite et ce, notamment lors des interrogatoires, la police tentant d'influencer les témoins et ne cachant pas son pressentiment quand à la culpabilité de Simon. Jusqu'à l'Enfer est une fois encore une très belle adaptation d'une œuvre de l'écrivain Georges Simenon, et magistralement interprétée...
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