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mercredi 7 juin 2023

Le kangourou de Patrick Sébastien - Mise en scène d'Olivier Lejeune (2009-2011) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Humoriste, imitateur, chanteur, auteur-compositeur, écrivain, présentateur de télévision, producteur et j'en passe... Patrick Sébastien fait partie du paysage télévisuel depuis près de cinquante ans. Durant sa carrière, il a donc touché à peu près à toutes les formes d'arts qui entourent le petit et le grand écran et même différentes scènes comme les planches du théâtre où il débuta en 2009 avec Le kangourou qu'il écrivit et interpréta, confiant la mise en scène à l'acteur et humoriste Olivier Lejeune que le public appris surtout à connaître lors des diverses diffusion de l'émission La Classe animée par Fabrice sur FR3 entre 1987 et 1994 avant que François ne prenne plus tard le relais. Démarrée en 2009, la dernière du Kangourou eut lieu deux ans plus tard, en 2011, à Carcassonne, où France 2 a posé ses caméras afin de capter la pièce en vue d'une diffusion le 26 août de cette même année. Une dernière apparemment plus décomplexée que les précédentes représentations. Et pourtant, connaissant la personnalité de Patrick Sébastien, on se doute qu'à l'origine, celle-ci devait déjà être bien gratinée en terme de dialogues. Des gros mots à la pelle mais aussi, parfois, de très belles interventions dans un contexte où l'auteur campe un individu pas ou peu recommandable. Le PDG d'une fabrique de poupées croulant sous l'argent Fabien Delorme, un vieux macho, qui cependant apprendra bien vite de la bouche d'un médecin généraliste qui se trouve être également l'un de ses amis (l'acteur belge Antoine Vandenberghe) qu'il est condamné et qu'il ne lui reste plus que six mois à vivre. Le temps, peut-être, pour chercher et trouver le bonheur comme le lui conseil le professionnel de santé. Un concept qui laisse d'abord indifférent le richissime patron mais auquel il va finalement accepté de se laisser tenter. C'est donc parmi le public qu'il va tenter de dénicher celle qui fera son bonheur. Car au sein des spectateurs qui sont venus à cette dernière représentation du Kangourou se sont glissées des interprètes : la blonde Virginie Steevenoot dans le rôle de Carla et la brune Geneviève Gil dans celui d'Hélène. L'une est grande, belle et sexy tandis que l'autre est petite, rabougrie et ingrate! Deux personnalités bien distinctes qui vont participer à un casting qui va partir en vrille comme peut le laisser envisager l'esprit naturellement passionné et démesuré de l'auteur, Patrick Sébastien...


Résultat, Le kangourou est une excellente pièce de théâtre, très drôle et divertissante, sans temps morts, parfois grossière et qui use de certaines méthodes notamment employées dans d'autres circonstances par un certain Laurent Baffie qui en 2001 et avec sa pièce intitulée Sexe, Magouilles et Culture générale faisait lui-même participer le public aux événements. Dans le cas du Kangourou, cela est dans une moindre mesure mais démontre l'envie de l'auteur et de ses interprètes de se lâcher lors de ce qui va apparaître comme la toute dernière représentation. Notons que le casting est complété par deux autres interprètes féminines. Corinne Delpech incarne le double-rôle d'une mère prénommée Simone et de sa fille Sarah fraîchement employée par Fabien Delorme ainsi que Hélène Neveu-Le-Bail qui elle, joue le rôle de Christine, une (fausse) ex-épouse de Patrick Sébastien. D'une durée approximative de cent-vingt minutes, les événements de la pièces sont rompus au bout d'une heure et quart environ lorsque Patrick Sébastien propose à ses partenaires de divertir les spectateurs tandis qu'il ira fumer sa cigarette. Un faux dispositif permettant de mettre en avant ses trois partenaires féminines. Entre faux-semblants et punchlines, les deux heures du kangourou filent à toute allure. Notons qu'à l'issue de la tournée et de sa diffusion sur France 2, un DVD a été mis en vente dès le 1er décembre 2011 dans le commerce. Pour les amateurs de théâtre, d'humour léger et de Patrick Sébastien, Le kangourou est un indispensable...

 

lundi 16 mars 2020

Le Grand Bluff de Patrick Sébastien (1992)



Patrick Sébastien fut comme un frère, comme un second père, ou du moins, un ami avec lequel on a grandit dans les années 80/90. Pas toujours en odeur de sainteté avec les médias, parfois moqué (son unique long-métrage T'aime en tant que réalisateur s'est littéralement fait ''allumer'' par la presse spécialisée) mais généralement adoubé par ses fans quoi qu'il entreprenne, celui qui débuta comme imitateur fut notamment l'animateur et le créateurs de nombreuses émissions de télévision devenues cultes. Au hasard, Carnaval, Sébastien, c'est fou ! mais également Le Grand Bluff . Justement celle que nous allons évoquer dans cet article. Diffusée pour la première fois le 26 décembre 1992 sur TF1, l'unique numéro de cette nouvelle émission (et l'on comprendra pourquoi) rencontre ce soir là un succès phénoménal en attirant plus de dix-sept millions de français devant leur écran de télévision. Un concept pourtant simple et pas franchement novateur puisque reprenant le principe de la caméra cachée ou, caméra invisible, la première émission de télévision posant les bases du concept en France s'intitulant justement La Caméra Invisible, créée en 1964 par Jacques Rouland et Pierre Bellemare et animée par Jacques Legras. L'un des atouts majeurs du Grand Bluff de Patrick Sébastien réside dans le choix de piéger les animateurs de la première chaîne nationale, ceux avec lesquels les spectateurs partageaient leurs journées comme leurs soirées.

C'est ainsi que l'on retrouve dans le rôle des ''victimes'' d'un Patrick Sébastien grimé en fan lourdingue ou en candidat, les animateurs Patrick Roy, Christian Morin, Philippe Risoli, Jean-Pierre Foucault, Michel Drucker, mais également Évelyne Leclercq, Fabienne Égal et Simone Garnier, toutes les trois animatrices de l'émission culte Tournez Manège, ou encore Sim, Philippe Castelli et Claude Sarraute qui eux, animaient à l'époque autour de Philippe Bouvard, l'émission Les Grosses Têtes. Patrick Sébastien traîne ainsi son look parfois inquiétant sur les plateaux de télé, provoquant diverses réactions de la part des animateurs piégés. L'occasion de découvrir des hommes bienveillants et faisant face au comportement de leur étrange ''invité'' avec sourire et courtoisie. Patrick Roy, Philippe Risoli et Jean-Pierre Foucault ainsi que les animatrices de Tournez Manège seront parmi ceux qui géreront au mieux la situation. On découvre par contre un Christian Morin courageux, face à un candidat vulgaire et relativement agressif s'en prenant à la pauvre Annie Pujol chargée à l'époque, de retourner les lettres du mur de l'émission La Roue de la Fortune. Ce qui ne sera pas le cas du pauvre humoriste Pierre Palmade qui, invité sur le plateau de Sacrée Soirée, émission animée par Jean-Pierre Foucault, vivra une expérience traumatisante.

Si d'une manière générale, les caméras se déroulent dans la bonne humeur, on frôle cependant le malaise lorsque l'humoriste blêmit à vue d’œil face à un Patrick Sébastien harcelant le pauvre Pierre, contraint d'être acculé dans un coin du décor de l'émission Sacrée Soirée. Mais le pari le plus fou, sans doute de l'émission, fut pour Patrick Sébastien de parvenir à piéger sa propre mère en se déguisant en gendarme lors d'un contrôle routier. L'émission est ponctuée de micro-trottoirs durant lesquels Patrick Sébastien, cette fois-ci déguisé en journaliste, demande à des passants ce qu'ils pensent des divers animateurs de la chaîne. L'occasion de découvrir une séquence touchante lors de laquelle l'animateur partage une gorgée de vin avec des SDF... Le Grand Bluff fait partie de ces émissions cultes de la télévision française qui mériteraient de repasser régulièrement puisqu'à part une rediffusion un an après (le 25 décembre 1993) et sur la seconde chaîne pour fêter les dix ans de France2, l'émission de Patrick Sébastien ne semble pas avoir été rediffusée depuis...

samedi 13 avril 2019

Une chance sur Six de Jacques Malaterre (2018) - ★★★★★★★☆☆☆



Avec Une Chance sur Six, l'humoriste, imitateur, réalisateur, scénariste, chanteur, acteur (et j'en passe) Patrick Sébastien s'est fabriqué un personnage hautement narcissique. Un homme marié à une richissime épouse de dix ans son aînée, et avec laquelle il entretient depuis quelques années une entente cordiale depuis qu'il s'est découvert une attirance pour les hommes. Si la comtesse de Sarneville (l'actrice Evelyne Dandry) en question est au courant des penchants sexuels de son mari, elle refuse cependant qu'il invite en leur demeure ses amants de passage. A défaut de quoi, elle retirera le nom d'Hubert Vallon de son héritage... Bien que l'homme affirme se désintéresser de la fortune de son épouse, il a fomenté depuis quelques temps le meurtre de celle-ci à travers une machination que devra ensuite dénouer un flic véreux incarné par l'acteur Nicolas Van Beveren. Voleur, fils de voleur, Gaëtano emploie des méthodes bien particulières, un peu à la manière de la Loi de Talion : œil pour œil, dent pour dent...

A l'écriture, Patrick Sébastien, donc. Troisième participation du célèbre animateur télévisé pour le compte du réalisateur et metteur en scène français Jacques Malaterre pour lequel il avait déjà écrit et interprété les principaux rôles de Monsieur Max et la rumeur en 2014 et L'Affaire de maître Lefort deux ans plus tard. Alors que l'animateur des émissions cultes Carnaval !, Sébastien, c'est Fou, Surprise sur Prise ! (co-présenté aux côtés de l'animateur québécois Marcel Beliveau entre 1990 et 1992) ou encore Le Grand Bluff, s'apprête à mettre un terme définitif à sa présence sur les plateaux de télévision, Patrick Sébastien campe ici un personnage synthétisant ceux des deux précédents téléfilms qu'il incarna pour le petit écran en 2014 et 2016. Entre machination, meurtre, faux-semblants, il y révèle un personnage aussi charismatique qu'antipathique.

Un bourgeois méprisant, calculateur, épris de jeu, mais pas seulement dans le casino où il a ses habitudes mais également auprès d'un flic qu'il s'amusera à provoquer de son imposante stature. Un rôle très particulier puisque Patrick Sébastien, en endossant le personnage d'un homosexuel, le contraint à se faire aussi détestable que séduisant auprès d'un Nicolas Van Beveren au regard profond. L'auteur du sous-estimé T'aime n'a pas perdu de sa superbe malgré ses soixante-cinq ans et conserve son goût pour les affaires criminelles dont il se fit le chantre à travers les quatre volets de l'émission télévisée Intime Conviction en 2006. Une autre similitude perdure malheureusement avec cette mini-série de docu-fictions : ce besoin apparemment inaltérable que ressent le bonhomme à donner certaines explications aux spectateurs sur le déroulement de la machination alors que le scénario est suffisamment fluide pour qu'ils n'aient nul besoin qu'on les guide par la main. Patrick Sébastien serait-il narcissique au point de se donner le rôle du tueur commettant le meurtre parfait ? La réponse se situe en fin de métrage. Au spectateur de se faire alors une opinion sur les réelles qualités de ce téléfilm qui n'a pas à rougir devant la concurrence. Le scénario est convaincant. Tout comme le jeu des différents acteurs et actrices. La mise en scène est soignée, bien que relativement classique. Une très bonne surprise à réserver en priorité aux fans de Patrick Sébastien mais aux autres également...

dimanche 10 février 2019

La Cellule de Zarkane de Joseph Lubsky (2007) - ★★★★★★★☆☆☆



Je sais bien qu'a priori, cette critique n'a rien à faire ici. Et pourtant, ce blog étant principalement consacré aux séries, téléfilms et émissions de télévision, y consacrer un article sur La Cellule de Zarkane, un roman, m'apparaît plus que logique. Surtout si l'on connaît le parcours de son auteur. Mais avant toute chose, je conseillerai à celles et ceux qui ne connaissent pas cet ouvrage et qui cependant aimeraient un jour le lire d'arrêter là, la lecture de l'article que j'ai décidé de lui consacrer. Car peut-être plus encore que le contenu de l'ouvrage, c'est sans doute la légende qui l'entoure à laquelle il serait dommage d'être confronté bien avant d'en avoir commencé, poursuivi et terminé la lecture...
Pour les autres, ceux que la lecture ou l'écriture indiffèrent, ou le sujet même de ce roman, il n'est peut-être plus un secret que de savoir que derrière le nom de Joseph Lubsky, se cache en réalité l'un de nos animateurs télé préférés. Et lorsque je parle de nous, j'évoque bien évidemment les téléspectateurs, et surtout pas la presse qui s'est très souvent acharnée sur lui. Autre raison pour laquelle j'estime que La Cellule de Zarkane mérite de figurer ici : parce que l'événement qui entoure sa sortie fut suivi de deux apparitions de son auteur à la télévision. Peut-être davantage d'ailleurs, mais en tout cas, sans doute parmi celles qui nous ont certainement le plus éclairé sur ce projet qui se rapproche très sensiblement d'une émission devenue culte mais qui n'a fait l'objet que d'une unique tentative.

Mais avant toute chose, revenons d'abord sur La Cellule de Zarkane à proprement parler. De quoi s'agit-il ? D'un récit tournant autour d'un homme, enfermé dans une cellule, celle du titre, pour un double homicide qu'il affirme ne pas avoir commis. Zarkane revient sur son enfance, auprès de la communauté des gitans, sa famille (qui pourtant, le rejettera). De Mamma Lisa, sa mère, et de Fernand, son père et parrain de la Côte d'Azur. De Laura, son plus grand amour. Le principal personnage s'y présente comme l'accusé innocent d'un double homicide particulièrement atroce qui du fond de sa cellule, se remémore les différentes étapes de sa vie jusqu'à ce jour où il découvrit le corps des deux « femmes » qui partageaient à cemoment très précis, son existence. Accusé, puis très vite condamné. Zarkane se souvient... Pour ne pas devenir fou comme le rappelle comme une litanie un Joseph Lubsky à l'écriture fluide et intelligente. Cultivée, également. Une « surprise », surtout lorsque l'on sait qui se cache derrière cet exotique pseudonyme.
La Cellule de Zarkane est un thriller, plutôt sombre, mais aussi mélancolique et poétique. L'auteur y fait montre d'une belle écriture qui s'affirme surtout durant la seconde moitié, beaucoup plus intéressante au final, que la première qui revient essentiellement à l'époque où, enfant, il fut témoin du suicide de sa mère. Orphelin (son père, qu'il n'a jamais connu, fut le coup d'un soir pour Mamma Lisa), il sera, plus tard, hébergé, puis considéré comme le propre fils de Fernand. Le drame, la descente aux enfers, prend alors des allures de polar à la française. Caricaturé à outrance. Une histoire vraie qui ressemble à peu de chose près à ces fictions en noir et blanc qui devaient sans doute bercer l'existence de ceux qui se fantasmaient déjà en train d'endosser le costume du grand banditisme à la Papa.

Alors oui, il est vrai que La Cellule de Zarkane fait parfois douter de la réalité de son sujet de par l'imagerie poussée à l'extrême de la caricature. Que l'ouvrage démarre assez péniblement. Mais une fois le spectateur immergé, impossible de décrocher. Cette histoire dite vraie prend divers chemins de travers. Entre cet acharnement dont fait preuve la vie auprès du héros, ses rapports à l'amour, à la haine et au meurtre, la « Cellule » du titre revêt peut-être, au final, une autre signification disons, plus profonde et intérieure...
Définitivement, oui. La Cellule de Zarkane a bien droit à ces quelques lignes. Parce que Joseph Lubsky, cet inconnu qui dans la soirée du samedi 12 mai 2007 est apparu le crâne rasé à l'émission animée par Laurent Ruquier « On n'est pas Couché », n'est autre que ce même homme qui quinze ans auparavant, le 26 décembre 1992, piégea un certain nombre de célébrités pour le bonheur des téléspectateurs avec son émission « Le Grand Bluff ». Si vous n'avez toujours pas compris de qui il s'agit, je ne peux, hélas, pas grand chose pour vous...

lundi 4 juin 2018

Intime Conviction de Patrick Sébastien (2006)



Patrick Sébastien débarque dans la capitale en 1974, à l'âge de vingt et un ans. De son vrai nom Patrick Boutot, il commence par créer un spectacle tournant autour du talent qui le rendra célèbre : l'imitation. Sa première télé, il la fera le 6 août 1975 dans le programme 'Limousin actualité'. C'est ainsi qu'il met le pied à l'étrier pour ne plus quitter cet univers qui lui offrira de nombreuses opportunités. Des dizaines de projets à court, moyen, et long terme. Des plus célèbres parmi lesquels Sébastien, c'est Fou !, jusqu'au Plus Grand Cabaret du Monde (qu'il anime toujours), en passant, au hasard, par Carnaval, le Grand Bluff (immense succès), ou encore Surprise sur Prise qu'il co-présentera en compagnie de Marcel Béliveau entre 1990 et 1992. Scénariste, acteur, producteur, réalisateur, Patrick Sébastien sait tout faire. Il écrit, même. Et notamment La Cellule de Zarkane, sous le nom de Joseph Lubsky. Un alter ego qu'il tentera d'ailleurs de faire passer comme personnalité réelle lors de l'émission de télé de France 2 présentée par Laurent Ruquier, On n'est pas Couché, le 19 mai 2007. Comme une réminiscence du Grand Bluff ?

Outre ses nombreux projets devant et derrière la caméra, il en est un que certains ont peut-être oublié. En 2006, France 2 produit Intime Conviction. Une série de quatre vrais-faux procès organisés autour d'un président de tribunal incarné par Patrick Sébastien lui-même. Quatre affaires mettant face à de faux jurés mais de vrais avocats, des personnalités du monde du spectacle: Jean-Pierre Coffe, Didier Barbelivien, ,Francis Perrin, et la seule femme du lot, Lio. Chacun à leur tour, ils seront accusés d'avoir commis un homicide, le procès devant révéler si oui ou non, ils en sont les coupables, ou bien si l'une des trois personnalités qui viendront témoigner à charge ou à décharge dans chaque affaire est le véritable assassin. Pour bien comprendre le principe, prenons l'exemple de L'affaire Coffe.

Jean-Pierre Coffe est présenté au tribunal dans son propre rôle. Tout commence véritablement par un film relatant les événements. Le spectateur ainsi que le public venu en masse assister au procès découvrent tous les intervenants. De la victime, en passant par l'accusé, et jusqu'aux témoins qui vont venir déposer devant la barre et dont l'un d'eux est peut-être l'assassin. Ici, Les jurés sont au nombre de neuf. Dans cet épisode, parmi eux, nous retrouvons l'écrivain et réalisateur Frédéric Mitterrand, le comédien Jean-Claude Dreyfus, le créateur de mode Daniel Hechter, ou encore le journaliste Daniel Bilalian. Les avocats, ceux qui devront tenter d'innocenter Jean-Pierre Coffe ou au contraire,  démontrer qu'il est coupable, et contrairement à leurs habitudes, devront travailler sans filet. Sans avoir au préalable préparé le dossier. La victime se nomme ici Gérard Viguier. Journaliste âgé de quarante-deux ans, il est retrouvé mort le 2 novembre 2005 dans le wagon d'un train dans lequel ont pris place Jean-Pierre Coffe ainsi que ceux qui viendront témoigner. Le corps a été retrouvé poignardé peu après la sortie d'un tunnel aux abords d'Orléans. Comme le seront à leur tour les victimes des autres émissions, Gérard Viguier est décrit comme un être parfaitement abject. Lors du résumé vidéo, on le voit confronté à l'accusé ainsi qu'aux trois témoins de l'affaire venus déposer à la barre lors du procès. Le spectateur découvre que chacun possède un mobile pour l'avoir tué, ce qui complique alors la tâche des jurés.

Intime Conviction propose aux spectateurs d'assister au procès de Jean-Pierre Coffe, au travail des avocats (qui tout comme les jurés ne connaissent pas l'identité réelle du tueur) à la déposition des témoins, au réquisitoire de l'avocat de l'accusation, à la plaidoirie de celui de la défense, au débat des jurés, et enfin, au verdict. Le principe d'Intime Conviction est une excellente idée. Il offre l'occasion d'assister au déroulement des différentes étapes d'un procès de manière relativement ludique. L'un des atouts de cette émission demeure dans l'opposition entre les différents 'acteurs' du procès. D'un côté, ceux qui savent, et de l'autre, ce qui doivent démêler les dessous de l'affaire. Intime Conviction possède une part d'improvisation qui se ressent malheureusement lorsque Patrick Sébastien, dans son rôle de président du tribunal vient en aide aux témoins ou à l'accusé lui-même lorsque ceux-ci semblent avoir quelques difficultés au moment de répondre aux questions des jurés. Les avocats s'en sortent généralement plutôt bien. Quant aux jurés, il est amusant de voir qu'ils se prennent facilement au jeu, surtout lors des débats durant lesquels, chacun tente de donner son avis sur la culpabilité ou l'innocence de tel ou tel témoin et accusé. Bien que Intime Conviction soit perfectible, on se prend également au jeu en tentant de découvrir les quelques indices parsemés dans les différents passages vidéo. Des preuves que Patrick Sébastien affirme être irréfutables. L'émission se termine bien évidemment par le verdict et l'on apprend alors si l'accusé est le véritable assassin ou s'il s'agit de l'un des témoins. Et pour connaître la réponse, Patrick Sébastien a eu l'ingénieuse idée de faire appel à la victime elle-même... Les quatre émissions sont disponibles sur Youtube. Je vous propose l'une d'entre elles, celle qui justement oppose Jean-Pierre Coffe à la justice...
INTIME CONVICTION: AFFAIRE COFFE 

mercredi 3 mai 2017

L'Affaire de maître Lefort de Jacques malaterre (2016)



Julien Lefort est avocat. Époux de la dépressive Anne-Marie, il est invité un soir à une réception chez son plus vieil ami Jacques Demange qui a épousé il y a de nombreuses années la belle Chrsitine Castelmaure dont les deux hommes étaient épris tout deux depuis leur enfance. Invité exceptionnel de la soirée, l'avocat Pierre Leonardi est l'objet de toutes les attentions. Christine, prise de boisson, abandonne ses invités sur la demande expresse de Jacques. Plus tard, alors que leur convives ont tous quitté la demeure des Demange, une dispute s'engage entre les deux époux et Christine est retrouvé morte au pied d'un étalon. Alors qu'elle avait prévu de faire du cheval juste après sa dispute d'avec Jacques, il semble qu'elle ait été victime d'une chute mortelle. Ce que semble confirmer Jacques ainsi que Julien. Mais certains indices laissent supposer que l'époux de la victime pourrait être l'auteur du meurtre de sa femme. Ce que semblent confirmer les témoignages de plusieurs domestiques du couple. Afin d'assurer sa défense, Jacques fait appel au ténor du barreau Pierre Leonardi. Julien, lui, reste en retrait, Anne-Marie en profitant alors pour lui faire remarquer son manque d'ambitions.
Alors que Leonardi s'en sort admirablement face à l'avocat de l'accusation et aux membres du juré, son client est condamné à quinze ans de réclusion. Face au verdict, Jacques décide de faire appel et c'est Julien qui cette fois-ci aura l'immense responsabilité de défendre son vieil ami. Julien qui entre-temps à fait savoir à Anne-Marie qu'il avait l'intention de demander le divorce. En effet, le petit avocat de province vient d'entamer une nouvelle relation avec son assistante de cabinet, la jolie Agathe...

Deux ans après la brillante collaboration entre le réalisateur Jacques Malaterre et l'humoriste, acteur, chanteur et animateur Patrick Sébastien qui donna naissance au téléfilm Monsieur Max et la Rumeur, les deux hommes remettent le couvert avec L'Affaire de maître Lefort qui, s'il n'est pas une nouvelle fois l'adaptation d'une pièce de théâtre de Patrick Sébastien demeure celle d'un scénario et de dialogues écrits par lui. Une écriture fort intéressante puisque au delà de la seule intrigue on remarquera l'excellence de certains dialogues dont certains mettent à profit le talent inégalé du véritable avocat Éric Dupond-Moretti qui interprète ici le rôle de Pierre Leonardi.
Dix ans tout rond après son émission Intime Conviction qui convoquait des célébrités à participer à de faux procès, Patrick Sébastien revient au genre dans un style proche de Perry Mason. Si le téléfilm n'atteint pas toujours ses objectifs, L'Affaire de maître Lefort demeure d'une qualité assurément supérieure à l'émission sur laquelle il semble avoir fait ses armes dix ans plus tôt. C'est à la demande de Patrick Sébastien qu'Eric Dupond-Moretti accepte de participer au tournage. On y retrouve la verve du célèbre avocat face auquel, malheureusement, l'humoriste a bien du mal à s'aligner en terme d'interprétation. Mis en retrait durant toute une partie du téléfilm, Patrick Sébastien développe une plaidoirie un peu miève alors même que l'intrigue aurait dû gagner en intensité.

Heureusement, face à la faiblesse de son interprétation, l'auteur du scénario original trouve une parade inattaquable. Mais comme cela était déjà à l'ordre du jour dans Monsieur Max et la Rumeur, Patrick Sébastien ne se contente pas d'une fin terne et classique et propose un twist final inattendu. Malheureusement, et alors que deux ans plus tôt celui de la précédente collaboration entre le comique et le réalisateur Jacques Malaterre faisait mouche, cette fois-ci les dernières minutes paraissent bien inutiles. Surtout si l'on tient compte du fait que tout (ou presque) était déjà dit. Mais sans doute cela est-ce dû à la trop grande générosité de Patrick Sébastien qui en a toujours trop fait, mais cela, pour le bonheur de ceux qui le suivent depuis ses débuts de carrière.
L'Affaire de maître Lefort demeure un très honnête téléfilm, peut-être un peu moins passionnant que le précédent, mais tout de même fort intéressant à suivre...

lundi 1 mai 2017

Monsieur Max et la rumeur de Jacques Malaterre (2014)



Max et Caroline s'aiment et vivent ensemble depuis deux ans. Depuis que Max a permis à Caroline d'échapper à son passé tumultueux. Certains soirs, tandis que lui reste seul dans l'arrière-boutique de sa boucherie, elle part répéter Don Juan, la pièce mise en scène par Jean-Michel. Lorsqu'un soir Caroline rentre plus tard que prévu, elle découvre un Max pris de boisson, lui qui lui avait promis de ne plus jamais est ivre. Le quinquagénaire et la trentenaire étaient liés jusqu'à maintenant par une promesse, lui promettant de ne plus jamais boire et elle de ne plus avoir de relations avec d'autres hommes. Mais devant l'empressement et l'insistance de Jean-Michel, Caroline a craqué. Lorsque Max retrouve celle qu'il aime, c'est la dispute. Tout les voisins entendent le couple se crier dessus et lorsque le lendemain matin, les clients de la boucherie s'étonnent de ne pas voir derrière le comptoir la jolie Caroline, la rumeur commence et enfle jusqu'à ce que tout le village soupçonne Max de l'avoir tuée.
Tout le monde au village est désormais persuadé que le boucher est coupable. D'ailleurs, plusieurs preuves sont découvertes et le mettent en cause. Max ne peut désormais plus compter que sur son ami gendarme, Jérôme...

Téléfilm français réalisé par Jacques Malaterre en 2014, Monsieur Max et la rumeur est l'adaptation télévisée d'une pièce de théâtre éponyme que l'humoriste, animateur et chanteur (entre autres professions) Patrick Sébastien a lui-même interprétée et écrite. Les deux hommes collaboreront une nouvelle fois deux ans plus tard en 2016 avec le téléfilm L'Affaire de Maître Lefort dont le scénario est lui aussi l’œuvre de Patrick Sébastien , puis cette année avec Une Chance sur Six. Monsieur Max et la rumeur est l'exemple type de téléfilm parfaitement orchestré et relativement bien interprété pour que l'on passe un très agréable moment. Patrick Sébastien demeure toujours le personnage très attachant que l'on connaît depuis de nombreuses années, Margot Faure apporte toute sa fraîcheur à l'intrigue, quant à Danièle Lebrun, son personnage distille un poison dont les effets retentissent au delà du simple cadre du village, auquel ont servit de décors les jolies communes de Le Poët-Laval et Dieulefit dans la Drôme.

Le téléfilm de Jacques Malaterre pose l'épineux problème des rumeurs colportées dans le milieux rural (le milieu urbain ne faisant pas exception) et de ses conséquences non seulement sur ceux qui en sont victimes, mais sur le désordre que cela peut engendrer parmi la totalité des habitants. Entre la vieille dame, amoureuse de son boucher, un peu sénile, et que la solitude pousse à faire des choses peu recommandables, du moins aussi néfastes que le meurtre en lui-même, et le propriétaire du bar, le coiffeur, et les voisins qui cultivent l'ambiguïté. En préservant le suspens jusqu'au bout, Patrick Sébastien et Jacques Malaterre se permettent ainsi de nous offrir un très bon suspens, une sympathique interprétation des premiers et seconds rôles, ainsi que des twists inattendus. Monsieur Max et la rumeur confirme définitivement le bien que l'on pense de lui en terme d'auteur et d'inteprète, lui qui avait été, dix-sept ans plus tôt, injustement boudé (pour rester poli) par la presse et le public lors de la sortie de son seul et unique long-métrage en tant que réalisateur, T'aime, œuvre qui ne méritait certainement pas les critiques peu élogieuses dont elle fut victime. Monsieur Max et la rumeur est donc un excellent téléfilm qui laissait alors présager du meilleur quant à la suite...
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