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mardi 9 juin 2020

Captain America de Rob Holcomb (1979) - ★★★★★☆☆☆☆☆



Pour quelqu'un qui n'aime pas les super-héros en général et Captain America en particulier, se lancer dans la filmographie de ce personnage, ça n'est pas vraiment la panacée. Bien entendu, pour corser la chose, il ne sera pas ici question d'évoquer la série de trois longs-métrage ayant vu le jour depuis le début des années 2010 (Captain America: The First Avenger de Joe Johnson en 2011, Captain America : The Winter Soldier d'Anthony et Joe Russo en 2014 ou de Captain America : Civil War de ces mêmes réalisateurs en 2016), mais plutôt de revenir sur trois des quatre films ayant vu le jour entre 1944 et 1990. J'abandonne tout de suite le premier, qui s'avère en réalité être un sérial en quinze chapitres pour m’intéresser aux cas très particuliers que sont les Captain America successivement réalisés par Rob Holcomb et Ivan Nagy en 1979 pour la télévision américaine et le Captain America réalisé par l'américain Albert Pyun onze ans plus tard. Créé à l'origine par le scénariste Joe Simon et par le dessinateur Jack Kirby, Captain América apparaît pour la toute première fois fin 1940 dans le comic book éponyme Captain America Comics #1. Bon, je ne vais pas vous refaire l'historique du personnage vu que son costume parle de lui-même, mais sachez qu'en affichant les couleurs du drapeau américain, il symbolise le super-héros patriotique, figure contestataire du régime nazi. La chose étant précisée, fonçons tête baissée dans le vif du sujet...

Au départ, ou du moins dans le téléfilm réalisé par Rob Holcomb en 1979, Captain America est un type assez classique, bien que musclé, grand, plutôt beau gosse, pantalon patte d'eph et polo moulant. Avant de se trimballer son pesant pseudonyme de super-héros, le type s'appelle Steve Rogers et le pauvre se blesse très gravement lors d'un accident de moto. Une mésaventure qui s'avérerait on ne peut plus banale si ce n'était que Steve a en réalité été victime d'une double tentative de meurtre dont la seconde s'est soldée par une chute de plusieurs mètres dans un ravin. Il se retrouve rapidement projeté dans une salle d'opération où le professeur Simon Mills lui injecte un sérum du nom de F.L.A.G. (Pour Full Latent Ability Gain) créé par le propre père de Steve malheureusement décédé depuis et qui lui sauve la vie. Bon, comme on s'en doute assez ''rapidement'' (enfin, après avoir tout de même patienté plus de cinquante-cinq minutes, soit plus de la moitié du film), Steve Rogers développe à la suite de cette injection des pouvoirs surhumains qui vont lui permettre de combattre le mal qui dans le cas présent prend les traits d'un certain Lou Bracket. Un riche homme d'affaire qui pour devenir le maître de la Californie menace de faire usage d'une bombe nucléaire. Épaulé par le Docteur Simon qui lui présente les gadgets du Captain America que porta avant lui son propre père, Steve accepte de se lancer à la poursuite de Lou Bracket...

C'est là que les choses se gâtent... Car après un peu moins d'une heure de péripéties relativement bien construites et n'ayant jusque là, rien de fantastique dans le sens littéraire du terme, l'acteur Reb Brown endosse le costume de Captain America. Un uniforme moulant entièrement ignifugé, aux armes du drapeaux américain : casque de moto orné d'ailes d'ange, gants, bottes et ceinture rouges, lunettes légèrement teintées, moto de compétition bleue, rouge et blanche et surtout, un accessoire indispensable : un bouclier... qui dans le cas présent possède les seuls effets que pourrait produire un frisbee atteignant accidentellement quiconque se trouverait sur sa trajectoire. Avec son mode d'expression typique du gars qui ne comprend pas ce qu'on lui dit, son regard de débile léger et son costume hautement ringard, Reb Brown a bien du courage de tenir la vedette de ce téléfilm ni bon, ni tout à fait mauvais. À ses côtés, un Len Birman dans le rôle du docteur Simon Mills et une Heather Menzies surtout connue pour avoir tenu le premier rôle dans la série de science-fiction culte L'Age de Cristal dans le courant des années soixante-dix. Dans le rôle du grand méchant loup on retrouve l'acteur Steve Forrest et dans celui de l'un de ses complices, Lance LeGault, un habitué des rôle de militaires que l'on retrouvera notamment au générique de L'Age de Cristal lui aussi, L'Incroyable Hulk, Galactica, Buck Rogers ou encore Hooker aux côtés de William Shatner. Captain America est une petite série B sympathique qui parfois a tendance à s'éterniser sur certaines séquences (mon dieu que le passage à bord de l'hélicoptère est long). Question effets-spéciaux, c'est le vide absolu. À dire vrai, le téléfilm de Rob Holcomb aurait pu se passer de faire endosser le costume de super-héros à Reb Brown tant dans le fond et dans la forme Captain America se révèle anodin en comparaison d'innombrables thrillers télévisés classiques...
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