Mots-clés

mardi 7 mars 2023

Le Fantôme du vol 401 (The Ghost of Flight 401) de Steven Hilliard Stern (1987) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

L'année dernière, la chaîne de télévision généraliste commerciale privée luxembourgeoise Plug ЯTL diffusait dans l'émission Enquêtes paranormales un documentaire intitulé Vol 401 : les passagers morts vivants qui revenait sur l'une des plus grandes énigmes de l'histoire de l'aviation mondiale. Un fait-divers sans doute encore plus incroyable que l'affaire du Vol Malaysia Airlines 370 lors duquel l'équipage et les passagers d'un un vol international disparurent le 8 mars 2014 alors que l'avion était en route pour l'aéroport international de Pékin, en Chine. Concernant le vol 401 de la compagnie Eastern Air Lines qui décolla à New York et dont l'atterrissage était prévu à Miami, il faut tout d'abord remonter jusqu'au 29 décembre 1972, date à laquelle l'avion s'est écrasé dans les Everglades situées en Floride. Sur les 176 personnes présentes à bord, seul soixante-quinze d'entre elles survécurent au crash. Le téléfilm Le Fantôme du vol 401 (The Ghost of Flight 401) revient tout d'abord sur cet événement tragique en mettant notamment en scène l'acteur Ernest Borgnine (La horde sauvage ou New York 1997 côté cinéma et surtout, Supercopter côté séries) dans le rôle du pilote Dom Cimoli qui a bord du vol 401 perdit la vie. Le téléfilm signé du réalisateur, scénariste et producteur canadien Steven Hilliard Stern auquel on doit notamment Les Monstres du labyrinthe avec Tom Hanks ou Meurtre dans l'espace avec Michael Ironside démarre donc de manière plutôt conventionnelle en présentant quelques séquences situées à l'aéroport ou le couple formé de Dom Cimoli et de son épouse avant que celui-ci ne monte à bord de l'avion qui bientôt disparaîtra des radars... Mais alors que dans tout bon ou mauvais (télé)film catastrophe la situation périlleuse se conclue généralement par le sauvetage des passagers et de l'équipage grâce au concours d'un héroïque pilote et des membres d'une tour de contrôle, Le Fantôme du vol 401 prend une toute autre tournure lorsque quelques mois après le crash, d'autres appareils effectuent des vols et qu'à bord y apparaît le fantôme de Dom Cimoli...


De ce point de vue, Le Fantôme du vol 401 respecte le déroulement du phénomène relayé par divers passagers (une vingtaine auxquels s'ajoutent les déclarations de deux pilotes) témoignant dans le fait-divers réel de la présence du pilote Robert Loft et du mécanicien Don Repo. Apportant une réponse passablement puérile, le téléfilm de Steven Hilliard Stern s'avère relativement anecdotique et ne repose que sur la présence à l'image d'un certain nombre d'interprètes dont les noms et les visages furent surtout connus du public dans les années soixante-dix-quatre-vingt-quatre-vingt-dix. L'on retrouve effectivement parmi les principaux interprètes l'acteur Gary Lockwood et même l'actrice Kim Basinger bien avant qu'elle n'incarne une James Bond Girl dans Jamais plus jamais d'Irvin Kershner ou qu'elle tienne la vedette dans 9 semaines ½ d'Adrian Lyne en 1986. L'on retiendra donc en priorité le casting même si au fond, Ernest Borgnine n'y apparaîtra ensuite que sous une forme fantomatique et silencieuse. La théorie du fantôme offrant au téléfilm un ton fantastique, ses différentes apparitions n'ont rien d'effrayant autrement que pour ceux qui le croisent mais ne génèrent en rien le moindre sentiment d'effroi chez le spectateur qui subit la lourdeur de la mise en scène. Notons enfin que Le Fantôme du vol 401 repose également en partie sur l'ouvrage du romancier américain installé en Nouvelle-Angleterre John G. Fuller. Spécialiste du surnaturel et du phénomène OVNI, l'écrivain s'emparait donc en 1976 du sujet et ajoutait une rumeur à un fait-divers qui n'avait cependant pas besoin de cela pour paraître déjà extravagant : des accessoires faisant partie du vol 401 auraient été installés à bords d'autres avions de la compagnie, lesquels auraient été alors eux-même victime de la même malédiction...

 

Dans l'enfer de la captivité (Girl in the Box) de Stephen Kemp (2016) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Dans l'enfer de la captivité... Voilà un titre qui fleure bon le téléfilm familial du dimanche après-midi. Le titre original Girl in the Box est déjà plus énigmatique et se réfère directement à l'épouvantable calvaire que vécut la jeune Colleen Stan qui après être montée dans le véhicule du couple formé par Janice et Cameron Hooker le 19 mai 1977 devint leur esclave sexuelle et leur souffre-douleur durant sept années ! Ce jour là, Collen se rendait en auto-stop chez un ami dont elle devait fêter l'anniversaire. Le hasard fit qu'après deux refus, la jeune femme accepta de monter à bord du fourgon des Hooker. Un couple d'apparence normale accompagné de leur tout jeune bébé (contrairement au téléfilm qui décrit la naissance beaucoup plus tardive de celui-ci), mettant ainsi la jeune femme en confiance. Pourtant, c'est bien dans un terrible piège que tombera Collen qui vivra alors un véritable supplice auprès de ses deux bourreaux. L'intrigue peut passablement faire penser à l'épouvantable récit tournant autour de Sylvia Likens qui elle-même vécu un véritable calvaire dans les années soixante, victime d'une tortionnaire du nom de Gertrude Nadine Baniszewski et dont le réalisateur Gregory M. Wilson tira un long-métrage épouvantablement incommodant lui-même basé sur un ouvrage littéraire écrit par le romancier américain Jack Ketchum. Mais ce qui fait la spécificité du fait-divers concernant Collen Stan, de ses tortionnaires et donc partiellement du téléfilm de Stephen Kemp provient du fait que la jeune femme fut non seulement kidnappée et victime de chantages affectifs assimilés à de la torture mentale mais qu'en plus, elle ''vivait'' enfermée vingt-deux heures sur vingt-quatre dans une boite en forme de cercueil placé sous le lit-même de Janice et Cameron Hooker. Éloignée de sa famille, ne laissant donc logiquement aucune nouvelle et les voisins de ses geôliers n'étant même pas au courant de sa présence dans leur demeure, il faudra attendre 1984 pour que la jeune femme désormais âgée de vingt-sept ans parvienne à se libérer de leur emprise...


Dans l'enfer de la captivité ne se penche absolument pas sur le passé des uns et des autres. Tout juste quelques flash-back mentionneront la vie que connaissait jusque là Collen Stan. Une échappatoire mentale qui lui permet de tenir bon, ne serait-ce que pour de très courtes durées. Soumise à celui qu'elle a épousé, Janice Hooker (l'atrice Zelda Williams) vit mal la présence de la jeune femme, d'autant plus qu'elle attend un enfant et qu'elle voit d'un assez mauvais œil la relation ambiguë qu'établie Cameron (Zane Holzt) avec sa nouvelle victime (le début du téléfilm montre que le couple vient tout juste de se débarrasser du corps d'une précédente jeune femme). Bien que le téléfilm ait choisi de conserver les véritables identités des bourreaux et de Collen Stan, le scénario change drastiquement certains aspects du fait-divers, rendant ainsi les événements ''infiniment'' plus ''supportables''. En effet, des vingt-deux heures sur vingt-quatre d'enfermement que la véritable Collen Stan devait subir, la durée semble avoir été revue à la baisse. Quant au cercueil, l'intrigue ne le situe plus sous le lit des Hooker mais à la cave. Ce qui peut passer pour un détail rend pourtant les choses très légèrement moins troublantes. Trop lisse et donc insuffisamment frondeur, Dans l'enfer de la captivité se montre nettement moins dérangeant que la plupart des documentaires et reportages sur le sujet facilement disponibles sur la toile. Le téléfilm offre en effet peu d'occasions d'être véritablement incommodés par l'enfer vécu par la jeune femme malgré une interprétation satisfaisante d'Addison Timlin et de ses deux principaux partenaires. Il reste donc au téléspectateur de se remettre dans le contexte épouvantable du fait-divers tel qu'il fut vécu par Collen Stan et ensuite relégué par divers médias pour se rendre réellement compte de l'horreur d'une telle situation. Face à des films monstres tels que le long-métrage de Gregory M. Wilson cité plus haut ou le tout aussi psychologiquement déplaisant Megan Is Missing de Michael Goi, le téléfilm de Stephen Kemp a peu de chance de rester dans les mémoires des téléphages...

 

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...