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mercredi 30 novembre 2022

Ash VS Evil Dead saison II (2016) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

À l'issue d'une première saison se concluant par une révélation de grande ampleur, Ash Williams, Pablo Simon Bolivar et Kelly Maxwell se retrouvaient projetés à Jacksonville après que le premier ait conclu un pacte avec Ruby Knowby. La seconde saison de Ash VS Evil Dead s'ouvre donc sur des festivités se situant entre nos héros et les habitants de cette grande ville de Floride avant qu'une nouvelle invasion de démons ne vienne tout ruiner. Alors qu'ailleurs Ruby sème le désespoir et perd le contrôle des événements, celle-ci ne semble avoir d'autre choix que de faire appel à Ash et ses amis afin de lui venir en aide. Nos trois aventuriers se retrouvent alors dans la ville où Ash a grandit. Une ambiance étrange y règne, sans doute moins sombre mais tout aussi embrumée que celle du Frayeur du réalisateur italien Lucio Fulci. Là, il y retrouve son père Brock Williams. L'occasion pour les plus anciens d'entre nous de retrouver l'acteur des mythiques séries L'homme qui valait trois milliards (1973-1978) et L'homme qui tombe à pic (1981-1986), Lee Majors. Les rapports entre le père et son fils sont compliqués. Comme le sont également entre ce dernier et les habitants de la ville qui le surnomment ''Ashy Slashy'' depuis qu'il a nettoyé la surface de la Terre des démons trente ans en arrière. Un surnom qui sera à l'origine d'une marionnette visible dans les épisodes se déroulant dans un hôpital psychiatrique délabré, laquelle sera ensuite commercialisée sous forme de poupée ! Il se passe beaucoup de choses dans cette seconde saison. Et même si de prime abord l'on pouvait craindre qu'elle n'apparaisse que comme un copier/coller de la première, les scénaristes ont su jouer sur la fibre nostalgique des plus anciens tout en y incorporant des personnages nouveaux mais faisant partie intégrante de l'histoire personnelle de Ash Williams. C'est donc ainsi que l'on fera la connaissance de son père avec lequel il entretiendra de houleux rapports avant que tout ne s'arrange entre eux. Cette seconde saison est constituée de deux actes. L'un situant son action dans la ville natale du héros tandis que le suivant prendra forme au sein d'un hôpital psychiatrique on ne peut plus sinistre. Désormais, Ash et ses amis devront combattre des démons parasites nommés Deadites qui physiquement ressemblent peu ou prou aux cénobites de Hellraiser. Mais plus grave encore, ils devront affronter Baal (l'acteur Joel Tobeck), un autre type de démon, surpuissant, capable de prendre n'importe quelle apparence tandis que Pablo fusionnera au sens propre avec le Necronomicon...


RETOUR VERS LE FUT... VERS LE PASSÉ


Gore, drôle et filant à toute allure, cette seconde saison convie de nouveaux réalisateurs tel Mark Beesley tout en offrant à Tony Tilse et Michael J. Bassett l'opportunité de remettre à nouveau le couvert. Tout comme lors de la première saison, celle-ci gratifiera les spectateurs de nombreuses séquences amenées à devenir cultes. On pense notamment à celle qui opposera Ash et les entrailles d'un cadavre dans une morgue. Il semble que les scénaristes aient également choisi de prendre comme références quelques longs-métrages cultes. Est-ce le fruit du hasard si la voiture momentanément diabolique de Ash la renvoie la Plymouth Fury de 1957 du chef-d’œuvre de John Carpenter, Christine ? Ou plus tard si cette même voiture est lancée à vive allure afin de faire un bond dans le passé à la manière du Retour vers le futur de Robert Zemeckis ? Mais au delà des innombrables séquences d'anthologie qui encombrent cette seconde saison, au delà du délire graphique, des répliques burlesques et du rythme ultra soutenu, ce que retiendront sans doute plus encore les plus vieux d'entre nous sera le retour à l'écran trente ans plus tard de l'actrice Ellen Sandweiss qui dans l’œuvre originale interprétait le rôle de Cheryl, la sœur de Ash. Une séquence qui pourra s'avérer émouvante mais qui marquera surtout l'esprit des plus anciens spectateurs ! Mais les choses ne s'arrêteront pas là puisque lors du voyage dans le passé du héros, nous rencontrerons à nouveau la ventripotente Henrietta Knowby avant qu'elle ne s'attaqua au héros dans les secondes aventures cinématographiques de Ash, Evil Dead II en 1987. Bref, il n'y a rien de vraiment objectivement répréhensible à évoquer. À part, peut-être, quelques séquences un peu longuettes à l'image de celle lors de laquelle la voiture de Ash est possédée. Trop longue et au final assez ennuyeuse, elle aurait sans doute mérité d'être écourtée. Mais ne boudons pas notre bonheur car encore une fois, Ash VS Evil Dead Saison II est un véritable feu d'artifice gore, drôle et délirant. Absolument jouissif...

 

dimanche 27 novembre 2022

Ash VS Evil Dead saison I (2015) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Les plus vieux d'entre nous s'en souviennent encore. Qu'ils l'aient découvert sur grand écran ou plus tard en VHS, Evil Dead de Sam Raimi est rapidement devenu le film culte qu'il est demeuré jusqu'à maintenant. Que les plus jeunes se rassurent. S'ils n'ont pas connu cette glorieuse époque où l'imagination et la créativité étaient telles que même l'absence de budget confortable permettait pourtant de faire des miracles, eux aussi ont désormais droit à leur version actualisée du mythe. Car après une séquelle signée en 1987, un troisième opus en 1992, un remake s'éloignant quelque peu du concept d'origine (Evil Dead de Fede Álvarez en 2013) et un nouveau volet attendu pour l'année prochaine (Evil Dead Rise de Lee Cronin), les petits jeunes et les anciens peuvent depuis 2015 se faire la main sur la série Ash vs. Evil Dead diffusée sur la plate-forme de streaming Netflix. Une série constituée de trois saisons qui ne sera pourtant malheureusement pas renouvelée au vue de la baisse de fréquentation des spectateurs durant la troisième. Mais pour cette première saison, honneur est fait à Sam Raimi, réalisateur et scénariste de l’œuvre séminale qui s'offre ici l'opportunité de mettre lui-même en scène le tout premier épisode de la série intitulé El Jefe. L'on y retrouve forcément la star de la franchise en la personne de Bruce Campbell, lequel interprète donc toujours le personnage de Ash Williams. Bien que les années aient passées (vingt-trois années réelles et trente fictives), l'acteur n'a pas trop changé physiquement et se montre d'ailleurs toujours aussi prompt à gesticuler devant la caméra. Pour le bonheur des vieux briscards et des nouveaux venus ! Souvenez-vous : dans Evil Dead II, Ash perdait la main droite, ce qui lui permettait de notamment la remplacer par une tronçonneuse... ou un fusil à pompe. Dans ce tout premier épisode de la série qui au total en comptera trente, le héros explique à la cliente d'un bar, lui-même accoudé au zinc, que sa nouvelle main est en bois de rose, sculptée par des artisans italiens. Mais le plus drôle, c'est lorsque celui-ci explique les conditions dans lesquelles il a perdu la sienne. Le ton est donné. Enfermé dans les gogues du bar, Ash culbute la jeune femme avant d'être le témoin d'une horrible apparition. En réalité, une simple ''vision'' qui va très rapidement devenir réalité lorsqu'il se rappellera plus tard une soirée enfumée lors de laquelle il avait en compagnie d'une autre conquête féminine, lu quelques passages du fameux ouvrage maléfique, le Necronomicon !


Que les aficionados de l'époque se rassurent : ça n'est pas parce que la série est diffusée sur Netflix que le propos va être atténué. Bien au contraire, puisque les moyens en matière d'effets-spéciaux et de budget ne sont plus tout à fait ceux de la fin des années soixante-dix, la première saison de Ash vs. Evil Dead va se révéler un véritable festival en matière d'effets gore et de dynamisme ! Burlesque, gore et filant à tout allure, on ne pouvait évidemment s'attendre à autre chose de la part de celui qui pourtant semblait s'être fondu dans le moule du ''tout grand public'' avec ses derniers longs-métrages (et notamment la trilogie Spider-Man entre 2022 et 2007). Mais la question qui reste posée est celle-ci : à quoi donc doit-on s'attendre de la part des réalisateurs qui lors des épisodes suivants prendront la relève de Sam Raimi ? Là encore, pas de soucis à avoir. La suite des événements confirmeront tout le bien que l'on peut penser de cette première saison. Qu'il s'agisse de Michael J. Bassett, David Frazee, Michael Hurst, Tony Tilse ou de Rick Jacobson, chaque réalisateur propose son lot de surprises, de séquences gore, de combats entre le Bien et le Mal, de créatures monstrueuses, le quatrième épisode intitulé Brujo réalisé par David Frazee allant même jusqu'à plonger Ash et les spectateurs en plein délire hypnotico-psychédélique. Visuellement bluffant, cet épisode confirme également que l'avenir d'un personnage nouveau, tout aussi attachant puisse-t-il être, n'est jamais certain. À ce sujet, Ash est désormais entouré d'une poignée de personnages plutôt sympathiques. L'on retrouve en effet à ses côtés les acteurs Ray Santiago et Dana DeLorenzo qui interprètent Pablo Simon Bolivar et Kelly Maxwell, deux ex-collègues de travail du héros qui précédemment travaillaient dans un magasin d’électro-ménager. Intervient également Jill Marie Jones dans la peau de l'inspectrice Amanda Fisher, laquelle traque Ash. Tout comme Lucy Lawless qui elle interprète Ruby Knowby, personnage ambigu lancé à la recherche du Necronomicon et qui sera l'objet d'une incroyable révélation lors du final du neuvième épisode. Cette première saison fut donc très encourageante pour la suite. Un excellent dosage entre horreur, action et comédie que les fans anciens et nouveaux prendront beaucoup de plaisir à découvrir si ce n'est déjà fait...

lundi 31 octobre 2022

Calendrier Sanglant (Calendar Girl Murders) de William A. Graham (1984) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Diffusé pour la première fois sur le territoire américain en 1984, le téléfilm Calendrier Sanglant (Calendar Girl Murders) est l'une des plus de cent vingt réalisations de William A. Graham. Et comme le titre l'indique, les amateurs de cinéma d'épouvante façon Slasher seront en terrain connu puisque l'intrigue situe son action alors qu'est fêté l'arrivée d'un nouveau calendrier constitué de photos de femmes nues dirigé par un certain Richard Trainor. Un rôle interprété par l'acteur Robert Culp qui fut non seulement l'une des vedettes de la série Les espions dans le courant des années soixante mais également l'assassin dans trois épisodes de la série Columbo avant de devenir le père de l'un d'eux dans un quatrième (Criminologie appliquée en 1990). Douze portraits de femmes dont celles représentant les mois de janvier et de février ne vont pas tarder à connaître un triste sort. En effet, la première sera poussée par dessus le balcon de sa chambre d’hôtel tandis que la seconde sera poignardée. Tandis que miss Mars échappe de justesse à la noyade lors d'une réception donnée chez Richard Trainor, la jeune femme sera remplacée par la photographe Cassie Bascomb. Cette dernière est incarnée par la sublime Sharon Stone qui avant d'apparaître notamment dans Total Recall et de devenir la star qu'elle est depuis grâce à son incarnation de Catherine Tramell dans Basic Instinct tourna majoritairement dans des téléfilms et autres séries télévisées. Ici, elle tient la vedette aux côtés de Tom Skeritt, interprète dans de nombreux longs-métrages parmi lesquels il interpréta l'hautain capitaine A.J.Dallas dans le chef-d’œuvre de Ridley Scott, Alien en 1989...


Dans le téléfilm de William A. Graham, l'acteur incarne le personnage du lieutenant Dan Stoner, lequel est chargé d'enquêter sur le meurtres des mannequins ainsi que de la protection de celles qui sont encore en vie. Véritable slasher dans l'âme et comparable aux gialli italiens pour la connivence qu'il entretient dans ses rapports avec la psychologie et le passé de son assassin, Calendrier Sanglant n'est franchement pas une brillante réussite et s'avère relativement mou. À dire vrai, le téléfilm retient l'attention surtout grâce à la complicité entre Tom Skeritt/Dan Stoner et Sharon Stone/Cassie Bascomb. Un jeu de séduction auquel l'acteur aura le malheur de ne pas succomber puisque son personnage est lui-même marié à une épouse qu'il n'a de toute manière pas l'intention de tromper avec quiconque. Ni aucune des mannequins qu'il croisera durant sa mission d'enquête et de protection, ni lorsque le comportement de la jeune et magnifique photographe se montrera plus qu'équivoque. La beauté de Sharon Stone annihilant toutes celles auxquelles elle va se frotter durant un peu plus d'une heure trente, Calendrier Sanglant ne repose quasiment que sur ses seuls atouts et cette étonnante distance que parvient à maintenir le personnage campé par Tom Skeritt. Il faudra attendre jusqu'à la fin avant de comprendre qui peut en vouloir à ces naïades physiquement irréprochables mais auxquelles seront confiés des rôles très secondaires. Au milieu de ce cheptel de beautés l'on retrouve quelques individus suffisamment louches pour éveiller l'intérêt du flic. Et même si l'on se doute par avance qu'ils sont les uns et les autres innocents, trouver la véritable identité du tueur ne sera pas forcément évident. Au final, Calendrier Sanglant ne vaut que pour la présence de la superbe Sharon Stone dont le personnage préfigurait en 1984 celui qu'elle allait interpréter huit en plus tard dans Basic Instinct (Oups!)...

 

dimanche 18 septembre 2022

Le mystère Daval de Christophe Lamotte (2022) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Voyeurisme et opportunisme à tout crin, tel est le type de critiques que risquent de se voir affublés celles et ceux qui commettent l'impensable en romançant sur petits et grands écrans d'authentiques faits divers. Pourtant, la littérature et certains autres médias tels que les reportages, documentaires et autres émissions télévisées ne s'en cachent pas eux-mêmes mais ne connaissent pas toujours de vives critiques de la part des familles, des proches ou même plus simplement du commun des mortels ! L'affaire Daval est parmi les dernières à avoir eu les ''honneurs'' d'une reconstitution télévisuelle aux détriments de la mère du meurtrier de sa propre épouse qui criait alors son refus de voir remuer à nouveau cette sordide histoire de meurtre et de mensonges. Cette affaire entourant le couple Alexia et Jonathann Daval ainsi que leurs familles respectives fut en un temps pas si reculé, le feuilleton supposé préféré du peuple français que l'on arrosait régulièrement d'informations concernant la disparition, la mort et l'enquête autour d'Alexia, une jeune et jolie femme appréciée des habitants de Gray-la-Ville en Haute-Saône. On le sait aujourd'hui, le responsable de sa mort ne fut autre que son propre époux Jonathann. Un jeune homme qui fut, à la découverte du corps d'Alexia, supporté et entouré par sa belle-famille ainsi que les habitants de Gray-la-Ville. Jusqu'à ce que l'on découvre qu'il n'avait fait que mentir durant des mois, cachant ainsi sa responsabilité dans le meurtre de son épouse. Depuis, des légions de documentaires ont pris vie. Même la plus célèbre des émissions criminelles françaises Faites entrer l'accusé a ''tardivement'' consacré l'un de ses numéros à l'affaire Daval. Bien avant que TF1 s'y mette à son tour, la chaîne BFMTV a mis à disposition des téléspectateurs la série documentaire Daval, la série sous forme de mini-série. Le téléfilm en deux parties de quarante-cinq minutes Le mystère Daval demeure quant à lui purement fictionnel même s'il s'inspire bien sûr d'une tragédie bien réelle. Ce ne sont donc pas les principaux ''acteurs'' de cette affaire criminelle française qui sont donc sur le devant de la scène mais leurs alter ego de fiction campés entre autre par Michèle Bernier qui incarne la mère de la victime, Isabelle Fouillot tandis que Jérôme Anger interprète son époux Jean-Pierre. Quant au personnage de Jonathann Daval, le réalisateur Christophe Lamotte (un habitué des drames et des thrillers) l'a confié à l'acteur Liam Baty...


Quelques liens de documentaires consacrés à l'affaire :

Affaire Daval, un pacte familial ?

Jonathann Daval, le mari aux deux visages

Faites entrer l'accusé : Jonathann Daval, la trahison du gendre idéal



Au-delà du fait que Le mystère Daval puisse paraître racoleur et qu'il puisse faire également bondir de colère certains acteurs de l'affaire (comme en témoigne la mère du meurtrier qui tenta de faire interdire la mise en chantier du projet de téléfilm), rien ne distingue vraiment l’œuvre de Christophe Lamotte de la grande majorité des fictions télévisées du même type. Comprendre, criminelles. Si d'autres se sont ''compromis'' dans ce type d'exercice avec bien plus de talent (Claude-Michel Rome avec Dans la tête du tueur consacré à Francis Heaulme et au policier Jean-François Abgrall ou Yves Rénier avec La traque sur l'affaire Michel Fourniret), Le mystère Daval n'est au final rien de moins, rien de plus que l'un de ces éternels téléfilms policiers sans surprises et multipliant les codes inhérents au genre. Tout juste nous ''amuserons-nous'' de redécouvrir des séquences emblématiques de l'affaire sous l'angle de la fiction. Comme celle lors de laquelle le tueur fut soutenu par ses beaux-parents lors de son intervention faisant suite à la marche blanche. À ce titre, louons malgré tout l'interprétation de Liam Baty qui dans le rôle de Jonathann Daval, le mime presque à la perfection, ajoutant à ses mimiques, un timbre de voix s'ajustant parfaitement à celui du meurtrier de son épouse. Comparé aux innombrables documents audios et vidéos, Le mystère Daval paraîtra bien innocent et même parfois étonnamment mièvre. De rares retours en arrière, des flash-back sur la relation du couple qui ne rendront ni l'un ni l'autre plus attachants qu'ils ne le furent au tout début du récit. Ce que l'on veut, ce que l'on aimerait tout du moins, c'est en apprendre davantage, découvrir les coulisses de cette affaire même si à cette occasion l'on doit passer par la case fantaisiste de la fiction. L'un des points noirs du récit se situe justement dans le choix du réalisateur et de ses scénaristes Pascal Fontanille et Emmanuelle Rey-Magnan de s'intéresser avant tout à l'enquête plutôt qu'aux protagonistes de l'affaire. Prenant leurs distances avec ces derniers, Christophe Lamotte empêche à toute forme d'empathie de s'installer. C'est donc dans une quasi-indifférence que l'on assiste aux quelques séquences qui rassemblent les parents de la victime avec leur beau-fils Jonathann Daval. Et ce, bien que l'angle parfois choisi de l'intimité aurait dû rendre le récit encore plus émouvant que n'avait pu l'être l'affaire dans les médias. Sans être mauvais, Le mystère Daval coche toutes les cases du téléfilm policier classique, sans surprises, morne et engourdi de détails sans intérêt. On conseillera donc à celles et ceux qui connaissent assez mal cette affaire de sauter sur les innombrables documentaires qui lui sont consacrés plutôt que sur ce téléfilm très moyen...

 

mardi 13 septembre 2022

For all Mindkind de Ronald D. Moore, Ben Nedivi et Matt Wolpert (2019/20??) - ★★★★★★★★★☆




La science-fiction est un vaste champ d'action exploité par la littérature et le cinéma, avec son cortège d'extraterrestres, de créatures diverses et variées, de contrées spatiales inexplorées et de valeurs morales qui trouvèrent sans doute à travers les différentes séries Star Trek de quoi nourrir des légions de fans épris de visions optimistes. Derrière son nom barbare, l'uchronie est un concept qui fascine et permet de développer toute une série d'hypothèses sur la manière de modifier notre passé et d'imaginer ainsi comment transformer notre présent ainsi que notre avenir. Dès novembre 2019 débarquait sur la plateforme américaine Apple TV+ l'une des séries de science-fiction les plus prometteuses et les plus ambitieuses de toute l'histoire de la télévision mondiale. Ou comment imaginer ce qui pourrait s'apparenter comme les premiers balbutiements d'une ère qui allait donner vie au monde gigantesque né dans l'esprit d'un certain Gene Roddenberry. Si l'on est encore bien loin des technologies avancées que les téléspectateurs rencontreront dès 1966 à travers Star trek, la série originale, le scénariste et producteur américain Ronald D. Moore nous proposait dès 2019 avec For All Mankind, une alternative proche de ce que les amateurs de science-fiction seraient tentés d'espérer voir se concrétiser un jour. Et ce, sous la forme d'une uchronie justement. De cette manière de remodeler le passé pour que le présent et le futur demeurent moins austères que ceux dans lequel nous vivons et celui dont nous nous approchons dangereusement. Les fans du genre ne s'y sont pas trompés : si les dernières séries Star Trek paraissent objectivement moins profondes que les précédentes et si la génialissime The Orville a pris le relais de la plus intelligente des manières, l'amateur ne pourra faire l'impasse sur For All Mankind, série qui représente à ce jour la quintessence du genre. Une porte d'ouverture sur un monde qui dans la logique du titre et de certains événements qui s'y déroulent, devrait rallier l'humanité toute entière pour une même cause...


Et pourtant, le chemin est encore long. Dans cette série qui imagine que les premiers hommes à avoir posé le pied sur la surface de la Lune ne sont pas américains mais soviétiques, il s'en passe des choses. Des actes de la vie quotidienne, sur Terre comme dans l'espace, où la couleur de peau, le sexe ou les inclinations d'ordre sexuel font partie des préoccupations de la Nasa et de sa principale rivale venue d'Union Soviétique. For All Mankind offre une porte d'entrée intelligente aux sujets qui préoccupent depuis toujours les minorités sans pour autant porter le costume Woke qui parasite désormais nombre de séries télévisées et de longs-métrages cinématographiques. C'est là toute l'intelligence de la série qui avec un luxe de sobriété teinté de réalisme intègre tout un pan de notre histoire dans un univers dont la seule arrivée des soviétiques sur la surface de la Lune en premiers va bouleverser l'avenir. Alors que la quatrième saison est déjà dans la boite, les trois premières situent leur action chacune lors d'une décennie différente. Si le tout premier épisode de la première prend son temps, les événements se précipitent ensuite relativement rapidement. Brillant non seulement grâce à des scénarii qui relancent sans interruption une action se déroulant aussi bien sur notre planète qu'au dessus de nos têtes, For All Mankind est aussi et surtout incarné par un cortège d'acteurs qui interprètent des personnages tous plus fascinants les uns que les autres. Leur évolution professionnelle et personnelles. Leurs ambitions. Voire un certain opportunisme. Mais For All Mankind n'est pas qu'une vision nouvelle de la conquête spatiale qui à ce jours est arrivée jusqu'à la surface de Mars. La série maintient non seulement un intérêt à travers l'objectif plus ou moins commun des américains et des russes à gagner la course aux étoiles mais réussi pleinement dans divers domaines tels que le thriller avec ses personnages tantôt secondaires devenant à leur tour l'axe central de tel ou tel épisode. Science, politique, drames, For All Mankind mêle fiction et réalité en proposant une relecture du passé et du présent tout en incluant des figures de la conquête spatiale à des personnages fictifs. Trente épisodes pour une série addictive, sans le moindre déchet (chaque personnage à droit à une caractérisation aux petits oignons). Tout juste pourrions-nous reprocher à la série cette propension à faire du russe le Mal perpétuellement incarné...

 

vendredi 19 août 2022

She-Hulk : avocate de Jessica Gao (2022) - ★★★☆☆☆☆☆☆☆

 


 

Figurez-vous que je ne m'en étais jamais rendu compte mais le vrai nom de celui qui se cache derrière le plus célèbre des monstres verts (non, pas le Crédito de Cetelem (c'est son nom), ni le Géant Vert de la marque éponyme de l'industrie agro-alimentaire et encore moins (quoique) l'acolyte de Casimir, Hippolyte) est Bruce Banner ! J'imagine que celles et ceux qui continuèrent à s'intéresser au personnage au delà de la géniale série L'incroyable Hulk et des quelques téléfilms qui furent tournés entre 1977 et 1990 le savaient déjà mais pour moi, ce héros malheureux victime de ses propres expériences restera à jamais DAVID Banner. Cet homme qu'interpréta l'acteur Bill Bixby) et qui se transformait ponctuellement en Hulk (incarné quant à lui par le bodybuildeur Lou Ferrigno) dès qu'un événement le contrariait ! Mais voilà qu'allait débarquer longtemps après le pendant féminin de ce super-héros très particulier et, osons le dire, pas franchement sympathique. Effet de mode ? Oui... et non puisque Miss Hulk (She-Hulk en version originale) n'est pas une création récente mais date au contraire du tout début des années quatre-vingt. Sous l'impulsion du scénariste Stan Lee et du dessinateur John Buscema, la jeune femme apparut donc pour la première fois en février 1980 dans le numéro un de Savage She-Hulk ! Quarante-deux ans plus tard, et après être apparue dans divers médias tels que les jeux-vidéos, là voilà qui débarque sur Disney+ en 2022. Au vu des premiers sons de cloche, She-Hulk : avocate (car en effet, outre le fait qu'elle soit la cousine du scientifique Bruce Banner, la miss est avocate à Los Angeles), la série est, d'après certains, une chiasse intégrale (excusez le terme peu flatteur et j'avoue, relativement vulgaire). Mais comme il ne faut surtout pas s'arrêter aux premières impressions et que Disney+ a eu la bonne idée de ne mettre pour l'instant que le premier épisode à disposition (ce qui évitera à celles et ceux qui auraient d'emblée la nausée de se forcer à poursuivre immédiatement la suite de ses aventures), allons donc jeter un œil à la chose... Retour dans une demi-heure environ...


Woke’n’roll attitude ou pas woke’n’roll attitude ?


J'avoue que trente-cinq minutes semblent un peu courtes pour se faire une idée précise ou bien même générale de l'intérêt que peut avoir She-Hulk : avocate mais au risque de passer pour un vieux con(testataire), cette mini-série créée par Jessica Gao qui devrait compter neuf épisodes commence de manière fort peu élégante. Nous découvrons tout d'abord l'héroïne Jennifer Walters (l'actrice Tatiana Maslany) dans son rôle d'avocate (apparemment méprisante envers la gente masculine qu'elle balaie d'un revers en lui claquant la porte au nez!). Puis c'est à un retour en arrière nous expliquant les origines de sa version ''super-héroïque'' que nous impose le récit. Et autant dire qu'en la matière, le scénario et la mise en scène se montrent relativement expéditifs. Ne respectant d'ailleurs pas les origines réelles de la mutation de la jeune avocate qui à l'origine recevait une transfusion sanguine de la part de son cousin Bruce Banner à la suite d'une fusillade. Alors même que dans ce premier épisode, la jeune femme est blessée au bras à la suite d'un accident de voiture et reçoit malencontreusement quelques gouttes du sang de Bruce sur sa blessure. Et là, les choses vont très vite. Une ou deux secondes après, la voici qui se transforme déjà en Miss Hulk. Question finesse, ce premier épisode se pose là ! Mais le pire reste ce qui va suivre quelques dizaines de secondes plus tard lorsque réfugiée dans les chiottes d'un bar apparemment fréquenté majoritairement par des mâles en rut, elle rencontrera une groupe de femmes (mais a-t-on d'ailleurs le droit de les nommer ainsi?) évoquant tout ce que peut engendrer le wokisme. Puante de propagande, cette séquence évoque en l'espace d'un peu moins d'une minute,le cas LGBT et le langage inclusif et cela, avant de confronter l'héroïne à un petit groupe d'hommes, forcément primaires, alléchés à l'idée de violenter sur place la jeune femme qui alors va se transformer en Miss Hulk !


Après cela, si l'on n'a pas encore compris où veut en venir la série, autant poursuivre l'aventure ''les yeux bandés''. Finesse encore lorsque Hulk et Miss Hulk s'entraînent ensemble (celle-ci accusant son cousin de prétentieux après avoir elle-même affirmé que ses propres capacités étaient bien supérieures à celle de Bruce!). Si l'héroïne conserve sa silhouette toute féminine et si Bruce ressemble à une brute épaisse dénuée de neurones, les auteurs ne placent pas moins les deux super-héros sur un même piédestal physique. Au delà de ces spécifications semblant vouloir démontrer en outre la supériorité intellectuelle de l'héroïne, ce premier épisode de la série She-Hulk est à des années-lumière de la sensibilité que pouvait avoir L'incroyable Hulk. Ses auteurs se sentant sans doute contraints de plaire au plus grand nombre, la finesse a laissé la place à une certaine vulgarité et à une approche burlesque mais jamais drôle du mythe. Bref, She-Hulk semble avoir l'ambition de se rapprocher de ce qui se fait sur grand écran en matière de films de super-héros, à base de punchlines foireuses, d'effets-spéciaux grandiloquents (pour ne pas dire totalement ringards) et d'intrigue qui ne l'est pas moins. Seule la suite confirmera ou non cette impression...

 

vendredi 17 juin 2022

The Case of Hillside Stranglers de Steve Gethers (1989) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

L'évocation de l'une des affaires criminelles américaines les plus sinistres renvoie chez nous directement à l'époque où Internet n'allait arriver que trois ans plus tard et où Christophe Hondelatte n'était encore qu'un présentateur de journal pour la station de radio nationale France Inter et n'imaginait sans doute pas qu'un jour il présenterait la plus grande émission criminelle de l'hexagone, Faites entrer l'accusé. Au début des années quatre-vingt dix, une série de soixante ouvrages (plus deux hors-série consacrés au meurtre de John Fitzgerald Kennedy et à ceux commis par Jack l'éventreur) intitulés Dossier Meurtre : Enquêtes Sur Les Grands Crimes De Notre Temps fut éditée chez nous par la société ALP & cie. Les plus grands tueurs du siècle passé y furent ''célébrés'' à travers de remarquables portraits remontant de la plus petite enfance de ces tueurs sans pitié jusqu'à leur procès et leur condamnation. Et parmi ces soixante passionnants ouvrages, le numéro 27 fut consacré à un étonnant duo formé par les cousins Kenneth Bianchi et Angelo Buono sous les titre et sous-titre, ''Les étrangleurs des coteaux- Bianchi et Buono : les cousins qui semèrent la mort dans les collines de Los Angeles''. Connus dans la presse sous le surnom de ''The Hillside Stranglers'', Bianchi et Buono semèrent la terreur en tuant des femmes à de multiples reprises. Des meurtres dont les deux particularités furent qu'elles avaient toutes été étranglées après avoir subit d'horribles sévices et que leurs bourreaux se débarrassaient d'elles en abandonnant ensuite leur corps dans les hauteurs des collines du nord-est de Los Angeles.


En 1989 est diffusé à la télévision américaine le téléfilm The Case of Hillside Stranglers dans lequel le réalisateur Steve Gethers se base sur l'ouvrage de l'écrivain Darcy O'Brien Two of a Kind: The Hillside Stranglers publié en 1985. Il s'agit de la toute première adaptation du fait divers, laquelle sera suivie beaucoup plus tard par trois autres concentrées entre 2001 et 2006. Billy Zane interprète le rôle de Kenneth Bianchi, individu un brin immature et pervers sous l'emprise de son cousin Angelo Buono qu'incarne quant à lui l'effrayant Dennis Farina. Le réalisateur semble attacher beaucoup plus d'importance à ses deux tueurs et à leurs méfaits qu'à l'enquête que mena le sergent Bob Grogan qui lui est interprété par l'acteur Richard Crenna. Si ces trois personnages ont réellement existé, d'autres apparaissant à l'écran sont par contre tout à fait imaginaires. Comme celui de J.D. Jackson qu'interprète la charmante Karen Austin, survivante supposée d'une tentative d'enlèvement par les deux tueurs, laquelle va entrer en contact avec le sergent Grogan qui est chargé de mener l'enquête. Si dans le fond The Case of Hillside Stranglers évoque le génial The Deliberate Stranger, autre téléfilm de trois heures réalisé par Marvin J. Chomsky en 1986 et cette fois-ci consacré au célèbre tueur en série Ted Bundy, dans sa forme, celui de Steve Gethers s'avère en revanche relativement décevant...


Tout d'abord, les meurtres ne sont jamais exposés à l'écran. Ce qui d'une certaine manière ne s'avère finalement pas trop grave tant le charisme de Dennis Farina suffit à glacer les sangs. On reprochera cependant l'enquête policière menée par l'authentique Bob Grogan auquel dans le téléfilm le scénario écrit par le réalisateur lui-même prête une relation avec l'une des victimes des deux cousins. Les investigations sont en général, sans intérêt ! Quelques passages s'avèrent en revanche mémorables et se situent dans les quelques séquences d'interrogatoire de Kenneth Bianchi et lors de la visite de J.D. Jackson dans le repaire d'Angelo Buono. L'arrestation se déroulant en deux étapes, une fois le second mis sous les verrous en attente d'être jugé, le procès qui suivra est beaucoup trop vite expédié. On est loin de ces séries télévisées judiciaire (à la manière de Perry Mason) dans lesquelles une place très importante est accordée au jugement du ou des accusés. Ici, c'est le minimum syndical. Alors que le juge décide que celui-ci suivra son cours, on se prépare à un long et difficile procès entre les avocats de la défense et ceux de l'accusation. Malheureusement, on n'en apprendra que très peu et le verdict tombera au bout d'une toute petite poignées de minutes seulement. Si les deux acteurs qui interprètent les deux cousins s'avèrent convaincants, Richard Crenna ne semble pas à la fête, fatigué, et ne paraît pas vraiment être intéressé par le rôle du flic chargé de l'enquête. Reste que The Case of Hillside Stranglers est un sympathique téléfilm qui permettra surtout à ceux qui ne les connaissaient pas encore, de découvrir les monstrueux '' étrangleurs des collines''...

 

mercredi 8 juin 2022

Taken : À la recherche de Sophie Parker de Don Michael Paul (2013) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

En 2008 sortait sur les écrans de cinéma Taken du réalisateur français Pierre Morel. Un film d'action très efficace incarné par Liam Neeson dans le rôle d'un ancien agent des services secrets dont la fille était enlevée lors d'un voyage en France par un réseau de proxénétisme albanais. Doté de facultés physiques très particulières acquises tout au long de sa carrière, Bryan Mills remonta peu à peu le dit réseau jusqu'à un certain Patrice Saint-Clair (l'acteur Gérard Watkins), l'organisateur d'une vente de jeune filles d'origines étrangères, finissant ainsi par sauver la sienne avant qu'elle ne disparaisse à tout jamais dans la nature. Taken bénéficia de nombreuses séquences d'action dont quelques courses-poursuites énergiques et surtout, d'excellentes scènes de combats parfaitement orchestrées. En 2012 et 2015, Olivier Megaton prendra la place de Pierre Morel pour deux suites qui n'auront malheureusement pas autant d'intérêt que l’œuvre originale. Si le second reste encore regardable, le troisième est une véritable torture à tous points de vue. Son montage ultra-cut demeurant sans doute le point le plus négatif du projet. Pauvre Liam Neeson qui allait dès lors s'enfermer définitivement dans un genre si bien encombré que l'on y trouve à boire, à manger mais également à... vomir...


Tout le monde ne le sait peut-être pas, mais entre les volets deux et trois de la franchise Taken fut produit un téléfilm américain qui n'est autre que le remake du premier long-métrage de cette saga dont l'essentiel s'avère donc dispensable. Exit Liam Neeson et la famille de Bryan Mills. Le personnage que l'acteur britannique incarnait cinq ans auparavant est désormais remplacé par Stéphanie Parker, un lieutenant de police de la ville de New York qui au téléphone est le témoin de l'enlèvement de sa fille Sophie (Naomi Battrick) alors que celle-ci est en vacances à Moscou en compagnie de sa meilleure amie. Stéphanie (ici interprétée par Julie Benz) n'a alors que quarante-huit heures (contre quatre-vingt seize dans Taken premier du nom) pour remonter la piste de ceux qui ont enlevé sa fille et l'arracher aux griffes de ses kidnappeurs spécialisés dans la traite des blanches. Épaulée par Nadia (Amy Bailey), Stéphanie se rend tout d'abord dans un commissariat dont le plus haut des fonctionnaires se montre quelque peu laxiste en la matière. La mère de famille comprend très vite qu'elle va devoir se débrouiller par elle-même si elle veut pouvoir revoir Sophie...


Si le concept n'est évidemment pas tout neuf lorsque est diffusé chez nous (en avril 2014) Taken : À la recherche de Sophie Parker, on peut se surprendre à vouloir découvrir ce que peut offrir cette version féminine du film d'action sorti cinq ans auparavant. Si l'on peut se demander comment l'actrice Julie Benz va pouvoir rivaliser avec les prouesses physiques de Liam Neeson dans Taken, la réponse ne se fait pas longtemps attendre : la quinquagénaire ne se donne pas la peine de sortir tout un éventail de prises empruntées à de quelconques arts martiaux mais préfère faire parler la poudre. Et encore, ça n'est pas parce que l'un de ses collègues lui fait parvenir des États-Unis une mallette renfermant un flingue et des munitions que la flic new-yorkaise en fera forcément usage. Du haut de son statut de téléfilm, Taken : À la recherche de Sophie Parker est malheureusement trop timide, trop poli, trop décent. N'excédant pas les quatre-vingt deux minutes, la chose ressemble moins à un téléfilm d'action qu'à un policier pas franchement original et au scénario encore plus mince que celui qu'écrivirent Luc Besson et Robert Mark Kamen pour le Taken d'origine. Les second et troisième volets sortis sur grand écran se révèlent tellement pitoyables au regard de ce téléfilm réalisé par Don Michael Paul que ce dernier semblera finalement plutôt honorable à regarder. Mais pour ceux qui apprécient tout particulièrement les scènes d'action et de combats au corps à corps, Taken : À la recherche de Sophie Parker fera figure d'enfant pauvre de la franchise...

 

mercredi 12 janvier 2022

Le tueur du dimanche de José Giovanni (1985) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Dans le cadre de la collection de téléfilms Série Noire créée par Pierre Grimblat en 1984, plus de trente réalisateurs ont accepté d'y participer, la majorité pour une unique fois et quelques autres (les plus rares), à deux reprises comme Joël Séria, Laurent Heynemann, Pierre Grimblat lui-même ou encore Daniel Duval. S'étalant entre l'année de sa création et 1989, la collection accueilli avec joie la présence du français José Giovanni, auteur de nombreux romans mais aussi de longs-métrages cinématographiques et télévisés tels que La scoumoune en 1972, Deux hommes dans la ville l'année suivante, Les égouts du paradis en 1979 ou Le ruffian quatre ans plus tard. Le tueur du dimanche est quant à lui diffusé sur la première chaîne nationale française le 31 mars 1985. L'action se déroule à Genève et voit un homme tuer de manière métronomique chaque dimanche, une femme différente à coup de fusil à lunette. L'affaire s'avère délicate puisque lorsque démarre le récit, le tueur en est déjà à sa quatrième victime. Le commissaire Kramer (l'acteur Georges Wod) a beau chercher le coupable en compagnie de ses hommes et arborer une certaines assurance avec au bec, les sempiternels cigares qu'il fume, les victimes du tueur en série continuent à s'ajouter au précédentes chaque dimanche, noircissant les pages de la presse papier et faisant le beurre des journaux télévisés et des émissions de radiophonie. En parallèle, le téléfilm de José Giovanni nous présente le personnage de Léopold (l'acteur Rufus), un ouvrier métallurgiste qui rêve de changer d'existence ainsi que Sophie (Sophie Ladmiral), une ancienne prostituée qui après avoir fait un passage par la case prison est poursuivie par ses anciens ''employeurs'' le jour de sa libération. Heureusement pour elle, en bon samaritain, Léopold lui vient en aide et la sauve d'un guet-apens dans lequel elle a failli tomber. Surtout, la jeune femme est la sœur du meilleur ami du métallurgiste. Un homme qui à la suite d'un grave accident a perdu ses deux mains et en demeure honteux. Pour corser le tout, Sophie a perdu la garde de son fils lors de son incarcération et rêve de le récupérer depuis sa sortie de prison. Si seulement la jeune femme en avait les moyens...


Si tous les éléments qui constituent ce récit policier n'ont l'air d'entretenir que de très lointains rapports, la vérité est tout autre. Comme nous le démontrera le déroulement du récit, le scénario de José Giovanni reposant sur son propre roman est parfaitement construit. Son raisonnement, plutôt classique, veut que le spectateur doute en permanence de l'identité du tueur qui bien entendu, ne nous sera révélée qu'à la toute fin du téléfilm. Sans être tout à fait ennuyeux, Le tueur du dimanche n'est pas un modèle de thriller comme peuvent l'être actuellement certains longs-métrages de cinéma français. Si l'intrigue est suffisamment accrocheuse pour maintenir un certain intérêt, la mise en scène s'avère quelque peu mollassonne. Il n'empêche qu'avec ce couple Léopold/Sophie qui se crée en direct à l'image, se développe l'hypothèse selon laquelle LUI pourrait être ce fameux criminel que la police recherche. Si Le tueur du dimanche n'évoque pas directement l'un des plus sinistres faits-divers qu'ait connu notre pays entre le 5 octobre 1984 et le 27 novembre 1987 et si les méthodes employées par un authentique tueur en série (Thierry Paulin, surnommé le tueur de vieilles dames ayant sévit dans plusieurs arrondissements de Paris où il fit plus de vingt victimes) furent bien différentes, le téléfilm de José Giovanni y fait sensiblement écho. Sauf qu'ici, on est davantage devant un téléfilm du dimanche après-midi, relativement pépère bien qu'arborant une allure parfois sombre. Les personnages interprétés par Rufus et Sophie Ladmiral figurant des individus désemparés. Rien de gai ne vient en effet enjoliver le téléfilm est lorsque l'aventure semble prendre une tournure beaucoup plus optimiste, le réalisateur et scénariste ne lâche pas la pression moribonde qui se dégage de l'ensemble en laissant supposer que de toute manière, cet échappatoire auquel prétend notre couple ne sera que de très courte durée. À noter que José Giovanni participera à nouveau à l'élaboration de la série trois ans plus tard avec le vingt-neuvième épisode intitulé La louve...

 

mardi 11 janvier 2022

Mange de Julia Ducournau et Virgile Bramly (2012) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Avant de remporter la Palme d'or au festival de Cannes l'année passée avec Titane et de nombreuses récompenses entre 2016 et 2018 pour Grave, la réalisatrice française Julia Ducournau débuta sa carrière en 2005 en signant un premier court-métrage intitulé Corps-Vivants puis deux autres en 2007 et 2011 (dont le très réussi Junior dans lequel apparaîtra déjà l'actrice Garance Marillier, l'un des personnages féminins du film qui nous intéresse ici, et vedette de Grave puis de Titane par la suite). Puis vint en 2012, son premier long-métrage. Un format prévu pour le petit écran qui n'empêchera pas la future ''palmée'' de s'attaquer à ses thèmes de prédilections que semblent être les désordres psychiques et physiologiques. Avec son titre passe-partout, si Mange aborde effectivement le trouble de l'appétit connu sous le nom d'anorexie mentale, ce premier long-métrage réalisé en collaboration avec l'acteur Virgile Bramly (dont il s'agira ici de l'unique mise en scène) semble tout d'abord être une histoire de vengeance. Celle d'une adolescente obèse et mal dans sa peau qui une fois devenue une adulte et une avocate brillante qui gagne tous ses procès vit son alimentation de manière compliquée. Vivant auprès de l'inspecteur Igor (l'acteur Julien Boisselier), Laura assiste à l'une de ces réunions auprès d'autres anorexiques et de boulimiques lorsque entre dans la pièce qui les réunit tous, la blonde Shirley (qu'interprète l'actrice Élodie Frenck). Une nouvelle venue en qui la jeune avocate reconnaît l'une des collégiennes qui lui menèrent la vie dure lors de sa scolarité. Laura n'a alors plus qu'une idée en tête : se venger de celle qui l'humilia. D'autant plus que le fantôme de celle qui fut cette adolescente obèse ne cesse de la pousser à punir Shirley qui elle-même est anorexique...



En vedette principale de Mange, nous retrouvons l'actrice Jennifer Decker qui trois ans auparavant, et dans le rôle de Harmony, fit du gringue à Étienne, l'un des personnages interprété par le toujours excellent Jean-Pierre Darroussin dans Erreur de la banque en votre faveur de Michel Munz et Gérard Bitton. Changement de décor, de rôle et donc d'attitude puisque l'adolescente de dix-sept ans s'est désormais muée en une toute jeune adulte ayant pris le parti de défendre des hommes accusés de battre leur compagne.... ou leur compagnon ! Elle y incarne une Laura apparemment saine dans son corps et dans sa tête puisque depuis un an elle semble avoir remis un peu d'ordre dans son esprit et vit aux côtés d'un homme charmant et de sa fille Anna (Garance Marillier). Mais cette petite vie devenue quelque peu tranquille va changer dès l'apparition de Shirley qu'interprète donc une Élodie Frenck dont l'existence va être bousculée au contact d'une Laura qu'elle ne reconnaît pas comme ayant été son souffre-douleur des années en arrière. Mange explore la longue dérive d'une femme piégée par une ''marraine'' aux sombres pensées qui, la chose est commune, finira par s'attacher à sa victime potentielle. Situé entre les appartements des deux femmes, un bar à l'esprit punk-rock tenu par Vinnie (Gustave Kervern dont les apparitions sont malheureusement trop brèves puisqu'il interprète ici l'un de ses meilleurs rôles) et un hôtel où la blonde s'envoie en l'air tandis qu'au rez de chaussée, Laura attend qu'elle ait fini sa petite affaire en compagnie du gérant qui l'abreuve de films indiens !


Julia Ducournau et Virgile Bramly jouent aux montagnes russes et l'on ne sait plus trop où veut en venir leur héroïne. Les deux auteurs noient le poisson en laissant supposer qu'un certain attachement de l'une envers l'autre pourrait effacer ce passé traumatique qui a rendu l'avocate anorexique. Cela sans prendre conscience que la vengeance à proprement parler pourrait détruire et le couple de Laura, et celui de Shirley (laquelle, petite précision, est mère d'une adolescente qui aurait sans doute mérité quelques fessées et gifles de la part de ses parents). Mange hurle sa hargne en silence. Les deux principales actrices féminines sont plus que convaincantes dans cette sororie viciée dès le départ mais dont l'issue demeure incertaine. Le pouvoir des mots étant ce qu'il est, dans ce cas précis l'emploi de la violence frontale et graphique n'est jamais requis. Un téléfilm de qualité...

 

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