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mercredi 21 juin 2023

Tales of the Walking Dead (2022) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

The Walking Dead, Fear the Walking Dead, World Beyond, Dead City et prochainement, Daryl Dixon et Rick & Michonne... On peut dire que les producteurs et les créateurs de l’œuvre originale inspirée de la bande dessinée The Walking Dead de Robert Kirkman, Tony Moore et Charlie Adlard auront exploité et essoré le concept jusqu'à la dernière goutte... de sang ! Rien que l'année dernière et à l'issue de la toute fin de la série originale débutée douze ans plus tôt en 2010, plusieurs projets furent lancés dont deux se sont pour l'instant concrétisés. Et parmi eux, Tales of the Walking Dead qui contrairement à toutes celles qui ont déjà été produites et celles qui s'apprêtent à l'être ne constitue pas une série d'épisodes construits sous la forme d'un fil d’Ariane mais est organisé en chapitres indépendants les uns des autres. C'est ainsi qu'à travers les six épisodes qui constituent cette nouvelle série dérivée l'on découvrira de nouveau personnage et ce, de manière tout à fait temporaire. Chacun d'entre eux est nommé selon son ou ses principaux protagonistes. Des personnages qui pour une très grande majorité nous sont inconnus, mais pas tous comme le révélera le quatrième épisode intitulé Dee et dans lequel nous retrouvons la charismatique antagoniste cheffe des Chuchotteurs surnommée Alpha, des saisons neuf et dix. L'actrice et réalisatrice britannique Samantha Morton y reprend son emblématique personnage afin de permettre à cet épisode de remonter aux sources du personnage. Ce qui, formellement et du point de vue psychologique du personnage, n'est pas réellement le cas puisque la future Alpha apparaît d'emblée dérangée...


Tales of the Walking Dead rend compte d'une chose : que pour attirer de nouveau les fidèles de la franchise ou ceux qui ne s'y sont pas encore intéressés, il va falloir faire preuve d'un peu plus d'originalité que de simplement créer une série pour les ados (The Walking Dead : World Beyond), quitte à transformer le concept, s'en éloigner même parfois, et prendre des distance avec ces zombies qui au fil des récits et des rencontres ont obtenu divers sobriquets. À l'issue de la projection des six épisodes, le verdict semble aller dans le sens où l'on a parfois l'impression que Tales of the Walking Dead n'a été créé qu'afin de monétiser à partir d'une valeur sûre, quitte à mentir parfois sur certains contenus et ainsi ne montrer les créatures que brièvement. Ce qui pourrait apparaître à certaines occasions comme une véritable trahison s'avère en réalité une véritable bouffée d'air frais. Car en dehors de l'insipide cinquième épisode intitulé Davon, personnage central qu'incarne l'acteur Jessie T. Usher et dans lequel le bonhomme transmet des messages (genre : ''Tuer ne devrait pas être notre seule option'' ou ''Si on préfère sauver sa vie plutôt qu'une autre, on a intérêt à être sûr que notre vie en vaut la peine'') à haute teneur en démagogie, l'ensemble s'avère de très bonne tenue même si certaines règles sont 'parfois formellement 'bafouées''. On pense notamment à l'épisode Blair/Gina dans lequel la patronne d'une petite entreprise (Parker Posey dans le rôle de Blair) et l'une de ses employées (Jillian Bell dans celui de Gina) sont les principales victimes d'un étrange phénomène consistant en une boucle temporelle qui les ramène sans cesse au même endroit et à la même heure...


Cet épisode joue essentiellement sur la fibre humoristique et sur ce concept de répétition qui permet de découvrir sous de nouveaux angles un même récit. Sauf qu'en comparaison de certaines œuvres authentiquement vouées au genre, Blair/Gina se montre scénaristiquement plus faible que la concurrence. Un bon épisode malgré tout. Outre ces trois épisodes succinctement résumés l'on a droit en ouverture de saison au sympathique road-trip Evie/Joe mettant en scène Olivia Munn et Terry Crews, un étonnant cas d'anthropologie créant le chaînon manquant de l'évolution de l'homme à travers l'homo-mortis, idée farfelue avancée par le Docteur Charles Everett (l'acteur Anthony Edwards), plus proche de ses sujets d'expérimentation que de la jeune Amy Zhang (l'actrice Coquelicot Liu) qui cherche auprès de lui un peu d'aide et de réconfort. Et puis, il y a ce sixième et dernier épisode de la saison intitulé La Doña. Personnage qu'interprète Julie Carmen. Propriétaire d'une grande demeure isolée et protégée par un mur infranchissable, la vieille dame reçoit la visite d'Idéalia (Daniella Pineda) et d'Eric (Danny Ramirez) qu'elle accepte de nourrir avant de les convier à quitter sa demeure. La saison se conclue par un épisode fantastique conviant davantage les mauvais esprits que les zombies dans un épisode réellement anxiogène situé dans un décor grouillant de bibelots et de signes religieux. Une vraie bonne surprise pour une saison qui se termine donc de belle manière. À noter qu'une seconde saison cette fois-ci intitulée More Tales from the Walking Dead Universe devrait bientôt voir le jour...

 

mardi 20 juin 2023

The Walking Dead – Dead City d'Eli Jorne (2023) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Qui ne se souvient pas de ce fameux jour où fut diffusé pour la toute première fois en France la saison numéro une de la série d'horreur The Walking Dead ? Difficile en effet d'oublier l'une des plus remarquables adaptations tous supports confondus d'un univers tournant autour du mythe du zombie. Des personnages à foison, tantôt attachants, tantôt repoussants, des bons et des mauvais, des protagonistes ainsi que des antagonistes. De l'horreur, sans filtres, entre morsures, explosions de têtes, membres arrachés, pour le plaisir des amateurs et des autres qui finalement se sont habitués eux aussi à dévorer leur comptant d'abominations hebdomadaires. Durant les douze années qui ont suivi, dix autres saisons furent créées jusqu'à ce qu'un jour de 2022, la série s'achève. Entre temps, des produits dérivés pullulèrent sur le marché. Et notamment des jeux vidéos conviant cette fois-ci le joueur à entrer de plain-pied dans cet univers horrifico-post-apocalyptique intense. Des Spin-Off également. Tout d'abord Fear the Walking Dead, série remontant aux origines de l'épidémie avec elle aussi son lot de personnages, de morts, de situations plus ou moins anxiogènes, de zombies et de décors désolés. Constituée de huit saisons dont la dernière sera prochainement diffusée en deux parties comme cela est la coutume avec la franchise, les créateurs ne se sont pas arrêté là puisque est née en 2020 un second Spin-Off intitulé The Walking Dead: World Beyond. Une série en deux saisons visant un public plus jeune. D'une qualité revue à la baisse, celle-ci n'aura pas survécu au delà des vingts épisodes qu'elle constitue. Suivra en 2021 Tales of the Walking Dead, une série de six épisodes compris en une seule saison et plusieurs projets à venir... Mais ce qui nous intéresse dans le cas présent est celle mettant principalement en scène les personnages de Maggie et Negan de la série originale qui dans The Walking Dead – Dead City se retrouvent dans une ville de Manhattan ravagée par la végétation mais reprise en main par des survivants bien qu'y rodent toujours des zombies. Sur le principe, cette nouvelle série dont seul le premier épisode est visible pour l'instant, ressemble vaguement au Territoire des morts-vivants de George Romero qui lui se déroulait dans la ville fétiche du réalisateur, Pittsburgh. Une ville qui était coupée en deux, les riches vivant à l'abri d'un gratte-ciel tandis que le peuple, lui, était contraint de survivre par ses propres et rudimentaires moyens...


Le premier épisode de The Walking Dead – Dead City débute par une séquence pré-générique. Un plan éloigné d'un Manhattan conservant les stigmates de la tragédie qui éradiqua bien des années en arrière une très grande majorité de la population mondiale. Le premier visage humain apparaissant à l'écran est celui de Maggie qu'interprète toujours l'actrice Lauren Cohan qui avait d'abord quitté la série originale pour y réapparaître lors de la neuvième saison. La bonne idée de ce Spin-Off est sans doute de la confronter avec son ennemi juré, Negan qui lui aussi est toujours interprété par l'acteur Jeffrey Dean Morgan. Un personnage qui aurait dû mourir mille fois et dans les plus atroces conditions tant il incarna le Mal à l'écran au même titre que le ''Gouverneur'' des troisième et quatrième saisons (l'acteur David Morrissey). Mais non, les producteurs préférèrent conserver le personnage, quitte à le transformer en une sorte de ''légumineux'' ayant perdu tout ou partie du charisme et de la monstruosité qui le caractérisaient. Concernant ce tout premier épisode de cette nouvelle série se déroulant dans l'univers de The Walking Dead, si la première moitié est assez pénible puisque renvoyant aux habituels circonstances dans lesquelles se sont toujours déroulés les événements des précédentes incarnations de la franchise, les choses s'arrangent au fil du temps et le débarquement nocturne dans la ville de Manhattan relance l'intérêt. Une séquence notoirement morbide précédant l'apparition d'un nouvel antagoniste puissamment charismatique. Maintenant, reste à savoir ce que donnera la suite et si The Walking Dead – Dead City sera en mesure de renouveler une thématique qui avait généralement pris pour habitude de tourner en rond...

 

samedi 17 juin 2023

Black Mirror - Joan is Awfull de Ally Pankiw (2023) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Si l'on suppose qu'une intelligence artificielle quelle qu'elle soit ne peut être capable de réflexion ou d'émotion lorsqu'elle est chargée de pondre un roman en une poignée de minutes ou d'imaginer le script d'un épisode de série télé ou de long-métrage, il est en revanche des concepts qui dans le premier épisode de la nouvelle saison de Black Mirror sont par contre vérifiables chaque jour que Dieu fait. Ici, la notion d'un créateur sur le plan théologique disparaît au profit d'une technologie qui ne cesse de progresser au point de s'introduire dans notre intimité bien au delà des limites que l'on croyait avoir définies au moyens d'accord que l'on signe sans véritablement jeter un œil à tout ce que ceux-ci sous-entendent dans leur globalité. Depuis plus de dix ans, le créateur de la série Charlie Brooker propose des saisons mises à disposition des abonnés de Netflix avec plus ou moins de régularité. La sixième faillit ne jamais voir le jour. D'abord à cause de la pandémie de Coronavirus qui toucha la planète, mais aussi, et peut-être surtout, parce que la technologie évolue si rapidement que la précéder est devenu chose quasiment impossible. L'ombre de ChatGPT plane forcément sur la série et notamment sur ce premier épisode intitulé Joan is Awfull. Mais si Charlie Brooker avait bien l'intention de faire intervenir cette ''petite'' révolution dans le monde de l'intelligence artificielle, le résultat ne fut pas à la hauteur de ses espérances. L’antériorité habituelle des précédentes saisons sur l'évolution technologique n'est ici plus de mise puisque au contraire, Joan is Awfull se base inversement sur un authentique fait-divers entourant l'affaire Theranos, une start-up biomédicale dont la fondatrice Elizabeth Holmes fut condamnée à onze années de prison pour fraude avant de voir cette histoire très rapidement adaptée à la télévision ! Cependant, Black Mirror qui d'origine est une série de science-fiction qui par principe précède des événements qui dans le temps présent se doivent de demeurer plus ou moins théoriques ajoute au fait-divers des éléments qui reposent encore sur cette même science-fiction. Ici, un ordinateur quantique qui génère seul du contenu généré à partir de ce puissant outil qui en réalité, n'est pas encore en mesure de proposer ce qui pourtant s'affichera à l'écran grâce au célèbre fournisseur de contenu vidéo Netflx...


La série n'a sans doute jamais aussi bien porté son nom que pour cet épisode qui à travers des effets de miroirs retranscrit l'existence de son héroïne contre son gré. Tout ça parce qu'elle n'a pas entièrement lu le contrat qu'elle a signé lors de son engagement dans l'entreprise qui l'emploie. Un reflex commun à la plupart d'entre nous qui dénient l'utilité de lire les contrats de licences auxquels l'on doit donner notre accord afin d'utiliser tel ou tel programme informatique. La porte ouverte à toutes les dérives, en somme. Comme cette suspicion qui laisse douter de la totale imperméabilité de nos Smartphones qui semblent être pourtant de véritables portes ouvertes capables de révéler des informations personnelles que l'on préférerait garder pour soi. Nos téléphones mobiles ne seraient en effet rien de moins que des mouchards. Notamment interprété par Annie Murphy et Salma Hayek dans des doubles-emplois Joan is Awfull a beau être traité avec un certain sens de l'humour, ce première épisode demeure cependant relativement glaçant dans sa description d'une intimité bafouée à travers des procédures qui nous semblent pourtant inoffensives. Netflix démontre sa pleine capacité à accepter la critique et l'auto-dérision, surtout lorsque Charlie Brooker et la réalisatrice Ally Pankiw s'attaquent à la plate-forme qui héberge leur bébé. Effet de mode ou pas, ironie réelle ou non, on n'échappe pas ici à ce qui ne relève non plus de la technologie telle qu'elle pourra être conçue très prochainement mais de certaines dérives ''culturelles'' comme le wokisme. Couples hétéros, homosexuels, lesbiens et mixtes s'installent donc désormais et probablement durablement dans le paysage de l'une des plus fameuses séries de science-fiction, d'anticipation et dystopiques de ces dix ou quinze dernières années. Pour cette entrée en matière de la sixième saison, Joan is Awfull est plutôt réussi même si certaines issues arrivent un peu trop précipitamment. Notons que l'épisode réserve un twist plutôt étonnant et quasi-imprévisible...

 

mercredi 7 juin 2023

Le kangourou de Patrick Sébastien - Mise en scène d'Olivier Lejeune (2009-2011) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Humoriste, imitateur, chanteur, auteur-compositeur, écrivain, présentateur de télévision, producteur et j'en passe... Patrick Sébastien fait partie du paysage télévisuel depuis près de cinquante ans. Durant sa carrière, il a donc touché à peu près à toutes les formes d'arts qui entourent le petit et le grand écran et même différentes scènes comme les planches du théâtre où il débuta en 2009 avec Le kangourou qu'il écrivit et interpréta, confiant la mise en scène à l'acteur et humoriste Olivier Lejeune que le public appris surtout à connaître lors des diverses diffusion de l'émission La Classe animée par Fabrice sur FR3 entre 1987 et 1994 avant que François ne prenne plus tard le relais. Démarrée en 2009, la dernière du Kangourou eut lieu deux ans plus tard, en 2011, à Carcassonne, où France 2 a posé ses caméras afin de capter la pièce en vue d'une diffusion le 26 août de cette même année. Une dernière apparemment plus décomplexée que les précédentes représentations. Et pourtant, connaissant la personnalité de Patrick Sébastien, on se doute qu'à l'origine, celle-ci devait déjà être bien gratinée en terme de dialogues. Des gros mots à la pelle mais aussi, parfois, de très belles interventions dans un contexte où l'auteur campe un individu pas ou peu recommandable. Le PDG d'une fabrique de poupées croulant sous l'argent Fabien Delorme, un vieux macho, qui cependant apprendra bien vite de la bouche d'un médecin généraliste qui se trouve être également l'un de ses amis (l'acteur belge Antoine Vandenberghe) qu'il est condamné et qu'il ne lui reste plus que six mois à vivre. Le temps, peut-être, pour chercher et trouver le bonheur comme le lui conseil le professionnel de santé. Un concept qui laisse d'abord indifférent le richissime patron mais auquel il va finalement accepté de se laisser tenter. C'est donc parmi le public qu'il va tenter de dénicher celle qui fera son bonheur. Car au sein des spectateurs qui sont venus à cette dernière représentation du Kangourou se sont glissées des interprètes : la blonde Virginie Steevenoot dans le rôle de Carla et la brune Geneviève Gil dans celui d'Hélène. L'une est grande, belle et sexy tandis que l'autre est petite, rabougrie et ingrate! Deux personnalités bien distinctes qui vont participer à un casting qui va partir en vrille comme peut le laisser envisager l'esprit naturellement passionné et démesuré de l'auteur, Patrick Sébastien...


Résultat, Le kangourou est une excellente pièce de théâtre, très drôle et divertissante, sans temps morts, parfois grossière et qui use de certaines méthodes notamment employées dans d'autres circonstances par un certain Laurent Baffie qui en 2001 et avec sa pièce intitulée Sexe, Magouilles et Culture générale faisait lui-même participer le public aux événements. Dans le cas du Kangourou, cela est dans une moindre mesure mais démontre l'envie de l'auteur et de ses interprètes de se lâcher lors de ce qui va apparaître comme la toute dernière représentation. Notons que le casting est complété par deux autres interprètes féminines. Corinne Delpech incarne le double-rôle d'une mère prénommée Simone et de sa fille Sarah fraîchement employée par Fabien Delorme ainsi que Hélène Neveu-Le-Bail qui elle, joue le rôle de Christine, une (fausse) ex-épouse de Patrick Sébastien. D'une durée approximative de cent-vingt minutes, les événements de la pièces sont rompus au bout d'une heure et quart environ lorsque Patrick Sébastien propose à ses partenaires de divertir les spectateurs tandis qu'il ira fumer sa cigarette. Un faux dispositif permettant de mettre en avant ses trois partenaires féminines. Entre faux-semblants et punchlines, les deux heures du kangourou filent à toute allure. Notons qu'à l'issue de la tournée et de sa diffusion sur France 2, un DVD a été mis en vente dès le 1er décembre 2011 dans le commerce. Pour les amateurs de théâtre, d'humour léger et de Patrick Sébastien, Le kangourou est un indispensable...

 

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