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lundi 13 décembre 2021

American Horror Story : Death Valley de Ryan Murphy (2021) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Un article un peu particulier puisqu'il ne s'agit pas ici de commencer par le commencement en débutant par la première saison d'une série qui en contient dix, mais par la dernière. Et encore ! Pas dans sa forme complète constituée de dix épisodes. Les six premiers étant consacré aux vampires sous le titre Red Tide et les quatre dernier aux extraterrestres et autres OVNIs sous celui de Death Valley. Non, plutôt en m'intéressant à ceux-ci. Parce que j'ai toujours préféré les petits hommes gris aux vampires et que le format évalué à une durée totale approchant les cent-soixante minutes (quarante par épisode environ) est plus proche de celui qui me convient que ces séries à rallonge qui n'en finissent pas (exception faite de X-Files dont j'espère toujours l'arrivée prochaine d'une hypothétique douzième saison). L'une des particularités de cette dixième saison est d'avoir donc été partagée en deux parties pas vraiment égales dont les sujets n'ont absolument rien en commun et laissent tout loisir au spectateur d'assister aux deux récits ou de n'en choisir qu'un sans être contraint de regarder le second. Autre particularité de Death Valley, sa chronologie. Se penchant sur d'authentiques événements tournant autour d'abductions, de disparitions, de crash de soucoupe volante dans le Nouveau-Mexique à l'époque où Dwight D. Eisenhower était le président des États-Unis mais également sur de tout autres événements beaucoup plus récents et nettement plus farfelus. Quatre épisodes qui s'avèrent donc eux-mêmes divisés en deux parties bien distinctes. À changement d'époque, passage du noir et blanc à la couleur. Plutôt que de consacrer deux épisodes à la période située au beau milieu des années 50 et les deux derniers inscrits dans notre époque, le choix du Ryan Murphy se porte sur une méthode un peu différent...


Soit, scinder chacun des épisodes en deux parties. Ce qui, au début, s'avère étonnant. Au point qu'à l'issue de la première moitié du premier épisode (qui est donc en fait le septième de la dixième saison, vous suivez?), le spectateur aura sans doute l'impression de vivre en direct un Bug vidéo. Comme si s'étaient invités les personnages d'une série pour adolescents attardés. Mais avec un peu de patience, c'est à dire tout de même cinq bonnes minutes, on comprend que l'on est bien toujours au centre de cette histoire d''invasion extraterrestre pas tout à fait différente de celles que nous servent parfois les scénaristes. Car ici, il est question de survie. Celle d'une race de créatures humanoïdes venues d'ailleurs qui pour survivre sur Terre sont contraintes de donner naissance à des hybrides afin de supporter les virus qui pullulent sur notre planète. Des mères (et des pères !!!) porteuses humaines, condamnées à ne plus leur servir que d'incubatrices ! Le rapport entre les événements du présent et ceux du passé ? Un document signé par contrainte de la main même du président Dwight D. Eisenhower un demi-siècle auparavant. Quatre épisodes pour une durée de deux heures et demi environ, cela peut paraître court mais s'avère cependant en théorie suffisant pour ce qui aurai pu n'être finalement qu'un long-métrage. Malheureusement, le sentiment d'un travail exécuté à la ''vas-vite'' est réel. Car si le sujet peut s'avérer à l'origine fort passionnant en mêlant faits-divers authentiques et événements créés de toute pièce pour la série, il s'avère par contre difficile de s'enflammer pour cette histoire fantastico-politique versant à intervalles réguliers dans la science-fiction dystopique moderne et dans laquelle on assiste au retour de l'actrice Sarah Paulson qui était absente de la saison précédente ainsi qu'à la présence de l'acteur Neal "Desperate Housewives" McDonough...

 

dimanche 21 novembre 2021

Freddy de Place Paco (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Légendaire réalisateur de La Résidence (La Residencia) en 1969 ou des Révoltés de l'an 2000 (¿Quién puede matar a un niño?) en 1976, le cinéaste uruguayen Narciso Ibáñez Serrador fut notamment à l'origine de la série anthologie Historias para no dormir, œuvre de télévision espagnole ayant débuté en 1966 pour se conclure seize ans plus tard en 1982. près de quarante ans plus tard, quatre épisodes sont conçus afin de rendre hommage à Narciso Ibáñez Serrador. Produits par la société de production Prointel et par Amazon Prime Video et chaque segment ayant été mis en scène par un réalisateur différent, Freddy est l’œuvre de Place Paco. D'une durée avoisinant l'heure, il met en scène avec brio le personnage d'André (l'acteur Miki Esparbé), acteur raté qui risque de se retrouver au chômage après sa lamentable interprétation dans un tout nouveau projet cinématographique. Un film dans lequel il tient le rôle d'un ventriloque. Sur les conseils du réalisateur Chicho, André accepte de prendre possession d'une toute nouvelle poupée. D'un genre un peu spécial puisqu'elle semble dotée d'une vie propre. D'une autonomie qui vont conférer à son nouveau propriétaire un tempérament bien éloigné de celui qui le caractérisait jusqu'ici. Dès la première ''collaboration'' entre l'acteur ventriloque et sa poupée sur le plateau de tournage, le miracle a lieu. Non seulement André se montre extraordinairement talentueux, mais il conquiert enfin ceux qui jusqu'ici le dénigraient. Mais cette nouvelle relation entre l'acteur et sa poupée ne va pas s'avérer être sans heurts...

 

Les histoires de poupées maléfiques sont légions. Celles qui s'intéressent aux rapports entre un ventriloque et la sienne sont déjà plus rares. Parmi elles, nous retiendront le segment The Ventriloquist's Dummy du film à sketchs entre autre réalisé par le brésilien Alberto Cavalcanti Au cœur de la nuit (Dead of Night) en 1945, l'épisode La marionnette de la série La quatrième dimension réalisé par Abner Biberman en 1962, La poupée diabolique signée de Lindsay Shonteff en 1964 ou encore Magic de Richard Attenborough qui quant à lui est sorti en 1978. 2021 voit donc non seulement le retour de l'anthologie Historias para no dormir mais aussi celui des poupées diaboliques. Si l'épisode réalisé par Alberto Cavalcanti s'intitule Freddy, il ne faudra pas y chercher un quelconque rapport avec le plus célèbre des grands brûlés et l'un des boogeymen parmi les plus terrifiants. À dire vrai, le choix du titre s'avère curieux puisque le Freddy en question n'apparaît à aucun moment dans l'histoire et ne se justifie qu'à travers la succession d'événements qui vont se produire à l'image. L'épisode prend donc pour cadre un plateau de tournage, avec ses différents techniciens, mais c'est bien le personnage d'André et donc Miki Esparbé qui tient la vedette. Sans doute quelque peu effacé par l'angoissante présence de cette poupée qui nous présentée de manière à ce que l'on comprenne très rapidement qu'elle va agir en tant que catalyseur un brin ''démoniaque'' à la faveur d'un acteur qui jusqu'ici s'avérait médiocre. 

 

Accompagné à l'image par Adriana Torrebejano, Maru Valdivielso et Carlos Santos (qui interprète le rôle de Chicho, celui-là même qui mettra la poupée entre les mains d'André), Miki Esparbé excelle dans le rôle de ce personnage au tempérament superflu qui peu à peu va changer de comportement et même devenir tributaire d'une poupée au demeurant inquiétante. Des yeux immenses qui de surcroît brillent dans l'obscurité (bon courage pour parvenir à fermer l’œil) et langage de charretier qui fait tout le ''charme'' de cette poupée en bois obsédée par la ''fesse''. D'une facture parfois on ne peut plus classique, Freddy nous emmène cependant là où on ne l'attendait pas forcément. Des meurtres plus ou moins sanglants et surtout, un final étonnant. Une excellente surprise et un retour en triomphe pour cet hommage rendu à Historias para no dormir...

 

vendredi 19 novembre 2021

Les envoûtés (The Possessed) de Jerry Thorpe (1977) - ★★★★★☆☆☆☆☆

 


 

Les envoûtés (dont le titre original est The Possessed et n'a donc rien à voir avec Les envoutés/The Believers réalisé dix ans plus tard par John Schlesinger) marche sur les traces de L'exorciste que le réalisateur William Friedkin nous asséna quatre ans auparavant. Les comparaisons sont si évidentes que l’œuvre télévisuelle de Jerry Thorpe apparaît plus comme un plagiat que comme une réelle alternative au monument de l'effroi que représenta en 1973 L'exorciste. Beaucoup de cinéastes se sont essayés avant et après au genre ''diabolique'' en passant par des approches bien différentes. En 1968, Rosemary's Baby de Roman Polanski distillait un véritable climat de paranoïa avec le viol de son héroïne par Satan lui-même et l'arrivée prochaine et supposée de son engeance. En 1976, le jeune Damien était lui-même la réincarnation du Diable dans le classique La malédiction de Richard Donner. Quant à Stuart Rosenberg, il devait mettre en scène quatre ans plus tard un autre classique du genre avec Amityville, la maison du diable dans lequel une famille était directement aux prises avec le Malin. Face à ces références inaltérables mais surtout, en comparaison du film qu'il pille sans vergogne, Les envoûtés aura bien du mal à faire l'unanimité. L'intrigue se déroule dans un collège pour jeunes filles. C'est là que de curieux événements vont se produire. En effet, le feu s'y déclare à plusieurs reprises et apparemment sans raison valable. Ou du moins sans aucune logique. Des rideaux prennent feu. Une étudiante également. Mais le pire survient lorsque l'un des professeurs, Paul Winjam (Harrison Ford qui la même année tiendra son premier vrai grand rôle au cinéma avec Star Wars, épisode IV : Un nouvel espoir), se transforme en torche humaine et meurt de ses blessures...


L'une des étudiantes est rapidement soupçonnée d'en être la cause en la personne de Weezie Sumner qu'interprète l'actrice Ann Dusenberry. L'adolescente a beau arborer un joli minois, la pauvre ne fait malheureusement pas le poids face à une Linda Blair sur laquelle William Friedkin misa tous ses atouts quatre ans auparavant. Notons également la présence de Diana Scarwid, visible la même année dans l'un des épisodes de la célèbre série télévisée policière américaine Starsky et Hutch et ici dans la peau de l'insupportable pleureuse de service, la jeune Lane qui tout comme Linda Blair/Regan ira séjourner à l’hôpital sans pour autant porter sur elle le moindre stigmate diabolique. Mais la présence d'Ann Dusenberry dans la peau de la jeune héroïne supposée possédée (ou envoûtée comme le veut le titre français) demeure encore ce qu'il y a de moins ressemblant avec le film de William Friedkin. Non, les rapports qu'entretient Les envoûtés avec L'exorciste sont ailleurs. Et même, il faut le dire, ceux-ci sont en nombre important. En effet, tout comme dans le chef-d’œuvre de William Friedkin, l'intrigue confronte les événements au père Kevin Leahy (l'acteur James Farentino) qui par extension et par obligation va se fondre dans la peau d'un exorciste. Mais là encore, pas de quoi se pâmer. Malgré tout le talent qu'on lui connaît, James Farentino n'a ici ni le niveau de Jason Miller, ni celui de Max Von Sydow. Il faut dire que la mise en scène et le scénario sont si plats qu'il paraissait difficile de faire des miracles.


Même lorsque Jerry Thorpe a l'outrecuidance de pomper honteusement quelques-unes des séquences emblématiques de L'exorciste pour n'en produire que de mièvres avatars sans saveurs. Comment, en effet, ne pas se référer au long-métrage de William Friedkin lorsque Louise Gelson (Joan Hackett) montre enfin son vrai visage lors des derniers instants. Le teint blême, les lèvres bleues et le rire démoniaque, celle-ci ne se met-elle pas à vomir au visage du père Kevin Leahy ? Mieux : quelques instants plus tard, une fois le Mal ayant choisi de se transférer dans le corps du prêtre, celui-ci ne se suicide-t-il pas en se jetant dans l'eau d'une... piscine ?!? Ouais, ben, heu, l'idée est stupide mais bon, ça fait quand même moins mal que de traverser une fenêtre pour choir tout en bas d'un très grand escalier ! Hum ? La comparaison entre les deux œuvres est sinon pitoyable, du moins amusante, l'une ne faisant très clairement pas le poids face à la seconde. Un téléfilm mollement réalisé et pas ou très, très, très peu effrayant (la chose pourra fonctionner sur les 5/10 ans si leurs parents ne veillent pas à ce qu'ils aient le regard détourné). Bof, bof !!!

 

samedi 30 octobre 2021

In Search of Darkness de David A. Weiner (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Netflix, Amazon Prime Video, Salto, Apple TV, Disney+... les plate-formes de streaming se multiplient comme des petits pains depuis ces dernières années. L'une d'elles a choisi de ne diffuser que des programmes horrifiques. Il s'agit de Shadowz. Et parmi ses programmes, celle-ci propose le documentaire en quatre parties intitulé In Search of Darkness. Une anthologie entièrement consacrée au cinéma d'horreur des années quatre-vingt. Il est d'ailleurs impossible de se tromper sur la marchandise puisqu'elle est sous-titrée A Journey Into Iconic '80s Horror ! La première partie couvre la période située entre 1980 et 1982. Réalisé par l'ancien assistant de la direction américain David A. Weiner, In Search of Darkness a la particularité de convier à ce retour au cœur des années quatre-vingt un panel très large de témoins de cette époque. Des acteurs, dont Tom Atkins qui fut notamment l'un des principaux interprètes de The Fog ou Halloween III, Doug Bradley, le Pinhead de la franchise Hellraiser, l'actrice Lori Cardille qui fut l'héroïne féminine exclusive du troisième volet de la saga sur les zombies de George Romero Day of the Dead, les réalisateurs John Carpenter (Fog, The Thing, They Live), Larry Cohen (Q), Joe Dante -The Howling) ou Stuart Gordon (From Beyond) et bien d'autres personnages encore. Ce premier épisode est découpé en plusieurs parties. Après que les intervenants nous aient donné une liste de leurs films d'horreur préférés, le documentaire entre dans le vif du sujet. L'on apprend tout d'abord en préambule que le genre était méprisé par les grands studios et une certaine presse.


Les témoins nous expliquent alors pourquoi le public se passionne pour le cinéma d'horreur. Ce désir irrépressible de se faire peur tout en sachant que l'on ne craint rien devant son écran de télévision ou confortablement installé dans une salle de cinéma. Certains évoquent même les effets thérapeutiques que peut entraîner la vision de tel ou tel film d'horreur. Allez donc expliquer cela à un individu qui justifie par exemple l'acte d'un tueur de masse après qu'il ait regardé Vendredi 13 ou Halloween ! Les années quatre-vingt aux États-Unis,c'était aussi et surtout l'époque de la chaîne MTV et de ses classements musicaux. La seconde partie, elle, se penche sur l'arrivée dans les chaumières de la VHS. Le cinéma entre désormais chez les gens et offre aux amateurs de cinéma d'horreur, l'occasion de découvrir chez eux des dizaines, des centaines, voire des milliers de films qu'ils n'auraient pas eu la chance de voir autrement. Une révolution qui va peu à peu laisser la place au câble pour lequel seront produits des bandes horrifiques à petit budget dont les qualités seront discutables. Les témoins reviennent également sur les jaquettes des films qui, il faut l'avouer, on beaucoup perdu de leur qualité par la suite. La troisième partie se penche quant à elle sur l'explosion des effets-spéciaux qui à l'époque ne recouraient pas encore aux images de synthèse mais sur le prodigieux travail d'artistes que l'on peut encore aujourd'hui considérer comme des génies. Tom Savini, Rob Bottin, Rick Baker, Dick Smith... Des hommes qui ont donné vie aux fantasmes des réalisateurs les plus exigeants comme nous le prouveront certains extraits de films tel An American Werewolf in London, The Howling et peut-être plus encore The Thing et son incroyable démonstration de force en matière d'effets-spéciaux...


Cette première partie de In Search of Darkness fait comme l'on s'en doute l'objet de nombreuses anecdotes. Les intervenants étant en nombre important, le rythme est particulièrement enlevé. Chaque acte étant séparé par une sélection de longs-métrages sur lesquels ils reviennent tous, le principe permet ainsi au téléspectateur de faire travailler sa mémoire et surtout de tester ses connaissances en matière de cinéma d'horreur. Si une très grande majorité des films qui y sont présentés à travers moult extraits sont forcément bien connus des amateurs de films d'horreur et d'épouvante, In Search of Darkness est une excellente entrée en matière pour les néophytes qui désireraient se pencher sur ce type de films. Retrouver John Carpenter, Jeffrey Combs et la toujours aussi désirable Barbara Crampton (Re Animator, From Beyond), Keith Davis (The Thing, They Live), Nick Castle (Hallowween) et des dizaines d'autre acteurs, réalisateurs, critiques (John Bloom), scénaristes est un pur plaisir. In Search of Darkness ne peut que laisser parler sa fibre nostalgique au spectateur puisque ici, plus que le cinéma d'horreur, c'est toute une époque qui renaît de ses cendres. Un engouement qui se répercute même désormais à travers certains films et séries situant leur action à cette époque bien précise. On rangera d'emblée In Search of Darkness aux côté des deux volets du documentaire This is Horror de John Simmons et Rick Marchesano sortis en 1986 ou de Terror in the Aisle d'Andrew J. Kuehn qui lui vit le jour deux ans auparavant... Notons que Netflix propose actuellement la série de documentaires The Movies that Made us dont le panel de genres est plus élargi mais qui propose quelques très intéressantes séquences consacrées à quelques grands films fantastiques...

 

vendredi 29 octobre 2021

Le mobile de Tali Shemesh et Asaf Sudry (2021) - ★★★★★★★★☆☆

 


 

Depuis quelques temps, Netflix semble avoir mis un point d'honneur à proposer toute une série de documentaires portant sur diverses affaires criminelles. Au beau milieu de documentaires axés sur les plus célèbres d'entre eux (Charles Manson, Ted Bundy, Henry Lee Lucas, David Berkowitz etc...), les affaires étant situées sur le territoire des États-Unis ne sont désormais plus les seuls à apparaître sous un nouveau sur la célèbre plate-forme de Streaming puisque la France (Gregory), l'Inde (Burari : Le mystère d'une tragédie familiale) ou comme ici Israël sont désormais au cœur de documentaires souvent remarquables. Concernant Le mobile de Tali Shemesh et Asaf Sudry, il est l'un des derniers à avoir été mis en ligne et s'intéresse au cas d'un adolescent d'à peine quatorze ans (que la loi empêche de donner son identité) qui tua un soir d'hiver 1986 sa mère, son père ainsi que ses deux sœurs à l'aide d'un fusil M16. Celui dont était propriétaire son père qui fait alors partie de l'armée de réserve. Réfugié chez des voisins, le jeune garçon affirme que sa famille vient d'être tuée par un cambrioleur mais les autorités devinent très rapidement qu'il est lui-même le responsable du massacre, comme en témoignent les épouvantables images d'archive de ce documentaire en quatre parties d'une demi-heure chacune qui mêle images réelles et de fiction. C'est d'ailleurs l'un des principaux atouts de ce Mobile insensé qui est revendiqué par l'adolescent qui après avoir vu le film Papillon affirme avoir entendu une voix le contraignant à assassiner les membres de sa famille. Le plus curieux dans toute cette histoire demeure le fait que le garçon n'avait aucune raison de tuer ses parents ainsi que ses sœurs avec lesquels il vivait dans la joie et le bonheur...


Durant un peu plus de deux heures, Le mobile témoigne d'une affaire bouleversante dont les répercussions vont s'avérer parfois étonnantes. En choisissant de nous montrer les véritables images de la scène de reconstitution du meurtre plus qu'à travers des vidéos illustratrices, le sentiment d'horreur n'en est que plus fort. Accompagné par une bande musicale déchirante, les réalisateur du documentaire interrogent journalistes, Psychiatres, policiers, membres de la famille et proches, mais aussi et surtout celui qui défendit le jeune garçon lors de son procès. Un adolescent qui apparaît comme un garçon à l'intelligence supérieure, considéré d'ailleurs comme un surdoué par ses professeurs, et qui exige de pouvoir continuer à étudier alors qu'il est enfermé pour observation dans un hôpital psychiatrique pour les trois semaines à venir. Les psychiatres reconnaissent après avoir étudié le comportement du gamin qu'aucun livre de psychiatrie n'est en mesure de comprendre son cas ! Un électrochoc qui précède toute une série d'événements, parmi lesquels certaines révélations faites par un avocat un brin vaniteux qui avoue avoir peut-être compris le sens véritable du quadruple meurtre dont s'est retrouvé accusé le jeune garçon sans pour autant nous en révéler les mystères...


Ne pouvant bien évidemment pas échapper à la prison, il sera condamné à neuf années d'enfermement mais n'en fera que six. Accusé de meurtre involontaire, il faut savoir que la loi israélienne portant sur l'héritage familiale est différente de celle que l'on connaît en France. Ce qu ajoute à l'incroyable affaire qui entoure cet extraordinaire fait-divers Et d'où une issue, ici, tout à fait inenvisageable chez nous. C'est peut-être la raison pour laquelle le journaliste Amir Shuan a choisi de dénoncer récemment l'homme désormais âgé d'une cinquantaine d'années sur les réseaux sociaux. On sait désormais qu'il s'est marié, qu'il a eu des enfants, sa femme n'ayant aucune connaissance de ce qu'il a pu faire trente-cinq ans auparavant. Mais après que le journaliste ait révélé son identité, le gamin devenu adulte depuis a perdu son travail. Quel que soit l'avis que portera le spectateur sur ce documentaire ou sur le meurtrier en découvrant cet excellente mini-série, impossible de rester aussi insensible qu'il fut à la suite de son quadruple meurtre. Une personnalité hors norme pour une affaire criminelle de bout en bout, effroyable! Alors, ange ou démon ? Si la réponse ne vient pas d'emblée à l'esprit, on se dit malgré tout que ce récit d'une tragédie absolue aurait pu faire un sacré film de fiction...

 

dimanche 17 octobre 2021

Family Business saison 3 de Igor Gotesman (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Sans en être tout à fait certains, la fin de cette troisième saison de la série comique française Family Business nous laissait sur l'incertitude d'une quatrième saison. Bien que la troisième fut tout d'abord envisagée comme la dernière, certains évoquent l'hypothétique arrivée prochaine d'une ultime saison. Mais ne rêvons pas trop. Changement de décor pour la troisième de cette série créée par Igor Gotesman en 2019 et qui depuis nous livre avec régularité notre comptant de vannes bien salées autour de la famille juive Hazan et de la légalisation du cannabis. Parce que son père Gérard Hazan (excellent Gérard Darmon) éprouve des difficultés à maintenir à flot sa boucherie casher, son fils Joseph eut une idée en tête. Sans tout d'abord en parler à son père, il évoqua auprès de sa sœur Aure et de son meilleur pote Olivier Pariente l'idée de transformer la boucherie en cofee shop. Voici donc comment débutèrent les rocambolesques aventures de la famille Hazan. Entre comédie et thriller, rencontre avec des narco-trafiquants et querelles intestines. Tout comme les deux premières saisons, la troisième est constituée de six épisodes. L'on y retrouve les mêmes personnages principaux parmi lesquels Jonathan Cohen, Julia Platon, Liliane Rovère (dans le rôle de Ludmila Rosenberg, la grand-mère d'Aure et Joseph), Olivier Rosemberg, Louise Coldefy (dans celui de Clémentine Cendron) ou Lina El Arabi (dans le rôle de l'épouse de Joseph). L'on y retrouve également l'actrice Alexandra Vandernoot qui débarqua dans la seconde saison dans le double rôle de Catherine et de Penelope, mais y apparaît surtout dans le rôle de son fils Léonard, l'excellent Raphaël Quenard. Un rôle totalement déjanté qui lui va à ravir. Le cadre change et l'on passe d'une petite zone rurale française à la Colombie où notre famille va être retenue prisonnière afin d'y fabriquer d'importantes quantités de pastraweed.


Enfin, un rôle qui échoira surtout à la grand-mère Ludmilla puisque pendant ce temps, le reste de la famille sera emprisonnée dans une cellule commune... Les gags fusent toujours sur le même rythme avec en toile de fond le thriller. Mais pas de ceux qui tiennent le spectateur en haleine puisque l'on a ici davantage le reflex de rire et non pas celui de se ronger les ongles d'angoisse. Chaque interprète tient parfaitement son rôle et même si les vannes ne sont pas toutes du même niveau, le plaisir de retrouver la famille Hazan est demeuré intact. Par contre, et cela devient presque systématique de la part d'une grande partie des personnages, certains et même, beaucoup de dialogues s'avèrent d'une très grande vulgarité. Les injures et gros mots fusent plus souvent qu'à leur tour. C'en est même parfois gênant. Si l'on ne s'étonnera pas outre mesure des réflexions graveleuses que nous assène en permanence le personnage totalement barré de Clémentine Cendron, la fille du Ministre de la Santé qu'interprète donc Louise Coldefy, il sera étonnant de voir combien le virus de la vulgarité s'est emparé d'une grande partie des personnages, beaucoup d'injures étant ainsi proférées de manière tout à fait gratuite. Sans doute les auteurs estimèrent-ils de bon ton d'injecter un surcroît de grossièretés, mais pas sûr qu'elles aient l'effet escompté. Après, cette troisième saison de Family Business est surtout l'occasion de découvrir l'acteur Raphaël Quenard dont la carrière a débuté en 2014 mais qui enchaîne les rôles seulement depuis 2018-2019. On le découvrira notamment dans le tout petit rôle de Jacky Vuillemin dans l'excellente série Une affaire française ou dans Mandibules de Quentin Dupieux. Si cette troisième saison est sympathique et dans la droite lignée de deux premières, peut-être est-il effectivement temps de clore le récit et de tourner la page...

 

Une affaire française de Jérémie Guez et Alexandre Smia (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Parmi la longue, très longue liste d'affaires criminelles mettant en scène des assassins et autres meurtriers, nombreuses sont celles qui connurent les ''honneurs'' d'un reportage, d'un documentaire ou d'une adaptation cinématographique ou télévisuelle. De Landru en passant par Mesrine, Fourniret, Paulin, Heaulmes, certains médias ont (in)volontairement transformé ces monstres en icônes de la Mort. Des êtres qui en même temps fascinent et révulsent. L'affaire Grégory Vuillemin a ceci de particulier qu'aucun véritable coupable n'a été mis derrière les barreaux. Depuis deux jours, cela fait trente-sept ans que ce gamin de quatre ans a été retrouvé pieds et mains liés dans la Vologne, une rivière située dans les Vosges, à plusieurs kilomètres du domicile de ses parents Christine et Jean-Marie Vuillemin qui vivaient à cette époque à sept kilomètres du lieu où fut découvert le corps de Gregory, Lépanges-sur-Vologne. Depuis, on connaît tous le sort qu'a accordé le père de famille à son cousin Bernard Laroche. Un temps soupçonné d'avoir été l'un des corbeaux qui harcelaient une grande partie des familles Jacob et Vuillemin avant d'être purement et simplement accusé d'avoir tué l'enfant, Bernard Laroche sera assassiné à son tour par Jean-Marie Vuillemin d'un coup de fusil. Une affaire française revient sur ces événements et bien d'autres sans pour autant s'éterniser jusqu'aux faits les plus récents. Relativement fidèle aux événements qui se sont donc produits dans le milieu des années quatre-vingt, la mini-série en six partie créée par Jérémie Guez etAlexandre Smia est exemplaire à plus d'un titre et dont le principal reste au demeurant l'excellence de son casting...


Il faut tout d'abord savoir que le journaliste Jean Ker, demeuré surtout célèbre pour avoir couvert l'affaire en son temps est assez peu représenté à l'image au profit de la journaliste Jeanne Lombardie (l'actrice Laurence Arné) qui s'avère être de pure fiction. Ce qui n'empêche pas le toujours savoureux Michel Vuilllermoz de l'incarner avec réalisme. Autre personnage fictif, le journaliste Antoine Orloff qu'incarne l'acteur Stanley Weber et avec qui va travailler en collaboration Jeanne Lombardie. Deux personnages inventés de toutes pièces qui mettent un peu d'eau dans le vin d'un métier sinon décrit comme étant l'exclusivité des charognards. Comme en témoigne notamment le personnage interprété par Michael Youn. Un Jean-Michel Bezzina à ce point si caricatural que l'on aurait pu le croire lui aussi sorti de l'esprit des créateurs de la série... Mais face à cette masse grouillante de journalistes qui semblent parfois davantage chercher l'article à sensation que la vérité se trouve un homme et son épouse, d'abord anéantis par la mort de leur enfant mais ensuite, aussi, victimes d'un juge zélé et surtout inexpérimenté qui ira jusqu'à accuser la mère du meurtre de son propre enfant. Ce juge, c'est le malheureusement célèbre Jean-Michel Lambert qui semble ne s'en être jamais remis puisqu'il mit fin à ses jours le 11 juillet 2017. à l'écran, il est incarné par Laurent Stocker qui prouve qu'il n'est pas seulement l'interprète de comédies parfois lourdingues (pour ne pas dire minables comme Les Naufragés de David ''tâcheron'' Charhon) mais s'avère capable d'interpréter la froideur d'un juge professionnellement immature et orgueilleux.


Pour revenir à Christine et Jean-Marie Vuillemin, ils sont tous deux brillamment interprétés par Guillaume Gouix et Blandine Bellavoir et même si physiquement on a tout d'abord du mal à reconnaître l'un et l'autre des personnalités qu'ils interprètent, le temps et leur talent fait le reste. Outre cette très alléchante liste d'interprètes, on retrouve à l'écran les ''avocats'' Gérard Jugnot et Gilbert Melki et l'infecte commissaire Jacques Corazzi qu'interprète Thierry Godard. Mais c'est surtout de Guillaume de Tonquédec dont on se souviendra au même titre que le couple d'acteurs qui interpréta les parents du petit Grégory. Dans le rôle du capitaine de Gendarmerie Étienne Sesmat il est l'un des symboles de l'échec judiciaire dont la série fait porter peu ou prou la responsabilité sur le dos du ''Petit Juge''. Si Une affaire française ne permet pas tout à fait de prendre toute la mesure de cet incroyable imbroglio judiciaire, la série permet par contre de pénétrer la vie intime des uns et des autres comme aucun documentaire n'aurait pu le permettre. Le sujet tournant autour de l'affaire du petit Grégory est si vaste qu'Une affaire française semble se terminer de manière abrupte. Une première saison qui en appelle logiquement une seconde. Oui mais voilà, ses créateurs vont-ils continuer le récit du juge Lambert, du gendarme Sesmat, des familles Vuillemin, Jacob et Laroche et des dizaines de journalistes qui gravitèrent autour d'eux ou la seconde saison abordera-t-elle un tout autre sujet ? Et bien d'après le créateur et scénariste Jérémie Guez, celle-ci se penchera sur une autre affaire criminelle française...


 

Ratched d'Evan Romansky et Ryan Murphy (2021) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Vol au dessus d'un nid de coucou fait partie de ces œuvres cinématographiques que l'on peut objectivement considérer d'intouchables. De parfaites. À moins que certains parmi celles et ceux qui connaissent l'ouvrage éponymes de Ken Kesey y trouvent à redire, ce qui, encore, pourrait se comprendre. Un chef-d’œuvre, oui, sublimé par la mise en scène du réalisateur américano-tchécoslovaque Miloš Forman, la musique de Jack Nitzsche et Ed Bogas mais plus encore par l'interprétation de Jack Nicholson, Louise Fletcher, Will Sampson, Christopher Lloyd ou encore Brad Dourif (sans oublier le reste du casting bien entendu...). Lorsque est évoqué le projet d'une préquelle tournant autour de la glaçante infirmière en chef Mildred Ratched (incroyable Louise Fletcher) sous la forme d'une mini-série de huit épisodes, plusieurs réactions s'imposent. D'abord, l'interrogation. Quel intérêt à reprendre quarante-six ans après l'un des personnages emblématiques de Vol au dessus d'un nid de coucou pour en faire la principale ''héroïne'' d'une série qui portera son nom ? Quelle actrice sera en mesure sinon d'éclipser Louise Fletcher, du moins de l'égaler ? Et puis, vient l'inquiétude. Comment oser toucher à cet objet de fascination sans briser sa réputation en lui ''offrant'' une préquelle qui ne devrait avoir d'intérêt que pour des producteurs avides de billets verts et voulant se remplir les poches en réutilisant le nom d'un personnage certes, hyper charismatique ? Remercions tout d'abord que le créateur de Ratched Evan Romansky n'ait pas eu la sombre (et idiote) idée de donner le rôle de Randall Patrick McMurphy à un ersatz de Jack Nicholson. Le personnage, d'ailleurs, est absent du récit. Ce qui semble fort logique puisqu'en l'état, la série se déroule bien avant la rencontre entre l'infirmière en chef Mildred Ratched et celui qui deviendra plus tard l'un de ses patients les plus délicats à traiter.


Passé un premier épisode en forme de mise en bouche relativement amère, Ratched révèle ensuite son fort potentiel en terme d'addiction. Il faudra cependant traiter la chose non pas comme la préquelle du classique de Miloš Forman mais comme une série indépendante puisque à part le personnage de Mildred Ratched, peu de choses renvoient les huit épisodes au long-métrage. En dehors du fait qu'après avoir pris ses marques au sein d'un institut traitant les maladies psychiatriques, Mildred en deviendra bientôt l'infirmière-chef, ne cherchez surtout pas à y déceler quelque indice renvoyant au monstre de froideur de Vol au dessus d'un nid de coucou. Ratched, c'est tout d'abord un univers visuel absolument incroyable. De ce point de vue là, rien à dire. Le spectateur en prend plein les mirettes. C'est beau à se damner, entre couleurs douces et décors gothiques. Une profusion et une exubérance qui transpirent par tous les pores de cet institut accueillant toutes formes de maladies parmi lesquelles il devient cependant absurde de nos jours que l'on ait pu y traiter l'homosexualité ! Et pourtant... Dans le rôle de Midred Ratched, il était inutile de s'attendre à une autre présence que celle de l'actrice Sarah Paulson, laquelle était déjà liée au développeur, créateur et réalisateur de la série Ryan Murphy avec lequel elle collabore depuis les débuts de l'anthologie American Horror Story. Exubérant, donc, mais aussi et surtout, surréaliste, du plus lointain second rôle jusqu'aux têtes d'affiche. C'est à se demander qui est enfermé et qui traite les malades. Si l'on accroche très objectivement lors des quatre ou cinq épisodes suivant le premier, il faut avouer que Ratched connaît une légère baisse de régime relative à son incapacité à se renouveler. On ne parlera même pas de la fin ouvert que l'on aurait pourtant aimer voir se refermer sur un grand coup d'éclat. Et pourquoi pas, sur un clin d’œil renvoyant directement au film de Miloš Forman. Bouder son plaisir s'avérerait pourtant malhonnête car aux côtés de Sarah Paulson, le spectateur découvrira un Finn Wittrock démentiel, une Sharon Stone exubérante, un Jon Jon Briones ambigu, une Judy Davis débordante, un Vincent d'Onofrio parfait dans le rôle de l'immonde Gouverneur George Milburn et toute une panoplie de second-rôles étonnants. Faut-il cependant prendre l'annonce d'une seconde saison pour une bonne nouvelle ? Seul l'avenir nous le dira...

 

dimanche 3 octobre 2021

Le retour des mystères de l'Ouest de Burt Kennedy (1979) - ★★★★★★★☆☆☆

 

 

Chacun porte sa croix. Mark Harris (Patrick Duffy dans L'homme de l’Atlantide) avait fort à faire avec Monsieur Schubert (Victor Buono). James T. West et Artemus Gordon (respectivement interprétés par Robert Conrad et Ross Martin) durent quant à eu composer avec le docteur Miguelito Loveless (Michael Dunn), méchant récurrent de la série Les mystères de l'Ouest qui, comme nous l'apprend son rejeton dans le téléfilm Le retour des mystères de l'Ouest est mort d'un ulcère à trop avoir été harcelé par les deux héros de la série originale du milieu et de la fin des années soixante. Si dix ans après James T. West et Artemus Gordon sont quant à eux toujours bien vivants, ils ont cependant pris leur retraite. Si le second a gardé la forme, le premier a perdu de sa vigueur et ça n'est que lors de leurs retrouvailles qu'Artemus décide d'entraîner James afin qu'il retrouve sa fougue d'antan. Car si les deux hommes ne travaillent plus pour les services secrets américains, le Gouvernement fait de nouveau appel à eux. En effet, le fils de leur pire ennemi, le docteur Miguelito Loveless Jr., a enlevé et a fait enfermé par ses sbires les chefs d'état les plus importants de la planète et les a fait remplacer par des sosies à sa botte. Ambitionnant de devenir le maître du monde, James et Artemus sont lancés à sa recherche. Malheureusement pour eux, tout commence mal : alors qu'ils boivent un verre dans un saloon, les deux amis s'évanouissent, quelqu'un ayant au préalable ajouté un somnifère dans leur verre. À leur réveil, les deux hommes se retrouvent prisonniers de Miguelito Loveless Jr,, lequel évoque alors ses projets futurs...


Du pur concentré de bonheur. Dix ans ont passé et pourtant, rien n'a vraiment changé. À part sans doute la colorimétrie beaucoup plus marquée que par le passé. Savoureux de bout en bout, ce téléfilm est réalisé par l'américain Burt Kennedy, spécialisé dans le western mais qui cependant ne s'était encore jamais intéressé à l'univers créé au milieu des années soixante par le scénariste et producteur Michael Garrison. Nous retrouvons la désinvolture de nos deux héros dans un récit qui fait toujours autant appel à son brin de folie dans un contexte qui n'a pas vraiment d'équivalent à la télévision ou sur grand écran.. En effet, avec ses cow-boys, ses locomotives à vapeur, ses chevaux, ses déserts et ses saloons, Le retour des mystères de l'Ouest constitue toujours un hybride entre western, humour et espionnage. Tout comme le réalisateur Burt Kennedy, le scénariste William Bowers et le compositeur intègrent également la mythologie pour la toute première fois. Le premier prend la relève de toute une série de scénaristes (parmi lesquels, le créateur des Mystères de l'Ouest lui-même ainsi que Henry Sharp, Earl Barret, Jackson Hill ou encore Robert C. Dennis). Quant à la présence du second au générique, elle n'empêchera par le fan de la série originale de retrouver le célèbre thème écrit par le compositeur Richard Markowitz.


Notons que le rôle du docteur Miguelito Loveless Jr est tenu par l'auteur, chanteur et compositeur Paul Williams qui outre sa carrière de musicien et d'interprète tourna pour le cinéma dans un certain nombre de longs-métrages dont nous retiendrons surtout celui de Swan dans le chef-d’œuvre de Brian de Palma, Phantom of the Paradise en 1974. Outre leur nouvel ennemi, lequel ne réapparaîtra malheureusement pas dans le prochain téléfilm Encore plus de Mystères de l'Ouest (quel titre abominable!) qui sera toujours réalisé l'année suivante par Burt Kennedy (choisi ici par les producteurs qui, parce que le format de ce retour des mystères de l'Ouest était celui d'un film, préférèrent opter pour un réalisateur expérimenté), James T. West et Artemus Gordon vont devoir se frotter aux services secrets britanniques, espagnols et russes. De quoi rallonger le casting de quelques trognes que les plus anciens reconnaîtront forcément. C'est ainsi que l'on retrouve notamment l'acteur René Auberjonois dans le rôle du Capitaine Sir David Edney ou les délicieuses Jo Ann Harris et Trisha Noble dans les rôles respectifs de Carmelita et Penelope. Un téléfilm indispensable pour tous les fans de la série... et pour les autres aussi...

vendredi 24 septembre 2021

Squid game de Hwang Dong-hyeok (2021 - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

Seong Gi-Hun (Lee Jung-jae) et quatre-cent cinquante cinq autres hommes et femmes ont accepté de participer à une série de compétitions basées sur des jeux enfantins. Appâtés par les plus de quarante-cinq millions de Won (monnaie courante de la Corée du Sud) qui sont mis en jeu, ce chauffeur sans le sou incapable d'offrir ne serait-ce qu'un cadeau d'anniversaire digne de ce nom à sa fille Ga-yeong et les autres candidats ne s'attendaient certainement pas à subir des épreuves d'une si grande violence. Dès la première d'entre elles basée sur le jeu ''Un, deux, trois, soleil'', plus de deux cents candidats sont ''éliminés''. Mais si dans n'importe quel autre jeu cela signifie prendre la porte et retourner à sa vie de tous les jours, dans le cas de la série Squid game diffusée depuis peu sur Netflix, les vaincus perdent tout... même la vie. Concentrés dans un immense dortoir surveillé par des centaines de caméras et par des ''soldats'' lourdement armés, Lee Jung-jae ainsi que le vieux Oh Il-nam (l'excellent Yeong-Su oh) atteint d'une tumeur au cerveau, le pakistanais Abdul Ali (Anupam Tripathi), le mafieux Jang Deok-su (Heo Sung-tae), l'opportuniste Han Mi-nyeo (Kim Joo-ryoung) ainsi que les deux-cent survivants à la première épreuve vont devoir composer avec les autres candidats : former des groupes et surtout se méfier de celles et ceux qui parmi eux n'ont pas du tout l'intention de laisser passer leur chance de remporter le pactole. Quitte à éliminer leurs adversaires...


Si le concept de Squid game peut sembler simpliste, voire même bourrin (ce qu'il paraît d'ailleurs être parfois à l'écran), cette série qui pour l'instant n'est constituée que d'une saison de neuf épisodes écrite et réalisée par Hwang Dong-hyeok s'avère en réalité beaucoup plus subtile qu'il n'y paraît. Là où l'on s'attendrait à une succession d'épreuves ne faisant appel qu'à la puissance physique des uns et des autres, l'intellect et certaines connaissances devront être parfois mis en pratique si les candidats veulent pouvoir aller aussi loin que possible dans le jeu. Reposant également sur toute une série d'ouvrages et de longs-métrages dystopiques mettant en scène des individus devant faire preuve de jugeote s'ils veulent pouvoir survivre dans le milieu où il évoluent, la série offre un environnement bien moins ouvert que ceux des franchises Battle Royale, Hunger Games ou Le Labyrinthe. Plus proche du huis-clos que du film d'aventure tout en demeurant bien moins sombre que l'univers décrit dans la série de longs-métrages Saw, Squid Game s'apparente en fait visuellement davantage à l'incroyable Symbol que réalisa le cinéaste japonais Hitoshi Matsumoto en 2009. Esthétiquement irréprochable, entre ses escaliers à l'architecture improbable (La lithographie ''Relativité'' du néerlandais Maurits Cornelis Escher aurait-elle été source d'inspiration?), son immense dortoir ou ces pièces toutes dévolues à de perverses compétitions, les masques que portent les ''gardiens'' semblent de plus faire référence aux symboles que l'on retrouve sur les manettes des consoles Plasystation et qui furent l’œuvre de l'ingénieur japonais Teiyu Goto...


À l'issue des neuf épisodes que constitue la série, on est conquis. Et même si le concept paraît trop pauvre pour que s'y développe une réelle profondeur, la mise en scène, l'écriture et l'interprétation achèvent de nous convaincre du contraire. Il n'est pas certain que l'on y revienne une seconde fois mais découvrir Squid Game au fil des neuf épisodes est un réel plaisir. On se demande quelles idées tordues vont succéder aux précédentes. Quel jeu va repousser les limites de l'imagination et faire oublier le précédent. Chaque fois que l'on retourne dans cet univers, on se rend compte de la perversité du scénario et de l'intelligence du sous-texte. L'argent fait-il le bonheur ? La cohésion mène-t-elle à la victoire ? Quels sont les véritables enjeux et qui mène réellement la partie ? Toutes ces questions et bien d'autres auront leur réponse lors d'un final bouleversant à ne manquer sous aucun prétexte. Alors qu'est déjà évoquée une éventuelle seconde saison, espérons quelle ne voit pas le jour, la conclusion de celle-ci figurant très exactement ce nous pouvions espérer de meilleur...

 

vendredi 6 août 2021

Jean-Claude Van Johnson de Dave Callaham (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En quarante-trois ans de carrière, l'acteur belge Jean-Claude Van Damme est passé par tous les états. De la place de second rôle à celui de star du cinéma d'action. Crédité au générique ou non. Dans des supercheries que les éditeurs ont eu la malhonnêteté de nous faire croire qu'il en était la vedette alors qu'il n'apparaissait que quelques dizaines de minutes tout au plus. Et dans des œuvres que ses fans tiennent pour de véritables chefs-d’œuvre. À tort ou à raison, Dieu seul le sait... et après lui, ceux qui vouent un culte à cet acteur qui depuis quelques années paraît se faire plus discret alors qu'il n'en est rien. Un artiste, un vrai, qui s'est fait, au sens propre, à la force du poignet... mais à celle de ses pieds et de ses poings encore plus assurément. Capable de jouer dans d'insignifiantes bobines (le très ennuyeux Black eagle - L'arme absolue réalisé par Eric Karson dans lequel, fort heureusement, JCVD ne tient pas la vedette) tout comme dans d'authentiques bijoux du cinéma d'action et d'arts martiaux. Faut-il citer ne serait-ce que Bloodsport de Newt Arnold, Full Contact et Double Impact de Sheldon Lettich ou In Hell de Ringo Lam pour réussir à convaincre les derniers réfractaires ? Ceux-là mêmes qui se frotteront les mains en découvrant le très récent Le dernier Mercenaire, cet immondice commis par le ''tâcheron'' du cinéma français, David ''Charhon''. Presque un anagramme me direz-vous... Entouré d'une pléiade d'interprètes français plus ou moins connus mais dont l'interprétation catastrophique est sur une même longueur d'onde, JCVD n'a vraiment pas pris la bonne décision en acceptant de jouer dans ce qui demeurera dans nos souvenirs comme l'une des pires expériences cinématographiques de toute l'histoire de l'humanité (et devinez quoi ; je pèse mes mots). Une somme de tout ce que peut vomir de plus grotesque et superficiel le cinéma humoristique français. Car JCVD est censé y pratiquer l'autodérision. Mais lorsque l'on est dirigé avec aussi peu de talent que celui de David Charhon, c'est notre colère qui se manifeste avant de laisser place à de la tristesse...


C'est sans doute pour cela que l'on préférera sécher très rapidement ses larmes avant d'aller se consoler en remontant le fil du temps jusqu'en 2016. Cette miraculeuse année qui vit naître un concept quelque peu similaire en matière d'auto-dérision, mais qui s'avère très largement au dessus de l'étron cagué par le ''réalisateur'' (je me marre!) français et balancé sans autre forme de procès sur la plate-forme de streaming Netflix. Pas un film, non, mais ce qu'il est de coutume d'appeler depuis quelques années une mini-série. Intitulée Jean-Claude Van Johnson, créée par Dave Callaham et produite par la société de production Amazon Studios, cette série en six épisodes est l'exact contraire du Dernier Mercenaire (Blurp ! Je sens que je vais vomir si je le cite encore une fois...). Jean-Claude Van Johnson, c'est le Yang. Le soleil, la lumière ou la chaleur. L'autre, là, c'est le Yin. Ou l'obscurité, l'humidité et le froid. Découvrir Jean-Claude Van Johnson et s'en repaître d'une traite agit comme un médicament contre la constipation. La daube du français, elle, risque de vous empêcher de chi... pendant pas mal de temps. Bon, allez, j'arrête là les comparaisons. Cinq ans plus tôt Éric Judor et Hafid F.-Benamar lançaient en France le concept de Platane. Cette excellente série humoristique française (comme quoi, quand on veut ou quand on a du talent...) dans laquelle Eric, Ramzy et plusieurs intervenants secondaires jouaient leur propre rôle. Concernant Jean-Claude Van Johnson, l'idée se résume autour de JCVD seul. Un avantage puisque l'intérêt de cette mini-série est justement de mettre prioritairement en avant la star belge. Jean-Claude a pris de la bouteille, des rides et du ventre. Retraité, il passe son temps à lire des magasines people et ne se déplace plus guère qu'en gyropode. Autant dire que sa salle de sport personnelle prend la poussière et que les muscles de l'ancienne star du cinéma d'action prennent, eux, la rouille !


Jusqu'au jour où son ancien grand amour refait surface. JCVD décide alors de se reprendre en main. Parallèlement au tournage d'un nouveau projet cinématographique, Jean-Claude reprend du service auprès d'une agence gouvernementale. Doublé par le comédien et metteur en scène Patrice Baudrier, l'acteur belge tient là sans aucun doute l'un de ses meilleurs rôle. Mais également, l'une de ses meilleures interprétations. Le monolithique personnage de nombre de longs-métrages qui par le passé ne comptait que sur ses seuls poings s'est transformé en un être pourvu d'émotions. Des traits de caractères que l'on pouvait déjà deviner dans l'excellent In Hell mais que Dave Callaham choisit d'exploiter au maximum. Jean-Claude Van Johnson, ça n'est donc pas que de l'action et des combats au corps à corps mais aussi des sentiments. Et dans le domaine, Jean-Claude Van Damme s'avère particulièrement à l'aise. Celle qu'il tente de reconquérir, c'est l'actrice Kat Foster qui interprète le rôle de Vanessa. Suivis de près par l'ancien membre de l'un des plus dangereux cartels mexicains, Luis (l'acteur Moisés Arias), Jean-Claude Van Johnson va tenter de faire tomber un immense réseau de drogue. Pas une, ni, deux, mais trois heures sont donc consacrées à JCVD, voilà qui va ravir les fans de l'une des plus grandes stars du plat pays. De l'action et des combats, donc, mais également de l'espionnage, de la science-fiction et une très grosse rasade d'humour. Mais plutôt que de ridiculiser l'icône du cinéma d'action des années 80/90, la mini-série le met au contraire en valeur en prouvant que l'acteur est non seulement toujours capable de se battre malgré ses cinquante-cinq ans (je rappelle que nous sommes alors en 2016) mais qu'il est également pourvu d'un humour sans limite et de prédispositions qui lui permettent de révéler une facette beaucoup plus émouvante et intimiste du personnage. Diffusé à l'époque sur Amazon Prime, la série ne rencontrera cependant pas le succès escompté et ne se poursuivra pas dans le temps, au grand dam des fans qui suivent JCVD depuis ses débuts...

 

dimanche 1 août 2021

100% bio de Fabien Onteniente (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Il y a autant de chance que 100% bio soit LA comédie de l'année que de retomber sur ses pieds après avoir sauté du toit d'un immeuble de quinze étages. Fabien Onteniente est l'enfant (pas)terrible du cinéma français. L'une de ces erreurs dont on se demande comment il peut encore être à la tête d'un long-métrage, que celui-ci soit prévu pour un passage en salle ou sur le petit écran (ici, en l'occurrence, la plate-forme Salto). Un réalisateur que l'on rangera sur la même étagère qu'un David Charhon, ce tâcheron qui tout dernièrement nous a infligé Le dernier Mercenaire. Une comédie (pas drôle) d'action (molle) absolument indigeste. Et pour le coup, là, LE plus gros raté du cinéma français de l'année. Imaginez : un film pire que Les Municipaux, trop, c'est trop des Chevaliers du Fiel et Brillantissime de Michèle Laroque réunis ! Mais nous ne sommes pas là pour évoquer la pathétique carrière de David Charhon (allez, juste pour le plaisir, il fut également l'auteur de Cyprien en 2008 et Les naufragés en 2015), mais plutôt le dernier méfait de Fabien Onteniente. Un sacré numéro que cet ancien secrétaire adjoint de la SACD qui aurait mieux fait de conserver son ancien emploi plutôt que de se lancer dans une carrière de réalisateur au cinéma. Vous êtes bien assis ? Alors, Fabien Onteniente fut en outre, l'auteur de : Jet Set en 1999, de 3 Zéros en 2001, de Disco en 2008 ou du nullissime All Inclusive il y a deux ans. Il est même l'auteur de la franchise Camping dont le quatrième volet ne semble, Dieu merci, pas prêt de sortir en salle...


Après une filmographie exemplaire consistant à demeurer sur la même ligne du mauvais goût, il n(y avait pas de raison pour que 100% bio change quoi que ce soit à la carrière du réalisateur. Alors, pourquoi se donner la peine de le regarder si l'on est déjà convaincu que le résultat sera à la hauteur du reste ? Peut-être pour la présence de Didier Bourdon même si l'on a beaucoup de mal à croire qu'il pourrait retrouver ici la grâce de l'époque des Inconnus. Première mauvaise nouvelle : le rôle qu'interprète Didier Bourdon était à l'origine prévu pour Christian Clavier. Et apprendre qu'un film devait être à l'origine principalement interprété par l'ancien du Splendid est plutôt mauvais signe. Car il faut voir l'enchaînement de navets que le pauvre Clavier se traîne derrière lui comme une batterie de casseroles. Deuxième mauvaise nouvelle : Josiane Balasko y était également prévue mais à sa place, on se coltine Catherine Jacob. Pas mauvaise cette dernière, mais à choisir... Troisième mauvaise nouvelle : 100% bio qui au départ devait être prévu pour le grand écran devra finalement se satisfaire du petit. Encore un mauvais signe. À la musique, le compositeur Jean-Yves d'Angelo. L'auteur des partitions de San-Antonio de Frédéric Auburtin (un navet!), de Trésor de Claude Berri (un autre navet!), et des trois volets de la franchise Camping (un, deux, trois... navets!!!). Dès les premières secondes, on a le désagréable sentiment que ça va pas le faire. Musique impersonnelle entendue mille fois ailleurs, on compte alors sur le talent de Didier Bourdon pour nous offrir une comédie bien dans l'air du temps puisque reposant sur l'opposition entre le propriétaire d'une charcuterie, Gabi Moreno (en l'occurrence Didier Bourdon) et le compagnon de sa fille Marie, Thomas Dubreuil (l'acteur Nicolas Bridet) qui lui, est végan...


Bon ben j'dois vieillir parce qu'après avoir scrupuleusement avancé l'hypothèse que le visionnage de 100% bio allait s'avérer éprouvant, je dois avouer que le téléfilm de Fabien Onteniente n'est pas du tout désagréable à regarder. Pas un chef-d’œuvre, faut quand même pas pousser, mais une gentille petite comédie situant son action dans le pays basque. Faut pas cracher dans la soupe, surtout lorsqu'elle réussi à faire sourire, chose finalement assez rare chez nous depuis quelques années pour pouvoir le souligner. Surtout que le film du réalisateur en prend plein la gueule sur les sites dédiés au cinéma. Oui 100% bio est sous certains aspects caricatural. Mais l'a-t-on reproché à L'enquête Corse d’Alain Berbérian à l'époque de sa sortie ? Bien moins me semble-t-il. Et puis, les interprètes font le taf. Didier Bourdon en vieux bougon, Lolita Chammah dans le rôle de sa fille Marie, Nicolas Bridet en ''beau-fils'' végan qui aimerait se faire apprécier de son ''beau-père'', Olivier Barthélémy en frère joueur de rugby homosexuel et puis, Catherine Jacob qui au fond, rempli parfaitement son rôle d'Hortensia. La sœur du charcutier Gabi, laquelle déteste le stress et est régulièrement victime de crises de narcolepsie. C'est léger, frais, et même touchant à la fin, pas transcendant mais l'on ne s'ennuie pas. Au final 100% bio est une petite comédie beaucoup plus honnête que certains voudraient nous le faire croire...

 

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