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vendredi 6 août 2021

Jean-Claude Van Johnson de Dave Callaham (2016) - ★★★★★★★☆☆☆

 


 

En quarante-trois ans de carrière, l'acteur belge Jean-Claude Van Damme est passé par tous les états. De la place de second rôle à celui de star du cinéma d'action. Crédité au générique ou non. Dans des supercheries que les éditeurs ont eu la malhonnêteté de nous faire croire qu'il en était la vedette alors qu'il n'apparaissait que quelques dizaines de minutes tout au plus. Et dans des œuvres que ses fans tiennent pour de véritables chefs-d’œuvre. À tort ou à raison, Dieu seul le sait... et après lui, ceux qui vouent un culte à cet acteur qui depuis quelques années paraît se faire plus discret alors qu'il n'en est rien. Un artiste, un vrai, qui s'est fait, au sens propre, à la force du poignet... mais à celle de ses pieds et de ses poings encore plus assurément. Capable de jouer dans d'insignifiantes bobines (le très ennuyeux Black eagle - L'arme absolue réalisé par Eric Karson dans lequel, fort heureusement, JCVD ne tient pas la vedette) tout comme dans d'authentiques bijoux du cinéma d'action et d'arts martiaux. Faut-il citer ne serait-ce que Bloodsport de Newt Arnold, Full Contact et Double Impact de Sheldon Lettich ou In Hell de Ringo Lam pour réussir à convaincre les derniers réfractaires ? Ceux-là mêmes qui se frotteront les mains en découvrant le très récent Le dernier Mercenaire, cet immondice commis par le ''tâcheron'' du cinéma français, David ''Charhon''. Presque un anagramme me direz-vous... Entouré d'une pléiade d'interprètes français plus ou moins connus mais dont l'interprétation catastrophique est sur une même longueur d'onde, JCVD n'a vraiment pas pris la bonne décision en acceptant de jouer dans ce qui demeurera dans nos souvenirs comme l'une des pires expériences cinématographiques de toute l'histoire de l'humanité (et devinez quoi ; je pèse mes mots). Une somme de tout ce que peut vomir de plus grotesque et superficiel le cinéma humoristique français. Car JCVD est censé y pratiquer l'autodérision. Mais lorsque l'on est dirigé avec aussi peu de talent que celui de David Charhon, c'est notre colère qui se manifeste avant de laisser place à de la tristesse...


C'est sans doute pour cela que l'on préférera sécher très rapidement ses larmes avant d'aller se consoler en remontant le fil du temps jusqu'en 2016. Cette miraculeuse année qui vit naître un concept quelque peu similaire en matière d'auto-dérision, mais qui s'avère très largement au dessus de l'étron cagué par le ''réalisateur'' (je me marre!) français et balancé sans autre forme de procès sur la plate-forme de streaming Netflix. Pas un film, non, mais ce qu'il est de coutume d'appeler depuis quelques années une mini-série. Intitulée Jean-Claude Van Johnson, créée par Dave Callaham et produite par la société de production Amazon Studios, cette série en six épisodes est l'exact contraire du Dernier Mercenaire (Blurp ! Je sens que je vais vomir si je le cite encore une fois...). Jean-Claude Van Johnson, c'est le Yang. Le soleil, la lumière ou la chaleur. L'autre, là, c'est le Yin. Ou l'obscurité, l'humidité et le froid. Découvrir Jean-Claude Van Johnson et s'en repaître d'une traite agit comme un médicament contre la constipation. La daube du français, elle, risque de vous empêcher de chi... pendant pas mal de temps. Bon, allez, j'arrête là les comparaisons. Cinq ans plus tôt Éric Judor et Hafid F.-Benamar lançaient en France le concept de Platane. Cette excellente série humoristique française (comme quoi, quand on veut ou quand on a du talent...) dans laquelle Eric, Ramzy et plusieurs intervenants secondaires jouaient leur propre rôle. Concernant Jean-Claude Van Johnson, l'idée se résume autour de JCVD seul. Un avantage puisque l'intérêt de cette mini-série est justement de mettre prioritairement en avant la star belge. Jean-Claude a pris de la bouteille, des rides et du ventre. Retraité, il passe son temps à lire des magasines people et ne se déplace plus guère qu'en gyropode. Autant dire que sa salle de sport personnelle prend la poussière et que les muscles de l'ancienne star du cinéma d'action prennent, eux, la rouille !


Jusqu'au jour où son ancien grand amour refait surface. JCVD décide alors de se reprendre en main. Parallèlement au tournage d'un nouveau projet cinématographique, Jean-Claude reprend du service auprès d'une agence gouvernementale. Doublé par le comédien et metteur en scène Patrice Baudrier, l'acteur belge tient là sans aucun doute l'un de ses meilleurs rôle. Mais également, l'une de ses meilleures interprétations. Le monolithique personnage de nombre de longs-métrages qui par le passé ne comptait que sur ses seuls poings s'est transformé en un être pourvu d'émotions. Des traits de caractères que l'on pouvait déjà deviner dans l'excellent In Hell mais que Dave Callaham choisit d'exploiter au maximum. Jean-Claude Van Johnson, ça n'est donc pas que de l'action et des combats au corps à corps mais aussi des sentiments. Et dans le domaine, Jean-Claude Van Damme s'avère particulièrement à l'aise. Celle qu'il tente de reconquérir, c'est l'actrice Kat Foster qui interprète le rôle de Vanessa. Suivis de près par l'ancien membre de l'un des plus dangereux cartels mexicains, Luis (l'acteur Moisés Arias), Jean-Claude Van Johnson va tenter de faire tomber un immense réseau de drogue. Pas une, ni, deux, mais trois heures sont donc consacrées à JCVD, voilà qui va ravir les fans de l'une des plus grandes stars du plat pays. De l'action et des combats, donc, mais également de l'espionnage, de la science-fiction et une très grosse rasade d'humour. Mais plutôt que de ridiculiser l'icône du cinéma d'action des années 80/90, la mini-série le met au contraire en valeur en prouvant que l'acteur est non seulement toujours capable de se battre malgré ses cinquante-cinq ans (je rappelle que nous sommes alors en 2016) mais qu'il est également pourvu d'un humour sans limite et de prédispositions qui lui permettent de révéler une facette beaucoup plus émouvante et intimiste du personnage. Diffusé à l'époque sur Amazon Prime, la série ne rencontrera cependant pas le succès escompté et ne se poursuivra pas dans le temps, au grand dam des fans qui suivent JCVD depuis ses débuts...

 

dimanche 1 août 2021

100% bio de Fabien Onteniente (2021) - ★★★★★★☆☆☆☆

 


 

Il y a autant de chance que 100% bio soit LA comédie de l'année que de retomber sur ses pieds après avoir sauté du toit d'un immeuble de quinze étages. Fabien Onteniente est l'enfant (pas)terrible du cinéma français. L'une de ces erreurs dont on se demande comment il peut encore être à la tête d'un long-métrage, que celui-ci soit prévu pour un passage en salle ou sur le petit écran (ici, en l'occurrence, la plate-forme Salto). Un réalisateur que l'on rangera sur la même étagère qu'un David Charhon, ce tâcheron qui tout dernièrement nous a infligé Le dernier Mercenaire. Une comédie (pas drôle) d'action (molle) absolument indigeste. Et pour le coup, là, LE plus gros raté du cinéma français de l'année. Imaginez : un film pire que Les Municipaux, trop, c'est trop des Chevaliers du Fiel et Brillantissime de Michèle Laroque réunis ! Mais nous ne sommes pas là pour évoquer la pathétique carrière de David Charhon (allez, juste pour le plaisir, il fut également l'auteur de Cyprien en 2008 et Les naufragés en 2015), mais plutôt le dernier méfait de Fabien Onteniente. Un sacré numéro que cet ancien secrétaire adjoint de la SACD qui aurait mieux fait de conserver son ancien emploi plutôt que de se lancer dans une carrière de réalisateur au cinéma. Vous êtes bien assis ? Alors, Fabien Onteniente fut en outre, l'auteur de : Jet Set en 1999, de 3 Zéros en 2001, de Disco en 2008 ou du nullissime All Inclusive il y a deux ans. Il est même l'auteur de la franchise Camping dont le quatrième volet ne semble, Dieu merci, pas prêt de sortir en salle...


Après une filmographie exemplaire consistant à demeurer sur la même ligne du mauvais goût, il n(y avait pas de raison pour que 100% bio change quoi que ce soit à la carrière du réalisateur. Alors, pourquoi se donner la peine de le regarder si l'on est déjà convaincu que le résultat sera à la hauteur du reste ? Peut-être pour la présence de Didier Bourdon même si l'on a beaucoup de mal à croire qu'il pourrait retrouver ici la grâce de l'époque des Inconnus. Première mauvaise nouvelle : le rôle qu'interprète Didier Bourdon était à l'origine prévu pour Christian Clavier. Et apprendre qu'un film devait être à l'origine principalement interprété par l'ancien du Splendid est plutôt mauvais signe. Car il faut voir l'enchaînement de navets que le pauvre Clavier se traîne derrière lui comme une batterie de casseroles. Deuxième mauvaise nouvelle : Josiane Balasko y était également prévue mais à sa place, on se coltine Catherine Jacob. Pas mauvaise cette dernière, mais à choisir... Troisième mauvaise nouvelle : 100% bio qui au départ devait être prévu pour le grand écran devra finalement se satisfaire du petit. Encore un mauvais signe. À la musique, le compositeur Jean-Yves d'Angelo. L'auteur des partitions de San-Antonio de Frédéric Auburtin (un navet!), de Trésor de Claude Berri (un autre navet!), et des trois volets de la franchise Camping (un, deux, trois... navets!!!). Dès les premières secondes, on a le désagréable sentiment que ça va pas le faire. Musique impersonnelle entendue mille fois ailleurs, on compte alors sur le talent de Didier Bourdon pour nous offrir une comédie bien dans l'air du temps puisque reposant sur l'opposition entre le propriétaire d'une charcuterie, Gabi Moreno (en l'occurrence Didier Bourdon) et le compagnon de sa fille Marie, Thomas Dubreuil (l'acteur Nicolas Bridet) qui lui, est végan...


Bon ben j'dois vieillir parce qu'après avoir scrupuleusement avancé l'hypothèse que le visionnage de 100% bio allait s'avérer éprouvant, je dois avouer que le téléfilm de Fabien Onteniente n'est pas du tout désagréable à regarder. Pas un chef-d’œuvre, faut quand même pas pousser, mais une gentille petite comédie situant son action dans le pays basque. Faut pas cracher dans la soupe, surtout lorsqu'elle réussi à faire sourire, chose finalement assez rare chez nous depuis quelques années pour pouvoir le souligner. Surtout que le film du réalisateur en prend plein la gueule sur les sites dédiés au cinéma. Oui 100% bio est sous certains aspects caricatural. Mais l'a-t-on reproché à L'enquête Corse d’Alain Berbérian à l'époque de sa sortie ? Bien moins me semble-t-il. Et puis, les interprètes font le taf. Didier Bourdon en vieux bougon, Lolita Chammah dans le rôle de sa fille Marie, Nicolas Bridet en ''beau-fils'' végan qui aimerait se faire apprécier de son ''beau-père'', Olivier Barthélémy en frère joueur de rugby homosexuel et puis, Catherine Jacob qui au fond, rempli parfaitement son rôle d'Hortensia. La sœur du charcutier Gabi, laquelle déteste le stress et est régulièrement victime de crises de narcolepsie. C'est léger, frais, et même touchant à la fin, pas transcendant mais l'on ne s'ennuie pas. Au final 100% bio est une petite comédie beaucoup plus honnête que certains voudraient nous le faire croire...

 

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