Après Netflix,puis Amazon (avec Amazon Prime), c'est au tour de Youtube, le plus célèbre site web d'hébergement de vidéos, de proposer ses propres créations sous l’appellation Youtube Originals sur sa nouvelle plate-forme Youtube Premium. Ce programme propose depuis le tout début de l'année 2016 des séries et des films mais les premiers balbutiements ne se font en réalité ressentir chez nous que depuis quelques mois seulement. Proposés dès le 14 novembre dernier dans leur intégralité, certains épisodes de la série de science-fiction Origin sont proposés gratuitement afin de la faire découvrir à celles et ceux qui hésiteraient encore à débourser un peu moins de 10 euros afin de s'inscrire à Youtube Premium. Au premier abord, voir débarquer Youtube dans la sphère des sites proposant du contenu vidéo moyennant une petite rétribution financière a de quoi interroger le client éventuel qui avait jusque là pour habitude de n'y voir que des vidéos mises à disposition par ses propres utilisateurs. Le principe n'étant pas plus stupide que d'y voir s'y engouffrer Amazon, pourquoi pas. Malheureusement, ce qui coince au départ, c'est le nom de Paul W. S. Anderson, lequel est rattaché à une filmographie carrément immonde puisque essentiellement constituée de très mauvais films (le cinéaste a en effet notamment commis la série des Resident Evil, ainsi que les longs-métrages Mortal Combat et Alien vs Predator).
Auteur des premiers épisodes de cette nouvelle série de
science-fiction donnant son nom au gigantesque vaisseau en partance
pour la planète Théa, la présence de Paul W. S. Anderson
au générique n'engage au départ, rien de bon. Lorsque l'on connaît
le bonhomme, et surtout son œuvre, il est facile de supposer que
Origin ne sera rien d'autre qu'une médiocre
série de science-fiction à peine digne de celles proposées par la
chaîne Syfy.
Ce que semble d'ailleurs évoquer le premier épisode intitulé The Road not Taken, lequel jette une dizaine d'individus au beau milieu des coursives de l'un des dix anneaux du vaisseau Origin transportant des colons à destination de la planète Théa. C'est qu'il ne s'y passe pas grand chose dans cet épisode. Les interprètes semblent pour la plupart du temps y attendre qu'on leur confie leur texte. De plus, lorsque surviennent les premières séquences horrifiques (la série mêle en effet l'épouvante et l'horreur à la science-fiction), le tout est mené sans la moindre finesse, un peu à la manière habituelle de Paul W.S. Anderson. Donc rien d'inhabituel. Sauf qu'entre ce premier épisode et les neuf qui suivront derrière, le spectateur aura tout le loisir de constater que Origins vaut bien mieux que la plupart des séries estampillées Syfy. La série, dont la réalisation des divers épisodes a également été confiée aux cinéastes Mark Brozel, Ashley Way, Juan Carlos Medina et Jonathan Teplitzky, révèle parfois, mais pas systématiquement, un appétissant contenu. Le changement perpétuel d'auteur se ressent d'ailleurs beaucoup durant une bonne moitié de chacun d'entre eux puisque certains épisodes sont un peu moins convaincants que d'autres. Un détail qui a son importance mais que l'on mettra cependant sur le compte des auteurs des divers scénarii, Mika Watkins, Melissa Iqbal, Joe Murtagh, Jack Lothian et Jon Harbottle.
Ne possédant pas de réelle incarnation se détachant véritablement
des autres personnages, Origin offre à chaque interprète une même importance, et surtout, une profondeur et une caractérisation identiques renforcées par des flash-back donnant beaucoup de corps à chacun d'entre eux. La série fait la part belle à la mixité des origines de ses interprètes et donc, de ses personnages puisque l'on y croise notamment les britanniques Natalia Tena et Tom Felton, ainsi que la française Nora Arnezeder ou le japonais Sen Mitsuji. Se situant en partie dans le vaisseau, mais également sur une Terre futuriste à l'allure sensiblement dystopique, Origin possède une architecture généralement froide mais à laquelle on finit par s'accoutumer. Les interprètes sont tous convaincants, sans aucune exception, et le récit, qui mêle des intrigues pourtant déjà vues ailleurs, maintient un rythme suffisamment soutenu pour que le spectateur reste accroché jusqu'au dernier épisode. Les fans d'Alien, le Huitième Passager, de Passengers, de The Thing ou de toute autre production mêlant science-fiction et horreur seront conquis. Il est rare que l'on s’ennuie même si certains passages se révèlent parfois trop lents. On regrettera également la surenchère en matière de Jump Scares qui se comptent par dizaines et dont l'effet recherché, de part leur multiplicité, s'annulent. A part cela, Origins demeure une agréable surprise et laisse présager du meilleur quant à l'avenir de Youtube Originals...
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