Deux ans après The Substitute
de Robert Mandel, beaucoup de changements ont été opérés. À
commencer par le format qui passe du long-métrage diffusé en salles
au téléfilm. Ensuite, la mise en scène de The
Substitute 2 : School's Out
est désormais assurée par le réalisateur et producteur Steven
Pearl qui après un court et un long-métrage en 1991 et 1996 ainsi
qu'une série de films dont il interviendra en tant qu'assistant
réalisateur sur deux ans (1988-1989), signe avec cette fausse suite
son dernier projet personnel en tant que cinéaste. Une fausse
séquelle effectivement puisque après avoir pris la relève de
Robert Mandel mais en suivant toujours le script des scénaristes Roy
Frumkes et Rocco Simonelli (sans l'apport cette fois-ci d'Alan
Ormsby), Steven Pearl y décrit désormais le récit de ces nouvelles
aventures scolaires à travers là encore un ancien mercenaire. Mais
cette fois-ci, Jonathan Shale laisse la place à Karl Thomasson.
Exit donc l'acteur Tom Beranger qui en cette année 1998 est parti
tourner trois longs-métrages (The Gingerbread
Man
de Robert Altman, Shadow of Doubt
de Randal Kleiser ainsi que Murder of Crows
de Rowdy Herington) pour laisser l'opportunité à Treat Williams
d'interpréter un personnage qui n'est pas sans rappeler celui
incarné dans le précédent opus de la quadrilogie. Et comme l'on ne
change pas un concept qui marche, là encore ce tout nouveau
professeur de substitution va avoir à faire avec de dangereux
criminels. The Substitute 2 : School's Out
démarre non plus sur l'agression d'une prof mais sur un meurtre.
Celui du frère du nouveau protagoniste principal qui dans ce second
volet va, contrairement à Jonathan Shale, conserver son identité
mais se faire passer pour un professeur afin de s'infiltrer au sein
d'un établissement et surtout, d'une classe où la discipline
demeure relativement difficile à maintenir... Bien que sur The
Substitute 2 : School's Out
l'on retrouve deux des trois scénaristes du précédent volet à
l'écriture du script, là encore bien des choses ont changé. Tandis
que les trois hommes avaient deux ans plus tôt œuvré sur un
scénario plutôt remarquable, cette fois-ci, les deux seuls qui se
sont attelés à l'écriture de ce second opus semblent avoir choisi
de simplifier la structure du récit en évacuant une bonne partie de
ce qui faisait l'intérêt du précédent script. Ce n'est qu'en
découvrant ça et là quelques extraits plutôt alléchants de cette
''séquelle'' que l'idée de me lancer dans la projection de ce
téléfilm m'est venue en tête...
Mais
alors que la présence de l'acteur Treat Williams est tout d'abord
venue confirmer l'hypothèse que le film avait probablement de quoi
apporter un surplus d'intérêt à une saga démarrée sous les
meilleures augures, une fois parvenu jusqu'au générique de fin, ce
fut plutôt la déconvenue ! Malgré une carrière plutôt
intéressante jusque là, riche de collaborations liées notamment à
Miloš Forman, Steven Spielberg, Sidney Lumet, Sergio Leone et Peter
Medak ou encore sa présence dans la très sympathique comédie
horrifique de Mark Goldblatt Dead Heat
sortie chez nous en France sous le titre Flic ou
Zombie,
Treat Williams ne bénéficie malheureusement pas avec ce nouveau
personnage de Karl Thomasson du meilleur compromis entre
interprétation, caractérisation et direction d'acteur... Lui qui
assurera par sa présence en 1999 et 2001 le rôle de Karl Thomasson
a surtout le malheur de passer après Tom Beranger et d'être dirigé
non plus par le talentueux Robert Mandel mais par un cinéaste dont
la carrière en tant que réalisateur fut aussi courte
qu'inintéressante ! Faisant l'impasse sur l'humour et sur le
côté dramatique qui étaient deux des points d'orgue de The
Substitute,
Steven Pearl signe un second volet bourrin, sans finesse, réduit à
sa plus simple expression de film d'action parfois invraisemblable.
Comme lors de cette fusillade dans les couloirs du lycée. Des
dizaines de balles qui fusent sans que le héros ou son meilleur ami
venu à sa rescousse n'en prennent une seule dans le buffet ! Du
côté des personnages secondaires, c'est la crise. Bien que le
script de Roy Frumkes et Rocco Simonelli ajoute au récit la nièce
du héros (Susan May Pratt dans le rôle de Anya Thomasson), quelques
membres de l'établissement scolaire et un certain nombre d'élèves
dont le plus attachant sera très vite délaissé par des scénaristes
et un réalisateur qui auront fait le choix de le faire mourir, The
Substitute 2 : School's Out
n'est en la matière, malheureusement pas du tout à la hauteur de
son prédécesseur. Très mal branlé lorsque l'on évoque
l'écriture, la caractérisation et par prolongement, la mise en
scène, le film ne vaut finalement que par ces quelques instants
relativement jouissifs mettant en scène Karl Thomasson face à ses
élèves. Pour le reste, le film n'est au fond qu'un petit téléfilm
d'action très banal...
.png)
.png)
.png)
Aucun commentaire :
Enregistrer un commentaire